Journal de bord janvier 2011

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Samedi 1 janvier 2011

une journée splendide sous un soleil radieux. Tôt le matin, les filles descendent à terre pour faire quelques achats car il est prévu , par la suite, de lever l'ancre pour nous rendre à la baie de Sun beach, dont l'immense plage de sable blanc, bordée de cocotiers, s'étend sur des kilomètres. En arrière plan, à l'ombre des cocotiers, des groupes de chevaux sauvages broutent l'herbe. L'endroit est magnifique !

Nous contournons donc les deux iles qui gardent l'entrée d'Esperanza pour ancrer, 15 minutes plus tard, dans une eau turquoise et limpide. Vivement, les trois filles enfilent leur maillot et préparent leur petits sacs de plage. Daniel viendra nous reconduire sur la plage en dinghy et nous passerons l'après-midi à jaser et discuter, confortablement installées sur un immense drap déposé sur le sable chaud. Puis, repues de soleil, nous irons nous baigner et nager dans l'eau turquoise, en admirant la beauté du ciel garni de nuages blanc et floconneux au bout de l'horizon.

Les gars sont partis en dinghy à l'extrémité Est de l'île afin de faire de l'apnée. Ils y découvriront des coraux dispersés et des bancs de poissons qui n'ont rien à voir avec les fonds marins des Vierges Britanniques mais qui étaient quand même beaux à regarder. Puis, après deux heures de natation, ils retourneront au voilier prendre quelques bières avant de venir nous rejoindre à la plage.

Les gars sont actifs, dynamiques et compétitifs. Nous leur proposons donc le jeu du cocotier qui consiste, à l'aide d'une noix de coco trouvée par terre, de la lancer dans l'arbre afin de faire tomber des noix fraiches qui sont bien accrochées. Ainsi, à tour de rôle, les gars lancent la noix qui, à notre grande surprise, touche le tronc de l'arbre sans
toutefois arriver à décrocher une noix. Au bout d'une dixaine de lancés, enfin une noix tombe sous un lancer de Jonathan (Mélanie) qui, tout fier, travaillera à ouvrir la noix à l'aide d'une roche. Pendant ce temps, Daniel décroche une autre noix qui est remplie d'eau et ensuite, ce sera au tour de Jonathan (Catherine) de faire tomber la troisième. Jonathan a enfin réussi à casser sa noix en deux et à l'aide d'un coquillage, défait la chair pour nous en donner des petits morceaux qui sont délicieux et qui fondent dans la bouche. Ils laveront donc les deux autres que nous ramèneront au voilier.

De retour à bord, je me lance dans la préparation de poitrines de poulet à l'annanas et noix de coco. Puis, Mélanie m'aidera à préparer un gratin au fromage tandis que Catherine préparera les sandwiches pour la traversée de demain.

En attendant, c'est l'heure du drink et je leur prépare une petite brochette faite d'annanas et de cerises qui trempera
dans le jus de lait de coco et d'annanas avec un peu de rhum. Le tout bien garni de glaçons. Puis, Les gars s'affaireront à descendre le grand génos 150% afin de le remplacer par le 120 % plus approprié pour les Vierges. Une grosse tâche sous le vent qui fait tourner le voilier et qui rempli le génos de vent, rendant la manoeuvre difficile.
Ils y arriveront pourtant mais sans pouvoir plier le génois de la bonne manière, de sorte qu'ils ont forcé pour le mettre dans le gros sac et le rentrer dans le coffre avant... Éventuellement, il faudra reprendre le pliage afin de préserver la voile.

On soupe en discutant et en planifiant la journée de demain. Le gratin est délicieux mais manque légèrement de cuisson. Le poulet est très bon mais pas vraiment assorti au gratin. Mais bon, tout le monde mange à leur faim et les gars m'aident à faire la vaisselle.

Ce fut une journée magnifique !

Dimanche le 2 janvier 2011

Une grosse journée de navigation en perspective avec comme objectif d'atteindre les Iles Vierges Britanniques et de faire notre entrée à West End, à 50 milles à l'est contre des vents Est-Nord-Est de 20 noeuds et des rafales à 25 noeuds. Ce qui veut dire le vent dans le nez, au près tellement serré qu'il sera impossible d'ouvrir le génois. La grand-voile sera hissée pour stabiliser le voiler et le trajet devra se faire au moteur pour avancer à 6 noeuds, dans une mer houleuse, sous un ciel gris et nuageux, en cassant les vagues de deux mètres qui arrivaient par le devant, éclaboussant le voilier et les invités d'embrunts continuels.

En fait, si nos invités avaient eu plus de temps, jamais nous ne serions partis avec ce vent qui était dévaroble pour ce trajet, sans parler des grains annoncés qui risquaient de rendre encore plus pénible cette longue journée. Mais nos invités tenaient à visiter les Vierges Britanniques et nous avons donc levé l'ancre sous un ciel menaçant.

En sortant de la baie, le bateau tanguait mais ne roulait pas car nous étions protégés des forts vents par l'Ile de Viègues mais au bout de 15 milles, nous étions en pleine mer et le bateau roulait et tanguait fortement. Catherine avait prévu le coup et s'était collée une patche derrière l'oreille. Elle semblait très à l'aise. Son mari, Jonathan, dont c'était l'anniversaire aujourd'hui, était confortablement installé sur une banquette et sommeillait. Mélanie s'est prise une gravol mais tenait le coup. Son Jonathan, déjà capitaine, était très à l'aise et assistait Daniel dans la lecture du cap et les manoeuvres.

La pêche fut presque miraculeuse. Les lignes à pêche pendaient de chaque coté de la proue et dès le départ, elles n'ont pas cessées de bouger, indiquant qu'un poisson avait mordu. Un premier baracuda de 2 pieds fut rejeté à l'eau mais le second, un mignon petit thon fut conservé et préparé en filets par Daniel. Puis, un autre thon, plus gros fut aussi préparé par Daniel. Ensuite, un autre baracuda fut sorti par Mélanie et rejeté à l'eau. Il y eu ensuite un Wahoo de 3 pieds, de la famille des thons, que Daniel a défait en filet.

Enfin, St-Thomas est à vue, puis St-John... Il est 15h. Mélanie et Jonathan pique un petit somme dans leur chambre tandis que Catherine et Jonathan admire le décor des Vierges Américaines. Daniel est en bas, à regarder les cartes et moi, je surveille le pilote automatique qui, quelque fois, pour une raison obscure, lâche le cap. La traversée devient de plus en plus inconfortable et le vent forcit mais il ne reste que deux heures de navigation...

Enfin, on aperçoit West End au fond de la baie et tout à coup, à l'abri des Iles, le vent se réchauffe et diminue. La baie est rempli de voilier et plus nous approchons et plus il fait soleil... On trouve un mooring et Jonathan à Mélanie l'accroche pendant que j'enfile le bout d'une amarre dans la loupe et attache l'amarre sur le taquet. Nous voilà arrivés et les invités sont ébahis devant la beauté de l'Ile et heureux d'être enfin arrivés.

Daniel installe le moteur sur le dinghy pendant que les filles sautent dans la douche pour se départir du sel qui les recouvre. Les gars plongent à l'eau et iront aussi se doucher avant de prendre un drink. Daniel vient me reconduire à terre car je veux aller acheter un gâteau de fête pour JOnathan à Catherine qui a 34 ans aujourd'hui. Hélas, l'épicerie vient de fermer et je reviens les mains vides. TOut le monde est préparé et nous descendons à terre pour le souper qui sera pris sur la terrasse du Pussey's Bar, au son d'un orchestre local et coloré qui joue de la musique des Iles. Nous avons commandé un beau morceau de gâteau glacé au café pour souligner la fête de Jonathan qui le déguste avec plaisir. La soirée est magnifique et enjouée !

Bref, ce fut une longue et difficile journée mais le meilleure est à venir...

Silvie

Lundi 3 janvier 2011,

le temps file pour nos jeunes invités qui n'ont que 7 jours de vacances et après les douanes et quelques achats dans les boutiques de West End, il est temps de retourner au voilier. Jonathan à Mélanie plongera du quai pour nous rejoindre à la nage, sous l'Oeil amusé de Jonathan à Catherine qui le prendra en photo dans un élégant mouvement de crawl...

On relève les derniers courriels et hop ! Tout le monde a très hâte de partir... Daniel démarre le moteur et sort de la baie. Le vent est puissant, entre 25 et 30 noeuds. La grand-voile est monté et le génois déroulé mais le bateau gite trop sous les rafales. Daniel prendra un ris dans la grand-voile et Jonathan enroulera quelque peu le génois. Le bateau se stabilise et se redresse légèrement. Nous roulons à 7.5 noeuds, étonnés de voir les moutons blancs sur la mer qui en général est bien confortable entre les iles, contrairement à aujourd'hui où les vents inhabituellement forts la rende très agitée.

Heureusement, le traversée n'est pas trop longue et vers 11h30, nous prenons un mooring le plus près possible du restaurant le Pirate au fond de la baie de NOrman's Island. Jonathan à Mélanie aura barré comme un chef presque tout le trajet, avec Mélanie à ses cotés. La corde torsadée à trois gros brin du mooring est cassée sur deux brins et avec le vent qui siffle, Jonathan propose d'ajouter une autre amarre en l'enfilant dans la boucle principale du mooring. Nous voici bien accrochés, à coté de la plage et des beaux sites de plongée. Mais la traversée houleuse nous a creusé l'appétit et il nous tarde de manger...

Après un diner de baguettes fraîches et fromages, tout le monde saute à l'eau, palmes aux pieds et tubas en bouche, pour se diriger vers la falaise. Daniel mettra à l'eau son kit de plongée en eau profonde qui fera le bonheur des deux jeunes hommes.

Quel plaisir de voir le sourire radieux de nos plongeurs revenir au voilier, tous émerveillés par leurs découvertes des fonds marins... L'après-midi se terminera dans le cockpit, sous un soleil radieux mais sous un vent qui ne faiblit pas. Peu importe, la vie est belle et il reste encore trois jours de vancances à nos deux jeunes couples qui planifient déjà la journée de demain !

Silvie

Mardi le 4 janvier 2011,

Toute la nuit, il a venté à écorner les boeufs et ce matin, le vent continue de hurler. Le ciel est gris et rempli de mauvais présages... Décidément, le beau temps que nous avons connu depuis notre arrivée est parti ailleurs, laissant place à des températures fraîches et plutôt variables, alternant entre la pluie et de courtes percées de soleil mais toujours avec ce vent du Nord-Est qui pousse entre 25 et 30 noeuds et fait vibrer les haubans...

C'est ma fête aujourd'hui. J'ai 57 ans. Est-ce que je me sens vieille ? Pas encore même si je n'ai plus l'énergie de mes 20 ans ! Toutefois, je me félicite d'avoir pris ma retraite afin de profiter de ce voyage en voilier... Si j'avais attendu encore trois ans, je ne sais pas si j'aurais eu la force et le courage d'affronter la mer lorsqu'elle est en colère, comme certains souvenirs de notre traversée qui me reviennent en mémoire, aidés par le vent qui hurle et qui ravive mes souvenirs...

Il est 7h. Nos jeunes couples dorment encore... La journée d'hier était remplie de vents, d'une courte mais intense traversée, de baignades, de plongées qui les ont rendus très calmes en soirée et les a fait coucher tôt, repus et fatigués. Pour le souper, nous avons dégusté le Wahoo capturé la veille, cuit en papillotte et servi avec une salade verte remplie de légumes frais. C'était délicieux !

Au programme aujourd'hui, un peu de plongée dans les Caves et départ pour Peter's Island, à deux heures de voile. Ensuite, une longue marche où je les conduirai, par un petit sentier, de l'autre coté de l'Ile, en passant par le magnifique Resort, pour aboutir à une plage superbe réservée aux gens de la voile... Daniel ira sûrement plonger avec les gars qui sont toujours prêts pour l'aventure, quelque soit le temps.

Il est 9h25. Les conditions climatiques exceptionnelles ont modifiées le programme de nos invités qui désirent maintenant aller visiter la ville de Road Town. Nous tentons en vain d'obtenir une place à Nanny Cay Marina mais c'est complet. Dommage ! Nous tenterons notre chance avec Village Cay Marina dès que nous serons en approche. Cette halte leur premettra de visiter la ville qui est à proximité et de jouir des installations de la marina : restos, douches, piscine, internet et bar...

En attendant, tout le monde est parti pour une dernière plongée aux Caves, ces grottes creusées à flanc de montagnes et qui sont à tribord, à 5 minutes en dinghy. Ils reviendront enchantés et diront que c'était magnifique, avec plein de poissons colorés nageant autour d'eux...

Hier, j'ai réussi à me connecter sur l'internet du restaurant le Pirate au fond de la baie et j'ai eu le plaisir d'avoir des nouvelles de Brigitte et Michel qui reviennent passer un mois aux BVI. Nous avons très hâte de les revoir et surtout, d'informer Michel qu'hier, Daniel et Jonathan à Mélanie ont aperçu une immense langouste de 50 onces qu'ils n'ont, hélas, pas réussis à attraper à mains nus... Nous y reviendrons sûrement et j'en ai déjà l'eau à la bouche !

Il est 12h. Nous sommes à quai, à Village Cay Marina. Après avoir diné de hot-dog, nos jeunes couples sont partis visiter la ville et Daniel travaille d'arrache-pied pour sortir son génois 150 % du coffre avant afin de le replier correctement. Nous le déroulerons sur le quai et reprendront le travail, sans vent cette fois.

Nos invités ont bien discuté ce matin et se sont mis d'accord pour repartir vers Culebra demain matin, après les douanes de sortie. Ainsi, le voyage du retour sera coupé en deux et sera deux fois moins pénible. Je suis triste que la température n'ai pas été aussi belle et chaude qu'à l'ordinaire mais je trouve qu'ils auront fait preuve d'une grande sagesse et de beaucoup d'ouverture en acceptant, contre fortune bon gré, ce que personne ne pouvait changer...

Et comme dirait le capitaine : le pire est passé... Et le meilleur est à venir...

Silvie

Mercredi le 5 janvier 2011,

Hier soir, mon Capitaine m'a invité à souper au resto pour ma fête. Nous avons donc laissé les jeunes souper en tête à tête, d'un spagetti. Puis, sous la nuit noire, Daniel et moi avons pris un petit chemin pour sortir de la marina et nous avons marché plusieurs rues, au moins une dizaine, avant d'arrêter notre choix sur un resto plutôt sympatique qui offrait un menu varié. J'avais envie d'une pizza et c'était justement leur spécialité. Elle était délicieuse, accompagnée de Beringer Rosé glacé. Au retour, nous refaisons le chemin à l'envers pour finalement ne plus savoir où nous sommes rendus... Nous demandons notre chemin à des passants qui nous disent de continuer : strait ehead...
En arrivant à la marina Village Cay, nous passons par le coté et nous apercevons un resto qui ressemble en tous points à celui où nous avons soupé. Nous sommes surpris mais nous prenons place sur la terrasse, juste à coté, qui donne sur les voiliers et nous commandons un café brésilien. Daniel décide d'aller voir le resto en question qui est à deux pas, trouvant curieux cette coincidence de deux restos identiques... Il revient en riant... Il a reconnu notre serveur... Bref, nous avons marché presque un mille pour revenir à notre point de départ et ensuite, refait le chemin à l'envers pour encore revenir à notre point de départ... C'est incroyable !

