Mardi
le 1er mars 2011,
Gros soleil sur Culebra mais toujours ce
vent hurlant qui ne faiblit pas en ce
premier mars. Avant-midi à flâner, rien
à faire sauf petit déjeuner qui traine
en longueur. COmme c'est merveilleux de
laisser le temps couler, lentement, au
rythme du sud ! Hier soir, nous sommes
descendus au 5 à 7 du Dinghy Dock Bar et
nous avons rencontré un grand gaillard
de la Caroline du Sud qui en est à ses
15e vacances ici à Culebra. Les raisons
qu'il se plait à évoquer : aucune
criminalité, sécurité maximum, bas prix
pour loger à long terme, tranquilité,
magnifiques plages presque désertes et
sites de plongée exceptionnels à
Culebrita. Un beau grand célibataire qui
aurait sûrement plus à Powerfull Lily !
Puis, c'est un homme assez rondelet,
avec une haute calotte sur sa tête
ronde, originaire d'Ottawa, qui est venu
nous faire la conversation. Il a
reconnu, sur le lettrage de notre
dinghy, les lettres 10D qui signifient
Montréal. Étant de l'Ontario, ses
lettres sont 30D. Donc, cet homme vit
ici depuis dix ans, sur son bateau. Non
non, il n'y a pas d'erreur. 10 ans dans
Ensenada Honda à Culebra ! Notre
surprise l'amuse et en riant, il nous
raconte qu'il aura vécu 2 ans à Luperon
et ensuite, il est arrivé à Culebra et
n'y est jamais reparti, sauf pour de
courtes sorties, comme à l'entrée de la
baie pour nettoyer la coque ou quelques
fois, un court voyage aux BVI. Comme
nous n'en revenions pas, il nous dit :
pourquoi payer une maison, cela ne coûte
rien de vivre à bord... Et ici, c'est le
paradis ! Mais, demande t'on, quand
vient la saison des ouragans, que
faites-vous... Il répond qu'il met trois
ancres sur son voilier et se loue une
chambre... Sa femme, réflexologue, a
ouvert un petit bureau en ville mais
revient coucher au voilier le soir. Et
bien... On aura tout vu ! De plus, leur
voilier est un Niagara 35, ce qui n'est
pas énorme. Pour l'eau, il la transporte
au galon depuis le Dinghy Dock Bar, de
même pour l'essence, à pied depuis le
quai à ferry. C'est à peine croyable !
Encore un autre énergumène comme on en
rencontre tant à CUlebra !
Après quelques drafts, nous avons marché
dans la ville, savourant la douceur de
la soirée et en passant devant l'étroite
entrée du resto Mamachita's Grill and
Bar, laquelle offre une longue terrasse
donnant sur la mangrove adjacent à un
petit bar coloré, nous avons décidé que
ce serait notre choix pour la soirée et
nous avons pris place à une petite table
donnant sur le canal. Dès 18h, toutes
les tables étaient prises. L'ambiance
était très animée et de la musique douce
emplissait l'espace joliment décoré avec
beaucoup d'arbres et de plantes. Un
serveur, de type anglais, nous avise que
le seul menu est inscrit sur le tableau
noir à l'entrée et on se lève pour
choisir notre menu. Pour moi, Mango BBQ
Chicken et pour Daniel, Skirt Steak. Le
service était excellent, rapide et
courtois et l'ambiance vraiment joyeuse
et légère. Un bel endroit et un délieux
souper. Nous y reviendrons sûrement,
d'autant plus que les fins de semaine,
il y a un disque-jokey et de la danse,
ce que nos prochains invités
apprécieront sûrement. De la table, nous
sautons dans le dinghy, que Daniel est
allé récupéré au Dinghy Dock bar, pour
revenir au voilier. Il est tard mais
nous avons le temps de prendre un
dernier drink avant d'aller au lit. Une
merveilleuse et langoureuse journée qui
se poursuivra le lendemain.... Pas de
projet, rien à faire, sauf prendre le
temps de lire, d'Écrire, de flâner et de
rêver... Et encore, un dernier 5 à 7 au
Dinghy Dock bar pour le plaisir de
rencontrer de nouvelles personnes...
Demain, cap vers Puerto Rico, retour à
Sunbay Marina, location de voiture,
épicerie et le 3, enfin l'arrivée
d'Olivier et de Julie... Comme nous
avons hâte et que de plaisirs nous
attendent encore...
Silvie
Mercredi le 2 mars 2011,
Finalement, nous avons passé la soirée
au voilier hier car il pleuvait à fendre
l'âme. J'ai préparé des lanières de
poulet au curry, paprika, huile,
vinaigre balsamique et piments fort sur
un lit de riz. C'était délicieux !
Puis, on s'est fait une soirée cinéma.
On a bien essayé, en vain, de faire
fonctionner les deux CD que Lily nous
avait apportés mais ils ont fait planter
nos deux ordis, avec un message d'erreur
sur le disque mentionnant qu'il nous
manquait des éléments pour lire ces
fichiers. Le redémarrage fut long et on
a fouillé dans nos deux cents CD pour
tomber sur Mer Intérieure, un film écrit
par un espagnol, sur le suicide assisté,
qui nous a laissé perplexes... Un jeune
homme de 25 ans plonge d'une falaise
pendant le ressac des vagues. Sauvé
in-extrêmis par un ami, il restera 28
ans paraplégique, sans pouvoir bouger
autre chose que sa tête, ses yeux, ses
lèvres, totalement insensible partout
ailleurs mais avec un cerveau bien
intact. Malgré qu'il recevait beaucoup
d'amour et de soins de qualité de ses
proches, il demandait continuellement à
être assité pour mourir dans la
dignité. La demande fut refusée par la
Cour et en bout de ligne, plusieurs amis
contribuèrent à lui procurer de
l'arsenic qu'il buva pendant qu'il
filmait son épilogue et sa mort dans une
scène assez poignante...
J'ai mis longtemps avant de m'endormir.
Le vent s'était tut et seul un petit
clapot sous la coque se faisait
entendre. Au loin, un chien jappe dans
la nuit, un autre lui répond et voilà un
concert qui commence. Je me lève, monte
dans le cockpit, regarde les étoiles.
C'est beau la vie, quand on est en
santé, mobile et que tous nos membres
fonctionnent. Merci la vie ! La vie
qui est si fragile, qui tient à un
fil...
Ce matin, gros soleil sur Culebra.
Juste avant de partir, je reçois un beau
courriel de ma fille Sophie qui
m'annonce qu'elle va mieux, qu'elle a
soigné sa bronchite avec des infusions
de sauge, de thym et d'ail ainsi qu'avec
des tisanes d'ails, de miel et de
citrons. Curieux hasard pour moi qui
suis justement en train de lire un livre
sur les herbes médicinales de Puerto
Rico et je suis charmée que ma fille
soit si proche de la nature et de la
terre. J'ai toujours cru au pouvoir
curatif des plantes et en arrivant à
Puerto Rico, je prendrai le temps
d'arrêter dans un des ses petits
kiosques qui vendent des herbes afin de
me procurer une complète pharmacie. En
attendant, tous les matins, je bois du
jus de citron frais qui a pour effet de
nettoyer et de renforcir le système
immunitaire, en plus de faire
disparaître les douleurs arthritiques
qu'heureusement je n'ai pas... Même que
dans ce livre, une vieille femme,
guérisseuse et herboriste, raconte avoir
soigné le cancer d'un homme avec du
citron. Le premier jour, un citron; le
deuxième jour, deux citrons, ainsi de
suite jusqu'à 30 citrons et ensuite, on
redescend à 29, 28, 27... L'homme qui
avait rendez-vous à l'hôpital pour une
opération, ayant une tumeur cancéreuse
sur un poumon, s'est présenté à
l'hôpital trois mois plus tard et
n'avait plus aucune trace de tumeur sur
le poumon. Je songe à mon ancien patron
qui vent de se faire enlever un
poumon... Aurait-il pris le risque
d'essayer cette simple méthode et de
risquer d'aggraver la tumeur ? Moi,
j'aime croire ces histoires et c'est sûr
que j'essaierais tout avant de me faire
charcuter par la médecine officielle...
Après un café corsé, on met le cap sur
Puerto Rico. Babord amure, grand-voile
et génois, on roule à 6 noeuds,
doucement, confortablement, au grand
large. Il faut beau et chaud et le Ipod
joue des airs doucereux, en harmonie
avec la traversée. Daniel tend ses
lignes. Son nouveau pilote automatique
fonctionne à merveille, tout en
douceur... Tout est parfait en ce beau
mercredi !
Oups ! Pendant que j'écris sur le
bloc-note de l'ordi, dans notre chambre,
Daniel me crie d'apporter son rapalla !
Je cours... Un beau wohoo, long et
mince, bleuté et vigoureux vient de
mordre à la ligne. Daniel me dit : un
autre et nous aurons au beau souper pour
nos invités ! Je reste dehors à
surveiller pendant que Daniel prépare
les filets dans l'évier de la cuisine.
La mer est presque plate, pas de moutons
blancs, que du brillant sur les douces
vaguelettes qui font rouler le
voilier... Fajardo est à vue. Les
grandes tours de Isletta Marina sont
clairement visibles. Palomino's Island
est à quelques milles à tribord...
Bientôt, j'installerai les défenses et
les amarres à tribord...
13h02. Nous sommes attachés au même
quai que la dernière fois, juste à coté
du quai à gaz. Daniel sort l'antenne,
le gros fil électrique jaune, les boyaux
puis, une fois le tout bien installé, il
partira l'air climatisé car il fait une
chaleur écrasante. Puis, il ira à la
capitainerie commander une voiture.
Entre temps, je dine d'un sandwiche.
Puis, cap vers le SuperMercado, l'Écono
que je commence à connaître par
coeur... Arrêt chez l'herboriste pour
quelques plantes sèches... Et c'est
reparti pour un autre tour ! Et je suis
dans une forme du tonnerre !
Silvie
Jeudi
le 3 mars 2011,
Si le 3 fait le mois, il fera super beau
en mars car ce matin, sous un ciel
totalement bleu, le soleil rayonne,
comme pour célébrer à l'avance le
printemps, comme pour souligner
l'arrivée d'Olivier et de Julie et à
déjà à 8h AM, il fait déjà une chaleur
insoutenable. Daniel tente de réparer sa
machine à pression neuve qui nous a
lâché à notre dernier arrêt, pissant de
l'eau de partout sauf par la buse.
Quatre sur six vis sont faciles à
défaire mais les deux dernières sont au
fond d'un trou avec une tête non
standard et nous ne trouvons aucun outil
ayant la bonne pointe ni la bonne
longueur pour les défaire...
Quincailleries, magasins de pièces
d'autos, Walmart... Rien n'y fait et
Daniel se creuse la tête pour trouver
une manière d'ouvrir l'intérieur de
l'engin qui doit avoir simplement un
boyau déconnecté ou une autre
pécadille...
Je viens de faire une dernière
inspection dans les chambres des invités
et tout est impeccable. J'y jette
quelques gouttes d'huile essentille
d'Orange et ça sent bon et frais. Hier,
nous avons fait le ménage du frigo et du
congélateur et tout est prêt pour une
autre épicerie que nous avons remis à ce
matin, préférant s'en tenir aux
multiples autres petites commissions qui
grugent beaucoup de temps. Puis, nous
avons soupé d'une pizza et au retour,
nous étions crevés et nous sommes tombés
endormis rapidement, oubliant de fermer
la musique du Ipod qui nous a bercé
toute la nuit, laissant en arrière-plan
les jappements d'un chien qui ne cessait
d'aboyer...
Daniel déjeune de deux toasts au fromage
et moi, d'un jus de citron pur. Nos
invités sont sur le point de partir à
l'aéroport Pierre-Éliot Trudeau pour les
3 heures d'attente avant leur départ.
Ils auront un arrêt de deux heures à NY
puis, ils arriveront à San Juan à 17h30
ce soir, en pleine noirceur. Ils ne
verront donc que les lumières de la
ville lorsque nous les ramèneront
jusqu'à Fajardo, un trajet de 35 minutes
par l'autoroute.
En arrivant, il ne verront pas la mer,
ni l'horizon lointain mais ils
entendront, durant la nuit, le clapot de
l'eau sur la coque, ils sentirons le
mouvement du voilier qui bouge
doucement, l'odeur saline de la mer et
peut-être le sifflement du vent dans les
haubans... Mais ce n'est qu'au petit
matin du jour suivant qu'ils pourront
s'émouvoir de la beauté des lieux et
enfin, goûter la fébrilité des premiers
jours de vacances...
La compagnie Entreprise n'ayant plus de
voiture disponible, nous avons du faire
affaire avec Triffty, dont le bureau
donne sur la marina El Ray, la plus
grande marina des Caraibes, celle où il
nous a fallu sortir nos vélos pour nous
rendre à la Capitainerie. El Ray est
situé à 20 minutes d'ici, en longeant
une petite route achalandée et il nous
faudra, demain matin, retourner la
voiture et attendre que quelqu'un nous
ramène au voilier. Nous ne partirons
donc pas avant 10h ou 11h pour Palomino
et j'imagine que nos invités aurons très
hâte de sentir le vent dans leurs
voiles, de se baigner dans l'immensité
bleuté et de plonger dans l'eau
turquoise...
La journée sera longue car j'ai très
hâte de les voir, de les entendre rire,
d'écouter leurs histoires... Olivier se
sera sûrement documenté sur les
meilleurs sites de plongée, les centres
d'intérêts et il brûlera d'explorer les
fonds marins. Julie sera toute exitée à
l'idée de découvrir les Iles et de faire
de nouvelles rencontres... Leur jeunesse
et leur dynamisme nous ravira et nous
comblera de plaisir et il nous tarde de
prendre la mer et de partager avec eux
cette magnificience que sont les Iles
Vierges...
En attendant, Daniel fait le plein
d'essence et de l'endroit où nous
sommes, le quai à gaz n'a qu'à étirer
son long tuyau pour se rendre jusqu'à
nous, sans que nous ayions à bouger d'un
poil.
Voilà, c'est l'heure de partir vers
l'épicerie. Je n'ai pas de liste, je ne
prendrai que des fruits et légumes, que
des viandes fraîches pour quelques jours
à venir...
13h. Nous sommes de retour au voilier et
l'épicerie est rangée. Daniel a même
trouvé l'outil parfait pour réparer sa
laveuse à pression et il s'affaire à y
travailler pendant que je prend une
douche. Puis, je ferai un petit lavage
et je me reposerai un peu avant de
repartir vers San Juan afin d'être en
pleine forme pour accueillir mon fils et
ma nièce.
L'attente est insoutenable.... La
journée semble s'étirer en longueur...
Et il fait si chaud... C'est crevant
dans une marina !
Silvie
Vendredi le 4 mars 2011,
Hier soir, deux heures à l'avance, nous
sommes partis vers l'aéroport de San
Juan, avec le gros coucher de soleil
dans les yeux. Il y avait beaucoup de
circulation mais, heureusement, en sens
inverse. Au bout d'une heure, voilà la
sortie devant nous et, oups, on la prend
de justesse ! Dans la sortie, une autre
sortie et on manque la bonne... On
retombe sur une autre autoroute et il
faut faire un grand détour qui nous fait
perdre 30 minutes pour revenir sur nos
pas et reprendre enfin la bonne sortie.
Nous voilà à l'entrée de l'aéroport et
trois choix se présentent :
stationnement, arrivée ou départ...
Avant de stationner, on passe devant les
longs quais d'arrivées pour trouver la
compagnie American Airlaine.
Naturellement, elle se trouve au bout,
presque à la sortie, dans la dernière
section E... Maintenant, nous cherchons
un stationnement mais il est trop tard,
il aurait fallu prendre ce choix en
premier et nous devons une fois de plus
sortir, faire un grand tour et revenir
sur nos pas... Enfin, la bonne sortie
dans la sortie et cap vers le
stationnement. On cherche à se
stationner le plus près possible de la
section E mais à l'intérieur du
stationnement, rien n'est indiqué... À
bout de patience, on prend la première
place qui se présente, cherchons une
identification pour nous retrouver :
section B, 2e plancher, deux rangées à
tribord de la sortie et enfin, nous
marchons vers le quaie E qui est à un
demi mille...
