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Notre seule possibilité d'avoir du cash serait
d'aller à Spanish Town, là où nous avons passé la nuit après
les Baths et où ça brassait en grande... Nous n'avons aucune
envie de refaire ce voyage à l'envers... Donc, on fouille
dans nos poches et finalement on trouve une centaine de
dollars US... Notre visite à Anégada sera courte ! De plus,
il ne nous reste pratiquement plus rien de vivant : un sac
de carottes, quelques pommes de terre, un reste de chou et
une mangue... C'est tout et je ne vois pas ce que je
pourrais cuisiner avec ces ingrédients... Une crème de
mangues et carotte peut-être, servie avec une salade de chou
et des croquettes de pommes de terre... Pas vraiment ! Il
nous faudra donc repasser par Gun Creek et retourner à
l'épicerie jaune pour tenter de trouver quelques
victuailles... Donc, très tôt demain matin, nous
retournerons mouiller l'ancre à l'autre bout de la baie, le
temps de refaire le plein de tout ce que l'on pourra trouver
de frais, en espérant qu'ils aient reçu une nouvelle
livraison de produits frais !
Daniel propose de mettre ses lignes à l'eau durant notre
trajet. Excellente idée ! Une belle dorade ferait mon
bonheur, tant que je ne la vois pas se faire décapiter ! En
attendant, il fait un soleil radieux et la baie se remplit
de voiliers, comme à tous les soirs vers 15h... De jeunes
atlètes font de la planche à voile tirés par des cerf-volant
et d'autres se promènent en petits dériveurs... Les pélicans
continuent de pêcher avec éclat et les chèvres sont
disparus...
Néanmois, un couple de Boucherville vient d'arrêter nous
saluer, avec leur petit bébé de 15 mois et la grand-mère
tout sourire... Ils viendront nous rendre visite en
soirée... Une belle soirée en perspective...
En attendant, il me reste deux cotelettes de porc que je
vais faire cuire, pour les accompagner de pomme de terre en
riz, de sauce tomate et de petits pois vert... Cela en
sirotant un bon Beringer rosé ! Ah, Daniel me faisait
remarquer que le rhum coute 8 $ le litre mais qu'il nous en
coûte plus de 25 $ de jus pour le boire sous forme de
punch... En y réfléchissant bien, on économiserait en le
buvant sec...
Silvie
Jeudi le 2 décembre,
Nous étions levés tôt ce matin en vue de se préparer pour
notre départ vers Anégada quand notre voisin de Boucherville
est accosté en dinghy pour venir s'excuser de n'avoir pu
nous rendre visite hier et pour nous inviter à souper
ensemble à Anégada où ils viendront nous rejoindre demain...
Sylvain, environ 35 ans, jeune retraité et jeune père de
famille, vient de vendre son entreprise informatique de jeux
vidéos et il s'est loué un catamaran de 40 pieds, pour deux
semaines (12,000 $) pour parfaire ses connaissances de
voile, en vue de partir vers un tour du monde dès qu'il aura
trouvé le catamaran de 50 pieds qu'il désire acheter...
Faire un tour du monde en catamaran demande énormément
d'expérience et ce sera sûrement un beau sujet de discussion
lorsque nous nous reverrons...
En attendant, il fait une journée superbe et le temps
file... Il est recommandé d'arriver tôt à Anégada à cause
des nombreux récifs qui entourent cette ile et que nous
devons repérer à vue... C'est donc sans perdre de temps que
nous nous sommes dirigés vers Gun Creek où nous avons
ramassé tout ce que nous pouvions trouver dans le pauvre
étalage de légumes ( piments vert et rouge, pomme de terre,
salade romaine et bananes vertes ) de notre petite épicerie
jaune. Puis, des poitrines de poulets congelés, un paquet de
saucices hot dog et du jambon. C'est tout ce qu'il y avait
d'ailleurs. Plus de lait dans le frigo. On prendra nos
boites de lait grandpré... Quelques pains frais, une autre
bouteille de rhum et retour au voilier. Je range le tout
pendant que Daniel enlève le moteur du dinghy et nous levons
l'ancre, enfin...
Dans la baie de Virgin Gorda, Daniel monte la grand-voile et
on file cap vers Anégada sous un faible vent de dix
noeuds... On fera le trajet au moteur car nous avons le vent
complètement dans le nez et ce serait trop long de faire des
taques... D'ailleurs, le vent est trop faible ! On en
finirait plus...
Anégada n'est qu'à 12 milles. Deux heures plus tard, on
aperçoit l'ile ovale entourée d'eau turquoise comme aux
Bahamas. Un turquoise clair et des plages de sable,
interminables... J'adore déjà cet endroit... On descend la
grand voile et suivons le chenail qui est balisé de 3 bouées
rouge et de deux vertes. L'alarme du profondimètre sonne
déjà depuis un bon bout de temps. Il n'y a que quelques
pieds d'eau sous la quille et on voit le fond de sable
clairement, lequel est parsemé de corail noir...
Un local, en barque blanche, nous observe pendant que nous
testons notre ancrage. L'ancre glisse dans le sable fin mais
elle finit par accrocher... Jim, un employé du restaurant
Whistling Pine Bar, situé juste en face, nous donne un
dépliant de son restaurant. Nous nous informons s'il y a du
homard et il nous informe qu'ils sont plus que frais, ils
sont vivants... Nous devons réserver avant 16h afin qu'ils
les sortent et les préparent... Mon Dieu ! J'en ai l'eau à
la bouche ! On le remercie en lui promettant de lui rendre
visite avant notre départ...
Après nous avoir souhaité la bienvenue et nous avoir serré
les mains, Jim est reparti et aussitôt Daniel s'est mis en
maillot et il a plongé pour aller vérifier son ancre au fond
de cette eau de piscine qui n'a que dix pieds de
profondeur... Pendant que j'écris, il remonte pour
m'informer que le fond de l'eau est en sable fin et que
l'ancre n'est pas plantée solidement, qu'il a bien essayé de
la corriger mais elle était trop lourde. Nous devrons donc
la retester plus tard et demeurer vigilent.
C'est l'heure d'une bonne bière fraiche... Daniel remet le
moteur sur le dinghy. Demain, nous descendrons les vélos
pour découvrir la ville qui est toute en longueur. Le point
le plus haut de l'ile à 24 pieds de hauteur et l'ile est
étendue sur 11 milles de plages blanches... Quel bonheur !
Je suis aux anges ! Et à mon tour, il me tarde de plonger
dans cette merveilleuse piscine...
Silvie
Vendredi le 3 décembre,
Hier, après une courte baignade autour du voilier, nous
sommes descendus à terre. Au départ, nous voulions acheter
de la glace et en profiter pour explorer les environs. Nous
avons attaché le dinghy sur le quai d'un restaurant dont le
plancher est en sable. Deux personnes, presque endormies au
bar, surpris de notre arrivée, nous ont chaleureusement
accueillis, en français pour les salutations d'usage. Puis,
voyant que nous ne prendrions pas de repas chez eux, nous
ont dit, en anglais, que nous pourrions avoir de la glace à
l'épicerie, juste derrière... Juste à coté, quelques
employés s'affairaient, lentement, à agrandir la place, sous
un soleil cuisant. Ici, les gens ne travaillent pas la
pédale au fond, comme nous dans nos pays dit civilisés, le
rythme est lent, très lent mais sous ce soleil cuisant,
c'est compréhensif et excusable...
Nous sommes arrivés devant la porte close de l'épicerie,
d'ailleurs en construction. Sur une pancarte, on peut y lire
: épicerie, quincaillerie, essence, glace, location de
vélos, restaurant et buanderie... Bon, on repassera ! De
l'autre coté de la rue, une boutique d'où pendent des robes
et des foulards sous le porche. La porte est ouverte,
invitante... J'y trouve de superbes robes indiennes à 20 $,
de magnifiques chemises à 15 $, de beaux foulards à 12 $ et
plein de belles poteries faites par les mains de la mère de
la vendeuse qui ne met aucune pression sur nous, se
contentant de nous suivre des yeux en souriant... Hélas, je
n'ai pas mon sac à main et je devrai repasser, c'est sûr !
En continuant notre marche, on découvre une autre boutique
et encore de beaux vêtements à bas prix, des maillots de
bain, des T-Shirt, des sacs à main brodé... Plus loin
encore, une autre boutique qui offre internet, vend du vin,
des épices, des livres et des sculptures faites de corail,
du fromage Brie, des jus et du rhum... Notre marche s'arrête
là car déjà nous sommes cuits... On retourne au voilier où
le vent nous redonne de l'énergie, suffisamment pour se
faire un punch, sans glace, hélas !
Une barque avance vers nous. C'est une femme et sa fille,
aux teints bazannés, qui viennent nous offrir des
patisseries : brioches à la canelle, tarte au sucre, pain
frais... Hélas, j'ai encore un gros gâteau aux bananes et
aux noix à peine entammé et une cargaison fraîche de bonbons
aux patates préparée la veille. Quant aux pains frais, j'en
ai fait une provision à Gun Creek et je dois décliner cette
offre alléchante, en lui demandant de repasser dans quelques
jours... En partant, je lui demande si elle peut nous avoir
des homards... Elle sourit et me répond non d'un mouvement
de la tête...
Nous soupons d'un spagetti, sous le soleil couchant. Il fait
doux, à peine un peu de vent... On ouvre le Ipod et sous la
musique qui emplie le cockpit, nous passons la soirée à
admirer le décor, en se demandant comment Christophe Colomb
a pu passer devant Anégada sans sombrer sous les écueils qui
cachent plus de 80 épaves pour aboutir, plus au sud, à Guana
Island... Il en a eu de la chance !
Aujourd'hui, le temps est légèrement couvert. Voilà
exactement la température idéale pour déplier nos vélos et
partir à l'aventure. Les plus belles plages sont de l'autre
coté de la baie, inaccessible en voilier à cause des récifs,
ainsi que les plus beaux sites de plongée... Il nous reste à
préparer un pique-nique, ajouter nos palmes et nos masques à
nos baggages et hop... Mais avant, on se demande où nous
laisserons notre dinghy...
Pourquoi pas au Neptune Hôtel ? Nous y souperons au retour
et ainsi, nous obtiendrons le mot de passe pour pouvoir nous
brancher sur leur réseau qui est à 100 % sur notre capteur
mais barré par un mot de passe...
Le temps que j'avise Daniel de nos projets que déjà le
soleil tout brillant a chassé les nuages... Le temps gris
n'aura duré que quelques heures... En attendant que Daniel,
qui est dans le dinghy, en train de faire une mise au point
sur le moteur, termine son travail, je plonge à l'eau... Oh
la la ! Elle est fraîche et ravigottante...
Une autre belle journée en perspective !
15h...
Nous sommes partis en dinghy, avec notre beau sac à
pique-nique reçu en cadeau, notre attirail de pêche, nos
palmes et tubas ainsi que notre gros kit de plongée en eau
profonde pour nous rendre de l'autre coté de l'île mais au
bout de 5 milles, à contourner les bancs de coraux, quelques
fois à fleur d'eau, l'extrémité de la pointe de l'ile nous
semblait bien loin encore et nous avons décidé de faire un
peu de plongée dans les environs pour examiner les tâches
noires qui se découpaient du fond de sable blanc et qui
étaient sûrement des coraux...
Après deux heures de plongée en apnée, nous avions ramassé 4
grosses conches, aperçu un immense baracuda qui a failli me
faire mourir de peur et des centaines de petits poissons qui
se cachaient dans les coraux, nous avons décidé de retourner
au voilier pour préparer nos conches... Mais avant,
satisfaits, nous avons dévoré nos sandwiches !
Au retour, le catamaran de nos amis de Boucherville était à
l'ancre à coté de nous et nous sommes passés les saluer. On
s'est donné rendez-vous à au resto de l'hôtel Neptune vers
18h30 pour un souper au homard...