Il faut dire que les rues de Road Town ne sont pas très bien identifiées ni éclairées. De plus, la configuration de la ville est assez étrange, ce qui explique, la nuit aidant, le fait que nous ayons tourné en rond sans s'en rendre compte... À l'avenir, nous prendrons le gps pour sortir !

Il est 7h. Tous nos jeunes sont déjà debouts, prêts à partir. Nous attendons l'ouverture de la marina, à 8h. Tout est déjà prêt et rangé dans le voilier ! Jonathan, le conjoint de Mélanie, Capitaine dans l'âme, a déjà rempli le dernier réservoir d'eau et Jonathan, le conjoint de Katerine, arrive de la piscine. Les deux filles lisent tranquillement dans le cockpit.

8h. Daniel part à la marina. Puis, nous larguerons les amarres pour nous rendre à West End faire nos douanes de sortie. De là, cap vers Culebra, au portant.

Le vent semble calmé et le ciel est plutôt bleu. La journée s'annonce belle et tout le monde a hâte d'arriver à Culebra pour profiter un peu de la mer et faire de la plongée.

La traversée, de West End à Culebra, a été à l'inverse du trajet pour monter aux BVI : agréable, douce et chaude ! Vent dans le dos, voiles en ciseau, génois tangonné, on avance entre 5 et 7 noeuds sans sentir le vent, roulant doucement entre les vagues, sous un soleil plutôt chaleureux et un ciel partiellement bleu... Pas une goutte de pluie n'est venue ternir cette belle traversée qui a donnée l'occasion à tout le monde de s'exercer à la barre de Voilo.

Encore une fois, les lignes n'ont pas cessé de récolter des thons, une dorade qui s'est échappée, des Wahoos et des baracudas mais ils ont tous été relâchés, parce que trop petits ou par paresse... L'ambiance était très légère et tout le monde était de bonne humeur, malgré que le retour signifie que la fin des vacances est proche pour nos deux jeunes couples dont nous apprécions la chaleureuse et vivante présence.

Nous venons de jeter l'ancre dans la baie Ensenada Honda de Culebra. Le Jonathan de Mélanie se lance dans la cuisson des hamburgers prévus pour souper tandis que le Jonathan de Katherine prépare les drinks au rhum. Il les fera très corsés... Les deux filles sont dans la douche car nous sortons ce soir, au Dinghy Dock Bar qui est juste à babord, à 5 minutes en dinghy. Il est 17h. Ce fut une journée magnifique et demain, la météo annonce plein soleil. Nous ferons le tour des Iles entre Puerto Rico et Culébra, arrêtant à l'occasion pour faire de la plongée et jouir des plages blanches...

Nous venons d'avoir des nouvelles de Michel et Brigitte qui viennent de revenir aux Vierges ce matin. On les a manqué de peu. De même que nous avons manqué Paul et Arlène... Heureusement, pour nous, les vacances sont loin d'être terminées et il nous reste encore pleins de bons moments à venir...

En attendant, ça discute allègrement dans le cockpit et je vais devoir aller superviser la cuisson des hambergers...

À demain !

Silvie

Jeudi le 6 janvier 2011,

le soleil brille dans un ciel parfaitement bleu. Il fait un temps magnifique et nos jeunes sont déjà dans le cockpit, prêts pour cette dernière journée de vacances. Daniel devra faire les douanes d'entrée aux Iles Vierges Espagnoles, par téléphone, puisqu'il a un crusing Permit américain. Il devra aussi réserver la marina Del Rey où nous prendrons place ce soir, après avoir jeté l'ancre partout où se sera possible d'arrêter pour que nos jeunes puissent se baigner et plonger...

Nous sommes à Culebra la Rebelle, à 15 milles de Puerto Rico et sur notre trajet, L'ile protégée de Luis Penas, avec son immense plage de sable blanc et son site exceptionnel de plongée qui sera notre premier arrêt.

Puis, nous traverserons vers Puerto Rico et nous croiserons l'Ile aux Singe où nous espérons trouver un mouillage de jour afin de descendre voir les singes et se baigner. Puis, si le temps le permet, Palomino Island, l'une des plus magnifiques plages de Puerto Rico sur laquelle nous espérons avoir le temps de débarquer...

En attendant, tout le monde déjeune et se prépare pour cette magnifique journée...

À suivre...

Culebra, 8h30

Pendant que Daniel s'occupe des formalités des douanes et de la réservation de la marina Del Rey, avec Skype, nous descendons à terre pour marcher dans la ville. Nous traversons de l'autre coté de l'ile par une rue transversale. Enfin, nous trouvons une boutique qui vient d'ouvrir ses portes et nous entrons pour dénicher un drapeau de pirate pour le jeune fils de Mélanie. Il y en a deux modèles mais le premier est trop grand et le second, trop petit. Jonathan découvre un beau livre illustrant les poissons de corail et ceux que l'on pêchent en mer. Je décide de l'acheter comme livre de références. Nous retournons au quai municipal où nous faisons de grands signes à Daniel qui démarrre le dinghy pour venir nous cueillir. Hélas, les douaniers exigent que nous nous rendions tous au bureau des douanes, localisé à l'aéroport et nous repartons avec tous nos papiers pour nous rendre au quai le plus proche des douanes. IL faudra quand même marcher dix minutessous un soleil de plomb. Enfin, nous sommes tous au bureau et le douanier étampe nos passeports. Nous retournons au voilier et nous y arrivons tous trempés par les vagues qui déferlent sur le dinghy.

Aucun retour de courriel de la marina. Daniel les appelle et enfin, une personne répond. Notre place est réservée pour ce soir et demain.
Daniel pompe l'eau du dinghy, Jonathan à Katherine remonte l'ancre et enfin Daniel part le moteur. Je suis en bas, devant l'ordi et je suis le bateau sur la carte marine, indiquant à Daniel les degrés à prendre
à babord ou à tribord pour sortir du chenail.

Les filles sont étendues sur le pont, profitant de ce magnifique soleil pour paufiner leur bronzage, pendant que les gars discutent dans le cockpit. Nous nous rendons à Luis Penas, une zone protégée où il est défendu de pêcher. Peu importe, il nous reste encore deux thons au frigo et un filet de Wahoo. Pêcher n'est pas, aujourd'hui, dans les priorités de nos jeunes qui ont très hâte de profiter de la superbe plage à l'est de Luis Pénas et des magnifiques coraux qui se cachent le long des falaises.

On fait une partie du trajet au moteur pour reprendre le temps perdu mais le vent est si bon qu'il serait triste de ne pas dérouler le génois. Ca y est ! Le moteur est fermé et le silence revient... Le vent dans le dos, On roule à 5.6 noeuds sous grand génois...

13h00
Les jeunes hommes ont fait un brin de plongée avec Daniel et puis sont retournés rejoindre leurs conjointes sur la magnifique plage blanche qui est bordée de palmiers dansant mollement au vent. L'eau est turquoise et claire et devient émeraude selon la profondeur. Nos jeunes couples s'y baignent avec délice, profitant de ces derniers moments de vacances et de ce soleil radieux avant leur retour à Burlington puis à Montréal.
Pendant ce temps,je prépare un couscous royal et des sandwiches qu'ils dévoreront au retour.

Nous sommes attendus vers 16h30 à la marina et comme nous ne la connaissont pas, il vaut mieux arriver de clarté. Daniel ira chercher les jeunes ves 13h15 et ce sera le départ vers Puerto Rico, à 16 milles. Il est 16h. Nous roulons à 6.5 noeuds, sous grand génois tangonné et grand-voile. Le bateau se promène en faisant des grans S entre les vagues. Tout est calme. Les lignes trainent encore à l'eau, pour le plaisir de la pêche mais rien ne mordra...

Il est 17h. Nous sommes en approche de la marina Del Ray. Daniel et Jonathan roule le génois et range le tangon. Puis, nez au vent,Jonathan descendra la grand-voile qui tombera d'un seul coup. Nous entrons dans la marina qui est pleine à craquer de voiliers. Des voisins de quaie et le manager prennent nos amarres. NOus sommes bien attachés au quai 12-85 qui se trouve à l'entrée de la marina. La Capitainerie est totalement à l'autre bout, à 10 minutes de marche. C'est fête aujourd'hui, la fête des Rois et tout est fermé. IL faudra prendre un taxi pour aller souper au restaurant. En attendant, tout le monde a accompagné Daniel à la Capitainerie.

Silvie

Vendredi 7 janvier 2011,

5h15. Nos jeunes sont debout. Il fait encore nuit. Les filles ont déjà bouclé les valises depuis hier soir et sorti les vêtements qu'elles et qu'ils porteront aujourd'hui pour le retour. Des filles en or : structurées, disciplinées, délicates, prévenantes, ordonnées... Elles laisseront les chambres toutes propres et bien rangées. Ce fut un plaisir de les recevoir.

Les Jonathans aussi étaient des perles. Celui de Mélanie, déjà capitaine, était de toutes les manoeuvres. Allumé, précis, rapide, il a été un équipier parfait et un invité exquis. Délicat, prévenant, humble, il est adorable et pour nous, il n'y a aucun doute, il sera un grand capitaine !

Quant à l'autre Jonathan, tout aussi adorable, nous lui tirons notre chapeau. N'ayant jamais fait de voile, il s'en est tiré comme un chef, participant aussi à toutes les manoeuvres, sans avoir le mal de mer et toujours prêt à l'action.

Il est 5h30. Daniel appelle la sécurité afin qu'ils envoient un véhicule pour transporter nos jeunes jusqu'au taxi qui les attend à la capitainerie. Nous leur faisons nos adieux. Ils semblent très satisfaits de leur voyage mais ils ont aussi très hâte de revoir leurs enfants et c'est dans la joie qu'ils nous quittent, en promettant de garder contact.

Il fait encore nuit. Nous retournons nous coucher quelques heures puis, c'est le branle-bas de combat. Un autre grand ménage qui commence. On vide le frigo des restants de bouffe, on sort les poubelles. Je vide toutes les chambres et je rempli deux grosses poches de lavage. Daniel lavera le pont et le cockpit avec la machine à pression et je ferai le ménage à l'intérieur du voilier... Demain, tout sera comme neuf et nous pourrons aller visiter la ville et refaire nos provisions.

La journée est superbe. Le soleil brille déjà et le ciel est bleu. On dirait que le beau temps est revenu !

Silvie

Samedi 8 janvier 2011,

Hier soir, après une grosse journée de ménage dont plusieurs aller-retour épuisants à la buanderie qui est à un mille de distance, les attentes interminable pour un service de kart, la chaleur torride, Daniel s'est décidé à sortir nos vélos pliants et nous sommes retournés souper au resto de la marina, faute de mieux. Spécial du soir pour Daniel qui consistait en une gigantesque saucice et un énorme T-Bone steak et pour moi, crevettes créoles trop cuites.

Puerto Del Rey marina est une très grosse marina, la plus grosse des Caraïbes avec ses 1500 emplacements de voiliers et bateaux. Le hic, c'est que notre emplacement est situé au dernier quai, plus près de la mer que des services. De plus, aucune épicerie à proximité, ce qui ne nous arrange pas...

En plein coeur de la nuit, je me suis levée pour aller au toilette et l'envie m'a prise d'aller m'asseoir dans le cockpit pour profiter de la douceur du temps. Les lumières des quais donnaient à l'eau une couleur émeraude et en observant, je vis qu'elle était remplie de bancs de gros poissons gris et noir, d'autres argentés et blanc et de plus petits, tout rond, qui couraient dans tous les sens, en formation serrée... Il y avait une activité folle autour des pilones du quai voisin, celui qui donne sur la mer et dont l'emplacement était vide. Au bout de 5 minutes, dans le silence de la nuit étoilée, j'ai entendu quelqu'un respirer bruyamment...

Surprise, j'ai tendu l'oreille pour trouver la source de ce son étrange. On aurait dit que le ronflement, mêlé au clapot de l'eau, semblait venir de l'autre coté du quai mais il n'y avait rien ni personne... Plongée dans l'observation des gros poissons genre baracudas qui faisaient la course aux petits, sautant et tourbillonnant autour des pilones, j'ai tout à coup aperçu l'ombre d'un immense poisson mais avant que je devine qu'il s'agissait d'un dauphin, il est passé à la vitesse de l'éclair, à coté de moi et dans un mouvement de torsion, a changé de cap, plongé et attrapé un gros poisson pour rebondir hors de l'eau... Puis, il s'est éloigné, offrant à ma vue un spectable grandiose. Il plongeait et remontait respirer et tournait en rond devant le quai... Peu après, je me suis aperçu qu'il n'était pas seul. Plusieurs de ses confrères se promenaient derrière le quai, hors de ma vue mais je les entendais respirer... J'ai passé
presque deux heures à les observer. Ils ont sauté en formation de trois, devant moi, ébahie. C'était génial !
Ce matin, Daniel rempli les réservoirs d'eau et ensuite, il fera l'entretien de sa génératrice et de son moteur diésel. Nous devons quitter la marina pour midi. Il fait une chaleur moite et aucun vent n'arrive jusqu'à nous. J'ai hâte de partir...

Notre destination, qui n'est qu'à 5 milles marin : La magnifique Ile Palomino, le joyau de la côte est de Puerto Rico, entourée de plages blanches et de sites de plongées exceptionnels. Sur l'ile, un immense Resort, Le El Conquistador Hôtel... Il nous tarde d'y arriver et de sauter à l'eau. De plus, nous espérons trouver une petite épicerie locale sur l'Ile, sinon nous devrons attraper d'autres poissons.

Silvie

Dimanche le 9 janvier,

Samedi, vers 16h, après avoir accroché le dinghy au débarcadaire des Ferrys qui font la navette entre Fajardo et Palomino, amenant avec eux des centaines de touristes en mal de plage, nous avons marché dans les sentiers aménagés du Magnifique Resort El Conquistador qui met en valeur une immense plage blanche faisant le tour de la pointe de l'Ile en offrant des centaines de chaises longues et bleu, placées côte à côte, entre les palmiers et les parasols, offrant aux touristes une halte époustouflante de beauté.

Quelques boutiques, deux restos ouverts, une écurie, de belles grandes douches extérieures, un terrain de golf miniature, un panier
de basquet, un centre de plongée et j'en passe... Tout y est pour rendre le séjour mémorable !

Dans la baie, une partie de la plage est réservée aux Puertoricains où des dizaines de bateaux à moteur font entendre à tue-tête leur musique endiablée. Des jeunes gens dansent dans l'eau, d'autres
jouent dans le sable ou sommeillent sur la plage, d'autres discutent et boivent dans le cockpit. Mais partout autour, on entend parler espagnol et je déplore de ne pas connaitre cette langue musicale. Quelques voiliers tanguent doucement sur l'eau turquoise.

Il y a une douce brise chaude. C'est une journée merveilleuse qu'aurait apprécié nos jeunes, qui à cette heure, doivent être de retour
à la maison, entourés de leurs jeunes enfants...

Vers 17h, nous revenons au voilier pour nous préparer le souper. Poitrines de poulet B-B-Q et pommes de terre rissolées. Il fait déjà nuit
et la plupart des bateaux à moteur quittent la baie pour retourner à leur port d'attache, à Fajardo, à 5 milles à peine. Il ne reste que quelques voiliers attachés sur des moorings, lesquels sont gratuits. On ouvre une bouteille de rosé que nous buvons dans le cockpit, admirant les lumières de Fajardo qui illuminent l'horizon...

