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Lundi 27 septembre.
Jocelyne, Germaine et moi partons de Montréal vers 5h du matin
pour se rendre à Haverstraw Marina afin de rejoindre nos
hommes qui nous attendent de pieds fermes. C'est Jocelyne
qui conduit et elle se débrouille comme un chef ! Mieux que
notre GPS d'auto qui ne cesse de nous lâcher... Nous
arrivons vers 17h et c'est avec plaisir que nous nous
retrouvons tous. On soupe dans un resto, le meilleur de la
ville, chez Babe's, qui nous a été chaleureusement
recommandé par un voisin de quai dont le fils était
cuisinier sur le voilier de Donald Trump... Un pur délice,
bien arrosé... Le lendemain matin, c'est avec tristesse que
nous disons aurevoir à Jocelyne et Claude qui repartent vers
Montréal, travail oblige. Claude Letendre, un ami d'enfance
de Daniel et Pierre-Paul Nadeau, son ami, sont partis de
Rouses Point Marina vers Castelton pour remâter Voilo avec
Daniel. Nous espérons les revoir aux Iles Vierges en mars
2011.
Mercredi 29 septembre.
Après avoir quitté la marina de Haverstraw, dernière halte
avant de quitter le fleuve Hudson, nous avons roulé au
moteur en direction de New York. La tempête Nicole fait rage
et remonte la côte est des États-Unis. Trois jours de
mauvais temps sont annoncés, avec des vents violents et des
pluies diluviennes. Nous resterons à NY le temps de laisser
passer la tempête. En attendant, il fait beau et le vent est
chaud.
Nous arrivons dans le port de New York en début d'après-midi
et nous cherchons en vain un mooring. Toutes les places sont
prises et au moment ou nous nous aprêtons à jeter l'ancre,
un bateau quitte et nous prenons leur mooring pour plus de
sécurité. Nous sommes presque au pied de la statut de la
Liberté et la marina n'est qu'à 10 minutes en dinghy. Je
savoure ma retraite et la présence de Pierre-Paul et de
Germaine à
bord. Germaine et Pierre-Paul sont descendus à terre pour visiter
Ground Zéro et Daniel et moi sommes restés à bord. Daniel
bricole et je prépare un sauté de légumes et poulet au cari...
La musique joue, le bateau tangue et je suis heureuse.
Quelle nuit ! Nous avions pris un mooring plutôt que de
jeter l'ancre car nous voulions dormir tranquille. Un
mooring est une bouée rattachée par d'énormes fils d'acier
ancrés dans une tonne de béton au fond de l'eau et quelque
soit le temps, normalement il n'y a pas de problème, le
bateau est en sécurité. Mais hier, les vents étaient de 50
noeuds (soit 100 km-heure) et le bateau, comme un cheval
sauvage voulant retrouver sa liberté, se tordait au bout de
son ancrage, se relevait, retombait, se débattait dans tous
les sens, comme affolé par les hurlements du vent...
J'ai été réveillé en pleine nuit par l'alarme du GPS qui
nous indiquait que nous chassions... Et bien, difficile à
croire mais nous étions partis à la dérive avec le
mooring... Branle-bas de combat ! Tout le monde sur le pont,
on décolle le moteur et défaisons les amarres pour nous
libérer du mooring... Puis, sous une pluie battante, dans la
noirceur la plus totale, il fallut trouver un autre endroit
pour jeter l'ancre... Ce qui fut fait non sans problème car
le port était rempli de voiliers venus, comme nous, attendre
que passe la tempête ! Ne pouvant plus se fier aux moorings,
on doit quand même se méfier d'être à l'ancre à cause des
marées et aussi parce qu'il y a 40 pieds d'eau sous la
quille... On jette 200 pieds de chaine en espérant que notre
nouvelle ancre Delta tienne le coup... La tempête fait rage.
Daniel et Pierre-Paul ont dormi dans le carré, tout habillés
pour la pluie, prêts à intervenir...
La nuit fut longue. Au matin, il pleut des cordes mais le
vent s'est légèrement calmé. Daniel est descendu pour faire
les douanes. Dès qu'il a mis le pied dans le dinghy, la
pluie s'est mise à déferler... Le pauvre ! Dix minutes sous
la pluie pour franchir la distance jusqu'à la marina et il
sera trempé jusqu'aux os... Puis, il devra prendre un taxi
et trouver les douanes pour recevoir une autorisation de
sortir de NY... Il reviendra deux heures plus tard avec son
droit de sortie.
Dans l'attente, nous surveillons le GPS pour s'assurer que
le bateau ne chasse pas. L'heure de changement de marée
arrive sous peu et c'est risqué de recommencer à chasser car
le bateau change complètement de bord et l'ancre peut alors
décrocher... Mais elle tient bon... Germaine et moi en
profitons pour préparer un gros stew et une croustade de
pomme. Puis, nous nous sommes fait un Chai latté, c'était
délicieux.