Puis, aussitôt dans le voilier, Daniel s'est occupé de faire
un trou dans la première conche et avec son rapalla, il a
réussit à couper le muscle qui retenait le molusque à sa
coquille et à sortir la première bête qu'il m'a apportée
avec fierté et que j'ai plongée dans l'évier pour le
nettoyer... Que c'est gluant et collant ! Enfin, à l'aide de
ciseau, je coupe les extrémités et tout ce qui dépasse et en
voilà un deuxième et un troisième... Quant à la 4e conche,
nous l'avons remise à l'eau car elle était de trop !
Sans effort, comme un pro, Daniel n'a pas fait un seul éclat
sur les coquillages qui sont tous impeccables... J'en envoie
un dans une grosse marmite pour la nettoyer et la conserver
en souvenir. Je la ferai bouillir avec de l'eau de mer et du
vinaigre... Pendant ce temps, Daniel martelle les conches
pour les attendrir... Elle tremperont ensuite dans le
citron. Il nous reste à descendre à terre, en espérant que
l'épicerie soit ouverte car il me manque, pour ma recette de
Conch Salad, deux belles tomates et un piment gombo, que
cette fois je doserai...
Quelle belle journée !
Silvie
Samedi le 4 décembre,
Ce matin, c'est sous un soleil de plomb que je me suis
encore butée à une porte close à la seule épicerie du
coin... Étonnée, j'ai donc été m'informer auprès de la seule
boutique ouverte, celle où l'on pouvait trouver, au travers
des T-Shirt, du vin et du brie, pour savoir quand ouvrirait
l'épicerie... La femme me répond qu'elle ouvrira quand la
propriétaire sera prête, qu'il n'y a pas d'heures fixes, que
cela dépend... Quelques fois c'est ouvert toute la journée,
d'autres fois cela n'ouvre pas... Et bien ! On ce n'est pas
ce qu'on appelle du service ! Impossible donc de trouver une
tomate fraîche pour ma recette de Conch salad... Je devrai
donc prendre des tomates en boîtes... J'ai quand même trouvé
une petite sauce locale piquante qui remplacera le piment
gombo... Je vais donc essayer de m'arranger avec ce que j'ai
et nous retournons au voilier après avoir fait le plein
d'essence du dinghy qui était presque vide... Ouf,
heureusement que nous n'avons pas été jusqu'au bout de l'ile
hier, on aurait été obligé de revenir en ramant, encore avec
nos planches car nous n'avons toujours pas trouvé de
rames... Mais quelle n'est pas ma surprise, en embarquant
dans le dinghy du quai à gaz, d'aperçevoir au creux de l'eau
une cage à homard remplie à rebord de crustacés...Aussitôt,
je m'informe pour en acheter et on me dit de repasser à
13h... Wha ! J'ai enfin trouvé le spot des pêcheurs et
probablement de l'endroit où s'approvisionnent les restos du
coin qui vendent une assiette d'un demi homard à 50 $ us...
Qui sait, je pourrai peut-être en négocier un à 20 $ ?
Hier soir, alors que nous discutions allègrement autour
d'une table à la terrasse du Nepture's Treasure Restaurant,
en gesticulant comme des malades pour tuer les moustiques
qui nous assaillaient de toutes parts, nous avons été
interrompu par une femme qui voulait savoir d'où nous
venions avec notre language bizzare... Anita, les cheveux
noirs bouclés, le teint foncé, bien en rondeur dans sa robe
à pois, habite depuis 11 ans l'Ile d'Anégada et n'a qu'un
rêve, en sortir... Curieux, nous lui avons posé plein de
questions et, à voix basse, comme pour ne pas être entendue
des autres tables, elle nous raconte qu'il n'y a que 200
personnes qui habitent l'Ile, qu'il n'y a rien ici, aucune
activité sociale, aucun service, que les gens sont très
hermétiques et n'entre pas qui veut dans leur cercle fermé,
qu'il y a des problèmes de consanguinité, d'inceste, etc...
Qu'il fait noir après 6h, aucune électricité dans la seule
rue qui finit en trail, rien à faire... Bref, l'ennuie
mortel, la solitude avec un grand S... Et la mer, et les
plages, avons-nous demandé ? C'est si beau... Baf ! Répond
elle... J'ai une maison sur le bord de la mer et c'est à
peine si je me baigne... Quant aux couchers de soleil, quand
ça fait dix mille que tu vois, il n'y a plus rien là...
Décidément, Anita était mûre pour un déménagement... Ce
qu'elle s'aprêtait à faire d'ailleurs, dès que sa maison
serait vendue...
Pendant la complainte d'Anita, j'ai sorti mon Ipod Touch et
j'en ai profité pour aller demander le mot de passe à Rouan,
le maître du bar, qui était le seul à posséder la clé. Il
s'est emparé de mon appareil, m'a tourné le dos pendant
qu'il écrivait le mot de passe... Zut ! Il semblerait que
c'est top secret !
Nous quittons le resto qui est maintenant vide pour
retourner à nos voiliers... Sous l'éclairage du carré, je
lâche un grand cri en voyant Daniel rempli de
boursoufflures... On dirait qu'il fait une allergie aux
moustiques d'Anégada... Chaque piqûre est enflée et rouge,
en monticule et il ne cesse de se gratter... Je le frotte au
rhum, en espérant que cela calme ses douleurs ! MOn pauvre
amour ! Quant à moi, j'ai été épargné, probablement à cause
de la fumée de mes cigarettes qui les tenaient à distance...
COmme quoi il y a du bon dans le tabac !
Il est 13h. On se prépare pour retourner faire de la plongée
mais avant, on goûte à ma salade de conches qui est encore
trop épicée, au goût de Daniel... C'est sûrement la petite
boite de salsa que j'ai ajoutée, en remplacement des tomates
que je n'ai pas trouvées, à moins que ce soit la petite
goutte de Carabian Hot Sauce... Daniel se mouche et pleure
des yeux ! J'essaie de le convaincre que cela va sûrement
guérir son allergie aux maringouins mais il semble
septique... Bon, ma prochaine Conch Salad, je lui laisserai
mettre les épices !
On file, il fait trop beau pour ne pas être dans l'eau...
Silvie
Dimanche le 5 décembre,
hier, nous sommes partis faire de la plongée à l'est de
l'Ile mais nous n'avons pas vu de taches de corail
d'importance... Par contre, l'immense plage blanche qui
s'étirait à perte de vue était si invitante qu'on a décidé
de prendre une longue marche, main dans la main, laissant la
trace de nos pieds amoureux dans le sable fin d'Anégada la
magnifique !... Quelle belle journée et quel bel endroit,
quoi qu'en dise Anita ! D'ailleurs, je me méfie des gens qui
parlent tout bas, de peur d'être entendus...
En soirée, alors que j'étais en train de lire Isabelle
Autissier, Daniel me crie de venir voir et d'apporter la
caméra... Je monte en trombe et je croule sous la beauté du
coucher de soleil qui remplit l'horizon de rouge écarlate...
Je cherche appui et met mes deux avant-bras sur le charcoal
qui était en train de cuire nos poitrines de poulet en
papillotte... Et voilà, je suis marquée au fer rouge mais,
heureusement, j'ai eu le temps de faire clic et de mettre
sur pelicule ce chef d'oeuvre de la nature, en espérant que
la pureté des couleurs soit respectée...
Petite soirée dans le cockpit à boire des punches glacés au
rhum, lait de coco et muscade, alors que sur la berge, les
feux s'allument et la musique s'éveille... Il semble y avoir
un gros party que nous nous contenterons d'écouter à
distance, repus et brûlés de soleil...
Au matin, alors que j'admire le lever du soleil, notre
voisin vient en dinghy nous inviter à visiter leur catamaran
et on embarque aussitôt... Que d'espace dans ce bi-coques...
Un cockpit avec frigo et évier, des passavants larges comme
des trottoirs, d'autres sièges à l'avant sous le barreur, la
barre à roue sur le toit est bordé d'un divan et toutes les
manoeuvres qui se font avec des winches électriques, sans
effort... Et que dire de la cuisine, immense avec ses portes-patio
et remplie d'espace et de lumière... C'est génial ! Et dans
la coque tribord, la chambre des maîtres, immense, claire
avec une vaste salle de bain moderne... De l'autre coté,
deux chambres dont une a été transformée en immense
bassinette pour le petit Maël...
Je comprends mieux pourquoi ce jeune couple désirant partir
avec deux jeunes enfants hésite entre l'achat d'un monocoque
et d'un catamaran... C'est comme choisir entre le confort ou
la sécurité ! Par contre Sylvain commence à hésiter. Il
n'éprouve aucun plaisir à barrer ce gros ponton, qu'il
laisse sur pilote automatique de toute façon. Même la roue,
à l'arrêt, est difficile à tourner, comme si le frein de
barre à roue serait resté enclanché. Certains catamarans
sont certainement plus agréables à barrer et plus sportifs,
mais ce n'est pas le cas de ces jouets de location, et que
dire de la sécurité dans le mauvais temps...
Les vendeurs de catamarans, lorsque les clients s'inquiètent
de la sécurité de ces larges barges dans le mauvais temps,
sachant très bien qu'en cas de renversement celui-ci,
contrairement au voilier qui comme un chat finira par se
retourner, disent qu'ils préfèrent être au dessus de l'eau
qu'au fond et que, des trappes sont prévues pour pouvoir
sortir par en haut en cas de renversement... Mais ce qu'ils
ne disent pas, c'est que le barreur qui est à la roue, en
hauteur, lui ne reverra pas le ciel...
Il reste que les Iles Vierges, dont le plan d'eau ressemble
à celui du lac Champlain, étant protégé de toutes parts par
les vagues, sont le paradis des catamarans et il y en a
presque autant que des voiliers... Malgré tout, sans
m'étendre sur le sujet, je ne partirais pas en voyage autour
du monde en catamaran, ça s'est sûr ! Mais si mon port
d'attache était les Vierges, j'y songerai peut-être, quoique
le prix d'achat de ses machines, qui tourne autour de 750
000 $ et plus, équivaut à l'achat d'un Bénéteau 57 flambant
neuf qui, à mon avis, est de beaucoup supérieur en tous
points à ces jouets de luxe qui doivent ravir la majorité
des femmes qui ne participent pas aux traversées...
Notre jeune couple est reparti, après avoir fait une courte
visite dans notre voilier, qu'étonnamment ils ont trouvé
vaste et fonctionnel. Nous leur souhaitons une bonne fin de
vacances qui se terminera pour eux dans quelques jours...
Pendant ce temps, un voilier français a jeté l'ancre devant
notre voilier et au bout de 5 minutes, Miss France et son
tarzan était nus sur le pont, en train de se faire dorer le
bronzage intégral... Sacré Français !
Quant à nous, nous savourons les Alizés qui commencent à
entrer dans la baie, chassant les moustiques et nous
redonnant le goût, à notre tour, de poursuivre notre voyage
en direction de Trellis Bay... Mais pas avant demain car
pour l'instant, il fait trop beau et l'eau turquoise et
chaude nous appelle...
Silvie
Lundi le 6 décembre,
Journée de pur délice sous un soleil rayonnant, une douce
houle venue de l'ouest qui se meurt doucement sous un vent
Nord-est de 15 noeuds qui nous pousse lentement, dodelinant,
tribord amure, sous grand génois, vers Great Dog Island où
nous mouillons l'ancre vers midi et sautons dans nos palmes
pour découvrir le plus beau fond marin jamais vu à date...
Je ne saurais décrire, avec des mots, toute cette magie mais
je me promet de revenir avec ma caméra marine, dès que
possible... Mes yeux sont remplis de tant de couleur, de
contrastes, de formes, c'est incroyable !
D'immenses rochers en forme de champignons, remplis de
poissons multicolores, de grandes tresses brune et jaune qui
se balancent dans tous les sens, des rochers tout rond,
d'autres qui ressemblent à un amas de boules, de grandes
ailes de corails mauve et jaune... Des bancs de poissons
bleu indigo, d'autres jaune, rouge écarlate... Quelle beauté
!
