Journal de bord septembre / octobre 2010

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Mercredi 13 octobre.
Nous sommes enfin arrivés à Norkfolk, hier, par un bel après-midi. Nous étions partis d'Annapolis la veille, vers 7h du matin, sous un ciel encore voilé pour nous rendre au bureau des douanes à Baltimore. Uniquement pour cette obligatoire et inévitable raison, nous devions revenir sur nos pas, faire 5heures de voile pour aller et 5 heures pour revenir mais, hélas, nous n'avions pas le choix... Nous sommes donc partis, au moteur car il faut suivre un chenail, refaire une partie du chemin à l'envers, repasser sous le pont Georges William, contourner la pointe sans fin de Sandy Point, suivre les interminables bouées et enfin, arriver dans une baie qui ressemblait à Pointe-aux-Trembles avec ses cheminées d'usine qui crachaient de la fumée et ses gros cargos rouillés venus se ravitailler ou livrer leur marchandise... Mais plus nous avançons et plus la ville se dévoile et plus tout devient beau...

Quelle magnifique endroit que Inner Harbour, en plein coeur de la ville ou nous avons accostés. Comme un immense lac tout en rondeur avec des hotels partout, des fontaines, des parcs, des petits restos remplis de terrasses d'ou s'échappent de la musique en tous genres et tous ces gens qui semblent en vacances et qui profitent du soleil sur les bans publics qui entourent la baie... Accrochés sur le quai public, nous en avons profités pour remplir nos réservoirs d'eau bientôt à sec, prendre une douche puis mon Capitaine est parti à la découverte de la ville pour trouver la rue Gay et enfin obtenir le droit de sortie du Maryland. Pendant ce temps, je reste à quai et je profite de ce merveilleux soleil et de cette douce chaleur pour laver le bordé du voilier qui porte encore les traces noires de ses passages dans les écluses du Hudson...

Plein de curieux sont venus me parler, regarder le voilier, poser plein de question... C'est avec plaisir que je pratique mon anglais qui s'est beaucoup amélioré par mon travail en français langue seconde... Il faut dire qu'il n'y a pas beaucoup de voilier ici, contrairement à Annapolis... Quelques gros cruisers, des bateaux charter et deux vieilles goélettes toutes voiles dehors qui semblent collées sur place...

Daniel revient avec un Crusing Permit qui, selon les douaniers de NY, était impossible à obtenir car il aurait fallut renouveller, d'année en année, celui que nous avions obtenu lorsque nous avons ramené le voilier de la RÉpublique DOminicaine... Mais Betty, la chef douanière de Baltimore, hyper compétente, en a remis un tout neuf à Daniel, à notre grand plaisir car la question des douanes sera ainsi réglée au minimum... Ainsi, ici à Nortfolk, Daniel n'a eu qu'un téléphone à faire et tout était réglé. Pas besoin de descendre à Virginia Beach pour faire notre entrée ni notre sortie. Un simple appel téléphonique a suffit ! C'est génial !

Donc, on quitte à regret ce beau port multicolore qui semble en fête et nous repartons vers Annapolis. 5 heures plus tard, on refranchit le pont et Daniel m'annonce que les vents prévus pour la soirée et la nuit seraient favorables pour descendre vers Norkfolk... Il est 18h30 et je suis déjà morte de fatigue... Je vais donc me reposer un peu et Daniel fait route vers le sud... Présentement, Il n'y a pas de vent, la mer est plate, on avance au moteur... Il fait encore chaud !

Quelques heures plus tard, alors que la nuit est noire comme de l'encre, le vent se lève, un vent du nord, nord-est. On lève la grand-voile. Le bateau cesse de rouler de gauche à droite et devient plus confortable... Je descends préparer le souper. Steak et gratin au fromage. On mange chacun notre tour car il faut surveiller une vigie à l'extérieur. Le vent forcit, 20 noeuds. On déroule le génois... On avance à 8 noeuds dans la nuit noire, guettant les feux, les rouges à babord, les verts à tribord marquent notre route... Mais il y a aussi les feux scintillants qui indiquent un obstable, les phares lumineux qui marquent l'entrée d'un autre chenail et toujours, dans la nuit, on se demandant si les lumières que l'on aperçoit au loin sont une bouée, un cargo, un barge ou un bateau de pêcheur...

Quand on navigue de nuit, on perd la notion du temps et des distances. Un feu peut être visible à 8 milles et il parait tout proche. Et il y en a partout. Il faut prendre des gisements de collision constant avec les lunettes d'approche lorsque nous aperçevons un feu qui ne figure pas sur la carte car cela peut être dangeureux d'entrer en collision... Les cargos arrivent très vite, d'en arrière comme par le devant... D'autres arrivent de coté... Tous les feux sont des obstacles à éviter... Et l'on ne voit rien, strictement rien. La lune en croissant s'est cachée sous un gros nuage qui semble remplir le ciel...