Dimanche matin, gros soleil sur Palomino. Je me sens en pleine forme. On dirait que ma grippe est enfin passée... Les deux petits bassets
du bateau d'à coté jappent à qui mieux mieux, me rappelant mes petits yorkshires... Il est 9h. Le premier ferry vient d'arriver avec sa première cargaison de touristes.

Sans attendre, on se jette à l'eau pendant que la génératrice ronronne... Puis nous descendons, en dinghy, sur la plage, non pas sur Palomino mais sur la petite ile en face de Palomino. Une ile de sable avec quelques arbres au centre, où je trouverai des coraux magnifiques, cadeaux de la mer, sur le sable blanc... Nous faisons le tour de la petite ile et nous nous baignons... La journée est splendide mais nous avons envie de soutirer des renseignements aux gens de la place, aussi, nous remontons dans le dinghy pour traverser sur Palomino où nous ancrons le dinghy sur la plage réservée aux Puertoricains qui sont ancrés, côte à côte, pour ne pas dire à l'épaule, à 10 mètres du bord et c'est la fête...

On questionne les gens qui passent près de nous et on apprend que Villa Marina est celle d'où on peut marcher à pied pour se rendre au Supermercado et même au Walmart... On apprend d'un autre où se trouvent les plus beaux sites de plongée... Plusieurs Puertoricains parlent anglais et en sont très fiers. Bref, on placotte de tout et de rien, pour le plaisir de discuter avec des gens de la place qui sont super sympatiques et chaleureux.

Plus tard, nous irons nous mêler aux touristes du Resort et nous commanderons deux drinks avec une facture salée de 27 $. À ce prix, on s'accorde le droit de s'étendre sur les chaises longues, à l'ombre des palmiers où nous resterons jusqu'à ce que la faim nous tenaille...

Retour au voilier, on dine de patates fricassées et on pique un petit somme. Au réveil, il est 16h. On se décroche du mooring et on fait route vers Fajardo où nous jetterons l'ancre derrière Isla Marina. Il fait nuit et nous attendrons à demain pour visiter les marinas autour et décider de la suite... C'est encore l'heure du drink dans le cockpit !

Silvie

Lundi le 10 janvier 2011,

11h du matin. Ciel couvert et percé de soleil. Vent de 15 noeuds. Nous venons de terminer nos recherches sur internet pour trouver les lieux où se procurer nos listes d'achats et d'épicerie. Supermercado, Walmart et West Marine sont presque tous dans le même coin mais encore une fois, il faudra louer une voiture pour nous faciliter la tâche. Mais nous ne sommes pas pressés et avant, nous sommes descendus en dinghy pour visiter les marinas environnantes et vérifier s'il n'y aurait pas un mouillage plus près de la côte. Des trois marinas, une seule nous a semblé super accueillante, avec des prix abordables à 1.25 $ le pied, électricité et eau incluses : SunnyBay Marina. Nous avons obtenu le quai no. 1, juste au bout de la première rangée et juste à coté du stationnement et de la capitainerie, ce qui facilitera le transport des marchandises.

Nous étions ancrés à 3 milles de la berge, derrière une petite ile sur laquelle sont érigées deux grosses tours à condos avec un ferry qui fait la navette jusqu'à Fajardo. Une ligne de brisants arrêtent les vagues de l'océan et rendent ce mouillage plutôt confortable, avec du beau vent qui entre par les hublots. Nous avons même une bonne connection internet mais nous sommes un peu loin du bord, ce qui n'est pas très pratique...

Grâce au merveilleux livre de recettes que m'a offert Catherine, nous avons déterminer nos 8 repas à venir et j'ai fait ma liste d'épicerie selon les choix de Daniel que j'ai bien hâte d'essayer.

Nous devons aussi refaire le plein de caisse d'eau, de jus, de vin et de bière... Et oui, on boit beaucoup de liquide en voilier, entre deux traversées, aux mouillages, l'après-midi sous le soleil et le soir, après une grosse journée de natation et de plongée...

Nous voilà à notre quai et trois employés sont venus prendre nos amarres. Quel service ici et quelle gentillesse de la part de tous les employés... Nous avons obtenu le mot de passe de la marina et chose curieuse : le login est Université et le mot de passe : Montréal. Nous voilà branchés et la connection est excellente.

Aussitôt arrivés, nous avons loué une voiture de la compagnie Entreprise. 30 minutes plus tard, un jeune homme venait nous cueillir pour nous amener au bureau chef. Venu en vacances il y a 6 ans, ce jeune homme a décidé de s'établir à Puerto Rico. Originaire de New-York, il est encore fasciné par la gentillesse des Puertoricains, leur générosité et leur confiance.

Nous voilà dans une Toyota Aris rouge et flambant neuve, en route pour le Walmart où nous remplirons le coffre de caisses d'eau, de bières Medalla, de liqueur, d'huiles pour le moteur et de plein d'autres choses... Le coffre est à moitié rempli. Puis, c'est chez Écono que nous passons faire l'épicerie et finir de remplir le coffre.

Il est 18h30, on est de retour et tout est bien rangé. Cela n'a jamais été aussi facile puisque l'auto est stationné à coté du voilier. Nous souperons de pain frais, de paté de campagne et de fromage. Je suis crevée et il fait une chaleur torride. Heureusement, on peut mettre la climatisation dans le voilier et, en attendant que l'air devienne plus fraîche, on prend une bonne bière froide dans le cockpit...

Silvie

Mardi le 11 janvier 2011,

9h du matin. Un ciel partiellement ensoleillé et un vent de l'Est-Nord-Est à 15 noeuds. Daniel est reparti en Toyota Aris pour magasiner des pièces de voilier. Nos prochains invités arriveront le 29 janvier à St-Thomas et il nous tarde de les rencontrer. Ils seront avec nous jusqu'au 12 janvier. Deux jeunes couples de l'Outaouais qui naviguent déjà sur leurs voiliers et qui désirent approfondir leurs connaissances en navigation hauturière, faire de la pêche, de la plongée et de la plage. Un beau menu en perspective et nous souhaitons que le soleil soit de la partie. En attendant, nous continuons l'avitaillement du voilier pendant que nous sommes encore à Puerto Rico où les prix sont beaucoup plus abordables qu'aux Vierges Américaines ou Britanniques et nous retournerons, dès le retour de Daniel, dans les Supermercados pour finaliser quelques achats avant de rapporter la voiture.

Ce matin, nous avons reçus des nouvelles de nos amis Jean-Guy Brochu et Chantale qui viendront nous visiter vers la St-Valentin. Ayant déjà loué un catamaran et parcourus les Vierges Britanniques, ils désirent connaître, à notre grande joie,

les Vierges Espagnoles qui sont mon coup de coeur. Ils arriveront donc à San Juan. Jean-Guy et Chantale travaillent très fort durant les fêtes et leur commerce de décoration de noël prend énormément d'ampleur à chaque année, de sorte qu'ils ont bien besoin de vacances. Leur site web est magnifique
: http://accesdecor.com

En début de mars, c'est mon fils Olivier et ma nièce Julie qui viendront passer quelques semaines avec nous et ils arriveront à San Juan pour repartir à St-Thomas. Avec eux, beaucoup de voile, de plongée, de baignade et de sorties dans les bars.... Puis, le premier avril, Claude et Jocelyne avec un couple d'amis qui arriveront à St-Thomas... Navigation plus tranquille dans les Vierges Britanniques. Nous sommes comblés et si heureux de partager avec nos invités, famille et amis tous ces coins merveilleux qu'il nous plaira d'approfondir avec eux.

Les VIerges Britanniques sont fascinantes et offrent un plan d'eau incroyable pour la navigation. Norman's Island, Peter's Island, les Baths, Anégada, Virgin Gorda, Road Town sont des haltes superbes. Partout, entre les iles rapprochées, les voiliers et catamaran se promènent en taquant, toutes voiles dehors, offrant un spectable continuel et toujours renouvelé. Les fonds marins sont extraordinaires et remplis de poissons multicolores. C'est superbe !

Quant aux Vierges Espagnoles, sauvages et incroyablement belles avec ses innombrables plages sans fin, sa population chaleureuse et amicale, sa musique qui sort de partout, sa fierté d'avoir mis fin aux essais nucléaires de la Navy américaine et d'avoir conquis sa liberté, c'est plus une émotion qu'un décor qui se dégage de ce paradis méconnu.

Il nous reste à découvrir les Vierges Américaines qui seront notre prochaine destination. J'ai bien hâte de les découvrir... Mais avant, nous remonterons d'ile en ile, de Palomino à Colebra, en passant par Cayacos, Colubrita, Luis Pénas... Encore tant de choses qu'il nous reste à voir, à découvrir...

C'est génial !

Silvie

Mercredi le 12 janvier 2011,

Nous voilà de retour devant la maginfique île de Palomino et sa longue plage blanche remplie de chaises bleues où nous sommes arrivés en fin d'après-midi, à l'heure du drink. Nous sommes pratiquement seul dans la baie à l'exception d'un autre voilier et le coucher de soleil est magique, tout en douceur, rose et
bleu très pâle. La soirée était douce mais il y eut plusieurs grains, le temps de fermer les hublots et c'était déjà fini. J'ai préparé un Gaspacho aux crevettes pour souper. C'était frais et délicieux... Merci encore à Catherine pour ce beau cadeau d'un livre de recettes qu'elle m'a offert. D'ailleurs, j'ai reçu d'elle et de Jonathan un beau commentaire hier, qui se lit comme suit :

"Bonjour Silvie et Daniel,

Comme promis, je vous envoie mes commentaires sur notre belle semaine passez en votre compagnie !
Nous venons de terminer une semaine magnifique à bord de Voilo. Premièrement, nous avons reçu un accueil des plus chaleureux. Nous avons été accueillis par un couple généreux de leur temps et de leur personne. Notre capitaine Daniel, fort de ses nombreuses années d'expériences, a su tout de suite nous mettre en confiance. De plus, c'est avec un calme exemplaire qu'il nous a transmis ses connaissances. Quant à sa coéquipière, elle a su tout de suite nous mettre à l'aise. Nous nous sommes rapidement sentis comme chez nous. Le bateau était propre de fond en comble. La nourriture était abondante et délicieuse.

Malheureusement, nous avons manqué de temps ! En effet, une semaine c'est bien court pour toute la distance que nous avons parcouru. Si le voyage était à refaire et que nous tenions absolument à visiter en profondeur les îles Vierges, il serait préférable de se rendre en avion jusqu'à St-Thomas par exemple. De cette façon, nous aurions deux bonnes journée de plus pour explorer les îles voisines. L'autre option serait d'arriver à Porto Rico et de s'en tenir aux îles comme Vieques, Culebra et les autres plus près de Porto Rico. Peu importe la destination, tout est magnifique. La plongé, les plages, les villes et villages sont à découvrir. Merci pour tout, ce fut une semaine inoubliable. Catherine et Jonathan" Ce fut aussi pour nous une semaine inoubliable et nous en garderons longuement un beau souvenir...

Il est 8h du matin. Le ciel est gris et il pleut à l'occasion. Peu importe, on part tantôt vers Culebra où nous séjournerons quelques jours.

17h. Une belle traversée au près serré avec des vents de 20 à 22 noeuds d'Est-Nord-Est. Un ris dans la grand-voile et génois déroulé au trois quart. Ça brassait en grand mais on s'y attendait... En partant, quelques embrunts ont mouillés le pont et légèrement déferlés sur nous et par la suite, quelques
grains épars nous ont arrosés... Par contre, la traversée a été plutôt agréable, surtout lorsque le soleil brillait entre les gros nuages gris. Le paysage qui défilait était fantastique. Des chaines de rochers, des iles inhabitées, loin devant, l'ombre des montagnes... J'adore regarder les vagues casser sur les rochers et se transformer en mousse blanche, les enveloppant totalement. Et ces petites iles basses et vertes avec tant de belles plages où il serait agréable de jeter l'ancre, si les vents étaient favorables... Des milliers d'éclats brillent sur les vagues de deux mètres, c'est superbe ! Voilo grimpe sur les vagues et retombe doucement, sans fracas mais dans de belles éclaboussures blanches que je tente de capter avec la caméra... Daniel attrapera encore deux thons qu'il remettra à l'eau en attendant une dorade qui se fait attendre... Le bateau gite mais pas trop... On est bien... Mais contents d'arriver !

Voilà l'entrée d'Ensenada Honda... Nous entrons dans la baie de Culebra et jetons l'ancre au mileu... Aussitôt, je met deux pizzas au four, toutes garnies de beaux légumes frais et je me sers une bière fraiche pendant que Daniel installe de moteur sur le dinghy. Il se peut que nous descendions à terre ce soir... On verra ! En attendant, il vente encore à écorner les boeufs et ça siffle dans les haubans...

Silvie
 

Jeudi le 13 janvier 2011,

Encore une journée de grands vents avec un ciel gris et triste... Je suis contente d'être à Culebra, au mouillage et de laisser passer ces trois journées de mauvais temps annoncées, contente de ne pas avoir à me rendre quelque part, par nécessité ou faute de temps, de devoir partir... J'adore me reposer entre les courtes traversées, faire une pause, prendre le temps, goûter et découvrir l'endroit où je me trouve....

Après la traversée d'hier, qui devait prendre 3 heures mais qui en a pris 5, il y a encore du ménage à faire dans le voilier et dans le cockpit... Enlever le sel sur les planchers et faire disparaître les marques de doigts sur les boiseries et les cadres de portes sur lesquels, inmanquablement, on s'accroche pour se tenir, quand le bateau gite à 30 degrés et brasse dans tous les sens, et qu'il faut descendre aux toilettes ou à la table de navigation ou encore pour prendre quelque chose dans le frigo... Il faut avoir le coeur solide pour remonter le vent et faire du près serré en mer ! C'est plus poétique à lire qu'à faire. Quand le trajet est court, ça va mais quand la traversée est longue comme celle des Bermudes aux BVI et que le mauvais temps dure des jours et des nuits, c'est une autre histoire qui tient du cauchemar...

Avant que je goûte à la mer, je croyais que faire de la voile était facile et agréable. Sur toutes les photos de magazines, on voit des gens avec le sourire fendu jusqu'aux oreilles, gités au maximum, des embrunts partout autour, les cheveux aux vents, le gros soleil, sur de magnifiques voiliers avec de superbes ponts en teak... Les filles sont en bikinis, les gars bronzés et musclés et la vie a l'air facile, pour ne pas dire fascinante... Cela ressemble à la liberté, au bonheur ! Mais la réalité est toute autre ! Faire de la voile sur un lac, comme le lac Champlain, c'est facile, agréable et ça peut ressembler aux photos de magazines... Pas de problème sous toutes les amures et si le temps est trop mauvais, on rentre à la marina... S'il fait beau, on jette l'ancre, on se baigne, on mange sur le grill et on se fait griller, la vie est belle !

Mais en mer, c'est une autre histoire... Les vagues sont des montagnes à escalader, à descendre, à prendre de la bonne manière, sans relâche... Elles peuvent atteindre des hauteurs et des vitesses vertigineuses... La navigation dans le mauvais temps exige une attention de toutes les secondes et une seule erreur peut être fatale... La mer, elle se joue de toi et ton voilier, même s'il a 50 ou 200 pieds, il est un jouet dans ses vagues. D'un revers, elle peut te retourner, te noyer dans des embruns sans fin, te tremper à l'os, te faire claquer des dents, te brasser comme une marionette de chiffon dans tous les
sens, la nuit est éprouvante, pleine de mirages, la vitesse est décuplée et tout est noir, si noir... et tu ne peux pas revenir à la marina... Jour et nuit tu dois continuer et te battre... La mer, elle t'éprouve, te pousse à bout, te fait dépasser tes limites... Après trois jours et trois longues nuits de mauvais temps, tu as mal partout à force de t'accrocher pour te tenir, tu as l'estomac à l'envers, tu es trempé à l'os, et tes vêtements ne sèchent pas, ton lit est humide, il y a du sel partout, sur ta face, sur tes lunettes, sur tes lèvres, sur tes vêtements, sur le plancher, les murs... Le voilier est sans dessus dessous et si tu as eu le malheur de ne pas fermer la descente, tout est mouillé dans le carré...