Au bout de 2 heures d'émerveillement, on retourne au voilier
et dinons d'une soupe et d'un grill-cheese. Cet endroit
n'est pas protégé et nous devons partir vers Trellis Island,
à 4 milles. Il fait une chaleur torride. Nous entrons dans
la baie vers 14h30 et aucun endroit où jeter l'ancre. Nous
n'avons d'autre choix que de prendre un mooring. En faisant
le tour de la baie, nous avons aperçu 4 voiliers affichant
un drapeau Canadien. L'un de Vancouver, deux autres de
Toronto et un de Montréal... On se salue à grands mouvements
de la main ! C'est toujours agréable de voir des
compatriotes...
Il fait trop chaud. Nous prenons une bière avant de
descendre à terre visiter les petites boutiques d'artistes
dont la réputation est établie. Ce sera peut-être l'endroit
où je trouverai quelques souvenirs à rapporter... En
attendant, je remercie la vie pour tant de bonheur !
Silvie
Mardi le 7 décembre,
hier, après être descendus à terre pour visiter Trellis Bay,
passant au travers des voiliers et catamarans cordés comme
des sardines, chassant à grands gestes les moustiques
piqueurs qui semblaient s'être donnés rendez-vous dans la
baie, après avoir trouvé des petits paniers en osier et
quelques bricoles dans les petites boutiques d'artisanat
regorgeant de sculptures, de bijoux et de T-Shirt peints à
la main, après être passée chercher du jus et du lait de
coco pour nos punches à l'épicerie, nous avons décidé de
trouver un mouillage plus tranquille et nous avons traversé
de l'autre coté, vers Cay Marina où la nuit fut plutôt
houleuse.
Une pluie torrentielle s'est abattue sur nous et de forts
vents du nord nous ont fait rouler inconfortablement. De
plus, le bruit d'une drisse qui flacottait m'a tenu éveillé
de longues heures pendant que Daniel dormait à poings
fermés. Aussi, dès le lever du jour, très sombre d'ailleurs
avec son gros nuage noir qui remplissait le ciel de mauvais
présages, nous avons levé l'ancre et sommes partis cap vers
l'Île de Guana, l'historique, pour tenter de remonter le
temps et de trouver l'endroit où Christophe Colomb a mis
pied, 500 ans plus tôt...
Au génois, tribord amure, on file sur une mer grise, entre
les iles... Puis, enfin, Guana se dresse avec ses murailles
de pierres sur lesquelles s'écrasent avec éclats les vagues
du nord... En contournant l'ile, totalement inabordable par
le nord, comme Christophe Colomb a du le faire, nous sommes
arrivés devant une petite baie paradisiaque, avec sa plage
de sable blanc, ses palmiers, son eau turquoise et ses bancs
de coraux qui font des crètes blanches sur les tâches
sombres à fleur d'eau... On déroule 200 pieds de chaine,
convaincus d'avoir trouvé l'endroit exact du débarquement de
la Pinta, de la Nina et de la Santa Maria, nous avons jeté
l'ancre, décidés à explorer les fonds marins pour tenter de
trouver une trace, peut-être un petit objet, qui sait une
pièce d'or ou simplement un fragment de poterie de
l'époque... Ce sera trop génial et il nous plait, sans trop
y croire, de se lancer dans l'aventure !
Pendant que Daniel sort son kit de plongée pour aller
vérifier son ancre, je commence à préparer une immense
salade froide de macaroni avec tous les légumes frais qu'il
me reste au frigo : piment vert, rouge, jaune, ail, oignon,
olives, champignons, carottes... J'y ajoute aussi une pomme
verte, une nectarine, j'arrose d'huile d'Olive et du jus de
citron frais que j'assaisonne abondamment de toutes les
épices qui s'harmonisent avec cet arc-en-ciel de couleur...
Un délice !
Je ne veux plus bouger de Guana... Tout est si beau ici, si
calme dans la baie... Et si plein d'histoire ! Le ciel est
encore gris. Trois jours de Tunder Storm sont annoncés... On
s'en fout ! La vie est belle et que l'aventure commence !
Silvie
Mercredi le 8 décembre,
une nuit pluvieuse et chaude et un réveil sous soleil
couvert. Pas de vent. Pas de vague. Le calme plat dans la
baie où seulement deux voiliers ont mouillé l'ancre. Les
poissons volants sautillent de partout dans la baie et les
pélicans sont nombreux à pêcher autour du voilier, nous
offrant un spectable réjouissant. Quelques personnes
marchent sur la plage blanche, d'autres promènent leur tuba
à la surface de l'eau laiteuse... C'est une journée
splendide !
Hier, Daniel a exploré les fonds marins de Guana Island
pendant plus de deux heures, à la recherche de traces du
passage de Christophe Colomb et malgré l'enchantement de la
faune aquatique, des nombreuses bandes poissons autour des
coraux, il est revenu les lèvres bleues, le sourire dans les
yeux mais les mains vides... En soirée, nous avons soupé de
cotelettes de porc à la mangue et nous avons approfondi nos
recherches pour s'aperçevoir qu'il s'agit plutôt de l'ile de
Guanahani et non de Guana... Tant pis, la plongée ce matin
était délicieuse !
http://fr.wikipedia.org/wiki/Guanahani
Nous avons décidé de retourner à Norman's Island pour tenter
de récupérer notre ancre perdue, en faisant quelques petits
arrêts sur notre trajet. Daniel, qui s'est familiarisé avec
son équipement de plongée est maintenant plus à l'aise et
semble prêt pour accomplir cet objectif... Mais en
attendant, nous arrêterons à Tortola pour faire quelques
provisions...
Aujourd'hui, c'est la fête de mon frère Michel et de ma
soeur Suzanne. Je leur envoie toute mes meilleures pensées
afin que cette journée soit pleine de soleil et de surprises
!
Silvie
Jeudi le 9 décembre,
Hier, après s'être baignés une dernière fois dans l'eau
turquoise de la magnifique baie de Guana, nous nous sommes
dirigés vers Beef Island, la seule ile rattachée par un pont
àTortola. Dans la partie Est de Beef Island, se trouve une
baie dont l'eau est très claire et nous avons eu envie
d'aller explorer ses fonds marins... Les cartes ne
mentionnent pas la profondeur de l'eau dans ce coin des
Vierges, aussi, prudemment, nous avons avancé à vue, entre
deux rochers, pour tenter de trouver le passage jusqu'à la
berge. J'étais à la proue et je voyais les coraux sous 15
pieds d'eau, indiquant à Daniel, d'un geste de la main, s'il
devait aller à droite ou à gauche, jusqu'à ce que la quille
accroche un rocher... Oup ! L'eau venait de tomber à 6 pieds
et nous étions en plein sur un banc de corail... On recule,
lentement, prenons l'entrée de la baie par la gauche et on
jette l'ancre plus loin dans un coin sablonneux... Vite, on
plonge pour aller vérifier la quille qui n'a qu'une petite
égratignure et nous continuons à explorer les environs dont
les coraux sont de couleur jaune très vif, tranchant avec
les poissons bleu et rouge qui se cachent dans ses replis...
C'est superbe !
Le temps passe vite et nous continuons notre route vers
Tortola mais en passant devant Hogs Bay, nous aperçevons la
Marina de Penn Landing et nous décidons d'aller y voir de
plus près. L'endroit est très peuplé et la baie est bien
protégé des vents du nord-est. Encore des moorings partout
mais assez de place derrière pour qu'on puisse jeter l'ancre
dans 10 pieds d'eau et descendre en dinghy pour visiter les
environs... On marche dans la rue principale remplie de
trous d'eau et on aperçoit un Shop Rite, une grosse
épicerie, à deux pas du quai à dinghy. On y reviendra... On
poursuit notre marche et découvrons un guichet automatique
qui fonctionne avec Visa. Daniel en profite pour sortir un
peu de cash et nous continuons à marcher dans la rue étroite
et passante. Un salon de coiffure, une petite épicerie
locale, une autre juste à coté, un vendeur de fruits de mer
congelés et un magasin général dans lequel nous trouvons
enfin une lampe à l'huile qui nous servira d'éclairage dans
le cockpit. On trouve un quai à essence qui font le plein de
gaz. Daniel retournera plus tard porter l'une de nos
bombonnes qui est vide et nous la reprendrons demain vers
17h.
Trois marinas se suivent côte-à-côte, chacune offrant son
resto-terrasse dont nous passerons prendre les menus,
question de connaître leurs spécialités. Puis, nous
retournons au Shop Rite acheter quelques victuailles. On
soupera d'une pizza toute faite sur laquelle j'ajouterai des
tomates, oignons rouge, olives et bocconchins... Un délice !
La nuit tombe rapidement et la pluie se met à tomber en
grains serrés. On dort comme des bûches et au matin, le
soleil remplit le ciel et donne à la baie des couleurs de
fête... Nous passerons la journée ici, à attendre notre
bombonne de gaz et j'en profiterai pour faire le ménage du
cockpit, du frigo et du congélateur... Puis, nous
retournerons marcher mais de l'autre coté, vers le
village... Petite halte bien méritée !
Silvie
Vendredi 10 décembre
Enfin, le soleil semble vouloir sortir ce matin malgré qu'il
soit bien timide en ce vendredi de décembre... Depuis trois
jours, il fait plutôt frais, gris, venteux et pluvieux...
Hier soir, après avoir marché dans le village, rencontré un
local aux longues tresses qui promenait fièrement son
magnifique poulin brun tout en sueur, croisé des dizaines de
poules en liberté qui picorent ici et là, admiré un champs
de vaches avec une pente de 45 degrés et des vaches aux gros
mollets, visité une boutique de pièces marines et une autre
de matériels de plongée, nous sommes allés souper dans un
restaurant Séchouanais, dont la magnifique terrasse
surplombe la baie de Hog Island remplie de voiliers et de
catamarans venus attendre la fin de la houle du nord qui
fait rouler les mats sur une mer grise... Soupe aigre
piquante, rouleaux printaniers, boeuf brocolis et riz aux
légumes... Un régal que je ne croyais pas possible aux
Vierges...
Au retour, un gros catamaran affichant pavillon français
était stationné juste à coté de nous, presque à l'épaule, et
les 10 personnes à bord faisait la fête et dansaient dans le
cockpit ! C'était très drôle ! On a passé la soirée dehors,
à jaser et à rire, en savourant de délicieux punches au rhum
épicé...
Daniel termine l'entretien préventif de sa génératrice et de
son moteur puis, nous irons faire une petite épicerie au
Shop Rite avant de partir vers Norman's Island pour tenter
de retrouver notre ancre restée accrochée au fond de la baie
lors de notre récent passage...
Le temps passe vite. Lundi prochain, date limite pour passer
aux douanes de Road Town afin de se procurer une
prolongation de visa qui nous permettra de naviguer dans les
eaux des Vierges Britanniques pendant 6 mois. Puis, nous
retournerons à Nanny Cay marina afin de saluer notre ami
Paul et sa charmante épouse, refaire le plein d'eau et
sûrement laver le cockpit à la machine à pression afin
d'effacer les traces laissées par nos sandales rendues
boueuses par les rues de Tog Bay. Ensuite, une belle
traversée à venir, d'une douzaine d'heures, au près serré
pour aller découvrir les Iles Vierges Espagnoles qui
semblent de toute beauté, plus sauvage, moins commerciales
que les Britanniques et enfin, Puerto Rico où nous
attendrons nos premiers invités qui arriveront le 29
décembre...
En attendant, une barge vient de ramasser nos vidanges pour
2 $. Voilà une bonne chose de faite ! Et la pluie qui
recommence... Zut ! Aussitôt les écoutilles fermées, la
pluie cesse. C'est souvent comme cela ici... On file en
dinghy au village où finalement je ferai une grosse
épicerie, me laissant tenter par l'étalage coloré de fruits
et légumes frais, fromages et viandes fraîches... Daniel a
fait un saut à la boutique de plongée pour se procurer des
plombs... C'est parti pour une autre aventure !
Finalement, dès que nous avons quitté la Baie de Hog, le
beau temps est revenu, avec un beau vent du sud est de 15
noeuds. Tribord amure, sous grand génois, on file doucement
entre les vagues, cap vers Norman's Island que nous
contournons vers 13h30, pour jeter l'ancre à peu près au
même endroit que la dernière fois...