Le vent forcit encore, il tourne au nord. Même avec le vent au portant, il fait froid, le bateau roule et tangue avec des mouvements brusques. La grand-voile empêche le génois de se remplir, il faut baisser la grand-voile mais voilà, on est entouré de bouées, et nous sommes à l'entrée d'un embranchement de chenail, dans la nuit noire sous des vents de 30 milles à l'heure et il faut se mettre le nez au vent, soit tourner dans l'autre sens...

Avec ce vent, le pilote automatique ne tient pas et Daniel se bat avec la roue depuis des heures... Je dois donc rouler le génois seule et je tire sur la corde de toute mes forces, m'aidant de mon pied... C'est dur, mon Dieu que c'est dur mais je tire, tire et tire encore... J'ai les mains brisées par la corde rapeuse mais j'y arrive enfin... Puis, je prends la roue et pendant que Daniel monte sur le pont pour se préparer à descendre la grand-voile, je tente de me mettre le nez au vent... Ça y est presque, Daniel tire, la voile descend et je dois reprendre mon cap... Le bateau n'est plus manoeuvrant, la roue est totalement à droite et le bateau ne vire pas, je donne du moteur et voilà, je reprends mon cap et en tournant, je recois une grosse vague qui déferle sur moi, me laissant trempée de partout...

Daniel reprends la roue et redéroule le génois et on poursuit notre route... On roule à 8 noeuds dans la baie de Chesapeake, sous des vagues cassées qui s'entrecroisent, faisant se promener le bateau de gauche à droite, de devant vers l'arrière... Ça brasse en grand et j'entends des objets tomber par terre. Je descends replacer le tout, il ne s'agit que de pacotilles et vais me reposer un peu pendant que Daniel continue de barrer... Puis, après quelques heures durant lesquelles je n'ai pas pu dormir, je l'envoie dormir à son tour mais le temps s'est trop dégradé et Daniel, épuisé, reste dormir dans le cockpit, tout près de moi, qui descend aux 5 minutes pour vérifier notre route et qui remonte à la course pour m'assurer que le pilote automatique ne lâche pas durant mon absence. Je me remémore le cap : 185 degrés... Je redessends voir la carte, corrige la route de l'intérieur et remonte au pas de course... Après deux heures, je suis morte mais Daniel se réveille, tout neuf... Je descend préparer du café, bien au chaud et retourne m'étendre un peu...

Enfin, on remarque une ligne pâle à l'horizon, il est 6h. Le jour va se lever, enfin... Mais il prend son temps, s'étire... Comme c'est beau de voir le soleil se lever, sentir la chaleur revenir... Comme c'est merveilleux ! Il fait un soleil splendide, on roule à 6 noeuds, le vent a faiblit. Je prépare des sandwiches aux oeufs et encore du café. On arrivera vers midi... Tout est beau, les vagues scintillent de milliers d'éclats, elles sont petites mais elles déferlent gentiment... On est assis, chacun de notre coté, las mais heureux et la vie est belle, il fait chaud et la fin de la première étape de notre voyage achève... On est si bien qu'on a envie de réduire le génois pour retarder notre heure d'arrivée... La musique joue, Daniel sort ses grements de pêche, il tire une ligne derrière le voilier...

La ville se dessine lentement... On est rendu à Norkfolk... Nous n'avons pas dormis depuis 30 heures mais on est en pleine forme... On se souvient de Little Creek Marina pour y avoir passé une semaine au retour des Bahamas, il y a 5 ans... On connait les endroits, on se sent en terre connue... Daniel sort les vélos de son garage dans la pointe du voilier, nos beaux vélos pliants tout neufs et on part vers l'épicerie pour acheter du vin... Il est 15h.

Au retour, cette fois, je suis morte. Je n'ai aucune envie de cuisiner. On file au resto de la marina et on s'enfile un hamburger. Puis, un petit verre de vin et hop, au lit...

Ce matin, le vent siffle de l'est, il fait gris et froid. Je dois laver tout le linge, tous les draps mais je suis là, en train d'écrire et je me dis que je suis à la retraite et que j'ai le temps... Pour partir, il nous faut un vent qui ne vient pas du nord, ni de l'est, ni du sud-est et ce matin, c'est un vent de l'est. Et puis, nous attendons notre équipier, Éric, qui arrivera demain pour embarquement jusqu'aux Bermudes...

Jeudi 14 octobre
Notre équipier, Éric, est arrivé d'Ottawa cette nuit. Je ne le verrai que le lendemain matin. Il est super sympatique, jeune et bien en forme. Capitaine en génie mécanique dans l'armée, il a terminé une maîtrise en explosif et il est actuellement en congé de paternité pour six mois. C'est avec plaisir que nous l'accueillons pour la traversée Norkfolk-Bermudes. Il désire parfaire ses connaissances de voile et pour moi, ce sont deux gros bras forts de plus pour participer aux manoeuvres. Il a très hâte de prendre la mer mais nous attendons un vent de l'ouest et pour l'instant, c'est plutôt un gros vent du nord qui marque 30 noeuds, avec un ciel totalement noir et une pluie torrentielle... Et il fait froid comme en automne...