Voilà enfin le bon emplacement d'où
arriveront nos invités. Un immense
espace extérieur en marbre où se
tiennent debout des gens venus attendre.
Des télés indiquent les vols et les
heures d'arrivées. Vol 1635, De NY à San
Juan, 17h30. Il est 17h. Nous essayons
d'entrer à l'intérieur pour attendre
assis mais toutes les portes sont
barrées. Impossible d'entrer.
Finalement, nous entrons par une sortie
et des gardiens nous arrêtent. You must
wait outside ! You cannot stay here !
All the people will go out by this
door... You have to wait outside...
Nous resortons dehors et marchons en
long et en large devant les vitrines...
Pas de chaise, rien... Quelle connerie !
Je m'assoie par terre et je m'appuie
contre une colonne de ciment, comme bien
d'autres personnes... Enfin, nous
aperçevons Olivier et Julie qui se
dirigent vers le tapis roulant pour
récupérer leurs baggages. Ils nous
aperçoivent et nous nous faisons de
grands gestes de salutations. Ils ont
l'air si heureux d'être enfin arrivés...
La salle des baggages se vident et
Olivier et Julie attendent encore... Pas
de baggages... La salle est vide, il ne
reste plus qu'eux... Ils nous regardent,
médusés ! Et nous, on n'arrive pas à y
croire ! Mais plus aucun baggage ne
sort du trou et cela, depuis bientôt 20
minutes... Par un trou entre deux
fenêtres, nous leur crions en
gesticulant... Allez à la réclamation !
Ils partent et disparaissent sous nos
yeux... Je capote ! Ils n'ont pas
l'adresse de la marina, ni aucune
information pertinente... Je dois
entrer...
J'accroche un préposé qui est derrière
un kiosque de bienvenu, loin sur le
trottoir et je lui explique la
situation. Il nous conduit, Daniel et
moi à l'intérieur et fait signe à l'un
des gardiens de nous laisser entrer. On
réexplique la situation, mentionnant que
nous devons aller rejoindre nos jeunes à
la réclamation car ils n'ont pas
l'adresse de la marina... Le gardien,
entêté, accepte de laisser passer une
seule personne. Je laisse Daniel partir
et je retourne dehors pour attendre. Je
suis hors de moi...
Après deux heures d'attente, enfin
Daniel sort avec Olivier et Julie.
American Airlines ne savent pas où sont
les baggages perdus. Nous devons
rappeler demain vers 8h du matin. Le
hic, c'est que nous quittons la marina à
11h, cap vers Palomino, puis Vieques et
enfin Culebra. Si nous restons plus
longuement à la marina, nous devrons
repayer pour une autre journée et ce
sera une journée de perdue sur de
courtes vacances...
Les baggages d'Olivier et Julie
contiennent tout leur kit de vacances :
leurs maillots de bain, palmes, tubas,
vêtements et autres effets personnels.
Bref, ils n'ont rien. Olivier et Julie
prennent l'affaire mieux que moi. Je
suis consternée mais j'essaie de mettre
de coté ma colère pour accueillir mes
enfants qui n'ont rien mangé de la
journée. Nous marchons vers la voiture
et décidons d'arrêter dans un resto pour
manger un morceau et boire une draft
fraiche dans un genre de Cage aux Sports
version américaine, question de fêter
nos retrouvailles.
La bouffe est dégueulasse mais la bière
à pression nous est servie dans un gros
buck genre blender, avec un cylindre
intérieur rempli de glace. La biere se
trouve autour et nous n'avons qu'à
appuyer sur un bouton pour remplir nos
verres givrés.
Nous sortons du stationnement de
l'aéroport à 21h30. IL fait nuit
noire. Nous partons vers la marina et
en arrivant, nous prenons quelques
autres bières dans le cockpit, en
discutant et en s'imaginant tous les
scénarios possibles au sujet des
baggages. Que ferons-nous si la
compagnie aérienne ne nous les livrent
pas avant 11h demain matin, heure de
tombée pour quitter la marina ? Tous
sont d'accord ! On part quand même...
Oui mais, Olivier est en botillon, en
long jeans, sans aucun vêtement de
rechange... Et pour Julie, même chose...
On décide que si les baggages n'arrivent
pas, on réachète tout et ils réclameront
par la suite...
8h du matin, gros soleil sur Fajardo. Il
fait une chaleur torride et nous sommes
collés ici à attendre. Daniel appelle
sur Skype pour parler à une préposée qui
est incapable de lui dire quand
arriveront les baggages. Elle dit, entre
9 et 16h... Voyons donc ! Daniel
explique que nous sommes en voilier,
prêts à appareiller et que nous ne
pouvons attendre jusqu'à 16h... La
communication coupe. Daniel rappelle. 10
minutes de pitonnage automatique avant
de tomber sur une autre préposée et de
se lancer encore une autre explication
pour se faire dire de rappeler à 9h30
car l'aéroport n'ouvre pas avant cette
heure.
Cauchemard ! Je capote... Quelle merde
que cette compagnie aérienne !
Julie et Olivier se promènent le long de
la marina, et admire l'océan, l'horizon
lointain, le bleu immense de l'océan qui
se confond avec le ciel. Ils sont
enchantés mais moi, je broie du noir, je
suis en colère...
9h30. Daniel rappelle. Il ne réussit
pas à avoir plus d'information. La
préposée lui dit qu'il est écrit URGENT
sur le bon de livraison qui devrait
arriver avant 16h. On tourne en rond...
Rien à faire !
Daniel part avec Julie et Olivier
remettre la voiture chez Triffty's. Je
reste au voilier pour attendre... À
leur retour, quoi qu'il en soit, nous
partons... Tant pis pour les baggages.
On rachètera tout à Vieques... En
attendant, Daniel passe un maillot à
Olivier et moi, un paréo à Julie...
13h. On en a marre d'attendre et
surtout, on ne veut pas perdre toute la
journée à attendre à quai. 4 appels au
bureau des réclamations et en aucun
temps ils n'ont pu nous dire quand
arriveraient les valises perdues, étant
incapable de communiquer avec le
livreur. On dirait une compagnie de
broches à foin... À bout de patience, on
largue les amarres, cap vers Palomino's
Island.
La journée est magnifique et nous
tentons d'oublier cet incident fâcheux.
Vu l'heure tardive, on file au moteur.
Une heure plus tard, nous accrochons un
mooring devant la plage déjà bondée.
Une dizaine de bateaux à moteur sont
stationnés devant la plage et la musique
joue à tue-tête. Des locaux dansent
dans l'eau, un verre à la main. C'est
la fête. Les jeunes sont émerveillés
par la beauté des lieux et charmés par
l'animation qui règne sur la place.
On file en dinghy vers Palomini, la
petite ile, où l'on ramasse des
coquillages, où l'on se baigne, où l'on
oublie, goûtant l'instant présent...
Puis, repus de soleil, on file vers
Palomino, vers les longues chaises
bleues, vers l'ombre des palmiers où
l'on sirote des Pina Colada glacées.
16h. Nous devons revenir au voilier pour
appeler, à la VHF, la marina avant la
fermeture. Il faut savoir si les
baggages sont arrivés. Hélas, rien
encore. Ici, pas de connection
internet. Impossible d'appeler les
réclamations. NOus devons revenir à la
marina... On met le cap vers Sunbay
Marina où l'on accoste au même quai. On
se branche sur internet. Daniel
appelle, une fois de plus. On nous dit
que les baggages arriveront dans une
heure. Il est 17 h. Je prépare des
brochettes tandori, des petites patates
roties et de la salade. Internet
plante. Je redémarre. Mon four indique
150 degrés et pourtant, tout semble
cuire à feu vif... Mais que se passe
t'il donc ?
On ouvre une bouteille de rosée. Daniel
répare la douchette du cockpit qui coule
au goutte à goutte... On se met à table
et dès qu'on commence à souper, les
valises arrivent enfin, 24 heures plus
tard, une marina de plus, une journée de
retard sur l'horaire... Mais Julie et
Olivier sont contents de retrouver leurs
vêtements, leurs livres, leurs palmes...
On ouvre une autre bouteille pour fêter
les valises retrouvées. Il est 21
heures. Ce fut une longue journée dont
je garderai longtemps le souvenir !
Silvie
Samedi
le 5 mars 2011,
Les jeunes se sont couchés très tard et
le vin aidant, ils ont jasé allègrement
dans le cockpit jusqu'aux petites heures
du matin, sous un ciel étoilé et une
chaleur printanière. Mais ce matin, ils
sont au ralentis et ils auront besoin de
quelques cafés corsés pour se remettre
d'aplomb...
Gros soleil sur Puerto Rico et aucun
vent pour nous rafraîchir. Il est 9h et
nous cuisons sur place. Daniel est parti
payer la marina qu'Olivier mettra sur
son compte afin de réclamer par la suite
cette marina supplémentaire à American
Airlines. Au retour, nous larguerons les
amarres, cap vers Vieques, à 18 milles
d'ici.
Nous nous stationnerons dans le port
d'Esperanza et nous visiterons la ville
en marchant sur la promenade. Samedi
soir, ce sera la fête au village et
sûrement que les jeunes voudront aller
danser, sous des airs de salsa, se
mêlant aux jeunes du coin qui, comme
dans mon jeune temps, commençent à
sortir vers 11h PM, promenant avec
impudence leur jeunesse si vite
passée...
Il y aura peut-être encore cette femme
qui fait des massages de pieds qui aura
son petit kiosque sur la promenade et
autour, tous les artisans qui vendront
leurs bijoux et artisanants. Il y aura
aussi des chevaux sauvages qui
traverseront la rue principale, à la
recherche d'un coin tranquille. Il y
aura tous ces petits bars d'où sortent
de la musique à tue-tête et ces
touristes en mal d'exotisme qui
envahiront la promenade...
Si nous n'arrivons pas trop tard, nous
prendrons les renseignements nécessaires
pour aller en kayak à la baie
luminescente, ce qui intéressera
sûrement Olivier et Julie et le
lendemain, nous irons à la plage aux
hordes de chevaux sauvages...
En attendant, on décolle et malgré nos
projets, nous verrons ce que la journée
nous offrira...
Silvie
Dimanche le 6 mars 2011,
Nous avant jeté l'ancre à Esperanza sous
une pluie battante. Partout autour du
village, à Puerto Rico, à Culebra et
durant toute la traversée, gros soleil
mais au dessus du village, un gros nuage
noir et un rideau de pluie que nous
avions aperçu de loin, espérant qu'il
passerait avant notre arrivée. Hélas...
Heureusement, le temps de faire une
petite sieste et le soleil était déjà
réapparu, donnant à nos jeunes l'envie
de descendre à terre. Aussitôt dit,
aussitôt fait et nous voilà, Julie et
moi en train de magasiner des robes
indiennes dans la première boutique à
ciel ouvert pendant que Daniel et
Olivier marchent sur la promenande
longeant la mer. Puis, de boutiques en
boutiques, le temps passe et on retrouve
alors Olivier et Daniel à la terrasse de
Pussy's bar, en train de boire des
Medallas, avec derrière eux, à l'autre
table, un groupe de dix jeunes filles de
NY, en bikini, exibant allègrement leurs
nombreux tatouages devant les clients
amusés qui observaient du coin de
l'oeil... L'ambiance était à la fête. En
face du bar, sur la promenade, un large
escalier de pierre donne sur la plage où
plein de monde se baigne. Les restos
sont tous bondés et partout on affiche
qu'il y aura danse ce soir...
Comme il n'y a pas de lune depuis deux
jours, c'est le temps idéal pour offrir
à nos jeunes une expédition en kayak
afin de visiter la baie luminescente de
Vieques, celle où se trouve le plus haut
taux de planctons au monde. Nous avons
rendez-vous à 18h30 devant le Trade Wind
restaurant. Le temps de passer manger en
vitesse au voilier, de se changer et
nous rejoignons le groupe de 12
personnes qui attendent le car. Trois
étudiants de Boston, deux Puerto
Ricains, nous quatre et le guide qui
nous conduit, dans un vieux tacos, sur
la même route que nous avions pris à
vélo lors de notre premier voyage à
Vieques, une route de terre, étroite et
remplie de trous d'eau bouetteuse que
nous franchissons lentement dans la nuit
qui tombe... Au bout de 20 minutes, nous
aboutissons à un éclaircie tout aussi
boueux donnant sur un vieux quai de bois
où s'accumulent des kayacks... Tout le
monde enlève leurs sandales et se
dévêtisse. Nous marchons dans la boue
jusqu'au quai où notre guide nous donne
des rames et des vestes de sécurité.
Puis, nous prenons place dans les
embarcations et pagayons jusqu'au centre
de la baie... Il est 19h30 quand le
guide nous attache tous autour d'un
mooring. Tout le monde plonge à l'eau et
la magie commence. Chaque mouvement rend
l'eau luminescente, verte, comme si des
millions de lumières s'allumaient dès
que nous bougeons. C'est fantastique et
tout le monde s'émerveille, ne se
lassant pas de bouger les mains, les
pieds pour faire allumer l'eau verte et
brillante autour d'eux et cela pendant
deux heures... Puis, on remonte et on se
dirige vers le quai, en suivant la
lumière rouge que porte sur la tête
notre guide mais le spectable continue
de plus belle car des poissons se
promènent dans un halo vert et nous
pouvons les suivre à la trace. SOus
chaque kayack, un rayon vert illumine
les coques et chaque coup de rame
déclanche un tourbillon vert
phosphorescent. C'est génial. On repart
enchantés et tout le monde se salue
devant le resto où nous débarque notre
quide.
Nous retournons au voilier pour nous
changer. Il est 21h et la fête bat son
plein au village. Vivement, nous
marchons devant les bars et nous prenons
un bière à divers endroits pour
finalement finir la soirée chez Pussy's
où la piste de danse ne dérougit pas.
Julie, toute belle dans sa robe
estivale, danse la salsa avec un local
qui la fait tournoyer sous de grands
éclats de rire. Olivier danse aussi avec
une belle Vietnamienne dont c'est
l'anniversaire. On danse, on rit et tout
le monde est heureux de cette magnifique
soirée à Vieques. Jason, le danseur de
Julie, un local hyper sympatique et
chaleureux, nous invite tous à une fête
sur la plage et nous le suivons avec
plaisir, tout le monde à pied, marchant
jusqu'au bout du village. Quant à nous,
Daniel et moi, nous les rejoignons en
dinghy d'où nous apercevons un immense
feu de joie et une foule dansante sous
une musique hurlante... On danse donc
une partie de la nuit autour du feu,
dans l'allégresse et c'est au petit
matin que nous revenons au voilier pour
dormir jusqu'à 10 heures le lendemain
matin...
Silvie
Lundi le
7 mars 2011,
Hier fut une journée fantastique passée
en compagnie de Jason, un jeune homme
beau et rayonnant comme un soleil et
rempli d'énergie et de ressources, qui
connait tout le monde ici et que ici,
tout le monde adore... Jason nous aura
fait visité la plage qui donne accès à
la baie luminescente où nous a rejoint
Lind, la jeune vietnamienne et ses amis.
Après avoir passé quelques heures à se
lancer un ballon de football et frisbee
sur la petite plage remplie de locaux,
il les aura fait grimper une montagne,
fait visiter des grottes secrètes, fait
manger des escargots vivants, il aura
grimpé comme un singe dans un palmier et
nous aura rapporté dix noix de cocos
qu'il a ouvert d'un simple couteau, pour
nous les servir avec deux pailles et un
brin de rhum, en coco frio... De plus,
il nous a taillé une magnifique gourde à
même une noix de coco. Jason nous aura
fait rire, danser, invité à un party sur
la plage où seuls les locaux sont
invités, il nous aura introduit à plein
de gens de la place et nous aura livré
plein de secrets culinaires...