Je me souviens encore de notre arrivée aux Bermudes et de notre départ aussi... En fait, j'aimerais mieux l'oublier mais je n'y arrive pas, surtout lorsque je songe qu'il me faudra revenir et refaire le long et périlleux trajet à l'envers... Alors, quand on parle de traversées, entre deux iles, entre Puerto Rico et VIéques, entre Vieques et Culebra, ou entre Culebra et St-Thomas, ou simplement naviguer entre les iles Vierges, ça va, si le vent adonne, s'il est dans le bon sens et si nous ne sommes pas pressés dans le temps... Mais à part cela, ce n'est plus pour moi du plaisir mais une tâche d'entreprendre une longue traversée qui quelque fois, se fait dans des conditions imprévisibles car la météo n'est pas une science exacte !

Par contre, la vie à bord d'un voilier, au mouillage, c'est génial. Plonger autour du voilier dans l'eau turquoise, naviguer de courts trajets lorsqu'il fait beau et chaud, lorsqu'on est au portant, faire de la plongée, marcher sur une plage, visiter une ville, c'est grandiose, fantastique et c'est la plus belle manière de voyager et de vivre... Mais les longues traversées... Pas sure....

La mer m'a assagit. Elle a calmé mes ardeurs et elle a suscité ma crainte et mon respect. Pourtant, je l'adore la mer mais je ne la prend plus à la légère et surtout, je ne lui lancerais pas de défi ! Je sais qu'elle est la plus forte et que si elle me garde, c'est qu'elle le veut bien...

Il est 15h. Nous descendons au Dinghy dock Restaurant pour le 5 à 7, rendez-vous de tous les voileux autour qui sont plus nombreux que la dernière fois où nous sommes venus. Il y a même deux voiliers affichant drapeau Canadien... Mais avant d'aller boire de la draft froide, je veux me rendre à une petite boutique tenue par une femme étonnante que j'ai rencontré la dernière fois et avec laquelle j'ai eu un court mais vif entretien. Une femme d'âge mûre, aux traits indiens, de descendance Maya et Astèque, elle a été capitaine de voilier. Elle dit avoir fait le tour du monde et avoir possédé 5 voiliers... Étant à la course, j'ai du la quitter rapidement mais elle m'est restée en mémoire et j'aimerais l'inviter à prendre un verre afin de la connaître mieux... Et puis, j'espère aussi rencontrer notre prof de musique, celui que nous nommons Ramos car il nous a donné ses rames alors que nous avions perdu les nôtres... Un bel être qu'il nous plairait de revoir...

Bonne soirée, Silvie

Vendredi le 14 janvier 2011,

Nous sommes revenus du Dinghy dock Bar avec un taux d'alcool élevé et, je dois l'avouer, nous étions un peu rond... J'ai d'ailleurs faillit tomber dans le dinghy en embarquant dans la nuit noire mais heureusement, j'ai beaucoup d'équilibre et je me suis vite reprise...

Le retour s'est fait rapidement, le moteur au fond... Heureusement, j'avais déjà préparé mon souper, poulet au cari, et il ne me restait qu'à réchauffer les poitrines de poulet, déjà enrobées de farine au cari, dans les pommes de terre que j'avais pris soin d'éplucher et de tailler... Le tout mijotant lentement dans une boite de tomates en dés épicées... 30 minutes plus tard, le souper était prêt et, en mangeant, nous nous sommes remémorés cette soirée magique ou, à peine arrivée, j'apercois ma princesses Maya assise de l'autre coté du bar, un verre de vin rouge devant elle, comme si elle m'attendait.

En me voyant, elle me fit un grand sourire et il n'en fallut pas plus pour que j'abandonne mon capitaine à lui même pour traverser de l'autre coté et entreprendre avec Islabella une longue conversation durant laquelle elle me raconta sa vie, ses amours, ses voyages et ses rêves prémonitoires... Le temps a passé bien vite et je ne comprenais pas tout car elle parlait vite, dans un mélange d'anglais et d'espagnol mais elle m'a parlé d'un rêve au sujet d'un bracelet Maya, contenant des anulettes et chose curieuse, j'avais aussi rêvé d'un bracelet de ce genre... On s'est rejoint dans l'irréel... Elle me parlait d'un don qu'elle avait de chasser les ouragans, elle les sentait venir et disait avoir la capacité de faire tourner les vents vers d'autres lieux... Il n'y a que moi pour croire ce genre de chose, pour croire aux prémonitions, aux pouvoirs des rêves et bien sûr, je n'en parlai pas à mon capitaine, pragmatique et mer à mer, pour ne pas dire terre à terre, qui était resté seul de l'autre coté du bar, rendu à sa deuxième ou troisième draft... Et puis, Jack est apparu, un ancien militaire qui a fait la guerre du Vietnam et qui a décroché du système... Jack est venu s'installer à Culebra où il vit depuis 16 ans, incognito, sans payer de taxe au gouvernement qui l'a laissé tomber après la guerre.. Révolté, marin, capitaine qui a eu un voilier pendant 15 ans, à faire des achats à St-Martin pour revendre le tout aux boutiques du coin, il a fini par vendre son voilier et prendre racine ici, à Culebra où il dit que c'est l'ile idéale, remplie de gens particuliers, des personnages, vivants sans loi ni règles, qu'ici tout est permis, tout est faisable.... Tu peux travailler, te partir une entreprise,  aucun problème... Tu peux revenir chaud chez toi et si les polices t'arrêtent, c'est pour te reconduire chez toi... Bref, Jack nous a tenu compagnie une bonne partie de la soirée, à nous payer des drinks et nous, en lui retournant la politesse... Puis, autour de lui, un groupe de femme faisait la file.... Des célibataires en mal de mâle... Et puis, il y eu cette femme, pendant que je fumais une cigarette, qui est venue voir mon chum pour lui dire qu'il ressemblait comme deux gouttes d'eaux à son voisin de Rouses Point... Curieux hasard... À la fin de la conversation avec Daniel, elle finit par dire qu'il était mieux que son voisin mais elle a tenu à prendre une photo de lui, pour montrer son sosie à son voisin... Pendant ce temps, alors que je fumais, un homme est venu avec une conche bizzare mais super belle, rose et noire, brillante à l'extérieur et mate autour et les femmes autour de moi se sont empressées de lui dire que c'était une Queen quelque chose..Et que ce coquillage était toxique... À ne pas manger.... Puis une autre dit qu'il fallait la mettre quelques semaines dans l'herbe et qu'elle deviendrait toute brillante, autant à l'extérieur qu'à l'intérieur... Abandonnant Jack à ses fans,nous sommes repartis en douce... Une belle soirée, un peu folle, un peu flyé, avec un peu trop d'alcool... Mais une belle soirée quand même qui s'est bien terminée, avec un beau souper et un vent qui s'est enfin calmé... J'adore Culebra... Mon chum dort... Il ronfle... Il n'a qu'à s'étendre et déjà il dort ! Comment fait-il cela alors que moi je mets des heures à tourner dans tous les sens, malgré la fatigue...
La soirée est terminée pour lui mais pour moi, elle débute... La musique de mon Ipod joue et je suis bien, seule dans la nuit et je rêve éveillée... Je m'imagine habiter Culebra, faire de la sculpture, de la peinture, de l'artisanat et vivre toute l'année sous le soleil, entourée de gens étranges, bizzares, comme j'aime...

Vendredi matin, 8h. Je me suis levée avec un gros mal de tête mais le café corsé que Daniel m'a préparé a vite effacé les traces de ma soirée d'hier. Ce matin, le soleil brille sur Culebra et le vent ne siffle plus, il est doux comme une caresse. Pendant que la génératrice ronronne, nous sommes assis dans le cockpit, à observer le paysage... Que c'est beau et que c'est calme...

Au programme aujourd'hui : rien. Peut-être descendrons nous à terre pour marcher un peu, peut-être lèverons nous l'ancre pour nous rendre à la plage Flamenco, peut-être que... Aucune idée... Même Daniel, qui est en train de nettoyer ses outils de pêche n'a rien au programme... Laissons la journée s'étirer tranquillement et attendons la pulsion, l'inspiration... En attendant, je sors du congélateur ma pièce de boeuf car ce soir, au menu, ce sera du Boeuf Burgogi. Et, tant qu'à faire, j'ai des bananes plutôt mûres... Alors je ferai un gâteau banane et noix !

Silvie
 

Samedi le 15 janvier 2011,

le soleil brille et le vent est très doux ! C'est la journée parfaite pour aller à Flamenco Beach, l'une des trois plus belles plages au monde. Une plage de sable blanc d'un mille et demi, entourée d'une eau cristaline. Le rêve ! L'endroit risque d'être achanlandé car nous sommes samedi mais comme j'adore rencontrer des gens de la place, c'est l'occasion idéale de me mêler à la foule et d'en apprendre davantage sur Culebra... De plus, à quelques pas derrière, il y a un lagon protégé qui habite des centaines de flamands rose que j'ai bien hâte d'admirer de près... Sans parler des magnifiques et énormes iguanes gris et orange qui se promènent partout et que j'espère prendre en photo. Nous irons en
taxi car le trajet ne coûte que 3 $ par personne à partir du quai à Ferry qui fait la navette entre Fajardo et Culebra. En fait, nous allons explorer la baie et vérifier si l'ancrage serait possible à cet endroit. Si c'est le cas, nous y reviendrons avec nos invités, en février...

J'apporterai ma caméra et Daniel son kit de plongée car il paraît que les coraux sont magnifiques à droite et à gauche de la baie. Nous dinons et nous partons ! J'ai hâte et je suis en pleine forme, m'étant bien reposée hier et n'ayant rien fait d'autre que de cuisiner un délicieux gâteau aux bananes, rhum, noix du Brésil et noix de coco... Hum ! Et puis, Daniel m'a donné 10 sur 10 pour mon Boeuf Burgogi, un met coréen assez relevé et fait de lanières de boeuf marinées dans la cassonade, huile de sésame, sauce soya et piment fort, et servi avec de gros morceaux d'oignons rouge et de piments vert...

Ce soir, on soupe chez Suzie, le meilleur resto en ville, selon plusieurs locaux...

12h. Nous avons pris un taxi au quai du ferry et dix minutes plus tard, pour 3 $ chacun, nous débarquions à la magnifique plage Flamenco, à coté des Dizaines de kiosques qui vendent des bières à 1 $, des pinas coladas servis dans des noix de coco à 2 $ et des mets de poissons dont du requin à 3 $... Partout, des gens mangent et boivent sous une musique rythmée. C'est samedi et il y a foule. L'entrée de la plage est bien tenue, offrant des toilettes, des cabanes pour enfiler les maillots et une petite allée en bois qui se perd dans le sable... En avançant, on découvre l'immense plage qui fait le tour de la baie... J'ai envie d'écrire MAGNIFIQUE en grosses lettres car c'était vraiment de toute beauté... En arrière plan, les montanges et le ciel d'un bleu sans nuage et en avant plan, du sable très doux et blanc qui s'étend sur des milles... La couleur de l'eau est impressionnante, une sorte de dégradé de turquoise et vert, avec de grosses vagues blanches qui déferlaient, au grand plaisir des baigneurs... Partout, des gens étendus sur le sable, sous des parasols ou assis contemplent le décor qui est majestueux, se levant à l'occasion pour plonger dans l'eau chaude et claire, sous un soleil éclatant et une chaleur divine...

Quelle belle après-midi !

Nous sommes revenus vers 17h, le temps de se changer, de prendre quelques drinks et nous retournons chez Susies pour souper... Une journée divine !

Silvie
 

Dimanche le 16 janvier 2011,

Notre souper d'hier chez Susie's était vraiment excellent... On a d'abord stationné le dinghy au Dinghy dock Restaurant, passés par le bar pour saluer quelques connaissances et nous avons marché au hasard des rues, sous la nuit noire, pour se retrouver devant le restaurant chez Susie, une petite bicoque bien ordinaire mais toute illuminée et remplie à craquer, autant sur la terrasse qui donne sur la mangrove qu'à l'intérieur. C'était déjà bon signe ! Le menu n'était pas très élaboré mais l'ambiance était agréable, avec ses banquettes et coussins, sa décoration bord de mer et le personnel affable qui embrassait tous les clients habituels en guise de bienvenue... Daniel a hésité entre un thon et un steak et moi, entre une dorade et une escaloppe de poulet à la crème persillée... Les assiettes nous sont arrivées joliment garnies avec de croquantes petites allumettes de pommes de terre frites montées en hauteur et des galettes de plantain, le tout joliment présenté et accompagné de petites sauces locales ! C'était délicieux et le prix raisonnable ! Puis, nous sommes rentrés au voilier et nous avons passé le reste de cette magnifique soirée à écouter de la musique espagnole sur le Ipod, dans le cockpit. La soirée était douce et chose rare, il n'y avait pas de vent...

Ce matin, gros soleil et vent du sud. Nous sommes partis en dinghy pour aller explorer la mangrove et découvrir d'autres plages tout proche. Il y en a une petite, juste l'autre coté du canal, où des locaux se baignaient mais on est loin de la magnifique playa del Flamenco... Quand même, c'est à deux pas du voilier et nous y reviendrons sûrement... Plus loin, à tribord, d'autres petites plages se présentent et nous avons plongé sur ce que l'on croyait être des coraux mais ce n'était qu'un fond d'herbes sans intérêt. J'y ai quand même aperçu une superbe étoile de mer et quelques poissons, sans plus... Décidément, les plus beaux coraux ne sont pas dans le coin et nous sommes revenus affamés...

Tantôt, nous redescendrons à terre pour marcher un peu, question de garder les pieds sur terre et ensuite, faire une petite épicerie... Ce soir, au menu, des linguines aux tomates cerise et olives kalamata, le tout avec beaucoup de fromage parmesan frais...

Demain, nous partons vers Charlotte-Amalie, à St-Thomas, pour explorer les marinas du coin afin d'en trouver une belle pour recevoir nos prochains invités qui arriveront le 29 janvier... En attendant, il nous reste encore toute une belle après-midi pour savourer Culebra et visiter ses petites boutiques...

Silvie

Lundi le 16 janvier 2011,

Gros soleil sur Culebra avec un fort vent de l'est de 16 à 20 noeuds qui siffle sur la baie... Le moteur du dinghy est enlevé et bien accroché sur son support à la poupe du voilier. Les hublots sont tous fermés. Et rien ne risque de tomber. Nous sommes prêts pour le départ. Le voilier bleu, qui hier soir était devant nous, chasse et se trouve maintenant à coté de nous. Nous mettons une défense à babord, au cas où le vent tournerait car ils sont anormalement proche de nous... Hier, c'était le gros party dans ce beau voilier affichant pavillon Britannique. Des jeunes hommes ont ri et chanté une bonne partie de la nuit. Ce matin, leur dinghy n'est pas là... Ils sont sûrement à terre et quelle surprise ils auront au retour, en espérant que leur ancre accroche avant de se ramasser au fond de la baie...