Nous n'étions pas sitôt arrivé que Daniel préparait son kit
de plongée dans le dinghy, ajoutant quatre livres de plomb
sur sa ceinture. Un coup sur la manette et voilà le moteur
de son appareil qui crache de l'air... Daniel est prêt,
masque bien enfoncé, palmes aux pieds, il plonge, avec une
longue corde accrochée à sa ceinture... Sous 30 pieds d'eau,
il aperçoit bientôt le câble de l'ancre sur lequel il
s'accroche pour descendre plus bas. En suivant le câble, il
comprend que nous n'aurions jamais pu sortir l'ancre car la
chaine était prise sous une roche qu'il déprendra pour
ensuite attacher la base de l'ancre avec sa corde, à l'aide
d'un noeud de chaise... Aussitôt fait, il revient vers le
voilier pour récupérer son dinghy qu'il approchera au-dessus
de l'ancre qu'il remontera avec fierté ! Daniel est super
content. Il vient de récupérer une ancre de 600 $ mais je
pense que ce qui lui cause le plus de joie, c'est de l'avoir
retrouvée grâce à son kit de plongée car, sans cela, il
n'aurait pas pu descendre à 40 pieds sous l'eau, qui semble
t'il, à cette profondeur, est claire comme de l'eau de roche...
Je lui prépare donc un drink pour le féliciter de sa
détermination et sous le soleil cuisant, on a une belle
raison de fêter...
Silvie
Samedi 11 décembre,
Vers la fin de l'après-midi, hier, alors que nous fêtions
l'ancre retrouvée, un catamaran entre dans la baie et à
notre grande surprise, nous reconnaissons Sylvain et son
épouse ! Grandes salutations au passage, on se crie des
bonjours et on se lance des invitations... Sylvain se prend
un mooring tout près et nous les laissons s'installer
tranquillement... Pendant ce temps, un autre voilier
affichant pavillon Canadien entre dans la baie et passe tout
près de nous en nous demandans de communiquer avec eux par
VHF... Ce que Daniel fait aussitôt ! Il s'agit du voilier
Sea Kite, un côtre de 40 pieds, qui s'informe s'ils doivent
prendre un mooring ou s'ils peuvent ancrer près de nous...
Daniel explique qu'ils peuvent ancrer en dehors de mooring
et qu'effectivement, ils peuvent s'installer à coté de
nous... Une conversation s'ensuit et lorsqu'ils seront
ancrés, Daniel ira les saluer. Il s'agit de Michel et
Brigitte, qui ont décidé qu'il était temps pour partir en
voilier et vivre leur rêve... Ils semblent très sympatiques
et nous nous promettons de nous revoir demain...
En attendant, nous sommes invités chez Sylvain et c'est avec
joie que nous nous retrouvons. On se raconte nos aventures
depuis notre dernière rencontre et les rires fusent. Hélas,
ce soir est leur dernier jour de vacances et demain, à la
première heure, ils doivent rapporter leur catamaran à la
marina de Nanny Cay et reprendre l'avion vers Montréal.
Comme ils avaient fait une grosse épicerie au départ, ils
nous offrent de nous laisser ce qu'ils ont en trop et que de
toute façon ils ne peuvent rapporter... C'est ainsi qu'on se
ramasse avec trois gros paniers de Noël remplis de
victuailles, fruits, légumes, fromages, viandes congelées,
11 litres de lait grandpré, des liqueurs, des bières, etc...
On se quitte en se promettant de garder contact et nous
retournons au voilier ranger le tout dans le peu d'espace
qu'il nous reste... La soirée est douce, on reste dehors
profiter du vent caressant, sous l'éclairage de notre
nouvelle lampe à l'huile et au son de la musique...
Ce matin, le soleil brille et le mauvais temps des trois
derniers jours semblent totalement disparus. Daniel défait
toutes les dorades, ces prises d'air en forme de tête, pour
les nettoyer pendant que je fais du ménage en bas. Nous
prévoyons aller à Indians pour faire un peu de plongée en
après-midi mais pour l'instant, j'ai un gros mal de tête
causé par une sinusite et je monte dans le cockpit, à
l'ombre, pour prendre deux aspérines alors que je vois
s'avancer le dinghy de nos voisins qui viennent nous rendre
une petite visite...
Quelle joie de parler, se raconter, discuter avec des gens
si sympatiques. Michel est un plongeur et un pêcheur de
langoustes. Brigitte est enseignante. Elle tient aussi son
journal de bord dans un blogue sur le réseau du capitaine,
que j'ai consulté hier et que j'ai trouvé très bien illustré
et écrit, sans faute, contrairement à moi qui suis gênée,
lorsque je me relie, d'avoir laissé passer autant de
fautes... Bref, ce fut une belle rencontre, très agréable et
il y en aura sûrement d'autres... Donc, je questionne Michel
sur la manière d'attraper des langoustes et Daniel lui
propose d'essayer son kit de plongée qui intrigue beaucoup
Michel et de partir à la recherche de coraux pour tenter
d'attraper de la langouste ... C'est parti !
Nos invités retournent diner sur leur voilier pendant que
Daniel mange un plat de salade froide en vitesse et
s'affaire ensuite à sortir son kit de plongée. Ce sera pour
moi un après-midi de repos et de lecture...
Silvie
Dimanche le 12 décembre,
Encore une superbe belle journée chaude et ensoleillée qui
débute... Décidément, la température est vraiment divine aux
Vierges ! Le ciel est bleu, immaculée, avec de jolis petis
nuages blancs floconneux. La mer est turquoise et
transparente. J'ai bien envie de plonger à l'eau mais nous
avons toute une après-midi de plongée en vue, alors je me
réserve. J'en profite donc pour faire une petite avant-midi
de ménage, changement de draps, vaisselle, frottage des
boiseries, grand ménage de la salle de bain, et j'en passe,
cuisine de pizza pita pendant que mon capitaine farniente
dans le cockpit ! Décidément, je suis en forme aujourd'hui,
contrairement à hier où je n'ai pas levé le petit doigt,
sauf pour préparer des drinks !
Hier, Michel et Daniel sont restés près de deux heures dans
l'eau, entre 20 et 30 pieds sous l'eau devrais-je dire, à
examiner les environs pour trouver des langoustes. Ils ont
vu une raie immense cachée dans le sable, ont été suivi par
3 immenses poissons qui ressemblaient à des sardines
géantes, ont vu un requin de fond (appelé requin nourrice)
de 4 pieds de longueur, des tas d'oursins, des crevettes,
des bancs de poissons, des coraux superbes mais pas de
langouste... Michel a trouvé le kit de plongée de Daniel
superbe et beaucoup moins encombrant que des bouteilles !
Au programme aujourd'hui : plongée aux Indians, en dinghy,
avec nos voisins Sea Kite, vers 13h... Brigitte, méthodique,
a noté dans son log book, il y a 5 ans : Langoustes en
quantité à Indians... On va donc aller vérifier ! Quant à
Michel, c'est véritablement un passionné de plongée (apnée
et bouteille) et même qu'il adore plonger de nuit car il
trouve que c'est encore plus beau. Il dit que les poissons
dorment sur le coté et qu'il a le temps et le loisir de bien
les examiner la nuit, à la lueur d'une lampe de poche... Il
dit aussi que les crevettes et les langoustes sortent la
nuit et sont plus faciles à attraper et plus visibles avec
leurs yeux rouge... Malgré l'invitation de tenter
l'expérience faite à Daniel, celui-ci a refusé... Moi, je
n'y songe même pas car même de jour, j'ai peur des requins !
Alors, plonger de nuit, wha... Pas vraiment envie ! Je
trouve Michel bien téméraire et courageux ! Brigitte et
Michel disent avoir plongé avec des requins, les avoir vu
filer à toute vitesse autour d'eux, s'arrêter à deux doigts
de leur nez et changer de cap aussitôt... Michel dit qu'il
faut être très calme pour les approcher ! Juste à imaginer
ces immenses et rapides prédateurs à deux pouces de moi me
donne la chair de poule ! Pourtant, je n'ai pas peur de
grand chose... Mais des requins... J'ai peur, je l'avoue !
Même si je sais que les attaques sont rares, pour avoir
fouillé sur internet, dans la zone des Vierges... Il n'y a
eu que 5 attaques en 500 ans ! Quand même, chanceuse comme
je suis, je pourrais être la 6e !
Bon, oublions les requins... Et combattons nos peurs ! Il
est l'heure de partir vers Indians, ce tas de roches à 3
milles, qui semble-t'il, renferme sous ses eaux des coraux
d'une beauté inouie, entre 15 et 20 pieds de profondeur...
Allez, hop, en maillot !
À suivre...
Silvie
Lundi le 13 décembre,
Hier après-midi restera dans mes plus beaux souvenirs de
plongée... Nous nous sommes rendus à Indians, à quelques
milles de notre ancrage, où nous avons trouvé un mooring
libre (rouge pour la plongée), tout près du site convoité.
Pendant que Daniel et Michel préparaient leur équipement de
plongée en eau profonde, Brigitte et moi avions très hâte de
nous rafraîchir. Sans attendre, nous avons sauté à l'eau
pour découvrir sous nos palmes un véritable jardin rempli
d'une étonnante variété de coraux et débordant de bancs de
poissons. Un régal pour les yeux... L'eau est d'une clarté
limpide et c'est merveilleux de se laisser flotter lentement
au-dessus de toutes ces beautés. Brigitte me montra du doigt
un corail dangereux qu'il faut absolument éviter de toucher
sous peine de ressentir une brûlure qui peut durer des
jours... Ce corail ressemble à petit arbre jaune moutarde
garni de grosses épines pointues...
Au bout d'une heure, Brigitte et moi étions prêtes à
retourner au dinghy mais juste avant de sortir de l'eau, on
aperçoit deux gros thons bleus et plein de poissons jaune et
gris qui nagent autour de nous... C'est génial ! Un endroit
magnifique, magique, qu'il me tarde de faire connaitre à nos
invités.
Puis, Brigitte et moi sommes repartis vers nos voiliers.
J'ai eu le plaisir de faire une visite à l'intérieur du
Voilier Sea Kite. Un petit bijou bien organisé, fonctionnel
et impeccable de propreté.
Quelques heures plus tard, nos hommes arrivent les mains
vides mais ils sont tout sourire. Ils ont plongé à trois
endroits différents sans trouver la moindre antenne de
langouste. Pas de chance !
On soupe d'un sauté de poulet brocoli et nous passons la
soirée à la fraîche dans le cockpit, sous une petite musique
douce que nous fermerons bientôt car le restaurant Le
Pirate, au bout de la baie, semble sur le gros party avec un
orchestre local qui rempli la baie de musique style
jamaïcaine...
Ce matin, c'est une nouvelle semaine qui débute sous un
soleil de plomb et sur une mer plate... À peine dix noeuds
de vent ! Décidément, les Alizés ne sont pas encore formées
! Sous grand génois, babord amure, nous partons vers Road
Town.
Silvie
Mardi
14 décembre,
Nous sommes arrivés dans la baie de Road Town vers 11h,
hier, et nous avons jeté l'ancre dans une eau brune et
odorante, caractéristique des ports. On file au quai des
douanes pour nous faire dire qu'il faut d'abord aller à
l'Immigration, à quelques rues de là, pour obtenir une
prologation de visa. On marche donc sous le soleil cuisant
dans les rues vibrantes et encombrées de la ville, passant
devant les boutiques de vêtements, bijouteries, tapis,
restos, petites épiceries locales pour enfin aboutir aux
portes des bureaux de l'Immigration qui est bondé de monde.
On prend un numéro et on attend dans une salle qui ressemble
à une salle d'attente de médecin mais avec l'air climatisé
et au bout d'un moment, on nous appelle au comptoir.