Ce soir, nous l'avons gardé à souper, du
wahoo, qu'il a dévoré et en tant que
cuisinier, il nous aura préparé un
délieux riz au lait de coco. Bref, nous
avons eu beaucoup de plaisir à le
cotoyer et c'est avec tristesse que les
jeunes se sépareront de lui ce soir,
après l'avoir chaleureusement invité à
Montréal où nous espérons tous qu'il
nous rende visite un jour... En
attendant, les jeunes sont sortis en
ville, pour une dernière soirée avec
Jason mais tout le monde était bien
fatigué et la soirée fut courte.
Ce matin, gros soleil sur Vieques. 8h.
Nous descendons à terre pour acheter
quelques victuailles. Puis, nous
enlevons le moteur du dinghy et levons
l'ancre. Cap vers Culebra et la
magnifique plage de Flamenco...
Silvie
Mardi
le 8 mars 2011,
La traversée de Vieques à Culebra fut
parfaite. Babord amure, sous grand voile
et génois, le bateau file sur l'eau
comme une flèche, sans heurt, sur une
mer plate et un vent chaud de 15 noeuds
de l'est.
Après 4 heures de voile, deux gros thons
et un wahoo, nous voici dans le port
Ensenada Honda et aussitôt ancrés,
Olivier et Daniel installe le moteur sur
le dinghy et nous filons vers le quai
municipal où un taxi nous y attend pour
nous conduire à Flamenco Beach.
Il est 14h30 quand nous arrivons à la
plage, sous les exclamations de Julie et
Olivier qui trouvent l'endroit
Magnifique. Ils plongent dans l'eau
turquoise avec leurs palmes et tubas et
explorent les coraux pendant une heure
puis ils feront une longue marche dans
le sable doux comme du sucre en poudre.
Dès 17h30, Willie, notre taxi, nous
attend comme prévu dans le stationnement
et il nous laisse au Dinghy Dock Bar où
nous prenons quelques drafts en jasant
avec les locaux.
Retour au voilier pour se changer et
départ vers Mamachita pour un souper sur
la terrasse. Les tables sont toutes
prises et il faudra attendre une heure
avant de manger. Durant ce temps, nous
jouons au Jenga, jeu de stratégie et de
logique, très amusant. Puis, Olivier et
Julie commanderont de la dorade, Daniel
un Skirt Steak et moi, des ribs... La
soirée se terminera dans la bonne humeur
et vers 11h, tout le monde est prêt à
dormir...
Ce matin, gros soleil sur Culebra. Nous
partons vers Culebrita pour faire de la
plongée. Nous visiterons le White House,
un phare très haut jugé sur la plus
haute montagne où la vue est
magnifique...
En attendant, nous descendons en ville
pour faire quelques provisions avant le
départ... Une autre belle journée en
perspective!
Nous voici à Culebrita, une ile protégée
à quelques milles au sud de Culebra.
Nous sommes ancrés dans une magnifique
baie où l'eau varie du bleu aqua au beau
profond. Au loin, une plage superbe et
une montagne sur laquelle est installé
un vieux phare tout rouillé. Olivier et
Julie se préparent pour monter jusqu'au
phare, sur le sommet de la montagne et
Daniel les reconduit à la plage d'où ils
emprunteront un petit chemin de terre,
rocailleux et sinueux, rempli de ronces
et de cactus. Arrivés au phare, ils
grimperont l'escalier en colimaçon pour
monter jusqu'au sommet. De là, la vue
est époustouflante et ils prendront une
bière fraîche en admirant l'immensité du
décor à leurs pieds. Puis, en revenant,
ils croiseront une famille de chèvres de
montagne, des iguanes et un nid
d'abeilles. Sans perdre de temps, ils
reviendront sur la plage et refont le
tour de l'ile. Puis, retour au voilier
où Daniel essaie de démarrer son kit de
plongée qui refuse d'obéir... Pendant ce
temps, Willie, notre chauffeur de taxi
d'hier passe en bateau moteur et nous
reconnait. Il arrête nous faire une
petite jasette et nous confirme que les
langoustes sont juste derrière notre
voilier... Le soir tombe et l'engin de
Daniel refuse encore de démarrer... Mais
Daniel ne lâche pas prise ! Il finira
par réparer le capricieux moteur et même
s'il fait nuit, Olivier et Daniel iront
pêcher la langouste.
Pendant ce temps, j'ai fait mariner du
thon frais dans une sauce wasabi et j'ai
préparé un délicieux couscous. Mais tant
que les gars de reviendront pas avec de
la langouste, nous attendrons avant de
souper...
Hier, lorsque nous sommes entrés à
Culebra, 4 voiliers québécois de
MOntréal quittait le port Ensenada
Honda. Mais voilà que nous les
retrouvons tous ici, à Culebrita. Nous
espérons leur rendre une petite visite
demain matin en matinée ou ce soir peut-être...
J'entend le moteur du kit de plonger
ronronner... Ça y est ! Les gars
repartent... Whaw ! L'attente de leur
retour sera longue...
Silvie
Mercredi le 9 mars 2011,
Nous nous sommes couchés très tôt, après
une grosse journée remplie d'activités,
de soleil et de vents. Durant la nuit,
le vent a sifflé dans les haubans et
fait sonner l'alarme d'ancrage sur le
GPS. Trois fois, Daniel s'est levé pour
vérifier notre position mais tout était
beau...
Lors du souper, hier soir, nous avons
discuté du reste de l'itinéraire et il
est convenu, ce matin, de partir vers
West End et de faire notre entrée dans
les Vierges Britanniques.
Une longue traversée à venir... Nous
avons préparé des sandwiches, Julie a
fait des oeufs dans le vinaigre et coupé
un annanas en cubes, prêt à manger. Nous
passerons, en faisant un détour, par
Charlotte-Amalie, afin de montrer aux
jeunes le coeur de St-Thomas. Nous
n'arrêterons à Cruz Bay qu'au retour,
samedi prochain et nous passerons la
journée de dimanche à Charlotte-Amalie,
à la marina Crown Bay où nos jeunes
veulent magasiner avant leur départ
lundi matin.
Entretemps, nous visiterons The Bight et
ses caves poissonneuses, nous feront de
la plongée aux Indians, passeront par
Peter's Island, Coper's Island et nous
filerons vers Josh Van Dike où les
jeunes pourront aller danser vendredi
soir... Hélas, nous ne pourrons les
amener aux Baths, ni à Virgin GOrda, ni
à Anegada... Dommage mais en 10 jours,
on ne peut pas tout voir ! Quoi qu'il en
soit, Olivier et Julie sont déjà
enchantés de leur voyage et nos arrêts à
Palomino, Vieques et Culebra auront été
merveilleux.
Plus que 5 jours restants et encore
beaucoup de trajets et de choses à faire
et à voir. Olivier aide aux manoeuvres
et il est très habile. Que ce soit pour
monter la grand-voile, ancrer, installer
le moteur sur le dinghy, ou préparer les
poissons en filets, il est présent,
toujours prêt pour l'action. Julie
cuisine beaucoup et m'aide au ménage.
Une petite perle, toujours de bonne
humeur et si agréable. Pour moi, cette
visite est une vacance que j'apprécie au
plus haut point. De plus, jusqu'à date,
la température a été merveilleuse, à
part quelques petits grains épars. Le
soleil a brillé à tous les jours, la
pêche a été vraiment bonne et tous les
jours, nos jeunes ont pu se baigner dans
l'eau turquoise et chaude, faire de la
plongée et découvrir de nouvelles
plages. Mais le plus important sont les
rencontres spontanées avec les gens de
la place et ces amitiés qui se lient si
facilement, ajoutant aux visites
touristiques une profondeur et des
souvenirs enrichissants, comme ce fut le
cas à Vieques...
Il est 7h. Tout le monde est bien
réveillé et se prépare pour la traversée
qui durera entre 6 et 8 heures, selon le
vent...
La traversée s'est bien effectuée, sous
grand-voile et génois, tribord amure,
sous 15 noeuds de vents et une mer
vallonneuse. Comme prévu, nous sommes
passés par Charlotte-Amalie et les
jeunes ont pris plein de photos des
immenses cargos gros comme des Iles qui
garnissent la baie déjà remplie de
voiliers... Puis, en passant devant
St-John, nous avons décidé de faire une
petite halte à Hawkness Bay, le temps
que les jeunes de dégourdissent un peu
sur la plage bondée. Daniel est resté
au voilier remplir les papiers de
douanes et moi, j'ai pris une bonne
douche car ce soir, nous souperons au
Jolly Jumper de West End, en compagnie
d'Arlaine et de Paul qui ont aussi la
visite de leur fille et du frère
d'Arlaine... Une belle soirée en
perspective et il nous tarde de les
revoir. De plus, nos jeunes auront
l'occasion de rencontrer les enfants de
nos amis qui ont à peu près le même âge
qu'eux... Ce sera sûrement intéressant
!
En attendant, le voilier roule et tangue
au bout du mooring car la houle entre
directement dans la baie. L'arrêt ne
sera pas long...
Puis, cap vers West End, à 1h30 d'ici...
Notre rendez-vous est à 19h, le temps de
faire une petite virée dans les
boutiques de West End... C'est super !
Silvie
Jeudi 10
mars 2011,
Merveilleux souper au Joly Jumper, en
compagnie d'Arlaine qui est directrice
des opérations de Vacances sous Voile,
sa belle jeune fille Joa et son frère
Lancelot, skipper pour Vacances sous
Voile... Hélas, Paul n'a pas pu venir
nous rejoindre car le propriétaire de
son magnifique Swan 50 était de passage
à The Bight où il se peut que nous le
rencontrions ce matin... Olivie était en
super forme et Julie était toute jolie,
dans sa belle jupe blanche... Le repas
était délicieux et la soirée s'est
terminée tard, sous un vent glacé. Après
la longue traversée d'hier, tout le
monde a dormi comme des bûches.
Ce matin, petite pluie et gros nuages
noirs sur West End. Après un déjeuner de
crèpes au sirop d'érable, nous
redescendons à terre pour quelques
magasinages et nous revenons sous une
pluie fine. On prend notre temps pour
partir et on en profite pour faire le
ménage de nos cabines.
Puis, nous partirons vers The Bight, une
ile où un trésor serait caché... Olivier
et Julie visiterons les Caves, en apnée
et admireront les milliers de poissons
de toutes les couleurs qui y habitent.
Puis, Daniel les reconduira aux Indians,
un petit ilot où se trouvent de
magnifiques fonds marins très
poissonneux, un véritable jardin des
mers à voir absolument...
En soirée, gratin au fromage et
cotelettes BBQ...
Silvie
Vendredi le 11 mars 2011,
Après être revenus enchantés de leur
plongée aux Indians, encore émerveillés
par toutes les beautés aquatiques des
magnifiques fonds marins,
exceptionnellement riche et poissonneux
autour des Indians, petite ile de roche
à 5 milles de The Bight, les jeunes ont
pris un Pina Colada dans le cockpit en
se remémorant leurs plus beaux
souvenirs. Daniel et Olivier ont fait de
la plongée en eau profonde et sont
descendus à 50 pieds, là où se trouvent
les plus gros poissons. Pendant une
heure, ils ont fait le tour des récifs,
en remontant tranquillement. Daniel dira
que c'était exceptionnel et qu'il a vécu
un moment de qualité avec Olivier.
À notre retour, Paul qui venait d'ancrer
son Swan dans la baie, est venu nous
rendre visite et en parlant, il dit aux
jeunes qu'il y a un gros 5 à 7 sur le
bateau Pirate qui est un resto flottant
amarré en permanence au fond de la baie.
Il n'en fallu pas plus pour que les
jeunes veulent y aller et hop, dans le
dinghy, ils partent allègrement. Au bout
de 30 minutes, Olivier nous appelle au
VHF pour nous dire qu'ils ne viendront
pas souper car c'est le gros party
là-bas. Dommage, ils manqueront un
excellent souper de poulet à l'annanas,
carry et lait de coco mais il faut bien
que jeunesse se passe.
Paul nous quitte pour aller souper,
ayant déjà réservé avec son patron et
l'épouse de celui-ci. Il reviendra nous
visiter en soirée et nous passerons la
soirée dans le carré car il vente très
fort dehors et c'est plutôt frisquet.
Rhum, bière et vin, la soirée se termine
pour nous vers 11h et Paul repart dormir
sur son Swan. Quant à nous, on s'étend
dans notre lit en attendant que les
jeunes nous appellent au VHF...
Vers 2 heures du matin, j'entend Oliver
qui parle : Voil..O, Voi..lo, on.. est
prêts... My Good ! Il a l'air totalement
saoûl... Je réveille Daniel qui part
aussitôt, dans la nuit noire et froide,
les cueillir sur le gros bateau
pirate... Julie ne cesse de rire et
manque tomber en embarquant dans le
dinghy. Quant à Olivier, en mettant le
pied sur le dinghy, il tombe carrément
entre le dinghy et le quai
d'embarquement et se ramasse sous l'eau,
ayant juste le temps de lâcher le VHF
sur le quai que Daniel récupère.
Finalement, tout dégoulinant, Olivier
remonte dans le dinghy et s'écroule en
avant. Julie parle mais rit tellement
que Daniel ne comprend pas un mot de ce
qu'elle raconte. En arrivant à la poupe
du voilier, je les attend sur la jupe
arrière, prête à prendre les amarres
mais voilà qu'Olivier tire sur la corde
de l'ancre plutôt que sur l'amarre et
pendant que je lui crie que ce n'est pas
la bonne corde, Julie tombe à l'eau par
derrière et la voilà qui tente de
remonter dans le dinghy en riant de plus
belle... Impossible, elle n'y arrive pas
et Olivier lâche enfin la mauvaise corde
pour l'aider à remonter pendant que le
dinghy dérive... Retour au voilier et je
les aide à sortir, tout dégoulinant...
Ils sont pris d'un fou rire qui est
presque nerveux et nous les aidons à se
sécher, ramassant leurs vêtements et les
mettons au lit.
Ce matin, gros soleil sur Norman's
Island et voilà nos jeunes qui se
lèvent, en pleine forme, se souvenant à
peine de leur soirée. Julie a perdu son
chandail, ses sandales mais elle se
retrouve avec un autre chandail qu'elle
ne se souvient pas d'avoir acheter.
Olivier a scrappé sa caméra Canon mais
la carte mémoire nous donnera quand même
quelques photos prises la veille.
Personne ne se souvient de rien et une
partie de la soirée restera totalement
nébuleuse. Mystère ?
Il est 11h, le soleil brille et le ciel
est bleu. Les jeunes vont bien et
déjeune en riant... Daniel les reconduit
aux Grottes qu'ils veulent visiter avant
de partir. À leur retour, nous partirons
vers Josh Van Dyke où ils devaient
sortir ce soir mais je doute qu'ils
fassent long feu, après la soirée
d'hier...
Silvie
Samedi
12 mars 2011,
Après être descendus à terre, tout le
monde, nous avons arpenté la rue
principale de Josh Van Dyke, qui donne
sur une plage dont l'odeur d'algues et
de poisson est très forte. Quelques
boutiques, restos, une boulangerie
fermée, une épicerie avec seulement
quelques conserves, du rhum et des
cigarettes, et Foxy's, avec son immense
boutique remplie à craquer de vêtements
identifiés à leur bannière où Julie
s'achètera de nouvelles sandales ornées
de pierres et une belle robe
passe-partout, noir et blanche, qui lui
va à merveille. J'ai acheté une belle
chemise en lin pour la fête d'Olivier,
le 21 mars, de couleur sable. Puis, nous
avons laissé les jeunes en ville,
étendus dans des hamacs et Daniel et moi
sommes retournés au voilier pour nous
reposer.
Vers 18h, les jeunes ont appelé au VHF
pour rentrer au voilier. Nous avons
soupé de cotelettes de porc BBQ et d'un
délicieux gratin au fromage, en faisant
le bilan des vacances et en se
remémorant nos plus beaux souvenirs.