IL est 9h et nous mettons le cap vers St-Thomas, à une trentaine de milles, le vent dans le nez... Une autre traversée qui risque d'être houleuse...

14h. Nous venons d'arriver dans la baie de Charlotte-Amalie, à St-Thomas. Après le calme de Culebra, on sent qu'on arrive en ville. L'ile est très peuplée et plus le voilier avance, et plus ça grouille d'activités autour. Nous approchons du centre-ville et jetons l'ancre non loin du bureau des douanes.
Devant moi, j'aperçois une série de kiosques extérieurs remplis de vêtements colorés. Dans la rue qui longe le port, des centaines de boutiques, cafés et restaurants... La rue est pleine de voitures et le bruit de la ville se fait entendre jusque dans la baie remplie de voiliers...

La traversée a été longue et éprouvante. Une mer hachée, des vagues de deux mètres et des embrunts continuels. Après avoir essuyé mes lunettes vingt fois, je les ai finalement enlevée car j'aurais eu besoin d'essuies-glace. Encore une fois, il y a du sel partout, sur ma face, dans mes cheveux, dans mes yeux et sur mes lèvres... Encore une fois, un autre beau ménage à faire dans le voilier mais cela attendra...

Daniel a mis le moteur sur le dinghy et nous nous dirigeons vers le quai, en plein centre-ville. Selon les cartes nautiques, les douanes devaient être juste
là, à deux pas, mais elles sont à l'autre bout de la baie et c'est avec plaisir que nous longeons l'allée piétonnière d'un pas alerte tout en découvrant la ville qui regorge de trésors pour touristes... Au bout d'une longue marche, on arrive aux douanes qui nous disent que, grâce à notre Crusing Permit, nous n'avions pas à faire notre entrée, puisque nous arrivons de Culebra et que c'est US... On repart donc aussitôt et pendant que Daniel se dirige vers un magasin de pièces de voilier où il a commandé un impaler, je rentre dans toutes les boutiques qui m'inspirent, examinant en vitesse la marchandise offerte. Je saute les bijouteries qui sont hyper nombreuses au point où je me demande si ce n'est pas l'endroit idéal pour acheter de l'or ou des pierres mais cela ne m'intéresse guère... Je cherche des robes légères et confortables et il y en a des tonnes... Je me contente de regarder jusqu'à ce qu'il y en ait une me tape dans l'oeil... Et voilà, 15 $ pour une magnifique robe indienne bleu pale, brodée finement autour de l'encollure, coute et légère, ample et confortable... J'arrive près du dinghy, là où sont les kiosques ouverts et je fais le tour. Mon dieu que les femmes qui tiennent les kiosques sont vendeuses à pression. Dès que tu approches, elles courent vers toi et te montrent leur marchandise, t'assurent que tu auras l'air d'une princesse dans cette robe... Je me suis fait appeler princesse au moins dix fois en une heure...

Daniel revient et met fin à mon magasinage. Sa boutique n'était pas là où il pensait. Elle est beaucoup plus loin et nous devrons déplacer le voilier demain pour nous y rendre... En attendant, on remonte au voilier. Je suis crevée... Le bateau roule très fortement. Ce mouillage est ouvert sur la baie et n'est pas très bien protégé mais il est trop tard pour changer d'endroit. Cela attendra à demain. En attendant, une bonne bière fraiche dans le cockpit ne se fera pas attendre... La nuit tombe déjà sur St-Thomas qui s'illumine. C'est superbe !

Silvie

Mardi le 18 janvier 2011,

La nuit a été longue et pénible. Le bateau roulait fortement, de gauche à droite, sans relâche et au loin, la ville nocturne se faisait bruyante. Sirènes de police, grosse musique sortant des voitures, bruits de voitures, autobus, avions, flacottement des drisses, clapot sous la coque et sifflement du vent...
J'ai mis des heures à m'endormir et pendant ce temps, je me demandais ce qui avait pu m'enflammer autant à la vue des nombreuses boutiques de la ville... Décidément, il me faudra encore bien des années avant de trouver la sagesse qui rend moins attirante les biens de consommation... Pourtant, je suis une adepte de la simplicité volontaire et j'ai tout ce qu'il me faut...ou presque. Mais comment résister à une belle robe légère et confortable qui ne coûte presque rien, à un beau sac à dos surtout s'il est à l'épeuve de l'eau, à de beaux objets d'art qui ici se donnent... Je suis encore toute imprégnée de ma culture américaine et de ce besoin incessant de consommer...

Ce matin, gros soleil et grands vents sur Charlotte-Amalie qui grouille encore d'activités. On dirait bien que les Alizés ont commencés à se former, ces grands vents réguliers de 15 à 20 noeuds qui arrivent d'Afrique et descendent vers les Caraîbes, amenant avec eux plein de voiliers Français...

Après déjeuner, Daniel partira chercher une pièce qu'il a commandée de Culebra et dont la boutique se trouve à 3 milles de distance en ligne droite. Il prendra un taxi pendant que je ferai encore les boutiques... J'aurais préféré qu'il prenne son vélo, cela m'aurait donné plus de temps, mais bon ! Cette fois, le magasinage ne sera pas pour moi mais pour mes amies, mes parents... Je cherche de petits souvenirs qu'on ne trouveraient pas à Montréal, idéalement des produits locaux et j'ai quelques idées... J'ai développé une technique de magasinage particulière. En fait, je fais le tour des boutique et je scanne les produits. Si quelque chose me plait, en général je résiste, à moins vraiment d'une occasion unique ou d'un besoin pressant. Mais le soir, la nuit ou le lendemain, si un objet me revient en mémoire, qu'il se détache du lot et vient m'obséder, et bien, si l'occasion se présente encore, j'y retourne et me le procure... Il faut bien que jeunesse se passe et je me pardonne cet excès de dépenses en me disant que je contribue à faire marcher l'économie... Et que la sagesse viendra un jour avec l'âge... En attendant, je suis jeune encore et j'en profite !

Au retour, nous partirons vers Red Hook car, une fois de plus, une autre pièce commandée par Daniel s'y trouve... Et puis, il semblerait que c'est un superbe endroit, plus tranquille que le centre-ville. Moi, tant qu'il y a une plage toute proche, cela fait mon bonheur. À défaut de plage, vive les boutiques, les restos et les cafés...

14h. Enfin on quitte la ville, je n'en peux plus des boutiques et des vendeurs qui te harcèlent, des taxis qui arrêtent pour t'offrir un lift, du flot de passants, de cet excès de marchandises qui tout à coup me donne envie de vomir... Je n'en peux plus non plus des restos sans goût aux prix exorbitants... La foule m'étouffe, la chaleur m'accable... Mais qu'est ce que fais ici... Partons, quittons cet endroit vil et bruyant... Retrouvons le calme, le vide, l'espace et le vent... Vite !

Voilà, nous levons l'ancre. Daniel a trouvé ses deux pièces et passera le reste de la journée à effectuer ses réparations quand nous aurons trouvé un mouillage plus calme. On se dirige vers l'entrée de Charlotte-Amalie, presque sur la mer, dans une petite baie toute simple avec une magnifique petite plage garnie de palmiers qui ploient sous le vent. Au bout de la pointe, un bel édifice, sûrement un petit hôtel, tout mignon, qui domine la falaise. Autour, quelques voiliers et sur la plage, des gens se baignent. Nous avons jeté l'ancre dans 15 pieds d'une eau limpide. Je pouvais voir l'ancre au fond de l'eau, sur un fond de roches. On l'a testée, elle est bien accrochée. On restera ici quelques jours et par bonheur, on arrive à avoir internet... Pas rapide mais juste assez pour prendre nos courriels... Tout à coup, je n'ai plus besoin de rien d'autre...

Il me tarde de plonger à l'eau... Bonne fin de journée !

Silvie

Mercredi le 19 janvier 2011,

Nous sommes ancrés à Water bay, à quelques milles en aval du centre-ville mais assez loin pour retrouver la paix et le silence... Notre nuit a été très
confortable et ce matin, encore un gros soleil qui brille dans un ciel bleu, donnant de l'éclat à la plage toute proche... Au loin, en amont, des bateaux
gros comme des iles sont amarrés. Et à tribord, la mer, ouverte, infinie et calme aujourd'hui... Où sont passés les Alizés ? Peut-être sont ils en train de
se former mais ils ne sont certe pas encore installés... Ce matin, nous irons visiter la marina Crown Bay, la plus proche de l'aéroport, afin de voir si elle
conviendrait comme lieu d'accueil de nos prochains invités. Daniel est passé devant hier et il semble favorable. C'est une petite marina mais elle offre
tous les services. De plus, elle est proche du centre-ville, au cas où nos invités auraient envie, en soirée, de prendre une longue marche sur la promenade longeant la mer et dénicher quelques trésors avant de prendre le large...

Daniel vient de plonger à l'eau pour aller examiner la coque et l'ancre. Il revient plus tard en disant que l'eau est très chaude mais que l'ancre est mal
placée, à peine accrochée par la pointe sur un tas de roches. Et la coque commence à être partiellement remplie de petits coquillages... Encore du boulot à l'horizon ! Gratter la coque n'est pas une mince affaire et demande beaucoup de patience mais avec son kit de plongée, cela sera un charme. En attendant, Daniel décolle le moteur et nous changeons d'ancrage. Juste à coté, un fond en sable devrait faire l'affaire. À trois reprises nous avons jeté l'ancre mais à trois reprises il fallut la remonter. Le sable est trop fin et l'ancre ne tient pas... Après le troisième essaie, nous avons déroulé 200 pieds de chaine mais l'ancre demeure fragile. Nous fermons le moteur et surveillons notre position. Il est évident que nous ne partirons pas en dinghy tant que l'ancre ne sera pas solidement accrochée mais il se peut aussi qu'elle finisse par planter solidement... Il faut attendre un peu...

Pendant ce temps, je prépare une salade de pomme de terre Waldroff, avec noix et oeufs durs. Nous dinons dehors en regardant les gens plonger de leur

voilier dans l'eau transparente et émeraude. Nous avons reçu beaucoup de courriels ce matin dont un, entre autre, envoyé à Daniel et qui se lit comme suit : J'ai 41 ans, je ne connais rien à la voile et je n'ai aucune expérience mais je veux devenir Skipper. Par quoi dois-je commencer...
Et c'est signé Daniel P....

Mon capitaine prend le temps de lui répondre :

Bonjour Daniel,
Pour devenir skipper il faut d'abord prendre le plus d'expériences pratiques possible. Je commencerais par un séjour d'au moins une semaine sur un voilier pour d'abord voir si tu as le mal de mer et si vraiment tu aimes ce genre de vie. Si ça se passe bien et que tu as envie de continuer, tu peux peut-être te lancer dans une petite traversée comme équipier, et si tu as toujours envie de continuer, tu sauras déjà en grande partie le bagage technique que tu devras aller chercher. Parmi ce bagage technique, il y aurait certainement un cours de matelotage voile, un cours de navigation côtière 1 et le 2 si tu veux en connaître davantage. Il y aurait aussi un cours de mécanique diésel, un cours de radio-amateur pour aller chercher une licence, etc... Comme tu vois tu as de quoi t'occuper pendant un bout de temps, c'est pour cette raison que je te conseille de commencer par un peu de pratique sur le terrain, je devrais dire sur la mer. Si tu as envie de te lancer, nous prendrons peut-être un équipier ou deux pour le retour vers la côte américaine au début Mai. En espérant que ça réponde à tes questions.
Daniel Nadeau

Il est 13h. Nous décidons de changer de baie afin de s'assurer un meilleur mouillage. Nous nous avancerons donc vers la baie précédente, qui n'offre pas de plage mais qui nous rapprochera de la marina où nous devons descendre en dinghy.

Nous sommes descendus à la marina Crown et nous avons fait le tour avant de trouver la capitainerie qui était au deuxième étage d'un des édifices, parmi un salon de coiffure, un bar, une boutique AT&T et un magasin de pièces de bateau... L'endroit est propre mais petit. Nous montons donc au 2e étage pour nous informer des prix. Wha ! Les tarifs sont élevés, 1.95 $ le pied et en plus, nous devons payer l'eau, l'électricité et internet... On est loin des tarifs de Puerto Rico, ni des BVI... Il me semble qu'on peut trouver mieux ailleurs... De plus, nous avons visité la buanderie et le prix pour un lavage
est à 5.75 $. Je trouve cela exagéré ! On repart en disant à la dame que nous confirmerons par internet s'il y a lieu et on arrête faire le plein d'essence pour le moteur du dinghy qui, avec sa nouvelle hélice, fonctionne à merveille à haut régime... Déçus, nous retournons au voilier.

Demain, nous irons à Yacth Haven Grande Marina, une toute nouvelle marina dans la partie ouest de la baie, à coté du centre-ville. En attendant, je prépare des poitrines de poulet marinées dans le yogourt et le cari pour mon capitaine. Moi, je me sens grippée et je n'ai pas faim.

Et puis, nous envoyons un courriel à Michel et Brigitte qui doivent venir chercher leur fils qui arrivera demain à St-Thomas. Dix minutes plus tard, nous
avons une réponse, ils sont tout près, au premier mouillage que nous avons trouvé en arrivant à Chalotte-Amalie, celui qui roulait énormément... Demain, ils viendront dans la baie Linberg, juste derrière nous et sûrement que nous aurons le plaisir de les revoir... Dans son message, Brigitte me disait que les langoustes étaient délicieuses aux BVI ! J'imagine qu'ils ont trouvé l'endroit où elles se cachent et j'ai bien hâte d'en savoir plus !

La lune est pleine ce soir... C'est une très belle soirée, très douce, dans un mouillage confortable ! Pauvre Brigitte et Michel, ils vont se faire brasser
cette nuit !

Silvie

Jeudi le 20 janvier 2011,

une autre belle journée sur Charlotte-Amalie, avec un ciel tout bleu et un beau vent caressant... On se lève tôt car il nous tarde d'aller visiter le Yatch Harbour Grande Marina mais en buvant notre café, nous avons la surprise d'entrendre Michel et Brigitte, de leur voilier Sea Kite, nous appeler sur le canal 16 du VHF ! Ils sont aussi à Charlotte-Amalie où ils sont venus cueillir leur fils qui arrivera par avion vers 16h aujourd'hui... Nous passons donc les voir avant d'aller à la marina et c'est avec plaisir que nous nous retrouvons, se racontant, en riant, nos dernières aventures... Michel a trouvé de la langouste aux BVI et une nouvelle manière de les attraper mais nous en garderons le secret ! Puis, en se promettant de se revoir en soirée, nous sommes partis vers la grosse marina toute en luxe avec son restaurant rond et flottant, ses immenses quais de ciments, ses barrières qui fonctionnent avec des cartes magnétiques et ses paquebots le long du quai principal... Il fait chaud, on étouffe. On arrive enfin à la capitainerie et Oh ! Surprise, ils demandent 2.50 $ le pied pour un emplacement, avec des frais supplémentaires pour l'eau, l'électricité et internet. De plus, nous devons payer 20 $ supplémentaire et obligatoire pour le gardien de sécurité de nuit et 5 $ pour déposer un sac de vidange... My God ! Sortons d'ici !