Vendredi 15 octobre
Journée grise, pluvieuse et venteuse. Le temps idéal pour faire une épicerie. Nous revenons avec 50 sacs et des caisses d'eau, de jus, de liqueurs et de vins. Il faut tout ranger et noter dans un calepin l'endroit ou se trouve toutes ces choses si on veut les retrouver facilement... Une idée de Germaine qui me sera fort utile. Puis, je cuisine un délicieux gâteau aux bananes et des pizzas pour souper. Merci à Jacinthe, Germaine et Jocelyne pour leurs recettes de gâteau dont j'ai fait une combinaison. Je me lance aussi dans la fabrication de cretons.

Dès que le matin se lèvera, dans 12 heures, nous serons rendus aux abords du capricieux Golf Stream ou des éclairs, du tonnerre et des vents violents peuvent survenir en tous temps, sans parler des forts courants qui vont nous faire dériver de notre route. Il nous faudra une vingtaine d'heures pour le traverser mais dès que nous serons passés, le beau temps devrait se faire sentir...

J'ai bien hâte de lever l'ancre et de ne voir que du bleu... J'espère aussi que nous attraperons de grosses dorades dont nous nous délecterons !

Samedi 16 octobre
C'est le départ. Mon capitaine écoute la météo depuis trois jours et il vient de donner son feu vert. Voilà les vents attendus...
Vers 17h30, nous quitterons le quai pour faire le plein d'essence et nous mettrons le cap vers le sud. Demain matin, nous serons dans le capricieux Golf Stream que nous traverserons de clarté. Nous en aurons pour 20 heures avant de retrouver la chaleur et la quiétude de l'autre coté du golf. Notre équipier ne tient plus en place. Daniel et lui ont désoufflé et rangé le dinghy dans le coffre avant et rempli les réservoirs d'eau douce. Pendant ce temps, j'ai fait une immense chaudronnée de sauce à spagetti pour en faire du macaroni que j'ai mis en pots pour la traversée. Il reste deux heures avant le départ. Tout le monde se repose car le début de la navigation risque d'être mouvementée avec 20 noeuds de vent que nous aurons de face pendant une courte période pour ensuite rouler au portant...

Jeudi 21 octobre.
Il est 11h30, le départ de Norkfolk s'est fait en douceur, au vent portant. Pendant les deux premiers jours, un vent de 15 noeuds nous poussait lentement vers le golf Stream que nous avons traversé sans problème sous un soleil éclatant. Puis, le jour trois fut magique. Gros soleil, vent doux, le bonheur. Un ciel bleu impeccable bordé de petits nuages blancs, floconneux avec des taches sombres... Mais ils sont loin, au bout de l'horizon... Nous étions loin de nous douter qu'un fort Tunderstorm se préparait à nous faire mériter notre entrée dans le triangle des Bermudes...

Nous sommes arrivés hier dans le port des Bermudes après 30 heures de navigation en pleine tempête avec des vents du sud-sud-ouest établis de 30-35 noeuds et des rafales à 40-45. Une mer déchainée, des tonnes d'eau sur le pont et des centaines d'embruns qui déferlent sur nous... Aucun habit de pluie n'empêche l'eau salé de pénétrer à l'intérieur, par une petite interstice, le col ou dans les bottes... On est trempés de la tête aux pieds, en dedans comme en dehors. Les yeux remplis de sel, on scrute la nuit noire pour surveiller les vagues et tenter d'éviter les embruns...

Au près serré, Voilo s'est comporté à merveille, chevauchant les vagues en ligne droite, Daniel à la roue, ne pouvant céder sa place à personne à cause des conditions météo... D'ailleurs, personne n'aurait pu, mieux que lui, barrer entre les vagues et garder le cap, décider de la voilure et faire les manoeuvres appropriées selon les vents...

Tout a pris le bord dans le voilier, le micro onde pendu au bout de sa corde se percutait dans les portes de salle de bain et d'armoire, le grille pain s'est ramassé dans l'évier, la cafetière a pris le bord et s'est littéralement défaite en morceaux, la porte du frigo s'est ouverte d'un coup et est sortie de ses gonds, l'escalier se levait sans cesse et la desserte, derrière la table, s'est arrachée de ses vis...

Au début de la tempête, je dormais avec le hublot ouvert à babord quand une vague scélérate a déferlé dans mon lit, me réveillant toute trempée et hébétée... J'ai escaladé le voilier pour monter sur le pont et constater que le ciel était noir, la mer grise et le vent hurlant... Nous étions à la latitude 33 et la longitude 66... 3 + 3 = 6... Cela ressemble encore à du 666 !