PHOTOS FULL SCREEN
http://voilo.ca/album_photos-12-03-2011/index.html
Les jeunes sont enchantés de leurs
vacances et ne cessent de dire que c'est
merveilleux, fantastique, varié... Vers
21h, Daniel et les jeunes sont descendus
pour la soirée dansante au Foxy's et
déjà, l'orchestre locale jouait des airs
de reggae qu'on entendait jusqu'au fond
de la baie. Les jeunes ont dansé toute
la soirée mais vers 1h du matin, Julie a
donné le signal du départ en appelant
Voilo qui était revenu les attendre au
voilier, après quelques bières en leur
compagnie. Une belle soirée où les
jeunes ont rencontré des visages connus
à Norman's Island, sur le bateau pirate.
Olivier a dormi toute la nuit dans le
cockpit et au matin, il était réveillé
très tôt et en pleine forme. Julie se
réveillera vers 9h30, toute de bonne
humeur comme d'habitude.
10h. Daniel part faire les douanes de
sortie à Josh Van Dyke, en espérant que
ce soit ouvert. Dès son retour, nous
partirons vers St-John où nous jetterons
l'ancre devant Canel Bay. Puis, nous
irons tous faire nos douanes d'entrée à
Cruz Bay pour ensuite visiter la
magnifique ville longeant la mer, ses
petites boutiques remplies de trésor,
ses comptoirs de Smoties, ses nombreux
restos locaux et ses bars sur la
plage...
Une autre belle journée en perspective
qui commence sous un soleil timide et un
vent de 15 noeuds...
Nous laissons Josh Van Dyke dans notre
sillage et mettons le cap vers Cruz Bay
où nous ferons nos douanes d'entrée aux
USA. La traversée fut douce et chaude,
tribord amure, sous grand-voile et
génois, on roule sur une mer calme et un
vent portant de 15 noeuds. Dans le ciel,
un gros nuage gris couvre l'horizon et
les percées de soleil sont rares. Julie
termine son livre qu'elle interromp aux
dix minutes pour observer le décor.
Olivier se remet de ses dernières
soirées et feuillette une revue des BVI
tandis que Daniel, à la roue, surveille
la route...
12h20. On est ancré à Caneel Bay et tout
le monde se prépare des hambergers avant
de descendre aux douanes et ensuite, de
découvrir la ville. La journée est
idéale pour se promener dans les rues
car il n'y a pas encore assez de soleil
pour avoir envie de se baigner. Mais
ici, dans les Vierges, il finit toujours
par faire soleil, à un moment ou un
autre. Aucune pluie ne dure plus de dix
minutes et les nuages disparaissent
comme par magie, poussés par le vent de
la mer...
Branchée sur internet gratuit à Caneel
Bay, je relève mes courriels. Nos
prochains invités, Benoit et Sylvie, ont
très hâte d'arriver, le 15 mars, le
lendemain du départ de Julie et Olivier
et nous discutons des menus à venir...
J'attends avec hâte leurs suggestions de
menus car ils cuisinent tous les deux et
semble de fins goumets ! J'ai aussi très
hâte d'en savoir plus sur leur
entreprise :
les Constructions Michel St-Gelais.
Je pense qu'ils se spécialisent dans les
maisons écologiques, saines et vertes.
Que de beaux sujets de conversations à
venir pour moi qui m'intéressent à tout
ce qui est écologique : mur de trombe,
foyer de masse, plaques photovoltaiques,
éolienne, énergie géothermique, etc...
13h20. Tout le monde a le ventre plein
et on décolle en dinghy vers les douanes
américaines... Vite, on a encore
beaucoup de magasinage à faire et la
ville nous attend...
Silvie
Dimanche le 13 mars 2011,
Quand nous sommes arrivés aux douanes,
il y avait une longue file d'attente
mais comme nous n'avions pas le choix,
nous avons pris place au bout des 20
personnes qui piétinaient dehors sur
place. Malgré tout, au bout d'une heure,
nous étions sortis, enfin libres de se
promener dans les rues bondées de
touristes, sous un soleil cuisant.
Quelle belle-après midi passée à Cruz
Bay et quel plaisir de magasiner avec
Julie qui, comme moi, adore les
boutiques et aime prendre son temps,
toucher, regarder, comparer, négocier et
jaser avec les gens autours...
De boutique en boutique, on s'est encore
vidées les poches. Heureusement, on
n'apporte avec nous qu'un montant
restreint afin de limiter nos ardeurs...
Je me suis trouvée un beau sac à main,
imperméable, qui se porte comme un sac à
dos ou sur le coté et qui est rempli de
poches secrètes; des tapis de plage en
paille qui ne gardent pas le sable comme
les serviettes et des T-Shirt variés
pour le fiston de mon fils, le petit
Xavier. Julie qui ne voulait pas
rapporter de cadeaux, n'a pas pu se
retenir d'acheter des petits souvenirs à
ses proches... Bref, pendant que nous
lambinions dans les boutiques, les gars,
las d'attendre, sont partis prendre une
bière sur une terrasse en bord de mer,
profitant des derniers rayons de soleil
pour manger une pointe de pizza en
observant la faune touristique qui
déambulait en petite tenue... À chacun
son magasinage !
Olivier, dont les sandales étaient
brisées, a fait le tour des boutiques
pour trouver des gougounes pas cher, en
attendant de réparer les siennes dont la
semelle s'était séparée en deux mais,
malgré ses recherches intensives, il lui
fut impossible de trouver la moindre
paire de sandales en bas de 75 $ et le
pire, c'est que pas un modèle ne lui
plaisait. Même les gougounes en
plastique qu'on achète à quelques
dollars en ville se vendaient autour de
30 $. Il a donc marché pieds nus tout
l'après-midi, sur les pierres chaudes
des rues. Puis, de retour au voilier,
sous la nuit tombante, Daniel a commencé
à faire le tour de ses nombreux coffres
pour trouver sa colle contact, en
vain... Finalement, n'ayant pas d'autre
choix, Olivier mettra pour sortir ce
soir les crocs rose fluau laissés par
Jean-Guy Brochu lors de son voyage et
qu'il a oubliés... volontairement !
20h. Daniel est parti reconduire les
jeunes en ville après qu'ils se soient
changés. C'est leur dernière soirée et
nous espérons qu'ils s'amuseront
follement car dès demain, après une
petite baignade à Caneel Bay, nous
rentrons à Crow Marina et là, plus de
plages de sable blanc, plus de baignade
dans la mer turquoise, plus de vents du
large, plus de tanguage de voilier et
plus d'horizons lointains... Des
buildings, des voitures qui roulent au
fond la caisse et des gens qui courrent
après le temps...
Ils passeront leur dernière journée à
préparer leurs valises et visiter
Charlotte-Amalie, comme pour se refaire
à l'idée du retour en ville... Le temps
a passé si vite, nous n'arrivons pas à y
croire... Déjà la fin... Comme c'est
triste de perdre un si bon équipier tel
que mon fils adoré et de devoir me
séparer de ma nièce Julie qui est une
petite perle pleine d'amour et de joie
de vivre...
Nous avons aussi beaucoup pensé à
Martin, le chum de Julie, qui hélas a du
annuler son voyage à la dernière minute
à cause d'un accident grave. Il s'est
coupé un index en deux avec un grinder
juste avant de partir... On lui envoie
nos meilleures pensées, ainsi que tout
le soleil des Vierges et nous espérons
qu'il a pu partager un peu nos aventures
en lisant nos textes ! Idem pour le beau
Simon, un ami d'Olivier, qui pour des
raisons personnelles a du aussi annuler
son voyage... Quel dommage !
24h30 Pas de nouvelles des jeunes que
nous tentons de rejoindre au VHF, en
vain. Comme ils ne voulaient pas se
coucher tard, on est inquiet. Peut-être
que le VHF ne se rend pas à cause de la
grande distance entre le voilier qui est
ancré à Caneel Bay et Cruz Bay qui est à
15 minutes en dinghy, derrière une
montagne ? Toujours est-il qu'on arrive
pas à dormir et que Daniel décide
d'aller voir de plus près, au cas où...
24h45 Daniel me rejoint au VHF. Il a
trouvé les jeunes en train de danser au
son d'un orchestre local qui joue du
Blues dans un bar sur la plage. IL
attendra avec eux la fin du spectable et
les ramènera à bord, un peu ivre mais de
bonne humeur. Ouf ! Je suis soulagée !
Je retourne me coucher, en paix !
1h30 Tout le monde est à bord et Julie
se prépare un snack pendant qu'Olivier
s'endort dans le cockpit.
Ce matin, gros soleil sur Caneel Bay et
la plage blanche devient irrésistible
pour les jeunes qui y feront une
dernière courte visite.
PHOTOS FULL SCREEN
http://voilo.ca/album_photos-13-03-2011/index.html
Puis, cap vers Crown Marina...
15h On est ancré au quai C-18 à la
marina Crown Bay. La petite traversée de
Caneel Bay à Charlotte Amalie aura pris
une heure, sous un doux vent de 15
noeuds, babord amure, sous grand-voile
et génois. Sous un soleil rayonnant, nos
jeunes admirent le paysage avec un brin
de tristesse. Tout s'est passé si vite !
Aussitôt ancré, Daniel nous reconduit au
centre-ville de Charlotte-Amalie afin
que nos jeunes terminent leurs derniers
achats mais ô surprise, tous les
magasins sont fermés, au grand désespoir
d'Olivier qui se faisait une joie de
trouver la montre idéale, de visiter les
bijouteries et de trouver quelques
souvenirs à rapporter. Hélas, les seules
boutiques ouvertes sont celles des
locaux qui vendent des T-Shirt, paréos
et objets de pacotilles.
On reviendra à la marina où nous
repartirons au Puéblo pour acheter du
rhum local à rapporter dans les
baggages. Le choix ne manque pas et les
prix sont à tout casser : rhum brun,
rhum épicé, rhum noir...
19h20 On vient de finir un super petit
goûter dans le cockpit. Vins et
fromages, saucisons et viandes froides
et du pain frais, délicieux ! Le soir
tombe et les jeunes commencent leur
baggages. C'est si triste de sentir la
fin si proche...
Demain matin, 6ham, nous appellerons un
taxi qui les reconduira à l'aéroport.
Olivier a un cours d'arts martiaux en
soirée et Julie retrouvera son chum qui
lui a bien manqué...
Silvie
Lundi
le 14 mars 2011,
Olivier et Julie nous ont invités à
souper hier soir, au resto de la marina.
Comme nous n'avions pas mangé de la
journée, en arrivant du centre-ville,
vers 17h, j'avais préparé une entrée de
fromages variés, viandes froides, pain
et biscottes que nous avions dégustée à
l'abri du soleil couchant, sous le
bimini du cockpit, en regardant un gros
cargo, derrière la marina, se faire
remplir de containers... Puis, les
jeunes ont fait leurs baggages et c'est
tard en soirée que nous avons pris place
sur la terrasse du resto de la marina,
en commandant plusieurs entrées que nous
nous sommes partagées, tout en se
remémorant nos meilleurs souvenirs de
voyage.
Notre serveuse a apporté à Oliver un
morceau de gâteau banane, fromage et
chocolat avec une chandelle et tous les
serveurs sont venus chanter Bonne Fête à
Olivier qui ne s'attendait pas à une
telle surprise ! Le 21 mars prochain, il
aura 33 ans. Je suis fière de mon fils
qui est un gentleman. Il profite de son
nouvel état de célibataire pour
pratiquer plusieures activités comme le
ski alpin, les arts martiaux, le yoga.
Il s'occupe de son jeune fils avec
passion et savoir et il a toujours une
nouvelle activité extérieure à lui faire
découvrir. C'est un être très sensible,
intellectuel et autodidacte. Bref, je
l'adore. Julie veut l'amener suivre des
cours de danse Salsa car il adore
danser. J'espère qu'elle saura le
convaincre !
On s'est couché très tôt car le réveil
devait sonner à 5h du matin, juste assez
tôt pour nous donner le temps de prendre
un café corsé et d'appeler un taxi qui
est venu cueillir nos jeunes à 6h pile.
Après leur départ, Daniel et moi sommes
retournés nous coucher et je me suis
relevée la première, vers 10h, ramassant
en vitesse toutes les literies des deux
cabines, serviettes et tapis que je mis
dans de grands sacs. Puis, Daniel s'est
réveillé et s'est fait un café pendant
que je vidais notre chambre de ses
draps, vêtements et serviettes à laver.
Trois grosses poches et encore 9
laveuses dans cette magnifique buanderie
qui contient suffisamment de laveuses et
de sécheuses pour que tout le petit
monde de la marina en ai pour leurs
comptes.
Retour au voilier et nettoyage des
salles de bain à la poupe. Puis, je
prends une douche et termine en lavant
notre salle de bain qui en avait bien
besoin. En attendant que le linge sèche,
je déjeune à la marina, en lisant un
livre que Julie m'a laissé avant de
partir : le prophète. Olivier aussi m'a
laissé un livre : Le livre secret des
fournis. J'ai donc deux beaux livres à
lire et j'en suis très heureuse...
Plongée dans le récit du Prophète, je ne
peux m'empêcher, à quelques reprises, de
déposer mon livre et de repenser à
Olivier et à Julie, actuellement dans
les nuages, en route vers leurs routines
et je me dis que ce fut une merveilleuse
semaine de vacances, pour eux et pour
nous. Que de rires, que d'aventures et
que de beaux souvenirs nous avons eus,
entre Puerto Rico, les BVI et les
Vierges Américaines. Pas une seule
journée vide, de l'action du début à la
fin ! Et tout s'est passé si vite !
Voilà, tout est sec et bien plié. Daniel
vient m'aider et dans un gros charriot
nous rapportons au voilier notre butin.
Je commence par faire le lit de notre
chambre pendant que Daniel change ses
filtres à l'huile dans les coffres sous
les chambres arrières. Puis, je refais
les lits des deux cabines qui me
rappellent encore mes enfants. Je suis
nostalgique car je n'ai pas vu ma fille
qui me manque et qui aurait tellement
adoré être avec nous. Hélas, elle habite
en Europe et elle a trois petits
enfants, un mari et une maison en
construction... Impossible de la faire
venir en ce moment mais ce n'est que
partie remise !
15h. Tout est impeccable dans le
voilier. Il reste à nettoyer l'extérieur
et ensuite, quelques voyages à
l'épicerie pour un nouvel
approvisionnement car demain, nos
prochains invités arriveront et nous
avons très hâte de les accueillir...
Le ciel est partiellement ensoleillé
mais il fait une chaleur écrasante dans
la marina où le vent ne se rend pas.
Heureusement, à quai, nous avons le
loisir de mettre l'air conditionné qui
rend le voilier très confortable.
Ce soir, nous souperons au bateau, d'un
spagetti et nous nous coucherons tôt
pour être en pleine forme demain...
Silvie
Mardi
le 15 mars 2011,
Il fait beau et chaud. On est levé
depuis 8h ce matin et on n'a pas
vraiment arrêté de travailler. Daniel
dehors et moi en dedans. Frotte et
frotte, encore et encore. J'ai perdu
quelques heures mais il brillant comme
neuf... Et, même si Daniel ne voulait
pas, j'ai poli les planchers au pledge
et ils sont maintenant très glissants,
ce qui n'est pas très pratique en
voilier... Mais demain, après une
traversée, le sel les aura remis
antidérapant... Puis, deux voyages au
Pueblo avec des paniers remplis à rebord
et une dernière petite épicerie de
finition au marché de la marina...
Voilà, le frigo et le congélateur sont
pleins à craquer de belles et bonnes
choses et si j'avais plus de temps, je
commencerai un couscous royal, un
taboulé et des feuilles de vignes
farcies... Mais hélas, il me reste à
prendre une douche et quelques petits
trucs à faire...
Nos invités arriveront dans une heure et
je ne tiens plus en place.
Tout à l'heure, un gros jeune homme
local est venu s'offrir pour polir la
coque de notre voilier. Pour 350 $, lui
et son frère me ferait briller la coque
et si nous avions eu le temps, je serais
sautée sur l'occasion mais lui et son
frère avaient besoin d'une journée
complète pour effectuer ce travail de
titan... Ce sera pour la prochaine fois
!