Il n'y a que trois marinas à Charlotte-Amalie et je pense qu'ils en profitent pour augmenter les prix, sous prétexte que nous sommes en haute saison. N'ayant pas d'autres choix, nous décidons de réserver la marina Crown, à 2.00 $ le pied... Nous la prendrons pour deux jours, le 28 et le 29. La veille de l'arrivée de nos invités, j'en profiterai pour faire l'épicerie, finaliser le ménage pendant que Daniel lavera le pont et le cockpit. Nous ferons le lavage et remplirons les réservoirs d'eau, ferons le plein d'essence et de gaz pour la cuisinière... Tout sera prêt pour l'arrivée de nos invités qu'ils nous tardent
de recevoir !

Mais entre temps, demain, nous partirons vers St-John pour découvrir un peu cet endroit qui est une réserve naturelle protégée offrant des sentiers pédestres en montagne et des sites exceptionnels de plongée. Il paraît que c'est de toute beauté ! Et puis, notre ami Paul, sur son Swan 53, nous y attendra, quelque part dans le coin, et nous avons bien hâte de le revoir...

Sea Kite vient de passer à coté de nous. Il se dirige vers la baie de Lindberg qui se trouve à 5 minutes à pied de l'aéroport. Michel aura débarqué Brigitte en dinghy au quai du Resort et elle attendra son fils à l'aéroport pour le ramener à pied au quai où Michel les reprendra. Pendant que j'écris ce texte, Michel est passé en vitesse nous dire qu'il ne reviendra pas s'ancrer à coté de nous car c'est trop beau à LInberg, avec un Resort juste à coté, une belle plage et un quai d'embarquement... De toute façon, à notre grand regret, ils repartiront demain matin vers les BVI... Nous espérons donc les revoir avant leur départ en Guadeloupe ou des amis les attendrons fin février... Quant à leur fils, ils repartira en ferry de West End pour reprendre l'avion à St-Thomas, un petit trajet d'une heure pour 15 $.

Le soir tombe. Nous décidons de rester ici pour laisser Michel et Brigitte en famille. Demain, une belle traversée en vue... Et c'est l'heure du souper, je prépare un paté chinois...

Oup ! Brigitte vient de nous rappeler sur le 16. C'est trop houleux là-bas, ils reviennent s'ancrer à coté de nous... Nous les invitons pour un drink sur notre voilier ! Une belle soirée en perspective !

bonne nuit !

Silvie
 
Vendredi le 21 janvier 2011,

Le temps file à la vitesse de l'éclair... Déjà presque la fin de janvier ! Ce matin, Sea Kite et ses passagers sont partis tôt pour se rendre aux BVI avec leur jeune fils et sa blonde qui, semble t'il, a le mal de mer depuis son arrivée... La pauvre ! Et ce n'est que le début... Espérons qu'elle saura s'amariner avec le temps sinon les vacances seront longues.... Nous les avons salué de notre voilier et nous les regardons partir jusqu'à ce qu'ils disparaîssent à l'horizon... Quel couple adorable que Michel et Brigitte ! Des gens de qualité que nous apprécions de plus en plus à chaque rencontre...

Il est 8h. Le soleil brille encore dans Water bay où nous sommes ancrés. Après un délicieux expresso, nous nous dirigerons vers la Marina Crown pour remplir nos réservoirs d'eau qui sont presque vides. Hier soir, Daniel y est retourné, en dinghy, pour aller acheter de la glace en prévision de la visite de Michel et Brigitte que nous attendions et il s'est arrêté à l'épicerie de la marina... Méchante surprise en voyant dans ce que nous avions pris pour un petit dépanneur être en fait une grosse épicerie fine offrant un étalage complet de fruits et légumes, viandes fraîches, charcuteries et fromages fins, vins et spirutueux, pains frais, paté de foie gras aux poivres noir et vert, etc. Wha ! Et il y a même des queues de langoustes congelées sur le beau dépliant que m'a rapporté Daniel... J'ai bien hâte d'y jeter un oeil...

Daniel met les amarres à babord et les défenses. Nous partons vers Crown Marina que nous rejoignons dix minutes plus tard, nous accostant au bout du quai à gaz. Un employé prend nos amarres et nous attache au quai. Pendant que Daniel rempli les réservoirs, je file vers l'épicerie fine et je flotte devant le magnifique étalage de fruits et légumes frais, varié et complet. Je passe dans toutes les rangées en scannant les produits de luxe, les petits pots, les épices, les sauces... J'arrête devant les fromages et je saute sur un brie français et sur un paté de foie gras aux poivres vert... Hum ! Et voilà du Humus aux piments et de beaux pitas frais, je ne peux résister ! Ah la belle rangée de plats de service tout blanc... J'y reviendrai... Je suis à la course car le quai à gaz est très en demande. J'admire le comptoir à charcuterie, je n'ai pas le temps pour quelques tranches minces de jambon blanc, hélas ! Je ramasse une baguette... Hum ! Elle est chaude ! Je survole le frigo des congelés, j'y vois des crevettes mais pas de langoustes... Bof ! J'ai du mal regarder car c'était sur le dépliant... Je dois filer... 34 $ ! Et bien, c'est aussi la saison forte ici... Mais quand même ! C'est la première fois que je goûte un brie et du paté de foie depuis si longtemps... Peu importe le prix !

J'arrive à point. Daniel m'attendait. On décroche les amarres et on file pendant que je range les défenses et roule les amarres que je place dans le grand coffre avant. Nous voilà en haute mer. Une belle grande houle nous fait tanguer doucement. Le soleil est cru et je barre pendant que Daniel surveille les cartes. On se dirige vers une petite baie, à 6 milles, où Daniel a commandé d'autres pièces... Au bout de quelques heures, on pénètre dans le chenail qui nous mène à The Lagoon, un trou à ouragan bien protégé mais avec peu d'eau... L'alarme retentit, nous n'avons que 2 pieds d'eau sous la quille et le chenail est de plus en plus étroit. On arrive à la marina mais nous jetons l'ancre en bordure, le temps que Daniel saute dans son dinghy et se rende à la boutique, à 100 pas derrière la marina... Pendant ce temps, je me coupe une grosse tranche de baguette fraîche, un gros morceau de paté de foie et deux pointes de brie que je déguste nerveusement car il me semble que l'on chasse lentement mais sûrement... Dix minutes plus tard, Daniel revient, le moteur au fond. Ouf ! J'ai eu chaud ! On lève l'ancre et on retourne par le même chemin... Nous laissons dans notre sillage une trace de boue... Il n'y a vraiment pas beaucoup d'eau ici...

Enfin, de retour sur la mer, en direction de Chrismas Bay. De loin, une plage blanche comme j'aime tant et devant, de l'eau turquoise... Après deux essais d'ancrage, on décide de prendre un mooring. Aussitôt attaché, on dirait que Voilo flotte dans une grosse piscine tant l'eau est turquoise et invitante. Je n'en peux plus, j'enfile mon maillot et pendant que Daniel dine, je saute à l'eau avec mes palmes et mon masque. Mais hélas, une grosse raie m'aperçoit et se dirige vers moi... Oh, non... Il n'en fallut pas plus pour que je remonte aussitôt dans le voilier, sous les rires de Daniel qui termine son repas et se prépare pour aller nettoyer sa coque qui est remplie de petits molusques... Il reste un morceau de pain dans son assiette que je jette à l'eau et aussitôt, un immense Taïpon de six pieds sort de sous la coque... Mon Dieu ! C'est un monstre ! Daniel rit, il dit que ce n'est rien, qu'il n'est pas dangeureux... Il saute dans son dinghy et démarre son engin de plongée. Puis, il saute à l'eau pendant que je retourne dans ma chambre pour relever mes courriels... C'est surprenant mais nous avons encore une connection, même sur cette ile qui semble vide... J'ai plein de courriels mais celui d'une ancienne collègue de travail me donne un choc. Paule m'apprend que son père est décédé... Et que mon ancien patron que j'adore a un cancer du poumon. Je capote ! Perdre son père, c'est terrible... Je sympatise avec elle et j'imagine sa peine... Mais pour mon patron qui n'a jamais fumé et qui ne cessait de m'encourager à arrêter, je n'ai plus de mot... C'est si triste ! Je suis sur un choc !
Daniel remonte. Pendant qu'il grattait la coque avec un outil métallique genre scraper, un gros barracuda est arrivé devant lui et s'est placé à dix pouces de sa tête. Daniel a tenté de le repousser, en bougeant mais rien à faire. Il a grogné, gesticulé, avancé vers lui d'un air menaçant mais le barracuda ouvrait la bouche, d'un air méchant et ne bronchait pas... Daniel est remonté pour chercher sa lance qui a une pointe acérée, au cas où il aurait à se défendre... Je te trouve très courageux de retourner sous l'eau mais j'ai grande envie d'y aller pour prendre une photo, en vitesse !

Non, à bien y penser, je vais commencer à préparer le souper...

Silvie
 

Samedi le 22 janvier 2011,

Le ciel est rempli de nuages gris et triste et c'est sous un soleil plutôt timide que je savoure, en ce samedi matin, mon expresso mousseux aromatisé de
graines de muscade, confortablement assise dans le cockpit pendant que Daniel, à mes cotés, scrute attentivement le guide des Vierges Américaines, à la recherche d'une autre baie à découvrir afin de paufiner son itinéraire et permettre un arrêt quelque soit la direction du vent. Décidément, Daniel est un explorateur dans l'âme et il n'a de cesse de découvrir d'autres horizons, d'autres baies, d'autres sites de plongées... Non mais, si ce n'était de lui, je pense que je serais restée encore accrochée à la Playa des chevaux à Vièques car pour moi, rien n'est plus beau qu'une immense plage blanche avec, en arrière plan, des chevaux sauvages vivant en liberté dans une ile presque inhabitée où tout est à créer et à développer... Mais avec mon capitaine, toujours prêt à prendre le large, navigateur avant tout, avec ce besoin incessant de sentir le vent dans ses voiles, je ne peux que profiter, pendant de brefs instants, de toutes ces beautés qu'il me présente au fil de nos traversées et nombreux arrêts... Encore ce matin, il cherche la prochaine halte pendant que mes yeux plongent dans l'eau claire à la recherche d'un Taïpon, d'une raie géante ou encore, du baracuda d'hier, celui qui a nargué Daniel en lui tenant tête et qu'il aimerait bien revoir pour lui régler son compte...

Hier, en approche de Chrismas Bay, je croyais apercevoir une plage blanche mais vue de proche, la plage n'est qu'un tas de roches et de galets blancs. L'endroit n'est pas exceptionnel si ne n'est de l'eau turquoise et qui confond en dégradé selon les taches de sable qui garnissent le fond de l'eau... Hier,
j'ai vu des plongeurs passer une heure à tribord et j'aimerais bien jeter un oeil dans ces parages. La baie semble si poissonneuse et les poissons sont différents d'ailleurs. Ceux que j'ai vu hier, pendant que Daniel nettoyait sa coque, étaient bien ronds et avaient une double bosse sur la tête. Ils étaient jaune et bleu avec des grosses taches rondes et noire. Il y avait aussi des poissons aiguilles, longs et minces, d'un bleu électrique et vibrant, comme s'ils étaient phosphorescents... Et je n'ai rien vu encore des coraux qui se cachent dans la baie...Oups ! Voilà le soleil qui se montre... Comme c'est beau tout ces milliers de brillants dans le reflet de l'eau... C'est l'heure d'une petite plongée... À tantôt !

Il est presque 13h. Nous revenons d'une longue plongée et je suis gelée à l'os... Deux heures dans l'eau auront eu raison de moi, j'ai les doigts engourdis et la chair de poule. Vite, je saute dans la douche chaude mais avant, je branche les piles de ma caméra car j'ai très hâte de voir les photos prises par Daniel... Nous avons vu beaucoup de raies, dont deux immenses qui semblaient valser dans l'eau, avec leurs grandes ailes ondulantes et leurs longues queues pointues... Puis, autour d'un rocher, des coraux magnifiques, jaune vif et bleu, remplis de poissons en banc serré qui tournoyaient dans tous les sens... C'était magnifique !

Daniel prépare des hot dog et moi, une couverture polaire sur le dos, je suis au gros soleil sur le pont et je savoure cette chaleur bienfaisante... Il fait pourtant 27 degrés mais je frissonne...

14h. J'ai fais une petite sieste... Je me suis souvenue d'un fruit que j'ai acheté au marché de St-Thomas, un fruit vert bouteille qui ressemblait à une couille molle, recouverte de longues verrues pendantes, lui donnant un air peu ragoutant. Cependant, une locale les tataient, comme pour vérifier leur fermeté et je lui ai demandé : is it good ? À sa façon de me répondre, cela avait l'air exquis et j'en ai donc pris un que j'ai mis de coté dans mon plat à fruits sans y repenser. Tout à l'heure, comme il semblait bien mou et bien mûr, je décide de le couper en deux pour voir l'intérieur... Un mélange blanc crème, presque laiteux, formait le centre du fruit et à l'aide d'une cuillère, j'en raclai les contours, hésitant un peu avant de goûter à cette étrange substance mais Oh Surprise ! Un délice ! Un goût si raffiné qu'il est difficile à décrire... Comme un pudding au lait de coco avec un goût d'ananas et de vanille... C'était un pur délice ! Il faut que je retrouve ce fruit à tout prix...

Le soir tombe déjà. La baie se vide et nous, demain, nous partons à St-John... Une autre aventure en perspective. En attendant, c'est encore l'heure d'un punch aux fruits...

Silvie
 

Dimanche le 23 janvier 2011,

Je déteste la guerre même si je trouve bien valeureux les hommes et les femmes qui donnent leurs vies pour leurs patries et je suis peu portée par la lecture de récits racontant les batailles des grands empires pour s'approprier plus de terres et plus de richesses mais hier soir, je suis tombée sur un livre que Claude, l'ami de Daniel qui est venu l'assister lors du remâtage de Voilo, au début de notre périple, avait laissé dans l'armoire tribord de sa chambre. Ne sachant trop que faire de ma soirée, je passai en revue tous mes livres et je tombai sur cette page couverture illustrant une frégate naviguant sur une mer agitée et, par curiosité autant que par désabusement, j'entrepris la lecture de Victoire Oblige, de Alexandre Kent et à ma grande surprise, je plongeai dans les premières pages de ce récit historique racontant les batailles navales dont l'action se passe dans les Caraîbes avec un enthousiame débridée qui m'a tenu éveillée une bonne partie de la nuit et me fit lever aux aurores pour enfin terminer l'épilogue vers midi, complètement envoutée par l'histoire et totalement dégoutée par la dureté de la vie des marins d'autrefois qui, arrachés de force à leur pays, étaient enrolés au service du roi dans ce qui, pour la plupart, serait un aller sans retour et un travail de forçat sans répit...

C'est à peine imaginable qu'il y a de cela 300 ans à peine, Les Français, Les Anglais et les Espagnols se disputaient, sur de grands voiliers de bois, à coups de canons, d'épées et de statèges, le territoire où je me trouve en ce moment, indifférente quant à l'appartenance des Iles, quelles soient Britanniques, Américaines ou Espagnoles...

Pendant que j'avais peine à m'arracher à ma lecture, Daniel a nettoyé son moteur diésel et changé les filtres à l'huile. Puis, il est parti plonger... Dehors, le soleil brille et il fait très beau. La baie est remplie de voiliers affichant pavillons Britanniques, Canadiens, Américains et autres... Des marins, venus de partout pour profiter de la mer, des plages, des fonds marins et du soleil des Caraîbes... Des nationalités qui se côtoient, sans ressentiment, ni amertume, ni haine... Des gens en vacances, des familles, des amis qui jouent dans l'eau, rient, profite de la vie... On est loin de la guerre mais je suis encore toute imprégnée de ma lecture et songeuse... Quelle histoire ! Et combien la paix me semble douce en cette belle journée !