Pour renouveller notre visa, qui est échu aujourd'hui, nous
faire remarquer la commis d'un air méchant, il faut
rencontrer une agente. Nouvelle attente puis, on nous
appelle de nouveau et on entre dans un petit bureau où se
tient, toute droite, une belle femme noire vêtue d'un
élégant uniforme blanc et bleu, qui, d'un regard sévère,
nous pose beaucoup de questions : D'où venez-vous ? Quel
était votre dernier port ? Pourquoi voulez-vous rester aux
Vierges ? Comment vivrez-vous ? Avez-vous un contact ici ?
Quel sera votre port d'attache ? etc... Son expression reste
figée, de sorte qu'on se demande si nous obtiendrons cette
prolongation mais finalement, nos passeports sont
estampillés du sceau des Iles Vierges et il est noté que
nous pouvons rester jusqu'au 15 mai... Ouf ! On a eu chaud !
On paye les droits de renouvellement de 10 $ chacun et
maintenant, nous devons retourner aux douanes pour obtenir
le Temporary Importation qui permet à notre voilier de
rester dans les eaux britanniques (200 $).
Entre temps, on arrête manger dans un resto et comme je n'ai
pas très faim, je commande un hot dog. J'ai le choix entre
pizza, hamburger ou Great Dog... La serveuse sourit
bizzarement et je comprend, en voyant arriver ce monstre de
saucice, trois fois le volume normal et sûrement autant en
longueur, recouvert d'une pâte graisseuse genre pogo,
couchée dans un pain sec et froid, le tout déposé sur un
support en forme de chevalet et entouré de quelques frites..
L'horreur à 12.95 $ ! Je n'ai pris que quelques bouchées que
déjà le coeur me levait et ce fut mon seul repas de la
journée car même en soirée, je ne le digérais pas encore...
Il est déjà 15h. Maintenant, il faut trouver un endroit pour
remplir nos réservoirs d'eau. On fait le tour des trois
marinas du coin. L'une n'offre pas ce service, l'autre
semble déserte et la troisième, Village Cay, offre un quai à
10 $ de l'heure où il est possible d'obtenir de l'eau à 20
sous le gallon. On retourne au voilier, sortons les défenses
et les amarres, remontons l'ancre et nous nous dirigeons
vers le quai 25, de l'autre coté de la baie. La pression est
très basse et j'ai amplement le temps de faire un lavage
pendant que Daniel rempli les réservoirs. Je pars donc avec
mon petit chariot et me rend dans une buanderie tout près.
Ici, toutes les buanderies ont leur femme attitrée qui lave
et plie le linge des clients pour des frais minimum car il
est plutôt rare que les clients lavent eux-mêmes leur linge.
Je prends donc trois laveuses et demande du change à cette
vieille dame qui semble bien fatiguée et je démarre mon
lavage. En attendant, je vois cette pauvre femme sortir des
montagnes de linge qu'elle plie et range dans des poches.
Plutôt que de rester à rien faire, je lui offre de l'aider
et voilà que son visage s'illumine d'un sourire... Ainsi, je
passe plus d'une heure trente avec elle à jaser et à plier
des montagnes de linge. La vie des gens d'ici n'est pas très
différente de la nôtre. 5 jours de travail, 2 jours de
repos. Le coût de la vie est cher mais les salaires sont en
conséquence, toujours trop bas. Rima a eu 4 enfants dont
deux habitent Toronto. Elle ne leur a jamais rendu visite
encore... Elle travaille car elle n'a pas le choix et c'est
pour payer les études des deux derniers.
Bon, fini le lavage et le pliage, je salue Rima et retourne
au voilier qui est prêt à partir... On défait les amarres et
on retourne à notre ancrage. Il fait nuit déjà, on est
crevé.
Demain, on retourne ancrer à Peter's Island pour une
dernière plongée en compagnie de Brigitte et Michel qui sont
un couple adorable que nous aprécions beaucoup. Puis, il
sera l'heure de dire adieu et de partir vers Puerto RIco et
les Iles Vierges espagnoles qu'il nous tarde de découvrir...
Silvie
Mercredi le 15 décembre,
la journée d'hier était splendide et c'est avec une grande
joie que nous avons aperçu le voilier de Brigitte et Michel
dans la baie de Peter's Island. En arrivant, il nous tardait
de se rafraîchir et de plonger dans l'eau chaude et
transparente de la magnifique baie de Deadman qui est
entourée de plages de sable blanc, bordée de palmiers
exotiques et garnie de chaises longues et de parasols... Un
véritable paradis !
Palmes aux pieds, nous avons nagé jusqu'à Sea Kite afin
d'inviter nos amis à nager avec nous, ce qu'ils ont fait
aussitôt ! Quel plaisir de se retrouver à l'eau ensemble,
sous ce soleil de plomb... Puis, Daniel et Michel sont
partis en dinghy pour aller explorer les fonds marins tandis
que Brigitte et moi sommes parties du coté de la plage avec
l'intention de marcher dans le sentier qui mène au Resort...
Comme la marée était montante, Brigitte et moi avons trainé
le lourd dinghy le plus loin possible dans le sable et nous
l'avons accroché à un arbre, espérant que la petite
cordelette que nous avions ajoutée pour ralonger la corde du
dinghy tienne le coup !
Le trajet est superbe, un véritable jardin aménagé le long
du sentier présente la plus belle variété d'arbres et de
fleurs des Vierges avec comme arrière-plan la mer turquoise
qui aujourd'hui est plate comme un mirroir... Le Resort est
magnifique, avec sa belle boutique de luxe, ses grandes
terrasses, ses restos ouverts sur la mer mais, inquiètes de
notre dinghy, nous retournons rapidement, tout en savourant
cette belle journée ! Nous retrouvons notre dinghy encore au
même endroit et nous prenons une pause sur les chaises
longues mais notre repos sera de courte durée à cause des
moustiques qui nous tournent autour. On détache donc le
dinghy et Brigitte, d'une force surprenante, tire sur la
corde pour ramener le nez du dinghy face à la mer... Il nous
reste à pousser un peu et hop ! Nous voilà parties...
Le dinghy de Daniel est accroché derrière Sea Kite. Nous
descendons donc les rejoindre et Brigitte nous offre un
drink que nous savourons avec plaisir. Parle parle, jase
jase, la nuit tombe déjà et l'on se quitte après une belle
journée de retrouvaille.
De retour à notre voilier, Daniel ouvre une bouteille de
rosé frais et je crois que j'ai pris un verre de trop car
j'ai eu bien mal à la tête toute la nuit mais au matin,
après un bon café corsé, je retrouve mon énergie juste à
temps pour la visite de Michel et Brigitte qui viennent nous
saluer avant de partir vers Road Town... Quel couple
adorable et combien nous avons apprécié les beaux moments
passés en leur compagnie. Nous espérons les revoir en
janvier car ils pensent prolonger leur séjour aux Vierges de
quelques semaines... Espérons que Michel aura trouvé,
pendant notre absence à Puerto Rico, l'endroit où se cachent
les langoustes !
Nous partons sous un ciel gris, sous grand génois, babord
amure, sous un faible vent de 10 noeds, vers West End, où
nous passerons la nuit. En passant devant Nanny Cay, nous
essayons de communiquer avec Paul qui, par hasard, nous
répond... Quelle joie de l'entendre ! On se donne
rendez-vous ce soir à Soper's Hole ! Une belle soirée en
perspective !
Il est midi. On vient d'arriver à West End qui est rempli à
craquer. On attrape un mooring et on dine avant de descendre
visiter le coin, qui selon Brigitte, est magique ! Nous
attendrons à demain pour faire les douanes de sortie...
Silvie
Jeudi le 16 décembre,
Hier, nous sommes entrés dans la baie de West End, pleine à
craquer et avons attrapé un des derniers moorings car il est
difficile d'ancrer dans 60 à 80 pieds d'eau. Il est 13
heures et le temps est gris, presque à l'orage. Aussitôt
branchés sur internet, nous appelons Paul sur Skype pour
l'inviter à souper. Il accepte en nous disant qu'il arrivera
vers 18h30. Daniel me reconduit à terre ou je fais le tour
des boutiques qui regorgent de beaux vêtements, d'épices, de
souvenirs... J'achète deux T-Shirt à mon capitaine (Daniel)
et me retient pour le reste... Quel bel endroit que Soper's
Hole !
Daniel revient du quai à gaz ou il a rempli de le réservoir
du dinghy et je retourne au voilier avec l'épicerie du
souper. Il est déjà 17h. Nous sommes si contents et si
exités à l'idée de revoir Paul et Arlène qu'on se garoche
dans le ménage et dans la bouffe !
À 18h, Ma mise en place était faite, la table mise, le vin
au frais, les chadelles allumées, l'entrée de pétoncles
marinées dans le citron vert et dans le jus de pamplemousse,
aromatisée de poivre vert et rose, était prête à servir sur
une tranche fraiche d'ananas, coiffée d'une cerise rouge et
servie sur un lit de salade; la viande de boeuf était
précuite pour accélérer mon repas principal qui consistait
en un boeuf brocoli, le gateau au coconut décongelait au
frigo... Tout était prêt, il ne manque que nos invités qui
finalement nous ont appelé sur le VFH pour nous dire qu'ils
étaient au quai... Enfin ! Quelle belle soirée et
merveilleuse soirée en leur précieuse compagnie ! Décidément
Paul et Arlène sont adorables !
On a fini la soirée dans le cockpit, Arlène et moi
enmitouflées dans de chaudes couvertures polaires, tandis
que les gars, en chandail, ne semblaient même pas sentir le
vent qui ce soir hurlait... Déjà minuit ! On doit se
quitter... À regret ! Daniel les reconduit au quai pendant
que je fais la vaisselle au son de la génératrice.
Ce matin, le ciel est gris et il vente en rafale. Rien de
bien intéressant pour notre départ vers Culebra. Daniel est
parti faire les douanes de sortie. Il repassera par
l'épicerie car je viens de me rendre compte que je manque de
pain frais. Je préparerai des sandwiches pour la traversée
de 40 milles car le trajet risque d'être mouvementé avec ce
vent de 20-25 noeuds et les Tunderstorms annoncés pour les
deux prochains jours... Mais bon, ce n'est pas ce qui va
arrêter mon capitaine (Daniel) ! Alors, c'est le départ !
Suite...
La traversée a été fantastique ! Au départ, un ciel orageux,
20 noeuds de vent, une mer agitée, puis du clapot à l'abri
des Iles Vierges américaines qui, en passant ressemblent aux
Vierges Britanniques sauf qu'elles sont dix fois plus
peuplées et enfin, le soleil revient et illumine la longue
houle de 8 pieds, aussitôt passée l'ile de Savanah, qui nous
fait rouler agréablement, vent arrière. On roule à 8 noeuds
sous génois, babord amure et vers 15 h, on aperçoit Culebra
à droite et Vieques à gauche. Cap 280, on entre dans la baie
de Ensenada Honda où mouillent une quinzaine de voiliers
dans 25 pieds d'une eau brune. L'endroit paraît plutôt
sympatique et il nous tarde de descendre explorer les
environs...
Aussitôt ancrés, nous nous branchons sur internet sans
difficulté et tentons d'identifier l'endroit où il faudra
faire nos douanes d'entrée. Il semble que c'est à l'aéroport,
à une quinzaine de minutes de marche du Dinghy dock
restaurant et qu'il faut appeler avant de s'y rendre sous
peine de se retrouver devant une porte close... Nous
remettons donc à demain cette visite et en attendant, je
cuisine un gratin au fromage et une longe de porc à la
moutarde forte... Il est 17h, le soir tombe doucement...
Silvie
Vendredi le 17 décembre,
La nuit a été très confortable et fraîche et ce matin, le
soleil brille et c'est avec grande hâte que nous sommes
descendus à Dinghy dock Restaurant pour commencer notre
découverte de la ville, en commençant par la formalité des
douanes qui fut d'une simplicité désarmante. Nous avons
marché jusqu'à l'aéroport en longeant l'étroite rue
principale garnie de restaurants, quelques boutiques, petite
épicerie et ô surprise, un marché extérieur qui vend une
large variété de fruits et légumes... À quelques pas de là,
on accède à l'aéroport et au bureau des douanes où nous
sommes accueillis par un homme très sympatique qui nous
explique que nous pouvons rester autant que nous le désirons
dans le territoire de Puerto Rico sans devoir faire d'autre
formalité que celle-ci, puisque nous disposons déjà d'un
crusing permit américain. Nous n'avons donc pas à appeler
pour entrer à Puerto Rico ou Viéques, ni pour en sortir...