Bon, le temps file. Notre machine à
pression est brisée et Daniel doit
frotter et laver le pont à la main... Il
a presque terminé et déjà tout brille de
blancheur... C'est merveilleux et
j'adore quand tout est impeccable, tout
blanc, tout propre. Hélas, cela ne dure
pas et cent fois sur le métier il faut
remettre notre ouvrage... Ainsi va la
vie !
Ce soir, nous soupons au resto avec
Benoît et Sylvie, question de faire
connaissance et de discuter de
l'itinéraire et des menus de la
semaine...
À demain...
Silvie
Mercredi le 16 mars 2011,
Sylvie et Benoit sont arrivés avec 30
minutes d'avance et ce sont eux qui nous
ont surpris, en cognant sur la coque,
alors que nous sortions le blender en
vue de leur préparer un Pina Colada dès
leur arrivée. Nous avons donc pris un
drink de bienvenue dans le cockpit, sous
la nuit tombante et un vent assez
frisquet et ils ont remis de défaire
leurs baggages à plus tard car ils
n'avaient pas encore mangé, ou presque,
de la journée. Nous nous sommes donc
rendus au resto de la marina où ils nous
ont raconté leur court voyage à Las
Végas où ils ont séjournés pendant deux
jours, juste avant de reprendre l'avion
pour se rendre à Charlotte-Amalie, après
quelques transferts d'avion.
Encore éblouis par le faste et le
gigantisme de Las Végas et émerveillés
par le spectacle des Beatles présenté
par le Cirque du Soleil, nous les avons
écouté avec étonnement nous raconter
leurs impressions d'un désert transformé
en un jardin de lumière, une ville hors
norme où la loi antitabac n'existe pas,
une ville démesurément riche, avec ses
multiples casinos bondés, ses grands
hotels avec fontaines et jardins
lumineux, ses affiches de Céline Dion
qui dominent la ville et les rues
bondées même en pleine nuit... Quant au
spectable des Beatles, les mots leur
manquaient pour décrire la beauté du
spectable mais une chose est sûre,
c'était génial et ce spectable valait à
lui seul le détour. Ils nous ont aussi
raconté leur ballade dans le désert en
mustang blanche décapotable avec la
musique de leur Ipod rendant cet instant
mémorable... Bref, un bel arrêt dans une
ville effervescente qui présente une
image de richesse et
d'opulence, se riant de la dépression et
où le Think Big américain prend tout son
sens...
Puis, après un repas vite avalé, retour
au voilier où ils repartiront prendre
une douche à la marina et commenceront à
défaire leurs valises pendant que nous
plongeons dans le sommeil.
À 6h00 ce matin, une pluie torrentielle
est venue s'abbatre sur le voilier et
nous nous sommes levés pour fermer les
hublots. Nous nous sommes recouchés et
enfin, vers 9h, Daniel commençait à
préparer le café dont l'odeur
réveillerait sûrement nos invités encore
endormis, la porte ouverte. Mais ô
surprise, Benoît est réveillé depuis
6h30 et il se promène sur les quais,
observant les bateaux gros comme de iles
qui garnissent la baie. Il aura déjà
pris un café au resto de la marina et
nous rejoindra pour un autre expresso
corsé à bord.
Beaucoup de pain sur la place en ce
mercredi. Je dois d'abord leur montrer
où sont toutes les choses de la cuisine
afin qu'ils soient automones et puis,
nous devrons discuter de l'itinéraire.
Benoît connaît bien Les Vierges
Américaines pour y avoir fait un stage
de plongée il y a de cela très longtemps
mais pour Sylvie, c'est sa première
visite. J'imagine qu'ils voudront se
baigner le plus tôt possible car déjà
hier, Sylvie a remarqué l'eau turquoise
de la baie... Il est donc possible que
nous arrêtions à Caneel Bay, à deux
heures de voile, un court trajet qui
leur permettra de s'amarriner doucement
et de plonger dans l'eau turquoise de
St-John, de marcher sur la magnifique
plage de sable blanc bordée de palmier
et qui sait, peut-être sortir en soirée
à Cruz Bay pour un brin de magasinage...
En attendant, c'est l'heure de petit
déjeuner... Céréales granola pour Benoit
et toasts à la confiture de fraise
apportée par Sylvie, dans une marque
spéciale et sans sucre... Parle parle,
jase jase, il est déjà 11h et on a
décidé de se rendre à West-End, la porte
d'entrée de BVI avec un arrêt, en cours
de route, soit à Caneel Bay ou Christian
Bay pour une courte baignade.
L'ambiance est des plus agréable. Sylvie
et Benoit sont charmants et ils ont
beaucoup de vécus. C'est un jeune couple
très amoureux. Benoit a déjà été chef
cuisinier et Sylvie adore manger. On
aura donc de bons festins cette semaine
et des conversations bien intéressantes
sur les maisons écologiques car Benoit
est associé dans une entreprise qui
vient de se mériter le prix en
innovation de la chambre de commerce de
Mont Tremblant pour la construction
d'une maison Leed à des prix abordables,
comme vous pouvez le voir sur le site :
constructions Michel St-Gelais sur
Facebook.
11h30 Daniel est parti payer la marina
et la réserver pour le 22, date de
départ de nos invités. Au retour, il
décollera le moteur et nous larguerons
les amarres. Il me tarde de prendre le
large car le soleil est revenu et il
fait une chaud...
12h00 Nous passons devant
Charlotte-Amalie, juste devant la rue
Principale qui grouille d'activités et
Sylvie trouve la ville très belle, avec
ses maisons pâles... Puis, nous mettons
le cap vers West-End, sous un vent
Nord-Nord-est de 15 noeuds. Babord
amure, sous grand-voile et génois, on
file bien gité, avec Benoît à la roue.
Nous passons devant les magnifiques
plages de St-John et notre jeune couple
ne désire pas s'arrêter. IL faut dire
que le vent est frais et cela ne donne
pas envie de plonger à l'eau, même si
nous leur assurons que dès que le
voilier sera arrêté, il fera très chaud.
Mais ils désirent poursuivre et nous
laissons St-John dans notre sillage pour
passer dans l'étroit chenail qui nous
amène à West-End où nous prendrons le
dernier mooring, lequel est brisé et
nous obligera à mettre deux amarres dont
l'une dans le gros anneau du mooring.
Daniel prépare les papiers pour les
douanes que Sylvie et Benoît
remplissent. Dès que Daniel reviendra,
nous enlèverons le drapeau de
quarantaine jaune qui flotte au vent et
nous pourrons descendre à terre et
visiter les boutiques. Nous coucherons
ici ce soir et Benoît propose de nous
préparer des pâtes au parmesan et
tomates séchées. Hum ! J'en ai déjà
l'eau à la bouche...
Silvie
Jeudi
le 17 mars 2011,
De retour au voilier, après une courte
visite des petites boutiques de West
End, Benoit et Sylvie se sont lancés
dans la préparation du souper, un verre
de vin blanc à la main et sous une
musique de Blues. Le spectacle de Sylvie
et Benoit affairés à cuisiner était déjà
pour moi un régal mais, savourer ce
simple plat de nouilles parfaitement
assaisonné et garni de copeaux de
parmesan avec pointes de brocoli et
tomates séchées, agrémenté d'une salade
à la divine vinaigrette de meaux, fut un
pur délice. Quel bonheur d'avoir des
cuisiniers sous notre toit et combien
j'ai apprécié ce repos imprévu et
soudain, moi qui d'ordinaire a la tâche
ingrate et quotidienne des repas...
Nous avons passé la soirée dans la bonne
humeur la plus totale, dansant sous la
musique du Ipod de Benoit qui présentait
un choix varié de Blues, ma musique
préférée sur laquelle il m'est
impossible de rester assise. Bref, une
merveilleuse soirée passée à rire et à
jaser dans le cockpit, bien enveloppés
dans de chaudes couvertures polaires
pour contrer la fraîcheur de la nuit...
PHOTOS FULL SCREEN
http://voilo.ca/album_photos-17-03-2011/index.html
Ce matin, gros soleil sur West End.
Daniel descend à terre pour chercher de
la glace et du pain frais pendant que
Sylvie et Benoit regardent leurs
magnifiques photos de Las Végas et de
leur traversée d'hier. Dès le retour de
Daniel, nous mettrons le cap vers
Norman's Island où nous pourrons nous
baigner, faire de la plongée dans les
Caves, ces magnifiques grottes
poissonneuses et peut-être aller aux
Indians, en dinghy, si la mer le permet,
afin de faire de la plongée en eaux
profondes pour admirer les fonds marins.
Sylvie et Benoit sont vraiment
adorables. Des personnes de grandes
qualités qu'on a plaisir à côtoyer.
D'humeur égale, Benoît aime
définitivement le monde de la voile et
il adore barrer. Ce matin, lors de la
traversée, sous 17 noeuds de vents du
Sud-Est, babord amure, puis tribord
amure, sous grand-voile et génois, il a
barré presque tout le long, s'amusant à
perfectionner sa conduite et surveillant
le bas du génois qui flacotte, il serre
le vent ou s'en éloigne, avec beaucoup
de facilité.
Malgré le soleil qui brille, le temps
est plutôt frais et Sylvie garde sur
elle une petite couverture polaire pour
s'abriter du vent mais aussitôt arrivée
à Norman's Island, elle plongera dans
l'eau turquoise avec délice, suivant de
près son Benoît qui en est déjà à sa
deuxième baignade de la journée, ayant
plongé à l'eau à West End avant de
partir.
Un petit diner de pizza pita autour de
la table du cockpit en discutant puis,
départ vers les Indians, un tas de
roches autour duquel se déploie un
magnifique jardin aquatique, garni des
plus beaux coraux et rempli de bancs de
poissons multicolores aux formes
variées.
Au retour, ils arrêteront à la bouée
jaune, entre ici et les Indians, où
semblent-ils les langoustes se cueillent
à la main. J'ai bien hâte de voir
cela... Puis, Daniel les amènera visiter
les grottes qui sont aussi remplies de
poissons et où il y aura de magnifiques
photos à prendre.
Pour souper, nous avons sorti des steaks
que nous apprêterons avec beaucoup de
légumes, sûrement une petite sauce au
poivre et une belle salade...
Silvie
Vendredi le 18 mars 2011,
Un soir de pleine lune, un vin de grand
cru, un coucher de soleil magique et
voilà qu'après une journée remplie de
surprises, de découvertes, de vents du
large, de fonds marins et de poissons
multicolores, Benoît demande à Daniel,
capitaine du voilier Voilo et autorisé à
célébrer des mariages, le temps d'une
traversée, de consacrer son union avec
Sylvie.
C'est ainsi qu'il prirent place à la
poupe du voilier, entre le coucher du
soleil et le lever de pleine lune et que
Daniel, solonnel, prononca les mots
magiques : Benoit Giasson, acceptez
vous, pour le meilleur et pour le pire,
d'aimer, de supporter dans les bons et
les durs moments, d'aujourd'hui jusqu'à
votre mort, Sylvie Giguère ici
présente... Et Sylvie, tout en sourire,
les yeux brillants de bonheur, de
répondre : oui je l'accepte !
Puis, Daniel se tourna vers Benoît et
lui posa la même question. Benoît, sans
hésiter, s'empressa de répondre, d'un
ton sans équivoque : oui je le veux !
Benoît posa autour du cou de Sylvie et
du sien le collier magique, fait de
petits coquillages représentant la mer,
le sable, l'eau turquoise des Vierges et
pour chacune des coquilles, l'éternité,
le bonheur et les épreuves de la vie et
ainsi enlacés, unis, heureux, ils se
donnèrent un long baiser qui nous fit
rougir de joie...
Puis, nous avons levé nos verres au
bonheur de ce jeune couple marié et,
dans l'allégresse, les yeux remplis
d'amour, il se sont encore longuement
embrassés...
Ce soir, Benoît prendra Sylvie dans ses
bras pour la conduire à sa cabine
nuptiale où nous espérons que la nuit
sera chaude et douce. En attendant, la
table est mise et nos nouveaux mariés,
affamés mais heureux, cuisinent un sauté
de légumes, des steaks assaisonnés aux
épices de Montréal pendant que cuisent
les pommes de terre au four.
Une soirée mémorable ou nous passerons
en revue une partie du Ipod de Benoît
qui est rempli de mes morceaux préférés
et qui nous soulèveront, à l'occasion,
ne pouvant s'empêcher de danser au son
de la musique emballante.
10h30 Sylvie baille. IL est temps pour
nous de disparaître et de laisser les
jeunes mariés à leur bonheur, avant que
le sommeil ne les consomment...
La nuit fut houleuse et venteuse mais ce
matin, gros soleil sur Norman's Island
et il fait une chaleur torride. Une des
serviette de notre couple, s'est
détachée de la filière où elle séchait
et elle est partie au vent. Benoit,
n'écoutant que son courage, plonge à
l'eau pour la récupérer mais voilà qu'il
trouve, au fond de l'eau, un rouleau
d'argent US qui remontera avec le plus
grand sourire, comme si la chance était
de son coté. Puis, il remontera la
grande serviette qui retournera sur les
filières pour sécher, à coté des billets
qui sèchent aussi. Depuis la découverte
de ce trésor, nous l'appellerons Ben le
rouge, en hommage à Rakam le rouge qui,
à une lointaine époque, aura caché au
fond de la baie, un trésor rempli de
pièces d'or... Était-ce là un indice du
trésor ? Peut-être qu'il aurait fallut
creuser davantage pour déterrer celui de
Rakam, qui par magie, lui aurait laissé
un indice ?
Nous ne le saurons jamais et de plus,
Benoît dit que son trésor, il l'a trouvé
et qu'il s'appelle Sylvie.
On lève l'ancre pour se diriger vers la
magnifique plage de Peter's Island. IL
est 9h. Le vent est faible et il nous
sera donc possible de s'ancrer juste
devant la plage, ce qui est assez rare.
La plupart du temps, il faut se mettre à
l'abri, de l'autre coté de la pointe et
marcher longuement dans un petit sentier
pour accéder à la plage mais là, la
chance est avec nous et nous
l'apprécions grandement.
Daniel reconduit nos jeunes mariés sur
la plage pendant que nous, nous restons
au voilier. Nous les rejoindrons plus
tard...
Vers 14h, on repart à Coper's Island, à
la baie des pélicans où nous espérons
trouver un mooring pour la nuit. Demain,
les Baths et Virgin Gorda. Mais en
attendant, je plonge à l'eau pour me
rafraîchir....
PHOTOS FULL SCREEN
http://voilo.ca/album_photos-18-03-2011/index.html
11h30 On s'est ancré devant la
magnifique et longue plage blanche
bordée de palmiers du Resort de Peter's
Island et après un petit diner hot dog,
Daniel a reconduit nos jeunes mariés sur
la plage d'où ils ont marché dans le
sentier de pierre, bordé de fleurs, qui
mène au centre du Resort. De là, ils
ont rencontré des gens de Beloeil venus
s'accoster au quai de la marina pour y
déposer leurs vidanges et mettre de
l'eau dans leurs réservoirs. Ces gens,
bien sympatiques, sont à la recherche
d'une épave qui se trouve dans le coin
de Coper's Island où nous dormirons ce
soir.
14h30 Il est temps de partir si nous
voulons attraper un mooring à Coper's
Island. On lève l'ancre et sous un
soleil écrasant, on est bien heureux de
prendre l'air du large. 7 milles plus
loin, on arrive devant Coper's qui est
plein à craquer. On se promène entre
les voiliers, à la recherche d'un
mooring et voilà que la chance nous
sourit encore et qu'un catamaran
quitte... On accroche le dernier
mooring, juste devant la plage, juste
devant le resto-terrasse d'où se
promènent, en long et en large, une
bande de pélicans affamés.
En attendant de descendre au 5 à 7,
Daniel et Benoît décide de partir en
dinghy à la recherche de l'épave d'un
ancien navire qui dort au fond de la
mer, quelque part derrière la pointe de
l'Ile. Sylvie décide d'y aller aussi et
moi je reste pour préparer un paté
chinois que nous n'aurons qu'à
réchauffer au retour du 5 à 7 du
resto-terrasse.