Je remercie Dieu de n'avoir pas connu les affres de la guerre, d'avoir été préservée de ces visions de haine, des corps délabrés, mutilés, souffrants... Je n'ai jamais entendu les cris, les hurlements, le bruit des fusils... Je n'ai jamais vu le sang couler, senti l'odeur de la peur et de la poudre et je n'ai pas connu le dégoût, la honte, le désir de vengence... Je me sens privilégiée...

Je hais la guerre mais elle semble inévitable car les hommes aiment posséder et mesurent leur puissance à l'étendue de leur possession... Les richesses sont mal partagées et nous sommes presque indifférents aux malheurs et à la souffrance des gens lorsque l'action se situe au delà de notre petite vie, de nos petites frontières... La misère est rendue banale comme des images télévisuelles qui défilent sans cesse et tombent aussitôt dans l'oubli... Pendant que je vogue sur les flots turquoises, des gens meurent de faim et de soif... Il y a encore des guerre, des gens qui meurrent inutilement... La vie est injuste et je n'ai rien fait pour mériter une si belle vie, si riche, si pleine... Aurai-je un jour à payer pour cela dans une autre vie ? Et que puis-je faire pour aider la paix dans le monde ?

Je retourne regarder le soleil... Je veux oublier, ne plus penser, simplement être bien, assise dans le cockpit à regarder la beauté du décor et chercher du regard le tuba de mon Capitaine qui n'est pas encore revenu...

Je saute à l'eau pour me changer les idées...

Silvie

Lundi le 24 janvier 2011,

28 degrés au thermomètre et gros soleil sur Chrismas Bay où l'on est resté accrochés, comme une boule de Noël sur son sapin, pendant 3 jours, hésitant à quitter cette eau si turquoise et si claire... Mais ce matin, nous avons la bougeotte et c'est en vitesse que je fais le ménage pendant que Daniel range l'antenne internet et démarre le moteur... J'avance à la proue pour défaire l'amarre qui nous relie au mooring et nous mettons le cap vers Red Hook, petite baie derrière un repli de St-Thomas où finalement, après avoir fait le tour du propriétaire et n'avoir trouvé aucun intérêt à cette halte commerciale où l'eau est triste et sombre et les quais débordant de ferry et de voitures qui attendent l'embarquement... Non, notre trip de magasinage est terminé et nous n'avons aucune envie de perdre notre temps ici où l'air ne circule pas...

On file donc vers St-John, une ile sous le vent, pour entreprendre la visite des innombrables baies qui se cachent dans ses excroissances... De gros bateaux remplis de touristes sont amarrés devant le Resort de Cruise Bay et la plage est magnifique mais nous choisissons de continuer et de trouver un mouillage plus tranquille et mieux protégé. Nous contournons la pointe Hakwness et une autre baie s'offre, invitante, avec ses trois plages blanches entourées d'eau turquoise où partout, des gens se baignent allègrement... Il n'y a que quelques voiliers dans la baie... C'est parfait !

On accroche donc un mooring et enfin, le silence revient... Rien ne bouge, même le vent ne nous atteint plus, bloqué par une montagne devant nous..
.

La chaleur se fait écrasante et c'est sans attendre que nous enfilons nos maillots et plongeons dans cette eau magnifique, aussi turquoise et claire qu'à Chrismass Bay... C'est merveilleux et je pense que nous resterons ici jusqu'à demain !

Sous un ciel parfaitement bleu, se balancent mollement les larges feuilles vertes de trois grands palmiers qui jettent de l'ombre sur mon paréo. Je suis étendue, confortablement moulée dans le sable chaud et j'écoute le clapot régulier des vagues qui déferlent sur la plage.

Je ferme les yeux et la terre semble bouger de gauche à droite. J'essaie de me concentrer pour faire cesser la sensation de mouvement mais je dois ouvrir les yeux pour mettre fin au roulement. Une poule rousse à la queue noire picore le coeur de pomme que j'avais jeté au loin. Mais que fait-elle là, sur cette plage du bout du monde ? Je referme les yeux...

Mes ami(e)s me manquent. Ils sont en plein coeur de l'hiver, dans le froid et la neige et le soleil doit leur manquer affreusement, alors que moi je cherche l'ombre et le vent pour me rafraîchir... Je pense à chacun et chacune d'elle et j'essaie de leur envoyer un rayon de soleil... Me reçoivent-elles ? Sentent-elles le souffle chaud que je leur envoie à grands coups d'expirations...

Daniel est venu me reconduire en dinghy. J'ai choisi, entre trois plages, celle où il n'y avait personne. Elle est superbe, courbée, blanche et douce avec en arrière plan une végétation dense qui se penche vers la mer. J'ai tout à coup envie de faire une sculpture de sable mais je regarde l'heure... Le temps a passé si vite... Au loin, j'aperçois déjà Daniel qui monte dans son dinghy pour venir me chercher... Le soir tombe...

J'entre dans l'eau jusqu'à la taille et je saute dans le dinghy...

Je retrouve le voilier qui tangue doucement. Ce soir, on fait cuire des steaks sur le grill mais avant, un petit rhum glacé pour célébrer cette magnifique journée dans la baie de Hawksnesst !

Quel endroit merveilleux ! Il faut que j'y amène mes invités... Les coraux sont magnifiques et les plages superbes... Que demander de plus...

Silvie

Mardi le 25 janvier 2011,

une baie de rêve mais un mouillage très rouleur et mal protégé des vagues... Cette nuit, nous avons été réveillé en sursaut par le bruit de la vaisselle qui s'entrechoquait et de quelques objets qui tombaient... Le bateau roulait fortement de gauche à droite, au point où c'en était drôle mais sans attendre, Daniel et moi avons décidé de changer de mooring et de se rapprocher de la côte, là où nous serions mieux protégé de la houle qui semblait amener avec elle des vagues de tempête venues d'ailleurs...

Daniel décolle le moteur, je marche à la proue pour défaire l'amarre qui nous relie au mooring et nous scrutons la nuit pour trouver un autre mooring à l'aide d'un gros spot. En voilà un que nous avions repéré la veille mais qui est bleu, signifiant qu'il appartient aux grosses compagnies de Mooring, et hop, à l'aide de la gaffe, j'attrape le bout flottant et l'enfile dans l'amarre, en en faisant qu'un seul tour dans l'anneau. Daniel arrive aussitôt, attrape l'amarre et fait un tour mort et quelques noeuds de taquet sur le taquet.

Déjà, c'est mieux. Ça brasse encore mais ce n'est rien à coté de tout à l'heure. On retourne se coucher. Aussitôt, nous entendons le bruit du mooring qui frappe sur la coque, juste à coté de nous. Le bruit régulier est énervant et Daniel se relève et retourne sur le pont. Il racourcira le long cordage de la bouée en l'attachant sur un taquet... Enfin, le calme est revenu et nous plogeons dans les bras de Morphée...

Moi qui d'ordinaire suis levée à 7h, ce sont les gros rayons de soleil entrant par le hublot qui me sortent de mon sommeil. Il est déjà 9h et une autre belle journée chaude est commencée. Daniel est en train de changer le filtre à l'huile de la génératrice qui s'est éteinte d'elle-même hier soir. Nous avons probablement reçu de la mauvaise essence et cela occasionne pour Daniel plusieurs changements de filtres et nettoyage à fond des réservoirs... Heureusement, Daniel avait une entreprise d'équipements lourds et les moteurs diésel n'ont pas de secret pour lui...

Voilà, tout est réglé, le café expresso coule lentement et embaume le carré, dissipant l'odeur de fuel. Daniel me dit en riant que nous sommes maintenant les seuls voiliers dans la baie. Je comprends pourquoi !

Nous partirons vers Francis Bay ce matin où notre ami Paul et son Swan 53 nous rejoindra en fin de journée mais en attendant, nous passerons par Cruse Bay car Daniel y est arrêté, il y a 25 ans de cela, sur son voilier O'Vent, et il se souvient d'un sentier aménagé sous l'eau, garni de fenêtres permettant au public l'observation des fonds marins. Il parait que tous les coraux sont identifiés et me dit-il, même les poissons se promènent avec des pancartes... Ça promet !

Nous voilà dans la Magnifique Francis Bay où des dizaines de voiliers se sont réfugiés pour fuir les effets de roulement de la houle du nord. J'attrape un mooring situé devant une plage grouillant de gens venus profiter de cette chaude journée pour se baigner dans les grosses vagues qui déferlent sur le sable blanc.

Daniel démarre le dinghy pour venir me porter à terre et, près du bord, profitant d'une grosse vague qui se retire, je me jette à l'eau jusqu'à la taille et Daniel recule en vitesse pour éviter d'échouer, comme tant d'autres, sur la grève...

Je marche pour prendre connaissance des lieux, ayant pour mission de trouver le bac à vidanges et j'arrive à l'entrée de la plage où je peux lire sur une pancarte que Sir Rockfeller a fait don de 50 000 acres de terrain sur l'Ile St-Jonh pour en faire un parc naturel protégé.  Il est donc défendu de pêcher, de détruire les coraux, de se promener nu ou avec un chien et de laisser des vidanges sur les lieux. Des voitures sont stationnées de part et d'autres de l'entrée de la plage, indiquant que cet endroit est privilégié des locaux et à en croire le nombre de voitures, cet endroit est très populaire.  Au loin, j'aperçois des toilettes publiques et des bacs à vidanges.  Je me demande s'il y a un resto mais je n'ai pas envie d'aller plus loin dans ce chemin de gravier. 

Je retourne sur la plage dont les trois quarts sont de sable blanc et l'autre partie en gravier noir. Je cherche donc un coin ombragé et c'est sous un enchevêtrement d'arbres que je dépose mon petit sac à dos et mes sandales.  Je me dirige vers la mer qui pousse de grosses vagues sur la berge et j'entre dans cette eau couleur d'émeraude, tentant d'éviter les grosses roches qui recouvrent le fond et se jettent sur mes chevilles, poussées par le ressac des vagues. J'entre jusqu'à la taille et plonge enfin dans l'eau chaude et douce où je fais quelques brasses sous un soleil cuisant.

Daniel est parti explorer les environs à la recherches de coraux.  IL devait me reprendre plus tard mais déjà, je l'aperçois qui revient entre les bouées... Je retourne chercher mes affaires et je vais à sa rencontre mais une vague scélérate me pousse sur le dos et je tombe à la renverse, mouillant mon sac à main entièrement.  Ce n'est que rendu au voilier que je vide le tout dans le cockpit pour m'apercevoir que l'imperméabilité de mon sac n'est que partielle.  Mon Ipod touch dégouline et mon porte-feuille est trempé.  Heureusement, j'ai un autre Ipod car sans musique, je trouverais cela bien triste...

Je met le tout à sécher au gros soleil et je descend préparer le diner.  Un reste de paté chinois pour Daniel et moi, j'ouvre une boite de ravioli sur lequel j'ajoute une tonne d'ail et des piments, espérant que ces ingrédients m'aideront à combattre les symptôme de la grippe qui m'assaille depuis quelques jours...

Nous surveillons l'arrivée des nouveaux voiliers car Paul doit venir et il nous tarde de le revoir...

Il est 14h.  Ayant bien diné, il est l'heure d'un drink...  Mais avant, Daniel veut que nous descendions les vidanges au dépôt car deux sacs encombrent son garage avant... Retour dans le dinghy et cap vers la plage.  À 30 mètres, on jette l'ancre et laissons le filage courir jusqu'à la plage où Daniel saute à l'eau et empoigne les deux sacs pendant que je tire sur la corde pour m'éloigner du rivage.  Cinq minutes plus tard, Daniel revient et plonge à l'eau pour revenir à la nage jusqu'au dinghy où il saute alertement.  On retourne au voilier et je prépare deux drinks corsés.  L'eau étant très belle autour du voilier, nous nous baignerons à l'arrière.  La journée s'étire lentement et l'on savoure cette pause bien méritée !

On a réussi à trouver un site internet mais la connection est pourrie et ne tiens pas.  Je ne sais pas si mon message se rendra...  Bonne soirée !

Silvie
 

Mercredi le 26 janvier,

La nuit a été très confortable et nous avons dormi comme des roches. Hier, on s'est fait une soirée cinéma avec deux films français bien intéressants : le fils de l'horloger et Tango, les deux avec Philippe Noiret comme personnage principal. Tango nous a fait bien rire tandis que le premier film offrait une belle réflexion au sujet des rapports père-fils. Justement, pendant qu'on est à Francis Bay, nous pensons fortement à Francis, le valeureux fils de Daniel, qui est resté à Montréal pour garder la maison et terminer ses études en finances... Il nous manque beaucoup, surtout en cette belle soirée !

Ce matin, le ciel est partiellement nuageux mais le vent qui a fait vibrer le mât cette nuit est presque tombé et la mer est plutôt calme. La longue houle du nord semble disparue et nous avons repris notre projet d'aller visiter Trunk Bay et ses poissons qui se promènent avec des pancartes dans des sentiers aménagés... Nous y passerons quelques heures puis Daniel veut aller visiter Cruiz Bay, un endroit où il est possible de faire les douanes (à St-John) et de profiter de toutes les facilités offertes (eau, essence, vidange et épicerie). Puis, nous reprendrons notre route à l'envers pour jeter l'ancre à Nazareth Bay, dernière étape avant notre retour à Crow Marina où nous nous préparerons en vue de recevoir nos invités vendredi le 29 janvier.


Mais avant de quitter le calme de Francis Bay, Daniel part en dinghy pour payer ses moorings au petit quai de payage. Les moorings, à St-John, coûtent 15 $ us par nuit et doivent être payés à terre ou sur les quais de payage. Ce sont de petits quais flottants, disséminés à quelques endroits, et sur lesquels nous prenons des petites enveloppes brunes laissées sur un présentoir et sur lesquelles nous indiquerons les numéros de moorings que nous avons utilisés, le nombre de jour, les dates ainsi que notre paiement. On ne rit pas avec ces choses-là, même si on se demande comment ils font pour effectuer les vérifications... Peu importe, on ne prend aucune chance car avec la technologie actuelle, qui sait si nous ne sommes pas filmés dans nos moindres mouvements par satellite... Avec Big Brother, tout est possible !

Il est dix heures et le soleil sort des nuages comme pour nous donner le signal. On se détache du mooring et nous filons vers Trunk Bay. La plage, au loin, est magnifique et bondée mais la houle que nous croyions disparue est encore bien présente et le bateau roule fortement. Descendre à terre sera très compliqué mais on tente quand même le coup. Nous approchons de la plage mais le ressac est si fort qu'il est impossible d'approcher plus près... Il faudrait attacher le dinghy sur un mooring et nager jusqu'à la plage et nous n'en avons pas envie. Nous repartons donc en prenant quelques photos et en nous disant que ce ne sera que partie remise.