Par contre, si nous sortons du territoire, par exemple pour
retourner aux Vierges Britanniques et que nous décidons de
revenir à Puerto Rico, nous n'avons qu'un téléphone à faire
au bureau central et c'est tout ! N'est-ce pas merveilleux !
Culebra est une charmante petite île des Caraïbes située à
27 kms de Puerto Rico, 19 kms de St thomas et 14 de Vieques.
Cette île fut découverte par Christophe Colomb en même temps
que Puerto Rico en 1493... Bon... On va devoir reprendre nos
fouilles pour trouver des vestiges... L'île de Culebra peut
atteindre une altitude de 198m avec le mont Resaca. Cette
île se compose de plusieurs baies et péninsules ce qui rend
le port de Ensenada Honda l'un des ports maritimes des
Caraïbes les plus sûrs. Sa superficie est de 30.1km2 pour
1868 habitants.
La plage de Flamenco, qui s'étend au nord à perte de vue,
semble d'une grande beauté et elle est accessible en dinghy,
en passant sous un pont levis. Nous sommes donc revenus
porter nos papiers de douanes et nous changer pour partir à
la plage. Naturellement, nous apporterons nos palmes et
tubas car il nous tarde de découvrir les fonds marins qui,
supposément, regorgent de langoustes... On espère donc
attirer Michel et Brigitte dans ce territoire magnifique de
Puerto Rico !
Silvie
Samedi le 18 décembre,
hier, alors que nous nous dirigions en dinghy vers le canal
qui mène à la magnifique plage de Flamenco, notre moteur de
dinghy a fait un son bizzare et s'est arrêté abruptement.
Daniel redémarre et poursuit sa route mais encore une fois,
le moteur arrête... Après 3 arrêts, on décide de revenir au
voilier pour trouver le problème. Au retour, même chose,
trois arrêts et c'est de justesse qu'on attrape la jupe du
voilier pour monter à bord. Irrité, Daniel passe une partie
de l'après-midi à démonter le moteur Yamaha pour se rendre
compte qu'une pièce, toute petite, qui sert à alimenter en
essence le moteur, est défectueuse.
Nous fouillons internet pour trouver, sans trop y croire,
cette pièce ici à Culebra mais nous ne trouvons rien. Daniel
doit donc commander la pièce à Puerto Rico. Hélas, le
vendeur doit aussi commander cette pièce qu'il faudra
attendre une à deux semaines et qui arrivera à Fajardo, là
où nous serons vers ces dates...
Pendant que Daniel s'affairait sur son moteur et ses
recherches de pièces, j'ai commencé à lire un livre d'Aron
Ralston : 127 Hours between a rock and a hard Place. Il
s'agit d'un alpiniste de 32 ans qui est parti en solitaire
faire une randonnée de trois jours dans le désert de l'Utah
et qui, lors d'une descente dans une faille, a reçu sur la
main gauche une roche d'une tonne le gardant prisonnier
contre la parois, dans une zone déserte, alors que personne
n'est au courant de l'endroit où il se trouve...
C'est palpitant et cela me fait penser à Joyti, le fils de
ma meilleure amie, qui est un accro d'alpinisme et qui fait
souvent des randonnées et escalades seul dans les montagnes
de la Colombie-Britanique où il habite. Il aime prendre des
risques qui lui procure de l'adrénaline et le stimule. Cela
me fait aussi penser à mon fils Olivier qui prend aussi des
risques en partant seul grimper des montagnes et dormir à
moins 40 degrés dans sa tente d'hiver... Ces personnes qui
se dépassent continuellement, repoussant sans cesse leurs
limites, m'impressionnet au plus haut point et demeurent
pour moi des héros !
Pour en revenir au dinghy, Daniel a collecté l'entrée
d'essence directement sur le moteur, au lieu de passer par
la connection habituelle et le dinghy roule comme un neuf.
Nous sommes donc prêts pour reprendre la journée d'hier et
cette fois, sortir nos vélos pliants et parcourir les
quelques rues de la ville afin de découvrir les plages qui
se cachent du coté nord de l'Ile... Espérons qu'il n'y aura
pas d'autres pépins sur nos projets de la journée ! Et vive
l'aventure !
Le soleil est déjà haut dans le ciel. La journée sera
superbe !
La magie de Culebra...
nous sommes partis en dinghy pour explorer le nord de l'Ile
et en passant devant le resto Dingy dock, j'aperçois un
vieil homme, barbe blanche, casquette de marin, vêtu d'une
blouse jaune... J'ai vu cet homme hier et j'ai remarqué sa
belle énergie... Je le salue. Il me répond d'un large
sourire... En passant sous le pont, nous avons longé un
étroit chenail qui traverse la mangrove et débouche sur la
mer. De part et d'autre du chenail, on découvre des petits
restos terrasse, des boutiques de plongée, des quais et
beaucoup d'activités... On aperçoit beaucoup de gros ignanes
orange et gris qui se prélassent sous les cliks des caméras
des touristes émerveillés... À gauche, à mi-chemin, nous
apercevons un quai à gaz et entrons dans un petit magasin
général pour trouver des rames et enfin remplacer les
planches de bois trouvées aux Bermudes... Ramos en espagnols
car Hoak, personne ne connait... Mais aucune ramos à vendre...
Nous demandons pour de l'essence mais la station n'est plus
opérationnelle... Il faut aller à pied, en ville, et marcher
vers le nord car aucun quai ne permet le débarquement de ce
coté de l'Ile où seul arrêtent les ferry faisant la navette
entre Puerto Rico, Vièques et Culebra...
Nous continuons jusqu'à la mer, pour au moins voir la plage
qui est magnifique... L'eau est turquoise et calme et l'on
se dit que ce serait un très beau mouillage d'où nous
pourrions nous baigner autour du voilier... On retourne sur
notre chemin, constatant par nous-même qu'il n'y a aucun
quai à dinghy et nous repassons devant le Dinghy dock
restaurant. Mon vieil homme est toujours là, comme s'il
m'attendait... Je demande à Daniel d'arrêter car je veux
parler à cet homme... On accroche le dinghy et l'homme se
lève pour payer son addition. En passant près de moi, je lui
adresse la parole... Bonjour Sir... Il me regarde de ses
grands yeux bleus et me salue chaleureusement... We are
looking for Hoaks... Il ne semble pas comprendre... Je mime
le mouvement des rames et il ajoute : ramos... Ah, not here,
it is a little place, no ramos... Il hésite un peu, semble
réfléchir et tout à coup il dit, tout content : but I have
some in my house and I can give it to you... Wha !
Thanks...We will pay you... Il sourit et Daniel l'accompagne
jusque chez lui, à dix minutes de là à pied...
Pendant ce temps, je retourne derrière le resto où j'ai vu
hier une femme qui vendait des bijoux sur une table, au coin
de la rue... J'avais remarqué un petit vase en argent et en
pierre verte, finement ciselé, avec un bec en forme d'oiseau
et sur le couvercle, une petite souris au centre de trois
papillons très délicats... Le vase est orné sur 3 faces par
un pan, un dragon, une grenouille... Il est superbe et
depuis que je l'ai vu, il m'a hanté toute la nuit... Je
tenais à l'avoir mais je craingnais qu'il soit déjà vendu...
La femme est toujours assise là, j'avance et mon vase est
encore là, quelle joie ! Il y a aussi 4 petits plats
sculptés dans du mohagami, avec chacun une petite cuillère
miniature, finement travaillées... J'en ai vu dans les BVI
et chaque petit plat coûtait 40 $... Je m'informe du prix et
elle semble incertaine... Je lui offre 40 $ pour les 4 et
elle accepte, en me disant que je suis la seule qui a
remarqué son vase et que pour cette raison, elle me les
laisse à ce prix... Et que de plus, elle a besoin d'argent !
Je jubile ! Moi qui fait de la sculpture, je sais le travail
qu'il faut pour creuser ces petits plats, l'habileté
nécessaire pour tailler ces fines cuillères et les polir à
ce point... Je suis folle de joie... Je me vois déjà servir
des entrées de conches ou de pétoncles dans ces petits vases
qui feront sûrement un grand effet... En tout cas, moi je
suis heureuse car ce sont des joyaux...La femme me les
emballe dans du papier froissé, je range le tout dans mon
immense sac à main et je retourne attendre Daniel au resto,
en me commandant un gros déjeuner. Je n'ai pas le temps de
sortir mon livre de lecture, qui est si passionnant que je
le traine avec moi, que déjà Daniel arrive tout sourire,
avec une longue rame de kayack noire et blanche...
Il s'assoie et me raconte qu'il a offert à l'homme de lui
payer mais celui-ci n'a jamais voulu, sois disant parce que
ces rames sont magiques et qu'il les a trouvées après avoir
rêvé qu'il se promenait en kayack... En marchant, il trouve
cette rame... C'est déjà un début dit-il... Le kayack suivra
bientôt... Effectivement, cet homme est un honorable
professeur de piano d'une université de Puerto RIco qui a
pris sa retraite à Culebra et qui, pour se faire un petit
revenu, donne des cours de piano... L'un de ses étudiants ne
pouvant le payer, lui offre un kayack... La magie s'était
opérée, avait-il dit à Daniel en lui faisant promettre de ne
jamais vendre ses rames magiques mais de les donner s'il
n'en voulait plus...
Je termine mon déjeuner et on retourne au dinghy. Devant le
quai, 5 immenses poissons gris ressemblant à des requins
semblent attendre des restes de nourriture... Wha ! Ils sont
énormes... La serveuse nous dit que ce sont des Taipons, une
espèce protégée...
Nous nous dirigeons vers le quai municipal pour aller
chercher de l'essence pour le dinghy et nous marchons dans
la rue qui monte vers la mer du coté nord... Je laisse
Daniel continuer car je suis devant une petite boutique qui
affiche de superbes robes de soie aux couleurs de la mer
pour un prix ridicule... On doit se retrouver sur cette même
rue plus tard... Hélas, elles sont soit trop grande, soit
trop petite et je reprend le chemin vers la mer... Devant
moi, je reconnais mon vieil homme en jaune qui discute avec
un homme en train de peindre une murale... Nous nous
reconnaissons et je le salue chaleureusement en le
remerciant pour ses rames magiques, qui, j'en étais
persuadée, nous porteraient chance... Il me présente son
ami, un historien et artiste de la place et il me parle de
l'histoire de Culebra, de la résistance du peuple qui a mis
fin aux essais militaires... Il me montre, sur une chaise,
une pile de livres qui raconte la mort de 9 personnes qui
ont permis la libération de Culebra et me dit que c'est son
ami qui l'a écrit... Le livre est en espagnol et j'hésite
car je ne parle pas espagnol mais l'homme me répond que
c'est la meilleure façon de l'apprendre... Je l'achète avec
plaisir et j'invite notre généreux donateur à venir prendre
un drink sur notre bateau... Il accepte avec joie... Daniel
revient avec son bidon rempli d'essence et nous remontons la
rue jusqu'au dinghy et jusqu'au voilier...
Il vente à écorner les boeufs mais le vent est chaud, malgré
un timide soleil... Nous prenons place dans le cockpit et
l'homme, qui est un être charmant et passionné, nous raconte
comment s'est soulevé le peuple, comment lui et ses
étudiants ont pris place devant les militaires qui les ont
chargés, massacrés, emprisonnés et relâchés car, au total,
ils étaient 1000 à contester la présence des militaires,
1000 à défendre leur territoire, 1000 à s'offrir en
pature... Transportés par bateaux à Puerto Rico, aucune
prison ne pouvait les prendre en charge car ils étaient trop
nombreux et sans dossier... Ils ont du les relâcher et c'est
ainsi qu'ils ont réussi à reprendre leur ile... À force de
l'écouter, avec détails, je comprend que j'ai devant moi
l'instigateur de ce mouvement de résistance... Quand je lui
en fait la remarque, il rit et dans ses yeux, le soleil
brille...