16h30 Les gars reviennent, déçus de
n'avoir pas trouvé l'épave mais ils
rapporteront de quelques belles photos
de leur plongée.
17h. On descend à terre, c'est l'heure
d'une bière fraîche !
Bonne soirée !
Silvie
Samedi
19 mars 2011,
Encore un gros soleil sur Coper's Island
et presque pas de vent. Notre couple de
jeunes mariés ont dormi sur dans le
cockpit sous les étoiles et la nuit fut
douce. Ce matin, comme d'habitude, ils
sont de très bonne humeur et prêts pour
la suite du voyage...
Dès que le petit déjeuner sera terminé,
nous partirons vers les Baths, ces
immenses roches rondes et douces,
mystérieuses, venues de nulle part qui
ont été déposées ici et là, en
monticules, pour former entre les
espaces parfois restreints un sentier
inusité qu'il est agréable de parcourir,
remplis de petits passages, de montées,
de descentes pour aboutir sur une plage
secrète et encore poursuivre notre
randonnée pour tomber dans une autre
plage... Bref, on dit que venir aux
Vierges sans aller aux Baths, c'est
n'avoir rien vu ! Il faut donc que nos
nouveaux mariés voient les Baths !
Nous partirons tôt en espérant trouver
un mooring de jour devant les Baths,
sinon nous ancrerons à quelques milles
de là et nos invités devrons prendre un
taxi et visiter un peu le village de
Spanish Town pour se rendre aux Baths...
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http://voilo.ca/album_photos-19-03-2011/index.html
Puis, nous partirons vers Virgin Gorda,
avec son immense baie turquoise et son
magnifique Resort avec sentiers
pédestres qui parcourent la montagne,
ses boutiques et ses plages; Sabah Rock,
le superbe restaurant sur une ile où
l'on donne l'eau gratuitement à tous
ceux qui prennent un mooring devant leur
terrasse et Virgin Gorda avec sa
mangrove aux flamands rose et ses
chèvres sauvages. Un endroit magnifique
où, chaque fois que j'y vais, je ne veux
plus en repartir...
En attendant, la génératrice ronronne
pendant que nous sirotons notre café
expresso corsé fait par le capitaine.
Silvie
Samedi le 20 mars 2011,
Durant la nuit, nous avons du fermer
tous les hublots car il a plu des
cordes. Ce matin, j'ouvre les hublots et
j'entend le vent hurler... Il vente à
écorner les boeufs et le ciel est rempli
de gros nuages gris et pluvieux. Nous
devons redescendre à West End pour faire
les douanes de sortie des Iles
Britanniques et ensuite nous rendre à
Cruz Bay pour faire nos douanes d'entrée
aux Vierges Américaines. Une grosse
journée de voile !
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http://voilo.ca/album_photos-20-03-2011/index.html
Ce sera toute une traversée car même
dans la baie de Virgin GOrda, super bien
protégée, il y a de grosses vagues et
des moutons blancs partout. Il doit
venter 20 - 25 noeuds dis-je... Et mon
capitaine de répondre : 20 noeuds
peut-être...Et il ajoute : On est
chanceux, au portant ça prend du vent !
Si on avait eu ce vent-là avant, on
l'aurait pas trouvé drôle...
Au portant, signifie le vent dans le
dos, on le sent moins car on roule avec
lui, mais quand même, ça va filer comme
une flèche !
En attendant, Daniel se lève pour
préparer le café... Il est 8h30
Sylvie et Benoît dorment comme des
bûches mais l'odeur du café les réveille
et Sylvie, après déjeuner, coupera des
légumes pour nous préparer une assiette
de crudités qu'on mangera en route, avec
des viandes froides et du bon pain frais
que nous avons acheté hier à la
boulangerie.
Puis, nous irons remplir les réservoirs
d'eau qui sont presque vides, au quai de
Sabah Rock et nous rachèterons de la
glace pour tenir le cooler du cockpit au
frais. Mais déjà, s'ammarrer au quai
avec ce vent ne sera pas une mince
affaire... Ensuite, cap vers West End à
15 milles plus bas...
Silvie
Lundi 21
mars 2011,
C'est le printemps aujourd'hui et c'est
la fête de mon fils Olivier que
j'adore... Bonne fête Olivier ! Je te
souhaite une année remplie de voyages,
de surprises et d'amour... Je t'aime mon
fils !
Hier, en sortant des douanes, je tombe
nez à nez avec Paul... C'est toujours un
immense plaisir de rencontrer Paul,
l'ancien équipier de Daniel et
aujourd'hui capitaine sur un beau Swan
53 qui a participé à toutes les courses
de voiliers cette semaine et qui est
arrivé une fois 3e et une fois 5e sur 87
participants... On est bien fier de lui
et il est bien fier de son Swan !
Mais voilà qu'il était à Cruz Bay pour
voir le dernier show de Blues du
festival qui avait lieu cette semaine,
en même temps que les régates, et
naturellement, nous le suivons sans
hésiter... J'adore le Blues et il
s'adonne que nos deux invités aussi et
ce soir, le dernier spectable était
offert gratuitement, sur la plage et il
se termine à 19h... IL est 16h30.
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http://voilo.ca/album_photos-21-03-2011/index.html
On a stationné nos dinghys sur le quai
devant la plage. IL y avait foule et
tout le monde dansait au son de la
musique... Des vieux hippies au cheveux
long, des jeunes, des touristes, des
locaux... Et tout le monde danse et font
la fête... Des musiciens locaux jouaient
de l'harmonica, de la clarinette à en
avoir la chair de poule... Une chanteuse
avec une voix magnifique, forte et
suave... Bref, une belle belle soirée
que nous avons terminé dans notre
voilier, avec Paul, notre invité
d'honneur à qui nous avons préparé un
délicieux sauté de poulet curry, lait de
coco et légumes... Bien arrosé de vin...
Lorsque nous venons à Cruz bay, nous
prenons un mooring à Caneel Bay, juste
en face du chalet de Mme Rockfeller mais
hélas, le mouvement incessant des gros
ferrys fait des vagues qui font rouler
le voilier de gauche à droite, sans
arrêt et cela devient très
inconfortable. Sylvie, en soirée, avait
le mal de mer et elle est partie se
coucher dans le cockpit, avec Benoit
mais ils ont du rentrer durant la nuit
car il a plut des cordes et finalement,
ils se sont endormis dans leur cabine.
Ce matin, gros soleil sur Caneel Bay
mais ça brasse en grand. On décide de
partir vers Christian Bay, tout près de
Charlotte-Amalie, où l'eau est calme et
turquoise. Une dernière baignade pour
nos tourtereaux qui veulent passer la
journée à magasiner à Charlotte-Amalie.
Ce soir, nous ancrerons derrière la
marina Crown Bay que nous avons réservé
pour demain, date de leur départ. Le
temps a passé très vite en compagnie de
nos invités. Ils sont charmants,
adorables et très amoureux. Benoît a
barré plus que tous nos invités en plus
de participer à toutes les manoeuvres et
Sylvie et lui ont cuisiné presque à tous
les soirs, nous concoctant de délicieux
repas. Bref, ce fut très agréable de les
avoir à bord et nous allons sûrement les
regretter...
8h40. On décolle...
Silvie
Mardi
le 22 mars 2011,
après une courte baignade dans les eaux
cristalines de Christian Cove Bay, nos
jeunes amoureux sont revenus au voilier
ébahis, racontant avoir vu des grosses
raies, des tortues géantes et beaucoup
de gros poissons. Puis, dès qu'is furent
à bord, nous sommes repartis vers
Charlotte-Amalie où nous avons ancré
juste devant la rue principale et
Daniel, en dinghy, est venu nous
reconduire tous les 3 qui avions bien
envie de magasiner. Sur le voilier, il
ventait à écorner les boeufs mais à
terre, c'est sous une chaleur écrasante
que nous faisons le tour des petits
kiosques itinérants pour trouver les
plus belles robes et les plus beaux
paréos.
Au bout d'une heure, nos sacs sont bien
remplis et on décide de marcher un
peu... Derrière la rue principale se
trouvent les bijouteries, côte à côte, à
perte de vue, avec des rabbateurs placés
aux portes nous incitant à entrer voir
les spéciaux tandis que dans la rue, les
chauffeurs de taxi et d'autocars nous
sollicitent continuellement... Ce n'est
pas très reposant et puis il y a
foule... On prend donc une petite rue
transversale et on tombe dans un beau
jardin intérieur, avec un bar et des
petites boutiques de part et d'autres
des murs de pierres. Benoit nous offre
une bière fraîche et nous prenons place
autour d'un bar central où nous
discutons avec le charmant barman qui,
après avoir fait les beaux yeux à
Sylvie, nous montre des photos de
l'ouragan qui est passé sur
Charlotte-Amalie en 1995 et qui a tout
changé la configuration de l'Ile, avec
les boutiques démolies, les voiliers
dans les rues, et même le gros cargo des
Coast
Guard sur le trottoir, poussé par des
vents de 120 milles à l'heure. Depuis ce
temps, 90 % des nouvelles boutiques, la
plupart des bijouteries appartiennent à
des indiens des Indes.
Daniel nous avait donné rendez-vous vers
16h au quai à dinghy et il est presque
16h. On décolle mais voilà qu'une
boutique présente de belles petites
robes de Bali, faites dans des tissus de
paréo, qui nous retardent le temps d'y
faire quelques achats... Et ô surprise,
en retournant sur la rue principale, on
tombe nez à nez avec Daniel qui marchait
à notre rencontre.
On retourne au voilier avec nos
trouvailles mais nous n'avons pas le
temps de les admirer car il faut lever
l'ancre et trouver un endroit plus calme
pour passer la nuit car le soir tombe
déjà. On se dirige vers Crow Marina,
dans une petite baie tout près et bien
protégée où nous jetterons l'ancre 3
fois avant qu'elle accroche enfin. Tout
le monde prend une douche pour se
rafraîchir et on se lance dans la
préparation du souper qui sera bien
simple : des pâtes à la sauce tomate et
parmesan, le tout bien arrosé de vin
blanc et rouge...
Une belle soirée à discuter dans le
carré, à faire le bilan de la semaine
qui vient de se terminer. Quelle belle
semaine d'ailleurs et combien nous avons
apprécié nos invités, si charmants et si
heureux. Quant à eux, ils ont trouvé
qu'une semaine ce n'était pas suffisant
et ils sont bien tristes de repartir, se
promettant de revenir l'an prochain...
Quoi qu'il en soit, c'est sûr qu'on se
reverra, cet été, soit à mon chalet de
Chertsey ou soit au leur de Mont
Tremblant...
Ce matin, il vente encore très fort mais
le soleil est brillant dans un ciel bleu
et nuageux. Sylvie et Benoît préparent
leurs baggages. Tout à l'heure, après
déjeuner, nous partirons nous mettre à
quai à la marina Crown où ils prendront
un taxi, vers 10h, pour se rendre à
l'aéroport.
Quant à nous, nous aurons le reste de la
journée pour faire le lavage, une
nouvelle épicerie et le ménage car
bientôt, Claude et Jocelyne, des amis
d'enfance de Daniel, viendront nous
rendre visite avec un couple de leurs
amis. Mais avant leur arrivée, le
premier avril, nous aurons une dizaine
de jours à nous et nous n'avons pour
l'instant aucun projet, à part peut-être
visiter Ste-Croix qui est à 40 milles
d'ici, dans les Vierges Américaines...
Mais rien n'est sûr encore car pour
l'instant, j'ai attrapé la grippe de
Paul et j'ai besoin de repos...
En attendant, Sylvie et Benoît
continuent de remplir leurs valises, se
préparant pour un retour dans la
blancheur de Mont Tremblant, avec leurs
beaux bronzages des Iles et la tête
remplie de merveilleux souvenirs...
Sylvie qui craignait le mal de mer n'a
eu aucun symptôme, à part une petite
frousse hier, lorsqu'une rafale de 35
noeuds a fait giter le voilier pendant
qu'elle était couchée sur le pont et
qu'elle s'est retrouvée presque debout,
s'accrochant aux banquettes, le coeur
palpitant, le temps que Daniel relâche
l'écoute de la grand-voile et que
Benoît, surpris par la force de la roue,
reprenne le cap... Un beau souvenir qui
nous a bien fait rire hier au souper...
8h30 Sylvie déjeune dans le cockpit
pendant que Benoît discute avec Daniel.
Ces deux-là se sont vraiment bien
entendus, presque complices, ils ont
discuté des heures et des heures de
navigation, de traversées, de pépines et
de machineries lourdes, de
constructions, etc... Benoît était
devenu l'homme de confiance de Daniel et
il lui manquera sûrement... Quant à
Sylvie, une petite perle, bien
structurée, excellente cuisinière,
goûtant l'instant présent, et toujours
prête à aider, elle me manque déjà...
Silvie
Mercredi le 23 mars 2011,
Après avoir terminé tout le ménage du
voilier, alors que nous étions attablés
à la terrasse de la marina, par une
belle soirée chaude, nous avons discuté
de la suite de notre itinéraire pour les
dix jours à venir avant l'arrivée de
Claude, Jocelyne et leurs amis et nous
avons décidé d'aller à Ste-Croix, la
seule ile que nous n'avons pas visitée
et semble t'il, la plus grosse ile des
Vierges, la moins populeuse et celle qui
est restée la plus intacte. Une ile
remplie d'artistes et d'artisans où il
est possible d'ancrer sur mooring
gratuitement, dans une baie garnie de
restos et boutiques... Et il y a des
plages, très belles, sauvages...
Aujourd'hui, jour de repos pendant
lequel nous préparerons notre voyage.
Daniel ira remplir un des réservoirs de
gaz pour la cuisinière pendant que je
mijoterai quelques plats que nous
n'aurons qu'à réchauffer. Puis, vers
midi, en sortant de la marina, nous
irons nous mettre à l'ancre devant une
plage afin de pouvoir nettoyer notre
dinghy qui est rempli d'algues sous la
coque et nous en profiterons pour nous
baigner.
Demain, très tôt, vers 7h du matin, nous
mettrons le cap vers Ste-Croix, qui est
à 40 milles d'ici, soit une traversée
entre 6 et 8 heures selon le vent...
En attendant, il fait gris et c'est
plutôt chaud et collant. Daniel prépare
du café qui embaume le carré pendant que
je relève mes courriels.
Dans quelques jours, ce sera
l'anniversaire de Francis, mon fils
adoptif et le fils de Daniel qui aura 21
ans et tout l'avenir devant lui...
J'espère vivement que nous aurons
internet pour pouvoir l'appeler...
Quant à Benoît et Sylvie, nos jeunes
mariés, ils sont sûrement rendus à la
maison et nous espérons que le choc
entre la chaleur, l'eau turquoise et la
liberté ne contrastent pas trop avec la
neige, le froid et le retour au travail
! Nous les saluons bien fort !
Silvie
Vendredi le 25 mars 2011,
Depuis deux jours, je suis malade.
Est-ce une grippe ou une infection
urinaire, je ne sais pas mais hier,
j'avais peine à tenir debout tant
j'avais mal au ventre, aux reins en plus
de tousser à fendre l'âme. Ce matin,
même chose mais avec de la fièvre :
100.5 et un torticoli plus un mal
d'Oreilles et les ganglions enflés...
Cauchemard !
Heureusement, Mélanie Rancourt, une de
nos passagère, m'avait laissé une
prescription d'antibiotiques que j'ai
commencé à prendre ce midi, en espérant
que je retrouve bien vite du poil de la
bête...
De plus, hier, nous étions ancrés non
loin de la marina et aucune connection
n'était possible à cause des gros cargos
qui bloquent tout... J'ai donc pris mon
courage à deux mains et nous avons
déménagé d'ancrage pour nous placer un
peu plus bas dans la baie, là où il y a
une belle petite plage et où cela
ressemble à des vacances...
Je compte donc me remettre bien vite sur
pied et j'espère que nous aurons assez
de temps pour nous rendre, comme prévu,
à Ste-Croix.