On déroule le génois et on file à vive allure vers Cruse Bay mais en passant devant Caneel Bay, à quelques milles de notre destination, on aperçoit le Swan de Paul, Blue Pigeon Too, avec ses trois barres de flèches et nous décidons de rebrousser chemin pour prendre un mooring tout près de lui. On adore Paul qui est une ressource inépuisable de renseignements et un bon ami. D'un geste de la main, Paul nous salue et viendra nous rejoindre quelques instants plus tard pour nous inviter à passer l'après-midi à la plage. C'est sûr ! En attendant, il nous raconte ses péripéties de Red Hook ou il a accroché son hélice sur un cordage de mooring alors qu'il était au téléphone. Réparation oblige, il y aura passé la journée d'hier. Ensuite, tout en flamme, Paul nous parle d'un gros show samedi prochain à Cruse Bay, un orchestre de Reggae, Third World Band, qui présenteront un spectable à ne pas manquer. Paul les connait bien et nous jure de la qualité du spectable. Je ramasse les informatins car peut-être que nos jeunes invités auront envie d'une soirée musicale et dansante à St-Thomas, après une journée de plage, qui sait ?

On dine et l'on se prépare pour descendre sur la plage.

Silvie
 

Jeudi le 27 janvier 2011,

après quelques heures passées sur la plage de Caneel, en compagnie de Paul et de ses invités, nous avons regagné nos voiliers pour nous changer avant d'aller souper à Cruse Bay où nous nous sommes rendus en dinghy. Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir, derrière la pointe de l'île, une baie profonde et une charmante petite ville donnant sur une petite plage blanche toute illuminée par les lumières des terrasses et boutiques qui foissonnent autour. Partout, on entend la musique sortir des bars et les portes ouvertes des boutiques débordent de beaux bijoux et vêtements aux couleurs vives.

Nous avons marché dans la ville, grimpant de larges escaliers de pierre, traversant des ilots de boutiques pour déboucher sur d'autres ilots et puis, tomber sur des pavillons aménagés de bancs et de fontaines, puis se retrouver dans un autre ilots... La ville est comme un labyrinthe qui grouille de visiteurs venus de partout et il plane dans les rues un air de fête.

Nous sommes allés souper au Mango's Bar & Grill, un endroit suberbe, tout en paliers de pierres et finement décoré, avec des arbres en plein milieu de la terrasse et beaucoup de végétation entre les étages. Le service était excellent et la nouriture exquise.

Puis, dans la douceur de la nuit, nous avons marché encore, nous baignant dans cette foule festive jusqu'à ce que las, nous décidions de retourner au voilier dans notre dinghy, passant à coté du bateau de Éric Clapton, Blue Guitar, qui tangue doucement sous le ciel étoilé...

Paul retourne ce matin à West End pour faire son entrée aux BVI et nous, nous retournons à terre, à Cruse Bay, pour trouver du change afin de payer notre mooring. Puis, nous partirons en direction de Crown Marina...

Il ne reste que deux jours avant l'arrivée de nos invités qui doivent avoir très hâte de quitter la neige et le froid pour naviguer sur les eaux chaudes des Vierges... Et il me reste encore beaucoup de choses à faire avant qu'ils arrivent !

En attendant, le ciel est bleu et le soleil pétillant. Une autre belle journée sur St-John le magnifique !

Silvie
 

Vendredi 28 janvier 2011,

Gros soleil sur la baie mais un vent à écorner les boeufs... Avant de partir vers la marina, on termine le grand ménage du frigo et du congélateur, ces vastes espaces de 5 pieds de profondeur qui terminent souvent en fouillis... Les poubelles sont encore pleines. J'ai terminé le nettoyage des salles de bain de la chambre des maîtres et lavé les plachers.

Il est l'heure, on se dirige vers la Marina Crown Bay en commençant par remplir les réservoirs de diésel au quai à gaz. Pendant ce temps, je fais le grand tour de la marina pour aller visiter notre emplacement, le quai C-27 qui se trouve au fond, à droite complètement. Si nous nous stationnons le derrière à quai, il faut mettre les défenses à tribord... À babord, un gros voilier à moteur de trois étages. L'espace est réduit et avec ce vent, ce ne sera pas facile. Je retourne vers le quai à gaz pour donner l'information à Daniel. On démarre et je déplace les défenses à tribord. Je transporte le dinghy à l'avant car nous nous stationnerons de reculons... Les gens des voiliers avoisinants nous regardent avec stupéfaction. Un premier essai infructueux... On recommence mais le vent est trop fort et voilà que la batterie qui alimente l'hélice du bow truster est à plat. On doit modifier notre tactique. On recule et Daniel fait un grand tour pour se placer de face. Une fois de plus, je replace les défenses à babord et ramène le dinghy à l'arrière. On approche et le vent hurle. J'accroche une amarre sur les deux gros poteaux qui marquent l'extérieur de l'emplacement et je donne du mou pendant que Daniel tourne... Ensuite, je jette l'amarre au préposé qui fait un tour mort sur la bitte d'amarrage du fond. On avance, les voisins accourent et prennent les autres amarres... Ça y est ! On est enfin bien solidement attaché mais il faudra passer par le coté du voilier pour entrer et sortir.Daniel sort les gros fils électirques et se branche sur le courant. Je suis crevée et ces manoeuvres m'ont donné chaud, je coule...

Je descend en bas prendre une pause et je me branche sur internet pour relever mes messages. Anick, Marie-Joelle, Pierre-Yves et Jonathan ont très hâte à demain. Ils arriveront vers 17h et la semaine s'annonce très chaude. Hier, nous avons planifié un trajet et nous avons hâte de leur soumettre cet itinéraire. Naturellement, rien n'est pris dans le ciment et ce sera eux qui auront le dernier mot, choisissant entre la baignade, la plongée ou la voile...

Il est midi. Nous allons diner au resto de la marina avant de poursuivre notre ménage. Puis, nous irons ensuite au Puablo chercher des caisses d'eau, de jus, de liqueurs, de la bière et du vin. Nous y retournerons ensuite pour l'épicerie normale pendant que je ferai notre petit lavage personnel...

Grosse journée en perspective !

Silvie
 

Samedi le 29 janvier 2011,

commissions, commissions, ménage, commissions, ménage... Je viens de faire ma dernière épicerie à la Marina, pour compléter celles chez Pueblo, supermercado à bon prix mais n'ayant pas tous les ingrédients voulus. Par contre, l'autre épicerie fine de la marina offre vraiment tout ce qu'une fine bouche peut désirez mais à des prix exorbitants. Quoi qu'il ensoit, heureusement que nous avons deux gros sacs de transport à roulettes car nous ferions encore des voyages, les bras chargés et nous serions épuisés...

Tout est propre, dehors comme en dedans. Daniel vient de finir de recoller une fois de plus la bande de protection autour du dinghy qui décolle à tous les deux semaines... C'est toujours à refaire ! De même qu'un gros nettoyage sous le dinghy qui était encore rempli d'algues vertes... Le pont est d'une blancheur à faire mal aux yeux, ainsi que le cockpit tandis que toutes les cabines et le carré sont impeccables !

Il ne manque que nos invités qui arriveront à 16h30, soit dans 1h30. Daniel a encore un dernier voyage à faire au Puablo pour une dernière caisse d'eau en bouteilles et deux autres galons de rhum Brugal à 13.95 $, un spécial à ne pas manquer.

Quant à moi, je vais dresser la liste des menus afin de ne rien oublier et de gérer aux mieux les paniers de fruits qui débordent et le frigo qui est plein à craquer de beaux légumes frais, de lait, de fromages, de yogourt et de jus...

La chaleur est accablante et ne facilite pas le travail. L'air conditionné roule à plein gaz et n'arrive pas à rafraîchir l'intérieur du voilier... Vivement, que la soirée arrive afin que nous nous retrouvions tous au resto de la marina pour planifier ces deux prochaines semaines de vacances !

Silvie
 

Dimanche le 30 janvier 2011,

Hier soir, vers 17h, nous avions à peine terminé nos travaux et venions de nous assoir dans le cockpit quand nous avons vu s'avancer sur le quai 4 jeunes personnes aux teints pâles, de gros sacs de voyage sur le dos et tout en sourire... Pas de doute, c'était nos invités qui s'approchaient et nous les avons salué à grands mouvements de bras... Anick et Marie-Joelle précédaient Pierre-Yves et Jonathan. Comme elles sont belles et quels beaux couples ils forment.

Après les présentations, on fait la chaine pour transporter à bord les baggages et je commencai aussitôt à préparer de rafraîchissants Pina Colada glacé afin de leur souhaiter la bienvenue ! Petits parasols obligent et brochettes de mini-fruits pour agrémenter le tout...

Marie-Joelle et Jonathan prendront la chambre à babord et Anick et Pierre-Yves à tribord. Les baggages défaits et rangés, on lève un verre aux vacances et discutons allègrement. Le voyage a été long et ils sont fatigués mais si contents d'être enfin arrivés. Et il fait beau et chaud !On part au resto de la marina et dans un décor de pirate, on soupe léger à la terrasse du resto de la marina, tout en discutant de l'itinéraire...

Demain, tout le monde a très hâte de se baigner et de faire de la voile. C'est Pierre-Yves qui se lève en premier, suivi de Jonathan. Les filles préparent le déjeuner. Tout le monde a bien dormi et ils sont prêts pour l'aventure...

Daniel part payer la marina et on filera aussiôt, toutes voiles dehors, vers St-John où nous pensons jeter l'ancre dans Chrismas bay, là où l'eau est transparente, turquoise et où il y a de la belle plongée à faire... Si personne n'a le mal de mer, on décidera de la suite !

Ce matin, gros soleil sur Charlotte-Amalie avec un vent d'alizé de 15 à 20 noeuds du nord-est. Ça promet !
Après avoir quitté la Crown Bay marina, nous avons longé la promenade qui traverse la ville de Charlotte-Amalie, sous les yeux curieux de nos charmants invités mais alors que nous quittions la baie, le ciel s'est obscurcit... De gros nuages gris étaient bas au-dessus de notre mat et nous avons essuyé un grain en montant la grand-voile...

Tribord amure, sous 20 noeuds de vent et sous une pluie fraîche, cette première traversée a permis à nos invités de goûter les plaisirs de la voile. Malgré la gite, personne n'a eu le mal de mer. Les deux filles assises du coté au vent admiraient le paysage tandis que les deux gars étaient occupés à remonter les lignes à pêches qui nous ont donné deux Wahoo coup sur coup.

Le ciel a retrouvé sa belle couleur bleu dès que nous avons été en approche de Chrismass Bay et, en accrochant le dernier mooring libre, la chaleur est devenue une invitation à la baignade.

Tout le monde plonge à l'eau pendant que je prépare le diner qui fut vite avalé. Puis, les gars sont partis faire de la plongée avec Daniel pendant que les Filles prenaient du soleil sur le pont.

Il fut décidé de dormir ici car demain, les jeunes veulent descendre à Cruz Bay... Les gars veulent aller jouer au tennis et les filles faire un peu de magasinage...

C'est l'heure du drink ! Une belle soirée en perspective !

Silvie

Lundi le 31 janvier 2011,

la journée s'annonce magnifique avec un gros soleil dans un ciel bleu sans nuage et un vent d'alizé de 15 noeuds. La mer est calme et brillante. Les gars sont réveillés, de bonne humeur et lisent dans le cockpit pendant que Daniel prépare le café.
Hier soir, nous avons fait cuire les deux Wahoo capturés par Pierre-Yves et arrangés en filets par Daniel. Je les ai préparés en papillottes, selon la recette d'un cuisinier rencontré aux Bermudes. Il s'agit de fabriquer un lit fait de rangées superposées d'oignons rouge, de zuccinis et de tomates puis de soupoudrer abondamment le tout de cassonade, d'arroser généreusement d'huile d'olive et de vinaigre balsamique et d'un bonne dose de sauce pimentée des Caraibes. On y couche les filets, sel, poivre et épices et on emballe le tout dans la papier d'aluminium...
Le souper fut un succès ! Même Anick qui n'aime pas le poisson à cause de son odeur en a repris trois fois, comme tous les autres. Des deux Wahoo, il ne restait plus rien et même l'immense couscous royal était pratiquement disparu. Quant au dessert, un gâteau blanc, moelleux, glacé au rhum, il a fondu comme neige au soleil ! Quelle joie de voir ces jeunes gens énergiques manger avec autant d'appétit et quel plaisir de recevoir des compliments à profusion...

Anick et Marie-Joelle sont adorables. Des filles de bonne famille, ayant reçu une éducation parfaite et beaucoup d'amour. Elles sont douces, polies, heureuses et simples. Les gars aussi sont très gentils, très drôle et très amoureux. Pierre-Yves est énergique et haut en couleur, tandis que Jonathan est calme et observateur. C'est beau de les voir ensemble, jeunes, plein de vie, complices, ayant devant eux un avenir plein de promesses et je me dis qu'ils se seraient entendus à merveille avec nos premiers jeunes couples, Mélanie, Catherine et les Jonathans...

Les jeunes ont passé la soirée dans le cockpit à regarder les gros poissons se promener dans le reflet de la lumière du carré. Il y avait trois gros poissons, immenses, mais en aucun temps nous n'avons réussi à les identifier. Était-ce des requins nourrices, des Tarpons ou des Barracudas ? Impossible à dire car nous ne voyions que les immenses tâches sombres qui tournoyaient dans le reflet lumineux, d'une longueur de 3 pieds, la tête large et avec beaucoup d'ailerons et de nageoires autour du corps... C'était un beau spectacle !

Ce matin, les filles sont debouts, en maillots, prêtes à se gorger de soleil mais avant, elles préparent avec soin le petit déjeuner de leurs chums : tranches de mangues, de melon de miel, bagels au fromage à la crème et café... Comme ils sont chanceux ces deux là !

Et hop, une petite baignade avant le départ. Tout le monde plonge à l'eau et nagent autour du voilier sous le soleil brillant... La journée est bien partie et le programme est chargé. Dans 15 minutes, nous partirons vers Caneel Bay, à St-John car nos deux jeunes hommes, qui sont des joueurs de tennis, ont lu dans le guide que le West End Resort de Cruz Bay offrait des courts pour les invités. Il n'en fallait pas plus pour que l'occasion soit offerte aux filles d'aller magasiner dans les boutiques qui foissonnent à Cruz Bay ! Et je les accompagnerai avec plaisir !

La traversée fut courte et intense, vent de travers, tribord amure, sous grand-voile et génois mais aussitôt accroché sur un mooring, à 100 mètres de l'une des magnifiques plages de sable blanc de Caneel Bay, sous le gros soleil qui illumine l'eau turquoise de mille feux, les jeunes n'ont pu résister à l'envie de plonger à l'eau et se sont dirigés à la nage vers la berge remplie de touristes... De loin, je les entends rire et s'amuser, tout exités de se retrouver dans un endroit si grandiose ! Vive les vacances !

Hier, en jetant l'ancre, le guindeau s'est bloqué. Pourtant, nous venions de changer le moteur à Annapolis et tout était neuf. Mais voilà qu'un simple petit ressort vient de casser, empêchant la lourde chaine de remonter ou de descendre et qu'il faudra que Daniel démonte le boitier, enlève l'huile du moteur et répare le tout. Il y a des années de cela, Daniel avait déjà changé ce même ressort et il avait patenté une pince spéciale pour lui faciliter le travail qui lui prendra la journée et qu'il entreprend sous le chaud soleil, sans plus attendre...

Ce soir, ce sont les filles qui prépareront le souper : salade de mangue et avocat et crevettes au lait de coco. Hum ! Je salive déjà... Mais avant, les voilà déjà de retour au voilier et ils se préparent pour Cruz Bay qui est à 10 minutes en dinghy... Tennis et magasinage et retour à la plage !

Silvie

 

 

 

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