Nous passons plusieurs heures à parler philosophie, musique,
art, protection de la terre... Il est intarrissable et c'est
un plaisir de l'entendre raconter son histoire, ses voyages
autour du monde, sa vie avec des chevaux, ses concerts...
Tout un personnage !
Vers 15 heures, il nous remercie et Daniel retourne le
reconduire à terre... Une belle rencontre que je n'oublierai
pas de sitôt...
Le soir tombe, on reste au voilier et on remet à demain
matin notre déplacement de l'autre coté de l'Ile, là où sont
les coraux d'un coté et la mangrove de l'autre... Ça promet
!
Silvie
Dimanche le 19 décembre,
Il est midi et le soleil rayonne dans un ciel bleu entouré
de petits nuages blancs et floconneux. Il fait 30 degrés, à
peine 10 noeds de vent et nous venons d'arriver dans la
magnifique Baya de Almo do Var dont l'eau turquoise est
abritée des vagues par une chaine de corail noir. Au centre
de la baie, deux petites Iles entourées de mangrove : Las
Pelas. Nous sommes le seul voilier dans ce coin de paradis
et à notre grande surprise, nous captons internet à 97 %.
Nous avons grande hâte de plonger pour nous rafraîchir et
découvrir les trésors cachés sous notre coque. Mais avant,
je meurs de faim, n'ayant pas déjeuner. Quant à Daniel, il
ne peut attendre et déjà il est dans l'eau, palmes aux pieds
et masque de plongée...
Nous n'en sommes qu'au début de notre découverte des Iles
Vierges Espagnoles que déjà je suis enchantée. Tout me
semble plus beau, plus sauvage et plus amical... Sans parler
qu'ici, tout est abordable... Il se peut qu'avant la fin de
l'après-midi, nous partions explorer Culebrita et son parc
national qui est un refuge d'animaux sauvages, dont des
tortues, des pélicans rose, des perroquets... En face, la
plage de Zoni et son lagon bleu...
En attenant, je viens de terminer mon grill cheese et je
suis prête à rejoindre mon capitaine...
Nous étions
seul dans la baie mais dans le temps de le dire,
trois voiliers sont arrivés et malgré que la
baie soit immense, ils se sont collés près de
nous. Entre temps, nous sommes partis en dinghy
pour nous rendre sur la barrière de corail et
jeter l'ancre dans un trou de sable. Une petite
plongée pour découvrir des tonnes d'oursins et
un jardin de conches au travers des coraux
épars... Quelques rares poissons jaune et bleu
et du sable blanc, très doux, comme de la
poudre... J'ai bien regretté de ne pas avoir
apporté ma caméra car nous sommes passés à coté
d'un flamand Blanc, qui, impassible à notre
présence, semblait prendre plaisir à faire le
beau, perché au milieu des coraux. Un local, en
dinghy, marchait à pied dans l'eau près des
mangroves et en passant près de lui, nous nous
sommes rendus compte que son dinghy était rempli
à craquer de conches... Wha ! Une montagne de
conches ! Il doit sûrement approvisionner les
restaurants du coin ! Quant à nous, on a laissé
passer pour cette fois-ci notre envie de
cueillir des conches, étant saturés depuis la
dernière fois...
Il est 15h. On entend les autres voiliers se
parler en anglais. Ils semblent se connaître...
Adieu ma douce solitude ! On décide néanmois de
coucher ici car l'endroit est trop magnifique,
l'eau trop turquoise et chaude et de plus, nos
plans ont changés. Demain matin, nous partons
pour une autre réserve naturelle, Los Penas où
les sites de plongées semblent de toute beauté
et, semble t'il, il est possible d'apercevoir
des dauphins... En attendant le coucher de
soleil, c'est l'heure d'un drink sous un petit
vent carressant ! Décidément, les îles
espagnoles sont géniales !
Silvie
Lundi le 20
décembre,
nous sommes partis tôt ce matin, après un
expresso serré, sous un pâle soleil, avec un
vent inhabituel du sud-ouest, vers l'Ile de Luis
Penas, à 5 milles de notre mouillage, que nous
avons contournée du coté sud pour aboutir à une
magnifique et immense plage baignant dans une
eau turquoise et limpide où quelques kayaquistes
faisaient de la plongée alors que d'autres
étaient étendus dans le sable...
Nous avons jeté l'ancre et Daniel est parti en
dinghy explorer les environs pour trouver les
bancs de coraux. Pendant ce temps, je prépare le
diner. Daniel revient enchanté. Il a plongé et
découvert de merveilleux coraux très colorés et
remplis de poissons qu'il aimerait que je
retourne voir avec lui... Mais j'ai mal à la
tête et je n'en ai pas envie pour l'instant, me
disant que je me reprendrai plus tard. On dine
et on repart en voilier. En contournant la
pointe de l'ile, nous arrivons à une autre baie
aussi magnifique que la première et nous
descendons en dinghy qu'on accroche dans le
sable sur la plage... De là, nous partons à la
nage pour découvrir les fonds marins qui sont
superbes, différents des Vierges Britanniques,
avec d'autres varitétés de poissons et d'autres
coraux. Après une heure dans l'eau, nous
revenons et passons un bout de temps sur la
plage à explorer les lieux qui sont une réserve
de tortues dont nous ne verrons, hélas, aucune
trace sinon des petits trous ronds dans le sable
qui indiquent peut-être des zones de pontes...
Le temps est superbe, il fait très chaud et le
vent vient de tourner au nord-est et je n'ai
plus mal à la tête, alors la vie est belle.
Nous retournons au voilier et continuons de
faire le tour de l'ile. Encore d'autres plages,
d'autres baies... On jette l'ancre encore et
Daniel retourne explorer en dinghy, à la
recherche de beaux endroits où plonger. Il est
15 h. Nous avons déjà fait trois arrêts et nous
sommes rendus au nord de l'ile. De là, nous
aperçevons une belle baie du coté nord-ouest de
Culebra : la baie Tamarindo et nous décidons
d'aller y jeter un oeil...
Nous traversons donc les 3 milles qui nous
séparent et ancrons dans la baie, devant une
autre magnifique plage où quelques personnes se
baignent... Derrière, il y a un lagon mais nous
n'avons pas le temps de marcher au travers de la
forêt pour le visiter, nous contentant d'une
autre sortie en dinghy pour repérer les coraux
et finalement, il est l'heure de retourner à
Ensenada Honda où nous devons faire une petite
épicerie avant de repartir, demain matin, vers
l'Ile de Vièques qui est à 35 milles d'ici...
Décidément, Culebra est un endroit merveilleux
où le choix des baies et des plages est vaste et
le village très sympatique. Un bel arrêt qu'il
nous plaira de faire connaitre à nos invités au
retour de Puerto Rico.
Silvie
Mardi le 21
décembre,
Viègues la magnifique !
Pourquoi faut-il que les dernières piles de
ma caméra me lâchent dans le plus beau bout
de mon voyage ? Elles étaient pourtant
neuves, achetées à Tog Bay, et mises hier
dans ma caméra mais elles n'ont fonctionnées
que 5 minutes, le temps de poser la pleine
lune de la baie de Culebra...
Nous sommes partis ce matin, vent derrière,
grande voile et génois à tribord, 15 noeuds
de vent, sous un ciel voilé... Daniel a
attrapé deux poissons au départ de la
traversée : un qui s'est décroché de
lui-même et l'autre qui est arrivé mangé de
moitié par un plus gros poisson... Domage !
Puis, l'Ile de Vièques est devenue de plus
en plus claire... De loin, on aperçevait
déjà des plages immenses et en tournant le
coin est, encore des plages et des plages
sans fin... Il était midi, on décide
d'arrêter dans une baie magnifique. Une
bouée blanche avec un écriteau orange qu'on
n'arrive pas à lire ne nous inquiète pas. Il
doit s'agir d'un haut fond. Deux pêcheurs
nous lancent des bye-byes... On avance dans
la baie, l'eau est turquoise... Pas un chat
sur la plage bordée de palmiers, avec un
petit lagon qu'on aperçoit... Il y a des
pancartes plantées aux 15 pieds mais on
n'arrive pas à lire... Peu importe, on jette
l'ancre et exités, on met le moteur sur le
dinghy et nous partons explorer... Ça y est,
on peut lire et c'est avec étonnement qu'on
découvre : zone interdite, dangeureuse,
explosive. Défense d'approcher ! Ah bon...
C'est incroyable ! Un si bel endroit !
On dine et on décolle... On roule le long de
la partie sud de l'ile qui est d'ailleurs
toute en longueur, belle, bordée de plages,
l'une après l'autre, sans fin... C'est
magnifique !
FInalement, on se rend jusqu'à Ensenada Sun
bay qui est mon coup de coeur. De part et
d'autre, des plages, des roches comme aux
Bath, deux petites iles rondes et hautes
gardent l'entrée, des voiliers sont ancrés
et il y a plein de quaies qui donnent sur
des petites maisons qui ressemblent à des
restos ou des boutiques... Je ne sais pas
encore mais c'est de toute beauté et il me
tarde d'aller découvrir cet endroit de rêve
et d'en savoir plus...
Il est presque 16h. Le soleil est revenu et
la baie nous appelle...
Nous avons accroché notre dinghy le long
d'un vieux quai de bois, au bout de la baie.
Il y en avait un autre plus proche mais
aucune indication à l'effet que c'était un
quai à dinghy... On a donc pris le dernier
quai, le plus éloigné, qui lui n'ont plus
n'avait pas d'indication... C'est un vieux
quai avec des planches manquantes sur le
dessus mais il fait clair et beau et,
rapidement, on saute sur la plage pour nous
rendre au centre-ville... On sort par une
entrée, derrière une boutique de location de
moto... Tiens, ce serait peut-être une idée
pour demain... On avance et c'est plein de
monde... On dirait que cela sent la fête...
De la musique qui sort de partout, des
marchants ambulants qui vendent des toiles
magnifiques, des bijoux, des pierres
précieuses... D'un coté, une large promenade
en ciment qui longe la mer, avec des bancs,
des alcoves, des escaliers qui descendent à
la mer... L'eau est si claire, si propre...
Tiens, des jeunes femmes qui se baignent...
D'autres sont étendus sur la plage... De
l'autre coté, des restos ouverts,
accueillants, diversifiés... Et il y en a à
profusion !
Espéranza est un endroit fantastique,
génial, merveilleux... Bref, je suis aux
anges ! C'est le paradis ! Cela me fait
penser à Playa del Carmen au Mexique, avant
que ce soit trop développé... Des plages
immenses, sans fin, une eau transparente,
turquoise... En tout cas, je suis emballée
et je pense bien que nous passerons Noel
ici... En remontant la rue, nous regardons
tous les menus : chinois, mexicain,
européen, local, souchis... Je meurs de faim
mais je veux absolument trouver des piles
pour ma caméra car une image vaux mille mots
!
Au bout de la rue, un resto avec une
terrasse qui donne sur notre voilier : Les
Alizés... Spécialité Homard ! On arrête pour
s'informer du prix... 1.50 l'once ! Wha ! On
s'informe pour une épicerie pour nos piles
et la femme nous donne des indications... On
poursuit dans une petite rue mignonne comme
tout. La végétation est luxuriante. Un homme
se promène à cheval... Une petite auberge à
droite... Une villa à vendre à gauche... Et
nous voici dans une petite épicerie bien
garnie... On ramasse nos piles, je trouve
enfin une teinture blonde pour rafraîchir ma
couleur, une huile locale rafraîchissante à
la menthe et nous repartons vers Les Alizés
pour souper...
Je viens de manger le meilleur homard de
toute ma vie, cuit dans le rhum épicé. Un
pur délice qui fondait dans la bouche !
Servi avec du beurre à l'ail, des pommes de
terre, du brocoli, de la salade et pour
finir, une tarte glacé à la lime... Ah, quel
souper ! Et quel excellent service ! Le tout
pour 38 $ par personne... On est plein mais
un peu fatigué... On retourne au dinghy
qu'on trouve bien loin et dans un endroit
très noir... Heureusement, j'ai toujours sur
moi ma petite maglight et nous avançons main
dans la main sous la pâle lumière, évitant
une roche, une buche et les trous sur le
quai...