Le bateau était soulevé à l'arrière tribord par des vagues monstrueuses, replongait avec fracas en partant en embardé sur la gauche, revenait brusquement à droite, se relevait et retombait avec force dans les creux de vagues... Pas un seul manège ne pourrait reproduire cette sensation inconfortable qui se répétait sans cesse... À l'intérieur, on entendait des bruits d'objets qui tombaient... Un vrai bordel ! Les toilettes ont débordées, les serviettes tombées dans le trou, le plancher mouillé d'eau salé et nous, trempés à l'os... Aller au toilette devenait un tour de force...

Hier soir, en arrivant au quaie des douanes, il fallut débarquer tous les trois pour faire notre entrée. Une procédure assez longue mais qui s'est bien passée, le bureau des douanes étant juste derrière le quai des douanes...

Crevés, trempés, affamés, on a ensuite jeté l'ancre un peu plus loin dans la baie et nous avons ouvert une bouteille de rosée pour faire le point. Daniel était mort de fatigue, les bras ankilosés, un point dans le dos mais combien fier de nous avoir menés à bon port. D'un commun accord, nous avons conclut qu'il méritait le titre de Colonel et qu'il était définitivement de la trempe d'un héro... Quant à Éric, notre équipier, il a fait un boulot fantastique et est resté dehors sous la pluie, presque continuellement, avec Daniel pour l'assister. Il s'est débrouillé comme un chef ! Quant à moi, j'entrais pour ramasser ce qui tombait, faire la bouffe, tenir Daniel au courant de la vitesse du voilier et du cap et retournait dehors me faire arroser un brin... Heureusement, les tonnes d'eau qui déferlaient sur nous étaient chaude et presque turquoise et le vent, malgré sa force, était chaud aussi...

Ce matin, Daniel a réparé la porte du frigo, j'ai fais du café et on s'est immédiatement mis à chercher un site internet pour vous envoyer des nouvelles et vous faire savoir que tout allait bien, que les Bermudes ce matin sont sous le soleil, que l'eau est turquoise et que nous avons passé une bonne nuit réparatrice et sommes en pleine forme pour remettre Voilo à neuf...

Vendredi, 22 octobre
Nous sommes partis en dinghy, tôt ce matin, pour accoster au quai des douanes et partir à la découverte de la ville de St-Georges, qui se trouve dans la partie nord des Bermudes. Déjà, du voilier, on aperçevait au loin un observatoire bâti sur le sommet du mont duquel descend de petites routes étroites et escarpées, traversées par d'autres petites routes qui serpentent autour et qui cachent de petites maisons de béton peintes aux couleurs pâles : rose, bleu poudre, jaune citron, pêche, vert salade... Elles sont toutes construites en béton et elles ont toutes des toits blancs, aussi en béton, conçus par paliers pour recueillir l'eau de pluie et l'acheminer vers de grands réservoirs à l'arrière de chaque maison. Il n'y a aucune source d'eau potable dans toutes les Bermudes. Plusieurs maisons ont de belles petites cours intérieures garnis d'hybicus, de palmier, d'oiseau du Paradis, de fleurs de la passion...

Les rues sont étroites et faites de briques ou d'asphalte et les boutiques qui bordent la mer n'ouvrent qu'à 11h. Elles sont invitantes et présentent des coquillages en tous genres, des robes aux couleurs vives, des t-shirt avec des inscriptions comme Bermuda, in the middle of the Atlantic, des breloques faites de coquillages comme on en voit partout dans les Antilles, des aquarelles, des sacs à main... Mais aucun Bermuda en vue ! MOi qui pensait m'en acheter une paire ! Plusieurs restos donnant sur la mer présentent des menus de fruits de mer, comme du homard au cari à 80 $ l'assiette ou des club sandwiches à 29 $. Étant donné les prix exorbitants, on a décidé de retourner manger au voilier... D'ailleurs, il nous reste encore de la dorade toute fraîche pêchée en pleine tempête et qui trempe dans le citron vert...

Les gens conduisent à l'envers dans de petites voitures anglaises, toutes propres. D'ailleurs, une grosse voiture ne passerait pas les petites ruelles étroites qui grimpent sur la montagne, entre des murs taillés dans la pierre volcanique. C'est l'endroit idéal pour se promener en moto. D'ailleurs, demain, nous en louerons une pour parcourir l'ile dans son entier...

J'ai acheté un beau livre qui montre tous les endroits paradisiaques des Bermudes. La partie sud, ou nous jetterons l'ancre dans quelques jours, semblent le plus beau secteur, là ou la mer est entourée de plages de sable rose et de bancs de corail ou nous pourrons faire de la plongée.

Il fait très très beau aujourd'hui. 85 degrés. Un petit vent caressant et un soleil qui brille dans un ciel parfaitement bleu.

Nous avons marché pendant 5 heures et sommes revenus au voilier ou il fait bon sentir le vent.

Notre grand-voile s'est déchirée en deux lors de la tempête. Il faut la monter pour la faire sécher et ensuite, nous devrons la faire réparer dans une voilerie.