Nous partirons sûrement ce soir car personne n'a envie de
repasser une autre nuit blanche. Il vaut mieux faire route
que de rester pour surveiller notre position...
La météo annonce un vent du nord-est. Il est temps de lever
l'ancre, cap vers le sud. Nous aurons donc le vent dans le
dos et nous ne le sentirons presque pas... Notre prochain
arrêt est à 160 milles nautiques. Avec une moyenne de 8
noeuds à l'heure, sous génois, nous serons à Cape May dans
20 heures. N'eut été du froid, de la pluie et des embruns,
cela aurait été de la belle voile.
Nous sommes arrivés au petit matin à Cape May ou nous avons
dormis quelques heures. Au réveil, comme les vents
adonnaient, nous sommes partis vers la baie de Delaware,
large au début mais qui se termine en un long passage étroit
avec autant de circulation que sur l'autoroute métropolitain
à Montréal. D'immenses cargos et de longues barges arrivent
de partout, en pleine nuit, et la signalisation débordante
est difficile à déchiffrer. Il y a des phares lumineux non
répertoriés sur la cartes, tandis que d'autres boués ne sont
pas éclairées et sont difficiles à détecter. La mer est
moins dangeureuse que ce passage étroit !
Mais voilà qu'une heure avant de sortir du chenail, le
moteur tombe en panne. On lève les voiles pour parcourir le
dernier mille et trouver un arrêt d'urgence ou jeter l'ancre...
On passe alors de 9,5 noeuds à 2,5 noeuds dans la nuit noire
et sous un froid claquant... Finalement, on trouve un
endroit plus ou moins sécuritaire (10 pieds à 8 pi de
profondeur qui fait sonner l'alarme du profondimètre ) pour
passer la nuit et vérifier le problème. Manque de diésel, au
grand étonnement de Daniel. Sans buse sur le moteur,
difficile de savoir ou on en est dans le niveau d'essence !
Et comme nous avons l'habitude de faire plus de voile que de
moteur, on s'est fait prendre...
Bref, le lendemain matin, avant le lever du soleil, Daniel
partait en dinghy pour se rendre à une petite marina située
à 8 milles, au bout d'un chemin tortueux entouré de
quenouilles de 15 pieds de hauteur. Il s'est perdu dans des
culs-de-sac pour enfin aboutir au bout d'une heure devant
une marina fermée. Heureusement, un gars travaillait juste à
coté, sur son camion, et Daniel pensait qu'il travaillait à
la marina. Il discute avec lui et le gars est un Coast
Guard. Il lui dit que s'il a des problèmes, il peut l'aider.
Daniel fait le tour de la marina et se rend compte que les
réservoirs à essence sont à sec. Il retourne vers le gars
qui propose de l'amener au village pour chercher du diésel.
Dans ce bled perdu, il faut une heure de route pour trouver
la précieuse essence et finalement Daniel revient, tout
trempé mais heureux, deux heures trente plus tard...
Nous sommes repartis vers la rivière Delaware, un autre
chenail étroit qui nous amènera à Annapolis. Dès que nous
avons croisé une marina, nous avons fait le plein d'essence,
rempli les réservoirs d'eau potable, pris une douche et nous
avons vidé les poubelles qui débordaient. On a repris la
route et jeté l'ancre derrière une ile, Groove Point, sur
laquelle se trouve une belle maison isolée. Et voilà qu'on
essaie internet et que cela fonctionne ! Merveilleux ! Mais
il est tard et je remet à demain l'envie d'écrire...
Ce matin, il pleut et tout est gris et froid. Daniel démarre
la génératrice et le chauffage. On boit du café, on est
heureux ! Nous sommes à 40 milles d'Annapolis mais le Boat
Show ne commence pas avant le 7 octobre, ce qui nous laisse
le temps d'attendre le beau temps et de se reposer un peu...
Tout le monde est réveillé et ca sent le bon café. Germaine
fait cuire des oeufs. La vie est belle !
Nous sommes le 8 octobre, déjà ! Nous déjeunons et partons
au boat show. Hier, il ventait trop pour descendre à terre.
Daniel et moi sommes restés au bateau mais Pierre-Paul et
Germaine sont
descendus en bateau-taxi pour aller acheter leur billet de
retour, en bus. Ils partiront lundi vers 14h.
Aujourd'hui, nous attendons le nouveau moteur électrique du
guindeau que Daniel a commandé et qui devrait arriver chez
UPS durant la journée. Puis, il réparera son guindeau car
c'est pour nous un must ! Il fait soleil, le temps est doux
et la baie est encore plus remplie de voiliers et de
catamarans qu'hier... Ce sera une belle journée pour notre
visite des nouveaux voiliers tout neufs !
Hier, on s'est fait un délicieux sauté avec les restants...
Mais là, il ne reste que deux bananes mures... L'épicerie
est si loin que nous devrons prendre un taxi pour y aller et
revenir... On va manger à terre et demain, ce sera
l'épicerie...
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