En attendant, je me repose et de temps
en temps, je met un film pour me
distraire. Daniel vague à ses
occupations et me fait des massages qui
me font grand bien...
À demain !
Silvie
Samedi le 26 mars 2011,
Il fait une chaleur radieuse et la
journée s'annonce très belle. Le vent
qui soufflait depuis plusieurs jours est
tombé et ce matin, la mer est un
mirroir. Notre voyage à Ste-Croix est
remi après la visite de Claude, Jocelyne
et leurs amis. Ils arriveront le 1er
avril et repartiront le 10. Puis, nos
derniers visiteurs n'arriveront que le
22 avril. Entre le 10 et le 22 avril,
nous aurons amplement le temps de
visiter Ste-Croix. Cette décision a été
prise par Daniel qui considère qu'il
vaut mieux profiter de ce répit pour se
reposer et me permettre de me refaire
une santé. J'aprécie cette décision car
depuis notre départ, en septembre
dernier, nous n'avons guère été seuls et
nous avons beaucoup navigué...
Ce matin, je suis plus en forme qu'hier
et il me semble être sur la bonne voie
de la guérison. J'ai encore mal au
ventre, je tousse et mouche encore mais
c'est plus clair dans mon cerveau et je
sens l'énergie revenir dans mon corps.
Très tôt, je me suis levée et j'ai
préparé à Daniel son petit café.
D'ordinaire, c'est Daniel qui s'occupe
du café le matin et c'est en général la
seule chose qu'il fait dans la cuisine.
Il faut dire qu'avec tout ce qu'il fait
d'autres, je n'insiste pas et ne lui
tient aucune rancune de me laisser le
ménage, les chaudrons et la bouffe...
Même si je n'aime pas particulièrement
cuisiner... Et que j'aimerais bien
faire autre chose que du ménage, de la
bouffe et de la vaisselle... Mais dans
un voilier, il faut un capitaine et des
moussaillons... Et je suis la
moussaillonne... C'est le prix à payer
pour ce si beau et grand voyage !
Avant, je voulais être capitaine. J'ai
commencé des cours de navigation côtière
et déjà, c'était un gros défi de
comprendre les simples notions de base
qui sont plutôt complexes. Je voulais
vendre mon chalet pour m'acheter un
voilier mais encore là, il faut savoir
ce que l'on veut faire avec un voilier :
du lac ou de la mer... MOi, je rêvais
d'eau turquoise, de sable blanc, d'ile
déserte... Il me fallait donc un
voilier capable de prendre la mer...
Mais de quelle longueur, de quelle type,
de quel matériaux... J'étais une
rêveuse et je le suis toujours,
préférant la contemplation à l'action...
Non pas que je suis paresseuse mais j'ai
tendance à mettre la charrue avant les
boeufs et mon impatience m'a souvent
joué de mauvais tours...
Heureusement, la vie a mis sur ma route
un capitaine émérite, ayant une
expérience profonde de la mer et de ses
humeurs, bonnes et mauvaises...
AUjourd'hui, je réalise que la voile est
un sport souvent extrême et qu'il faut
beaucoup de testostérones pour
manoeuvrer un voilier, surtout lorsque
le vent hurle au-dessus de 35 noeuds,
que les vagues sont comme des murs qui
nous frappent sans relâche, que tout
veut arracher dans le voilier, que les
voiles déchirent sous la force du vent,
qu'il pleut des embrunts qui te glacent
jusqu'à la moelle, qu'il faut être
capable de barrer dans les pires
conditions, souvent sans dormir pendant
des jours...
Savoir où sont ses limites est déjà une
grand pas dans la connaissance de soi et
reconnaitre la valeur de son apport dans
le fait d'accomplir de petites choses
est un acte d'humilité qui n'est jamais
acquis. Bien sûr, avec le temps, j'ai
appris bien des choses et je participe
aux manoeuvres, autant que possible mais
j'apprécie, lorsque nous avons des
invités intéressés à parfaire leurs
connaissances de voile, qu'ils forcent à
ma place et en échange, je popotte et
fais le ménage car il faut bien manger
et un voilier est toujours en désordre
après une traversée... Un capitaine seul
sur son voilier serait bien triste, à
mon avis... Je me sens donc utile dans
mes petites activités et je laisse mon
capitaine diriger le voilier, ajuster
les voiles, forcer et faire l'entretien
des moteurs... Ainsi, nous nous
complétons l'un et l'autre et nous avons
besoin l'un de l'autre... C'est ça le
bonheur ! Et en ce matin où je vais
mieux, je me
sens heureuse et je me dis que la vie
est merveilleuse !
De plus, aujourd'hui, c'est la fête de
Francis, le fils bien-aimé de mon
capitaine et mon fils adoptif. Le beau
Francis qui vient d'avoir 21 ans,
étudiant en finances et passionné de
bourses. Nous lui souhaitons un
merveilleux anniversaire, à lui qui a la
beauté, la force, la jeunesse et les
rêves... Puisse t'il se réaliser et
vivre ses rêves ! Bonne fête Francis !
Silvie
Dimanche le 27 mars 2011,
Une autre journée de cinéma qui se
poursuit, de même que ma guérison qui
est presque complète... Le festin de
Babette, Témoin à charge, Coups de
torchon, Je ne suis pas là pour être
aimé, Cet obscur objet de désir, Il faut
s'entraider et j'en passe... Notre
dernier film, Les enfants oubliés, qui
traite de la pédophilie, nous a laissé
un goût amer et dans un état de
tristesse profonde... Que le monde peut
être laid parfois ! Heureusement, il
existe des films qui, au contraire, te
transportent dans un état de grâce,
comme Le festin de Babette, un film
magnifique ou Il faut s'entraider, un
film si émouvant !
La journée est splendide mais mes
antibiotiques me rendent photosensible
et j'en profite pour me saturer
d'images, d'histoires, d'impressions, de
raccords parfaits, de travelling, de
montage grandiose, de grands comédiens,
de grands réalisateurs...
Ah, le cinéma... Comme j'adore le cinéma
! Et combien cette pause m'aura ravit,
émue, soulevée et fait rêver... Je dois
remercier mes amis Marcel et Guy pour
tous ces bons films qu'ils m'ont prêtés
avant mon départ... Quel beau cadeau que
tous ces films de répertoire,
sélectionné avec soin et pour lesquels
je prends grand soin d'ailleurs... Merci
mille fois !
Entre deux films et un spagetti au
parmesan qui me rappelle un des bons
plats de Benoit, je prend mes courriels
et voici que je tombe justement sur un
message de Benoît et Sylvie qui se lit
comme suit :
Bonjour Silvie et Daniel,
Ici on se remet de notre retour, mais
difficile de passer à autre chose, ma
tête est toujours avec vous là-bas si
loin maintenant, le mal de terre un peu
encore.
La vue sur notre lac n'est pas la mer…
Que de beaux souvenirs garderons nous de
cette belle aventure avec vous.
Vous êtes des gens fort sympathique et
agréable. On espère vous revoir cet été
autour d'un bon souper bien arrosé de
bon vin, en se rappelant les bons
moments passés ensemble.
Nous regardons les photos à tous les
jours, si tu à un peu de temps nous
aimerions avoir les photos sous-marines.
Nos amis nous ont suivis presque tous
les jours sur le journal de bord. Les
commentaires sur tes textes Silvie était
extra.
Je pars faire du ski ce matin … quoi
faut bien revenir à l'hiver, ce n’est
pas terminé ici, mais la neige à
beaucoup diminuée.
Je vous dis bonne journée et lever un
verre pour nous.
Nous vous remercions encore fortement
pour la belle aventure.
Notre plus beau voyage…
Amitié
Les jeunes mariés
Sylvie et Benoit
Message de Martine Landry (la femme de
l’employeur de Sylvie)
J'aimerais que tu soulignes à l'auteure
de ce Journal de bord, la qualité des
textes et la mise en page. C'est un pur
plaisir de vous suivre et de lire à tous
les jours les péripéties du voyage.
C'est tellement bien décrit que nous
avons l'impression d'être aussi à bord
avec vous!
Benoit Giasson
Construction Michel St-Gelais Inc.
405, rue Coupal
Mont-Tremblant, Québec
J8E 2P1
................
Quel beau message et combien émouvant !
Ne t'inquiètes pas pour les photos
sous-marines, Benoît, nous les
ramèneront avec nous et nous vous les
fournirons à notre retour... Prenez soin
de vous les amoureux et sachez que nous
gardons aussi un merveilleux souvenir de
votre bref passage avec nous ! On vous
garde dans notre coeur et continuez
d'être heureux !
Un gros merci aussi à la patronne de
Sylvie. C'est si gentil ! Et quelle
chance a Sylvie d'avoir une si gentille
patronne !
Le soir tombe et Daniel vient de mettre
un autre film sur le laptop... J'y
retourne... Quelque fois, la maladie a
ses bons cotés !
Silvie
Lundi
le 28 mars 2011,
Je suis sortie de mon festival de cinéma
du monde en ce lundi matin, persuadée
qu'une petite sortie me ferait grand
bien et c'est sous un gros nuage noir,
rempli de mauvais présages, que nous
sommes partis en dinghy, vers la marina
Crown, pour quelques petits achats dont
un appareil pour mousser le lait, un
luxe dont je ne peux me passer...
Heureusement, l'épicerie française de la
marina en avait deux modèles dont un
seul convenait, à cause de son
étroitesse, de sa beauté et de son
mousseur en stenless steel que Daniel
m'a offert, au prix fort de 30 $, en
espérant que celui-ci ne casse pas comme
l'autre qui a quand même tenu bon 7
mois, bien coincé dans le coin d'une
armoire, résistant à toutes les vagues,
les roulis et les forts tanguages depuis
notre départ.
Heureuse de cette petite sortie et
toujours prête à magasiner, j'ai fais un
tour chez AT&T pour yeuxter les nouveaux
cellulaires mais je n'ai rien trouvé qui
vaille mieux que Skype... Il ne restait
qu'une boutique, un Marine shop, où nous
avons fait un saut pour trouver de
nouvelles ampoules afin de remplacer
celles des plafoniers de la chambre
tribord.
Retour au voilier sous une pluie béante
mais bienfaisante qui ne durera que de
brèves minutes... Je déballe mon
mousseur que je décide de ranger dans
son emballage à bulle et pendant que je
m'affaire à ranger nos achats, Daniel
remet un film sur le laptop encore en
place... C'est reparti !
Mais avant de m'assoir, je nous prépare
de délicieux sandwiches, avec le pain
multigrain de la boulangerie de la
marina, un pain qui goûte et qui sent
bon, un pain lourd et fait de bons
ingrédients purs, de farine entière, non
blanchie et rempli de graines, dont des
graines de lin, de citrouilles, de
tournesol... Quelques tranches minces de
dinde aux tomates séchées, de jambon
noir et de brie... Un délice !
Hors du temps, un très beau film
d'amour, triste à mourir mais qui finit
bien, m'a projettée hors du temps, une
fois de plus et la journée avance sans
que je ne m'en rende compte. Puis, un
film sur Glen Gould qui me fait
découvrir ce grand artiste de TOronto
pour lequel je me promet d'incorporer
quelques pièces dans mon Ipod et
ensuite, HIdalgo, un film sur un cheval
Mustang monté par un indien qui a gagné
une course dans le désert, parmis tous
les chevaux arabe montés par des
princes, que j'ai déjà vu dix fois mais
que je revois encore avec autant de
plaisir... J'adore les chevaux et je
rêve encore d'en avoir un, aussi fougeux
que notre voilier qui me fait penser à
un cheval... Mustang, fort, souple,
résistant et rapide.
Encore une autre journée sans internet.
Je dois écrire dans le bloc notes de
l'ordi jusqu'à ce que les gros navires
quittent le port, en soirée, ce que
vient de faire le Queen de 15 étages...
Je peux alors me brancher et faire
parvenir mon texte à Guy qui le placera
dans mon site... Cher Guy ! Merci encore
pour ta patience...
Bon, Daniel est intarissable... Voilà
que j'entend des voix françaises... Le
coût de la vie... Et bien, jamais vu ce
film... Alors, j'y retourne car je sais
que tout ce cinéma tire à sa fin et que
bientôt, nos amis arriveront et que nous
serons contents de reprendre le large et
que Voilo, comme un cheval sauvage, d'un
coup de génois, comme d'un coup de
crinière, filera fièrement au galop sur
la crète des vagues...
Silvie
Mardi
le 29 mars 2011,
Je me suis levée tôt pour prendre mes
courriels, avant qu'arrive les gros
cargos. Ici à Charlotte-Amalie, aucun
accès internet gratuit. Je me suis donc
abonnée à World wi-fi qui me coûte 29 $
pour 10 heures. Mais sur la mer, c'est
si long avant d'accéder à ses courriels
qu'en réalité, je paye pour l'équivalent
de 30 minutes. Poutant, même si la
connection est à 100 %, elle me cause
bien des problèmes, mettant parfois des
heures à me brancher, à attendre ma page
yahoo, à signer mon adresse et vlan,
tout plante ! Je recommence, encore et
encore... Et une fois de plus, ce
message qui m'horripile apparaît :
Internet ne peut afficher cette page !
Je rage... À bout de patience, j'essaie
une dernière fois et hop, ça marche
enfin, je n'ose y croire... Me voilà
dans mon compte, j'ai des nouvelles de
Jacinthe, de Jocelyne et Claude, de
Guylaine, de Marcel et ô surprise, de
Sounda et de Sylvain... J'arrive à lire
quelques message, qui
mettent un temps fou à ouvrir, mais en
voulant répondre, tout plante encore...
Trop tard, et voilà que le gros cargo
Carabian Royal entre dans la baie et me
coupe l'accès internet jusqu'à ce soir.
Une fois de plus, e devrai exercer ma
patience...
Pendant ce temps, un voilier passe près
du nôtre et l'homme crie à Daniel de
faire attention car cette nuit, il a
faillit se faire voler son dinghy et il
a pris l'homme sur le fait, qui s'est
enfuit aussitôt... Un blanc, dans la
trentaine qui tentait de couper le câble
de sécurité de son dinghy...
Heureusement, notre dinghy a perdu son
air de jeunesse, avec sa bande
protectrice qui passe son temps à
décoller et que Daniel recolle à tous
les 15 jours, laissant des traces
inesthétiques de colles jaune tout le
long de la bande protectrice qui entoure
le dinghy... Qui voudrait voler une
telle annexe, avec des marques si
remarquables, alors que tous les autres
sont impeccables, rutilantes, deux fois
plus grosse que la nôtre... N'empêche
que c'est triste de devoir tout barrer à
cause de quelques voleurs qui
s'acharnent à s'approprier le bien
d'autrui... J'imagine que Daniel mettra
quand même un câble d'acier sur son
moteur car un dinghy est une chose
nécessaire et même si nous n'avons pas
le plus beau, se le faire voler serait
très embêtant...
La journée s'annonce très belle, malgré
quelques nuages blancs qui décorent le
ciel d'un bleu clair. Le voilier roule
de gauche à droite pendant que la
génératrice ronronne. Ce matin, j'ai
essayé mon nouveau mousseur à lait qui
donne une mousse onctueuse et rend mon
expresso délectable, léger et savoureux.
Que c'est beau et que c'est bon un
expresso au lait mousseux !
9h. Daniel pète le feu. Il se lance dans
le nettoyage du BBQ. Il le démonte, le
nettoie en profondeur et le remonte...
Je vais dans le cockpit pour examiner le
travail et Ô surprise, Daniel a enfin
remplacé notre vieux drapeau qui tombait
en ruine, séché par le soleil et déchiré
par le vent... Il en a mis un tout neuf,
immense, rouge et blanc, avec sa feuille
d'érable qui flotte au vent... C'est
magnifique et je suis fière d'être
Canadienne... et Québécoise.