Je me suis acheté une belle grande blouse blanche en lin car j'étais en train de cuire sous le soleil...

Dimanche 24 octobre
Bonjour Maman, bonjour Papa,
nous sommes dimanche le 24 octobre. Chez vous, il est 8h45; ici il est 9h45. Le soleil brille de tous ses feux et le vent semble s'être endormi. Le bateau bouge à peine, un simple petit roulis agréable... Daniel et Éric ont sorti de leurs boites l'énorme compresseur de plongée en apnée qui a été acheté par Ebay et livré à Rouses Point avant notre départ. Cela ressemble à une grosse tripe, au centre de laquelle se trouve un moteur à essence qui fournira de l'air à deux longs tubes de 50 pieds, nous permettant de visiter les fonds marins sans devoir porter d'énormes et lourdes bouteilles d'air comprimé... Il y a aussi un beau drapeau indiquant un site de plongée qui marquera notre position.

La jeunesse d'Éric et son envie de toujours bouger pousse Daniel à aller de l'avant car je ne pense pas qu'il aurait été dans ses priorités d'aller explorer les bancs de corail de la baie de St-Georges aujourd'hui... Enfin, que faire d'autre, puisque c'est dimanche et qu'ici, tout est fermé...

Éric partira vendredi. Cela n'est pas évident d'acheter un billet d'avion aller seulement à partir d'ici. Nous sommes descendus à l'agence de voyage au mois 3 fois pour se buter devant une porte close. Hier, nous sommes allés en dinghy à l'aéroport, qui est juste à coté, pour trouver des kiosques fermés. Il lui a donc fallut téléphoner à son épouse afin qu'elle fasse les démarches à partir d'Ottawa... Éric a 39 ans. Il est costaux et bien musclé. Il semblait plus apprécier les activités de la traversée mouvementée que le calme des vacances. Levé très tôt, il attend impatiemment notre réveil pour nous pousser à l'action. Comme il nous a été d'une grande utilité lors de notre traversée et que de plus il a payé pour son passage, je pense qu'il mérite les efforts que nous faisons pour lui rendre son séjour aux Bermudes agréable. Hier, il a plongé dans l'eau tiède en surface mais plutôt froide en profondeur et a rapporté des West India Mussel, sans savoir si c'Était mangeable ou non... À l'aide d'un harpon, il a bien tenté d'attraper des poissons perroquets mais en vain. En jasant avec des gens de la place qui se promenaient en kayak, nous avons appris que ces molusques faisaient partie d'une espèce protégée et que nous étions passible de 5000 $ d'amende si nous étions pris à les ramasser... Nous les avons donc remis à l'eau aussitôt. Il y en avait 5 et ils étaient énormes, avec leurs coquilles brunes, noires striées de blanc ressemblant à une roche volcanique... Surpêchée par les locaux pour la finesse de leur chair, elles ne m'inspiraient pas dutout pour tenter une expérience culinaire...

Parlant cuisine, j'étais persuadée avoir déjà dans le bateau mon vieux livre de cuisine raisonnée de Jeanne Benoit. Or, il semble qu'il soit resté à la maison. Je n'ai donc aucun livre de cuisine et j'en profite, lorsque nous avons un accès internet, pour copier dans mon petit cahier, toutes les recettes possibles. Ici, la bouffe est tellement chère qu'il me faut trouver des astuces pour cuisiner des plats santé. Un piment vert se vent 2.99. Une pomme défraichie 1.09$. Une salade, 3.49$. Des muffins anglais, 6 pour 5,49 $. De plus, il n'y a pas grand chose dans les tablettes d'épicerie, en fait, plus de cannages que d'aliments frais... Mais peut-être qu'à Hamilton, ce sera différent. Dans le beau livre que j'ai acheté et qui montre les plus beaux endroits des Bermudes, Hamilton semble une grosse ville avec des maisons à 3 étages qui bordent la rue principale. J'imagine donc que les épiceries seront à la mesure des maisons et offriront un choix plus varié...

En attendant, je compte un peu sur Éric pour nous pêcher de la langoustique ou du homard qui semble ici en grand nombre... On verra ce que donnera la pêche aujourd'hui avec le nouvel équipement de Daniel...

Je pense à vous très souvent et vous me manquez beaucoup. J'ai pensé beaucoup à toi, papa, durant les 30 heures de tempête que nous avons subies avant d'arriver aux Bermudes et je pense que si tu avais été là, Daniel n'aurait pas hésité à te laisser la roue pendant quelques heures, le temps qu'il puisse se reposer un peu... Ta grande expérience de navigation aurait été fort utile et rassurante pour Daniel. La voile ne s'apprend pas en quelques heures... Cela demande des années d'expérience, beaucoup de pratique, beaucoup de force physique et mentale... Je me rends compte qu'il me manque encore bien de l'eau sous ma coque avant de pouvoir prétendre être un second fiable et utile... En tout cas, je suis au moins utile pour lire les cartes, indiquer le bon cap, faire la bouffe et le ménage et lorsqu'il fait beau, faire mes quarts. J'adore barrer mais lorsque nous sommes au près serré et qu'il vente à 40 noeds avec rafales à 50 noeds, la roue est difficile à tenir et il s'agit de prendre une vague de la mauvaise manière pour que le bateau réagisse mal et risque des domages. D'ailleurs, même avec toute l'expérience de Daniel, notre grand-voile s'est fendue en deux tant le vent était fort et cela malgré deux ris... Heureusement, une voilerie Doyle est en train de nous la réparer et nous la récupèrerons mardi, toute neuve...

Enfin, nous espérons que le reste de la traversée, qui s'étendra sur 850 milles, se passera dans le beau temps... Je vais quand même préparer une affiche que je mettrai sur le babillard des douanes pour tenter de trouver un équipier voulant se rendre aux Iles Vierges. Beaucoup de bateaux arrivent, des goélettes, des catamarans, des ketchs et des voiliers. Il peut arriver, qui sait, qu'un marin décident de changer de véhicule ou de destination... Je pense que cela me rassurerait un peu d'avoir avec nous des bras supplémentaires...

Bon, je vous laisse et vous embrasse bien fort. J'entends les gars qui semblent avoir fini leur test... Je vais me préparer pour les accompagner...

Le voilier Jeanneau de 40 pieds de l'École de voile Les Blanchons, sur lequel Éric devait embarquer avant de tomber sur notre annonce dans la bourse des équipiers, vient d'arriver au port ce matin, avec à leur bord 4 passagers, trois hommes et une femme. Ils ont cassé leur gouvernail juste avant d'arriver et Daniel a du faire le taxi en dinghy afin qu'ils fassent leurs douanes. Ils ont quitté la Gaspésie après nous, et ils ont évité le mauvais temps, même s'ils ont eu des vents de 20-25 noeuds...

Nous avons remplis le moteur du dinghy et nous sommes partis explorer les alentours. Nous avons jeté l'ancrette devant une petite plage de sable beige tirant sur le rose ou j'ai ramassé plein de petits coquillages en vue d'en faire des petits bracelets pendant que Daniel essayait son compresseur (bruyant et malodorant) et qu'Éric ratissait les fonds à la recherche d'écrevisses, de languoustes ou de homards dans une eau verte émeraude... Hélas, la pêche ne fut pas aussi prolifique que la chasse de Claude et nous sommes revenus bredouilles et gelés... Nous nous conteterons donc d'un sauté de poulet aux piments verts et oignons blancs au lieu d'un homard au cari... Domage !

Il fait un peu plus chaud qu'hier mais c'est encore frais avec 78 degrés. Demain, le temps se réchauffera davantage et Daniel se remettra à ses travaux de consolidation de la guérite, s'il trouve de la colle à bois à la quincaillerie...

BOn, je vous laisse, je vais aller regarder passer le temps lentement sur ma douce retraitre et observer les gars des Blanchons qui plongent sous l'eau pour examiner leur gouvernail...

Un bermudois et son fils revenant de la pêche ont approché leur barque près de notre voilier et nous avons eu le plaisir de discuter enfin avec un local, Juan, qui se trouve à être chauffeur de Ferry dans l'ouest des Bermudes. Né ici à St-Gerges, il dit avoir eu un voilier et fait le tour du monde. Mais aujourd'hui, avec femme et enfant, il se contente d'aller à la pêche... D'ailleurs, Il nous a indiqué un spot, non loin, ou se trouve les homards et nous a indiqué le nom d'un resto local ou il est possible de manger à trois pour moins de 40 $, chez Angelinas... On a aussi appris qu'il y avait une grosse épicerie de l'autre coté de la baie, derrière le groupe de 3 buildings, qu'il y avait 80 000 habitants aux Bermudes, qu'ils géraient leur déchet dans un immense réservoir qui a couté des millions de dollars, qui brûle les déchets sans faire aucune pollution, qu'une petite maison 2 chambres à coucher coutait autour de 750 000 $, que les Bermudes manquaient de personnel et qu'ils en importaient, que le taux de chômage ici était nul et que, si l'agriculture n'intéresse personne, c'est que dans les familles, la femme travaillle, l'homme travaille et souvent les enfants aussi... Personne n'a donc le temps de jardiner... Il nous a aussi mis en garde contre les dangers de se promener en scoter en rappelant à Daniel que, depuis 25 ans, les conditions ont beaucoup changé et que c'était très dangeureux... Bref, dit-il, il vaut mieux prendre une passe qui donne droit de prendre l'autobus et le ferry... J'ai aussi appris qu'il y avait un babillard, au cheval-Blanc, qui annonce les équipiers qui désirent embarquer... Bref, une belle rencontre !