On parle de descendre à terre. Dans deux
jours, nos amis arriveront et nous
aimerions confirmer notre quai auprès de
la marina Crown Bay. Puis, marcher un
peu dans la ville, question de se
dérouiller un peu les jambes après
plusieurs jours d'inactivité devant le
petit écran... Ensuite, un petit tour
chez Pueblo, la grosse épicerie locale
qui se trouve à cinq minutes de marche
de la marina, celle qui vend à peu près
la même chose que la magnifique épicerie
fine de la marina mais à des prix plus
raisonnables. Bien sûr, on n'y trouve
pas de pain fraîchement sorti de la
boulangerie, ni de charcuterie fine
venue d'Europe, ni de fromages importés
mais pour les produits de base, l'eau,
la bière, le vin, les céréales, la
plupart des fruits et les légumes, la
viande, c'est beaucoup moins cher, avec
des étalages assurément moins bien
présentés, moins attirants, avec ses
marques locales plus limitées, mais
quand même, cela vaut
amplement le déplacement...
Par exemple, à l'épicerie de la marina,
une pinte de lait vaux 4.95 tandis que
chez Puéblo, nous la paierons 2.35 $. Un
sac de crevettes surgelées, à la marina,
nous coûterait 40 $ tandis que nous la
paierons 12 $ chez Pueblo... Et ainsi de
suite... Pour les jus d'annanas, dont
nous faisons grand usage pour nos Pinas
Colada, par exemple, qui se vendent 5 ou
6 $ la boite à l'épicerie fine, nous les
payons 2.29 chez Puablo... Et que dire
des Annanas frais, un produit local qui
se donne au Puablo mais se vend 9 $ à la
marina... Par contre, à l'épicerie fine,
c'est un ravissement de se promener dans
les larges rangées décorées avec des
petits pots aux grandes marques, des
variétés incroyables de produits
importés du monde entier, de fruits et
légumes sélectionnés sur le volet,
impeccables de beauté et de fraîcheur...
Et que dire de l'étalage d'épices qui me
garde des heures en émerveillement, de
par ses magnifiques petits pots si
décoratifs, si élégants mais si chers...
Et l'étalage de produits chinois... Hum
! Un régal pour les yeux... J'y
passerais des heures... Ah ! Que c'est
beau et que ça semble bon... Et cette
vaisselle, ces magnifiques plats de
services, ces étalages de chocolats...
Regarder ne coûte rien même si je fini
toujours par céder devant une superbe
jarre de moutarde de meaux, un élégant
contenant de vinaigre balsamique de
Madène ou un paté de foi au poivre
rose...
La plupart des gens qui sont dans les
marinas ne se donnent pas la peine de
marcher pour se rendre aux épiceries
locales, ils ne regardent même pas le
prix des aliments. Ils ont, pour la
plupart, les moyens de se permettre les
plus grands excès, de table comme du
reste et ce sont souvent des employés
qui s'occupent de ces petites choses
comme l'avitaillement... Le monde de la
voile, aux Vierges, est un monde de
riche et les marinas en profitent
pleinement... Mais pour nous qui sommes
de simples amants de la mer, en voyage
depuis presque 9 mois, qui tentons
d'économiser sur l'épicerie qui est une
source importante de dépenses toujours à
renouveller et qui ne sommes riches que
de coeur, on marche donc chez Pueblo,
avec nos charriots et on fait plusieurs
voyages épuisants pour sauver quelques
centaines de dollars ou moins, peu
importe... Ainsi va la vie !
Nous sommes des pauvres parmis les
riches, vivant une vie de millionnaire
dans un coin où tout est importé et se
vend à prix d'or... On essaie donc de
manger local le plus possible : mangue,
avocat, banane, Guave, fruits de la
passion, papaye, aubergine, annanas,
yuca, patates sucrées,etc... Au lac
Champlain, notre voilier de 50 pieds
parait énorme mais ici, il est petit !
Autour de nous, des voiliers rutilants
de 100 pieds, 150 pieds avec équipage à
l'année, des ponts de tecks, des winches
électriques, des mats à 5 barres de
flèches, des coques polies comme des
mirroir, du chrome brillant tout
partout, c'est courant...
Bon, je dois avoir faim pour parler
autant de bouffe... Je vais donc aller
déjeuner...
Silvie
Mercredi le 30 mars 2011,
Voilà presque 10 jours que nous sommes
cloués au même endroit, à l'abri
derrière Water Island, une petite île de
Charlotte-Amalie située non loin de
Crown Marina. Une petite ile bien
tranquille où il n'y a que quelques
maisons bâties sur le sommet de la
montagne et qui regardent la mer... 10
jours d'immobilité après 8 mois de
déplacements continuels, de visites,
d'amis, d'exploration entre New York, la
Delaware, Annapolis, NOrkfolk, les
Bermudes, les Vierges Britanniques,
Américaines et Espagnoles... 10 jours de
pause... Je suis devenue une île... 5
jours de maladie... Le mal a dit... Il a
dit que j'étais fatiguée, que j'avais
besoin de repos, d'immobilité, de
vide... Et 5 jours de cinéma, d'images
en boite, d'histoires, de musique...
Maintenant, je suis en pleine forme et
j'ai des fourmis dans les voiles.
J'entend l'appel du large, la mer me
manque, les grands vents qui font giter
le voilier et claquer les voiles,
l'échine du voilier qui chevauche les
vagues, l'eau turquoise, les plages
blanches, l'infini bleuté, l'horizon à
perte de vue... Tout cela me manque,
comme le soleil qui fait défaut en ce
gris mercredi...
L'arrivée des amis de Daniel sera une
grande joie, nous permettant de revoir,
pour une dernière fois, comme pour les
cristaliser dans nos mémoires, les
magnifiques îles Vierges Britanniques :
West End, The Bight, Les Indians et ses
magnifiques coraux, Peters Island et son
Resort aux sentiers fleuris, Road Town
et ses habitants colorés, ses poules en
liberté, Coper's Island et sa horde de
pélicans, The Baths et ses mystérieuses
pierres rondes, Virgin Gorda et ses
flamands roses, ses chèvres sauvages et
ses restos flottants, Josh Van Dyke et
ses activités noctures et peut-être
Anégada la magnifique.... J'ai hâte, si
hâte de revoir ces iles étranges,
hautes, longues, basses, presque
inhabitées; hâte de plonger dans l'eau
cristaline, d'admirer une dernière fois
ces coraux magnifiques, d'être entourée
de milliers de poissons multicolores, de
me baigner dans cette beauté
turquoise... Hâte d'entendre nos invités
rire et s'émerveiller...
Et puis, avec nos derniers invités, nous
reverrons une dernière fois, les îles
Espagnoles, ces joyaux ignorés, Viéques
l'indiscipliné, Culebra la rebelle,
Palomino la magnifique et Puerto Rico,
San Juan, Fajardo, et toutes ces
merveilles...
Quel beau voyage nous aurons fait et en
cette fin de saison qui achève, je goûte
encore plus, chaque seconde, à toute
cette beauté sauvage qui bientôt ne sera
plus qu'un souvenir...
9h. Daniel déjeune et moi j'écris, comme
à tous les matins. Je me nourrie de
lettres et de mots et je m'amuse à faire
des phrases, à livrer mes impressions à
cette page blanche qui est mon amie, à
laisser mes pensées flotter au gré du
vent, sans chercher à faire du style, à
impressionner... Simplement raconter,
décrire... Pour qui, pourquoi... Je ne
sais pas... Écrire est un besoin, un
nécessité pour moi, comme respirer...
J'écris pour ma fille Sophie qui est
loin de moi et si proche à la fois, ma
fille chérie qui vit en Europe avec mes
petis-enfants que je ne vois presque
jamais et qui me manquent tant...
J'écris pour mon fils bien-aimé Olivier
que j'adore, que j'admire et que je vois
très peu aussi parce qu'il travaille
trop, tout en s'occupant de son fils
avec tant d'amour, pris par ses
nombreuses activités... J'écris pour le
fils de Daniel qui étudie la finance et
qui rêve de faire fortune, le beau
Francis, si actif, si
brillant et si plein de rêves... J'écris
pour mes amies qui ont pour moi de
l'affection sincère et qui me suivent
dans mes aventures : Jacinthe, Gaétane,
Monica, Lily, Louisa, Marie-Christine,
Denyse, Marcel, Guy, Réjean, Germaine,
Guylaine, Marthe... J'écris pour mes
collègues de bureau qui sont encore loin
de la retraite : Joelle, Paule, Sylvie,
Ginette, Diane et toutes celles dont
j'oublie déjà les noms... J'écris pour
tous nos invités qui sont venus partager
avec nous ces brefs instants de beauté
et de grâce... J'écris pour ceux qui ne
viendront jamais mais qui en meurrent
d'envie... J'écris pour mes parents qui
sont vieux et qui ne voyagent plus...
POur mon père qui était pilote d'avion,
marin sur son invitation, un phare dans
ma vie...Mon père que j'adore... Mes
frêres, Michel et Benoît... Mes soeurs
Suzanne et Lise qui me manquent tant...
J'écris pour me souvenir...
En écrivant, je reste en contact avec
mes proches, je les sens tout près... Je
les amène avec moi sur les flots, dans
les vents, dans les nuages... J'essaie
de leur dire les couleurs, les odeurs,
de décrire le décor, de leur faire
sentir la fraicheur du vent, la douceur
de l'eau, la beauté des lieux... Puisse
t'il en profiter un peu, partager avec
moi ce grand bonheur, ce rêve devenu
réalité et qui bientôt se terminera...
Les mots sont magiques, ils font
apparaîtrent des montagnes, des décors,
des couleurs, des sensations...
La génératrice ronronne, comme un coeur
qui bat la mesure... Le bateau tangue
doucement... C'est bon, si doux...
J'entend au loin un dinghy qui
approche... Il y a tant de vie autour,
tant de gens à connaître, chacun dans
leur bulle et que parfois, le hasard met
sur notre route... Tant de beaux
endroits à visiter... Comme c'est beau
la vie, la terre, la mer...
10h30 Daniel nettoie le cockpit et moi,
je repasse dans les cabines de nos
invités, refait les salles de bain,
refrotte les boiseries, ventile le
voilier, classe, jette, range...
Demain, nous rentrerons à la marina et
nous compterons les heures avant
l'arrivée de Claude et Jocelyne et de
leurs amis... Nous marcherons vers
Pueblo avec nos charriots, feront
quelques voyages, quelques lavages
aussi... Quelle sera longue cette
journée...
Silvie
Jeudi
le 31 mars 2011,
Déjà la fin du mois de mars... Comme le
temps passe vite ! J'imagine qu'à
Montréal, le soleil doit se faire plus
présent, plus chaud et la neige doit
commencer à fondre... Les oiseaux
migrateurs doivent revenir du sud et les
gens doivent être plus souriants, moins
stressés... C'est si bon le printemps
après un long hiver ! Mais ici, aux
Vierges, la démarcation entre les
saisons est toute en subtilité. Un jour,
on s'aperçoit que les bosquets vert sont
maintenant rouge, rose, magenta ou
blanc... Soudain, il y a des fleurs
partout... Certains matins, la brume
apparait, signe que les alizés
s'essouflent... Voilà, on réalise que
c'est le printemps ! Et, plus tard dans
l'été, l'eau deviendra plus chaude de
quelques degrés... C'est tout ! Sans
tambour ni trompette, les saisons se
succèdent en douceur,
imperceptiblement...
Daniel s'est levé tôt et après avoir
préparé nos délicieux cafés mousseux, il
s'est lancé dans le nettoyage de ses
filtres qui ne cessent d'accumuler des
algues qui finissent par bloquer les
entrées d'eau destinées à refroidir les
moteurs... Mais cette fois, il n'y a
presque rien. Il monte sur le pont et
commence à sortir les amarres, les
défenses pendant que je passe en revue
mes cabines arrières et que je redonne
un coup de brosse aux cuvettes. Tout est
impeccable.
9h00 Je n'ai pas faim. Je fume.
Impossible de me connecter sur internet
car le Big cargo Carabian Princess vient
de s'ancrer dans la baie, avec ses
garde-fou turquoise et ses 10 étages de
hauteur loin de la mer... Peu importe,
dans quelques heures, nous serons à la
marina où une journée plutôt sportive
nous attend. Je laverai toute la literie
de notre chambre ainsi que nos vêtements
usuels. Et ensuite, quand notre chambre
sera refaite et que le soleil baissera à
l'horizon, nous marcherons vers le
Pueblo... Plusieurs voyages de caisses
d'eau, de liqueurs, de vin, de jus avant
d'y retourner pour l'Épicerie finale...
NOus serons 6 dans le voilier, c'est du
monde et les coffres seront remplis à
craquer... Mais ce sera la fête et nous
ne tenons pas en place...
10h00 « Crownbay Marina, Crownbay
Marina, this is the Sailboat Voilo...»
Daniel discute avec la capitainerie qui
accepte de nous recevoir maintenant.
Notre quai est prêt, le C-29, mais
avant, nous passerons faire le plein de
diésel au quai à gaz, sous une chaleur
torride. Je baisse toutes les défenses
tribord car le quai est plus bas que
celui de notre quai et Daniel a oublié
ce détail. On accoste facilement car le
vent est coupé par les bâtiments. 25
galons dans chaque réservoir : 240 $.
Daniel paye, le préposé nous redonne nos
amarres et pendant que je remonte les
défenses, Daniel met le moteur à
reculons pour entrer dans notre espace
de quai qui est derrière, sous le vent
qui nous pousse à babord alors que notre
quai est à tribord.
Deux employés sont là et l'on reconnait
le petit noir vêtu de rouge qui crie à
tue-tête.... L'espace pour entrer est
exigue et nous sommes de travers, le nez
proche du bout du quai de ciment. Je
jette la première amarre, celle à la
proue, à tribord. L'employé l'attache
sur le taquet à l'avant et il tire.
Déjà, notre ancre touche presque le quai
et l'employé, en tirant sur l'amarre
fait avancer davantage le nez du voilier
qui frôle maintenant le ciment du quai.
Daniel me crie de faire un Spring Line
avec l'amarre du centre et je la jette
au préposé qui ne comprend pas et
l'attache au taquet du centre. L'autre
employé pousse sur l'ancre afin de
retenir le voiler et Daniel saute sur le
quai. D'un geste précis et rapide, mille
fois refait, il détache l'amarre du
centre pour l'attacher derrière sur le
dernier taquet, bloquant ainsi le
voilier et le forçant à s'approcher du
quai. Voilà l'utilité d'un Spring LIne :
empêcher le
voilier d'avancer et le forcer à
s'approcher du quai... Mais ici, ils ne
connaissent pas cette méthode,
courramment utilisée en Gaspésie où les
marées sont fortes. Daniel replace les
amarres à son goût et enfin, tout est
sous contrôle. L'employé, penaud,
débarre le compteur d'eau et file en
douce. NOus le remercions quand même
mais la prochaine fois, je sauterai sur
le quai et amarrerai moi-même le
voilier. Daniel sort son gros fil de 120
volts et de 50 ampères et le branche.
Puis, il ouvrira l'air conditionné car
même si le vent souffle, nous sommes de
coté et les hublots ouverts n'en captent
qu'une partie.
Il fait une chaleur à perdre
connaissance. Je pense à Claude et
Jocelyne qui vont demain subir cette
chaleur... Un contraste qui les frappera
au sortir de l'avion... Je vois déjà
Claude, passionné de voiliers, se
promener sur les quais, admirant les
voiliers qui s'y trouvent et discutant
avec Daniel de telles ou telles type de
coques, de gréments ou d'acastillage,
admirant les ponts de techs, la beauté
de l'un, la performance de cet autre
voilier...
11h43 Il reste deux laveuses de libre à
la buanderie et je m'empresse de les
prendre. Je reviens au voilier pour
attendre et j'y retourne dans 30 minutes
pour prendre encore les deux sécheuses
qui restent... Ouf ! Je suis chanceuse !
On dine d'un riz au poulet et Daniel
commence à remplir les réservoirs d'eau
qui sont vides. La journée va bon train.
Ce soir, nous souperons au resto de la
marina et en passant devant le resto qui
mêne à la buanderie, j'ai vu qu'un
orchestre y jouerait... Et bien ! Petite
soirée de danse en perspective pour
fêter l'arrivée de nos invités tant
attendus !
Silvie -
Avril 2011
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