Mardi 26 octobre.
Journée fraîche et venteuse.  Éric pêche autour du voilier et nous partons faire du lavage à la laundromat.  Les gens sont si sympatiques.  Je discute avec deux charmantes femmes, de tout, de rien... Daniel récupère sa grand-voile dont la réparation aura couté plus de 500 $ us.  Avant de retourner au voilier, on dine chez Angeline's puis au quai à dinghy, on rencontre les passagers des Blanchons avec qui nous discutons... Leur gouvernail sera prêt demain et ils partiront aussitôt que le nouveau skipper arrivera.  Quant à nous, on retourne au voilier pour ranger le linge qui sent bon et frais avant de repartir faire l'épicerie derrière les gros buildings mais Ô surprise, Éric nous annonce que le dinghy s'est retourné... Les vestes de sécurité trainent à l'eau, le moteur est submergé et le siège de passager s'éloigne lentement...

On retourne le dinghy, récupère l'ancrette, les vestes et le siège et Daniel démonte le moteur, enlève et fait sécher les bougies, mets de l'essence dans les cylindres, brasse le tout, vide, recommence et enfin, le moteur redémarre...  Et nous aussi...

Il est 19h30, il fait nuit.  On rame depuis des heures avec deux planches de bois qu'un gars de la ville nous a dénichées.  Nous sommes partis pour faire l'épicerie, il était 15h.  Il faut croire qu'il restait de l'eau dans le moteur car nous n'avions pas fait un mille qu'il s'est arrêté bêtement, en plein milieu de la baie.  Le vent souflant nous pousse vers l'autre rive tandis que Daniel démonte le capot du moteur, dévisse les bougies pour s'apercevoir qu'elles sont encore pleine d'eau...  Nous les asséchons avec un briquet et les remettons en place.  Puis, commence le tirage sur la manette de démarrage... Une fois, dix fois, vingt fois... Rien... On redévisse les bougies, encore pleine d'eau... Séchage et remise en place... Mille fois sur le métier remet ton ouvrage !  Daniel tire à bout de bras sur la manette, jusqu'à ce que, de guerre lasse, il redévisse les bougies... Et recommence, encore et encore...

Le dighy dérive encore, nous approchons de l'autre berge, loin de notre point visé... Et voilà que tout à coup, le moteur démarre... On décide de suivre le bord pour tenter de trouver les rames qui ont disparues quand le dinghy s'est retourné et voilà qu'une fois de plus, le moteur cale... Daniel est d'une patience d'ange et il recommence encore son manège...  Nous approchons d'une berge et voilà qu'un gros Doberman apparait au bout du quai vers lequel nous nous dirigeons.  Il jappe et grogne.  On voit la base couler de sa gueule... Pas très invitant !  On approche dangeureusement et nous préférons jeter l'ancre avant de tomber sous les dents du lion... Au bout d'une heure, le soleil commence à descendre et Daniel recommence à avoir un point dans le dos mais il poursuit, encore et encore et une fois de plus, le moteur redémarre en toussottant... On file le long d'un immense quai de béton de 20 pieds de haut d'ou pendent des gros pneus de camion et des tonnes de bestioles.  On s'y accroche et on jette l'ancre dans une des fentes du pneu... Après deux heures d'efforts, Daniel décide de grimper le long du pneu et il monte sur le sommet du mur, marche et tombe sur un gars qui lui ouvre son garage pour lui remettre deux planches qui nous serviront de rames... L'une est longue de 3 pieds et Daniel, à tribord, nous fait avancer pendant qu'avec la petite planche d'un pied, je pousse sur le mur pour nous faire avancer... Nous arrivons, en longeant le mur, jusqu'au quai d'essence ou nous arrêtons pour faire changer l'essence du bidon qui doit être mélangé à de l'eau de mer.  J'en profite pour m'acheter une barre de chocolat... Puis, le moteur refusant toujours de partir, on rame jusqu'au voilier ou nous arrivons, 4 heures plus tard, à la nuit tombée...

Éric était inquiet de notre absence et il croyait que nous étions arrêtés manger au resto.  Toute la vaisselle est faite et tout est propre dans le bateau.  On se prend un verre de rosé en racontant nos péripéties à Éric qui n'en revient pas... On mangera du spagetti ce soir et demain, ce sera au tour du moteur du dinghy de se faire ouvrir les antrailles...  Pour l'instant, on célèbre notre retour en se demandant pourquoi le triangle des Bermudes s'acharne sur nous...

Mercredi 27 octobre.

La journée est splendide.  Un petit vent doux et chaud, un soleil bleu.  Pas de vague.  Tous les jours, la baie se remplie davantage de voiliers.  Nous sommes une vingtaine alors qu'à notre arrivée, nous étions 3 voiliers.  Dans deux semaines, nous a dit un local, il y aura 200 voiliers dans la baie... 

Après un bon expresso, Daniel redémonte son moteur de dinghy et Éric fait chauffer les bougies sur le poêle à gaz... Cette fois, nous ferons des tests autour du voilier avant de repartir... Il faudra aussi trouver des rames.  Puis, nous installerons la grand-voile.  On ira au quai faire le plein d'essence et remplir les réservoirs d'eau qui sont à sec.  Ensuite, il faudra faire une épicerie et si le coeur nous en dit, nous partirons vers le sud de l'Ile...

Journée parfaite, sans anicroche.  Daniel s'est promené près d'une heure dans son dinghy et jamais le moteur n'a si bien tourné.  La grand-voile est montée et les réservoirs d'eau sont pleins. Nous avons passé l'après-midi à Tobacco Bay, un lagon vert émeraude bordé d'une magnifique plage de sable rose.  Je n'avais pas apporté mon maillot mais je n'ai pas pu résister à la tentation de me saucer dans cette eau limpide et chaude, entourée de stalactiques aux formes sculpturales...  C'était divin.  Au retour, j'ai ramassé un poulet et ce soir, je cuisine un riz Jambalaya au poulet tandouri...

En revenant de la plage, nous avons remorqué les Blanchons qui n'ont pas de réservoir d'essence sur leur dinghy et qui doivent ramer pour aller au quai et en revenir... Leur nouveau skipper est arrivé, il semble bien sympatique.  Dès qu'il a mis le pied sur le voilier, il s'est affairé pour remettre le gouvernail en place... La météo annonce du mauvais temps vendredi, ils partiront sûrement la semaine prochaine pour les Iles Vierges.

Vendredi 29 octobre
Hier, nous avons reçu des invités à souper sur notre voilier : Milos, un beau grand slovaque qui voyage seul sur son voilier, un First 36 et Uptown, un local bien coloré, dans tous les sens du terme, ancien chef d'un grand hôtel, Dieu sait où, qui lui aussi a son petit voilier dans le port et sa maison sur la terre des Bermudes.  Il nous a fait cuire, en papillottes, des poissons pêchés par Éric et Milos, garnis de sucre brun, de vinaigre balsamique, d'épices, de piment fort, d'oignons et de tomates... Le tout lentement cuit sur le charcoal !  C'était un délice ! 

Ce matin, il pleut et le ciel est gris.  Daniel a reçu un bulletin météo en provenance du réseau du capitaine nous avisant qu'une tempête tropicale, Sharly, arriverait directement sur les Bermudes tôt en soirée, avec des vents de 45 noeuds et des rafales possibles à 55 noeuds.  Après avoir reconduit Éric au quai d'où il s'envolera vers NY, nous avons testé notre ancre pour s'assurer qu'elle tiendrait bon.  Nous avons l'avantage d'avoir 300 pieds de chaine, ce qui devrait nous être utile.  Les amarres qui trainaient sur le pont ont été rangées dans les coffres, de même que tout ce qui se trouvait dans le dinghy.  Tout à l'heure, nous enlèverons le toit bimini et rentrerons les coussins de cockpit.

Je préparerai le souper à l'avance, au cas où le vent forcirait.  Dans la baie où nous sommes protégés des vents de l'ouest, nous serons plus en sécurité que si nous étions partis de l'autre coté de l'Ile.  En attendant, le vent souffle mais le soleil brille derrière les nuages...  Des petits moutons blancs se forment sur les vagues et autour de nous, les bateaux se préparent pour la tempête...

Ce soir, ce sera un grand spectable avec son et lumières...

Samedi 30 octobre
La tempête Shéril, comme une grande artiste, s'est faite attendre longuement... La nuit avait mis son grand voile noir et plus rien ne bougeait... Il y eut un calme comme rarement j'en ai vu... Un trou noir... J'ai fermé mon Ipod pour mieux entendre le silence que même les grillons n'osaient interrompre. Tout était lourd, humide mais dans la baie, plus une vague, plus une goutte de vent...
 
Pour m'occuper, j'ai fait des bonbons aux patates... J'ai attendu, encore et encore et Shéril n'arrivait pas... Je me suis couchée et pendant le coeur de la nuit, un bruit fracassant m'a réveillé en sursaut, des éclairs déchiraient le ciel, le tonnerre était assourdissant... Daniel, en manteau de pluie, est sorti sur le pont pour s'assurer que nous ne chassions pas ou simplement pour s'assurer que d'autres voiliers ne chassaient pas en notre direction... Mais non, nos deux ancres tenaient bon...  Nous étions dans les premières loges et le spectable était magnifique !

Dimanche 31 octobre
Problème de connection internet. Le fil booster de l'antenne a pris l'eau et il est inutilisable. Nous arrivons à avoir internet quand le bateau tourne du bon coté de la baie et nous ne savons pas quand la réception coupera... On a été gâté jusqu'à date mais il faudra attendre d'être dans la ville de Hamilton pour trouver un autre fil usb... En attendant, il fait gris et le ciel est rempli de nuages.  Je fais cuire des brochettes Tandori que je servirai avec de la salade romaine... C'est un petit dimanche plutôt tranquille !

Silvie

 

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