De retour au voilier, Daniel entend du bruit
autour de la coque, comme si des poissons
sautaient autour... Il va chercher son gros
spot et éclaire l'eau... Tout à coup, une
centaine, peut-être même un millier de
petits poissons blancs sautent hors de
l'eau... C'est incroyable ! Partout où on
met le gros spot, ils sautent hors de l'eau
et tout devient blanc, frétillant... C'est
génial !
Silvie
Mercredi 22
décembre,
Ce matin, à peine je terminais mon café que
Daniel était prêt à aller explorer les
environs en dinghy... J'embarque car j'ai de
nouvelles piles et j'ai hâte de prendre des
photos. Nous nous dirigeons vers l'Ile à
tribord et nous la contournons. Cela semble
un bel endroit de plongée et nous y
reviendrons sûrement avec nos palmes et
tubas. On file ensuite vers la plage à
droite du village Espéranza... L'eau est si
claire, les plages si longues, si blanches
mais en approchant, on découvre beaucoup de
varesh sur la plage... Si j'avais un rateau,
je pense que je m'amuserais à nettoyer les
plages ou encore, je partirais un projet de
nettoyage des berges comme j'ai fait au Lac
St-Jean dans mon jeune temps...
On sent que la ville n'est pas encore très
organisée, depuis le départ de l'armée...
D'ailleurs, à la fin de notre promenade en
dinghy, qui a duré plusieurs heures et qui
nous a fait débarquer sur plusieurs plages,
contourner les deux iles devant la baie,
nous sommes descendus à terre et j'en ai
profité pour questionner un viel homme,
tranquillement assis sur un banc public.
Félix est un local qui est né ici à Viéques
et qui, contrairement à l'article dont le
lien ci-après est titré : Vièques, paradis
perdu, Félix prétend que la ville est morte
depuis le départ de l'armée et qu'à l'époque
où ils étaient ici, tous les restaurants
étaient bondés, l'argent coulait à flot et
il y avait du travail pour tout le monde...
Bon, son point de vue est contraire à tout
ce que nous avons lu et entendu... Il devait
travailler pour l'armée...
Enfin, nous le saluons et continuons notre
enquête... Hélas, les seules personnes que
je rencontrerai en cette journée
ensoleillée, seront des américains...
Naturellement, ils pensent comme Félix !
Nous n'en saurons pas plus sur le mystère de
Vièques, pour le moment...
Bref, on marche dans les rues, prenons des
photos, j'entre dans toutes les boutiques,
discutent avec des gens, achète de beaux
livres sur Viéques, arrêtons déjeuner chez
Belly's Bottom d'un bagel fromage et
retournons sur la plage, au dinghy et retour
au voilier...
Ce soir, gros party en ville. Musique,
tacos, danse, orchestre... En attendant, on
repart faire de la plongée sur l'ile en
face... Je viens de transférer mes photos et
la plupart sont trop sombres. Je suis une
piètre photographe et l'ajustement était sur
l'icone de nuit sans que je m'en aperçoive.
Je devrai donc me reprendre demain ! Par
contre, il y en a de très belles sur le lien
ci-après...
http://picturetank.com/___/series/3bc4e52f847bb09f47e867c2ceb20843/en/a/Vieques,_un_paradis_perdu.html
Silvie
Jeudi le 23
décembre,
ce matin, nous avons perdu beaucoup de temps
à tenter de nous connecter sur internet.
Hier tout fonctionnait mais ce matin, nous
sommes incapables de nous brancher... Quel
est donc ce mystère à la veille de Noël où
nous avions l'intention d'appeler nos
proches ?
On a levé l'ancre et nous avons rapproché le
voilier de la baie et des serveurs, mais
toujours rien, aucune connection possible...
Finalement, nous avons lâché prise et nous
sommes partis en dinghy, avec nos vélos
pliants, pour une promenade en vue de nous
rendre à Mosquito Bay, la baie
phosphorescente unique au monde... Après une
dizaine de milles de route asphaltée, sous
un soleil de plomb, nous avons croisé un
petit chemin de terre battue et nous avons
décidé de nous y aventurer... Au bout de 15
minutes dans ce sentier raboteux, nous avons
passés dans des trous de vase et d'eau,
monté une côte abrupte, roulé dans de la
bouse de cheval, pour finalement,
redescendre à pic et arriver dans un étroit
passage étroit qui donne sur une mangrove...
Était-ce la baie de Mosquito ? Si j'en crois
les piqûres de moustiques que nous avons sur
le corps, je pense que nous étions à la
bonne place. Hélas, l'eau n'est
phosphorescente qu'à la nuit tombée...
Nous sommes donc repartis à rebrousse
chemin, repassant dans les trous d'eau qui
éclaboussent nos beaux vélos neufs, grimpant
la côte à pied car je suis brûlée, glissant
dans le sable pour enfin arriver à la route,
assoiffés et crevés (du moins moi je
l'étais) ! Comment se fait-il que je n'ai
pas apporté une petite bouteille d'eau dans
mon sac à dos ? Je me jure qu'on ne m'y
reprendra plus...
On roule encore et on arrive devant l'entrée
de la plage Sun bay qui est rempli de
chevaux sauvages qui broutent de ci de là...
On entre et passons tout près de chevaux qui
nous regardent d'un oeil méfiant mais sans
broncher. Une mère nourrit son poulin. Un
attroupement d'une dizaine de chevaux sont à
l'ombre d'un arbre. D'autres sont par petits
groupes et broutent de l'herbe... C'est
magnifique ! J'ai grande envie de débarquer
et de tenter de les approcher mais je meurs
de chaleur et je n'ai qu'une envie : plonger
à l'eau...
La plage est magnifique et il n'y a que
quelques personnes qui marchent et qui se
baignent. Je laisse le vélo à coté d'un
coconotier et je courre plonger dans l'eau
cristaline et chaude... Quel bonheur !
Daniel, qui était vêtu de jeans pour parer
les insectes, ne désire pas se baigner. Il
se contente de tenter de faire tomber une
noix de coco d'un arbre en tirant sur les
grappes avec une noix trouvée par terre. Il
réussit enfin à en faire tomber un et essaie
d'ouvrir l'enveloppe verte pour trouver un
coeur noir et vide... Dommage, j'avais si
soif !
Nous repartons vers la ville avant de
mourrir de soif et enfin, nous nous arrêtons
au Belly Bottoms restaurant pour prendre une
bière fraiche et diner d'un hamburger... Il
fait si chaud ! On passe à l'épicerie
acheter de la bière et de la glace et nous
retournons au voilier, après avoir démonté
les vélos et les avoir emballé dans leurs
sacs de transport...
Et voilà qu'en arrivant, internet fonctionne
! Merveilleux !
Ce soir, il y a un gros party en ville et
nous nous reposons pour y participer en
soirée.
Une autre belle journée sur Vièques la
magnifique !
Silvie
Vendredi
le 24 décembre,
hier soir, nous sommes descendus en ville,
vers 21h, pour le party chez Belly Bottons
restaurant auquel nous avait convié le
propriétaire. Il y avait une belle jeune
fille derrière une installation de fortune,
qui préparait des tacos, soit au boeuf, soit
au poulet. Tous les condiments étaient à
l'avant et chacun garnissait son taco, dès
qu'on appelait le client par son nom... Nous
avons pris une table sur la terrasse. À
notre droite, 3 jeunes couples de japonais
discutaient en riant. À l'avant, quelques
couples de touristes mangeaient allègrement.
Un disque jokey avait été engagé pour faire
de la musique et son installation était
assez archaïque. Deux tourne-disques et des
gros haut-parleurs... Le choix musical était
excellent, tiré de musique du monde mais le
grinchement des disques ainsi que les sauts
probablement occasionnés par des stries sur
les disques de vinyles donnaient à cette
petite fête un air surréel. L'homme,
derrière la musique, passait sans cesse une
petite brosse sur les disques mais rien n'y
faisait... C'était assez cahotique ! Peu
importe, la soirée était chaude, les tacos
sentaient bons et la bière était fraîche...
Enfin, on nous appelle et nous nous
présentons devant le bar à tacos. Dans un
plat de plastique ovale, deux tacos mous
remplis de gros cubes de boeufs... Et bien,
on est loin des tacos du Mexique mais bon...
On ajoute de la garniture sans trop savoir
ce que les plats de condiments contiennent
et on retourne à notre table, affamés. Whaw
! C'est piquant ! On dirait ma salade de
conche ! Ouf ! Vite, une autre bière pour
éteindre le feu...
Vers 10h30, le resto était presque vide et
nous avons décidé de mettre fin à ce gros
party qui était plutôt tranquille,
contrairement aux autres soirs d'où, du
voilier, les Tam-Tam et la musique
résonnaient jusqu'à nous, se mêlant aux cris
des participants ! Nous marchons sur la
promenade qui est assez achalandée... Ce
soir, tous les restos ont leur party et leur
musique mais rien de bien soulevant... On
décide de retourner au voilier et de finir
cette soirée dans le cockpit, avec un bon
drink au rhum...
Ce matin, le soleil brille et le vent est du
nord-ouest, ce qui est exceptionnel. Un vent
qui nous porterait directement aux BVI mais
qui est contraire à notre destination
prochaine, soit Puerto Rico où nous pensons
nous rendre dès demain...
En attendant, au menu, plongée autour de
l'ile en face et après-midi à la plage aux
chevaux... Dès que nous aurons diné de
crêpes au sirop d'érable !
Je ne sais pas, ce soir, s'il y aura une
fête au village ou non et si nous aurons
envie d'y participer ou non mais en
attendant, je souhaite un joyeux Noël à
toutes nos familles, amis et lecteurs...
Puisse cette journée être remplie de paix et
d'amour !
Silvie
Samedi le
25 décembre,
Toute bonne chose à une fin et nous quittons,
en ce frêle matin pâle, Esperanza la Rebelle,
pour nous rendre à Puerto Rico, à une 20
taine de milles à l'ouest, cap vers Puenta
Guyanes où nous espérons trouver un
mouillage sécuritaire pour quelques jours
avant de nous rendre à Palma Del Mar pour
accueillir nos premiers invités. Nous
reviendrons à coup sûr à Esperanza pour
profiter des magnifiques plages et de
l'ambiance festive du village.
Pour l'instant, le vent est faible et sans
direction... Daniel écoute la météo sur le
VHF qui annonce du vent de l'est-nord-est de
15-20 noeuds qui nous poussera, babord amure,
sous grand génois, vers notre destination
temporaire, espérant trouver une épicerie,
buanderie et magasins générals...
Hier soir, alors que nous soupions sur la
terrasse donnant sur la mer, chez Duffy's
restaurant, offrant plus de 40 variétés de
bières importées, nous avons vu passer un
cheval sauvage en pleine rue principale. Il
s'était sûrement perdu et ne pensait
certainement pas se retrouver au milieu de
la foule étonnée... Il a poursuivi son
chemin sans que personne ne l'arrête,
trottinant vers la montagne au bout de la
rue... Non loin de moi, un chien errant qui
semblait avoir une patte cassée, attendait
piteusement qu'un client lui donne un reste
de table, ce que je me suis empressée de
faire... Beaucoup de chiens se promènent
dans le village, sans collier, calmement,
sans but, sous l'oeil indifférent des
touriste qui sont plutôt jeunes ici, entre
25 et 35 ans, de nationnalités diverses :
allemands, espagnols, chinois, américains et
qui tous se promènent en long et en large
sur la longue promenande donnant sur la mer
et offrant ce soir un magnifique coucher de
soleil rouge derrière les mats des dizaines
de voiliers ancrés dans la baie...Après un
repas léger, nous sommes revenus au voilier
car nous avions envie de calme et de repos,
loin de la musique tonitruante qui sortait
de tous les restaurants, espérant attirer la
clientèle qui semblait s'être donnée le mot
pour souper chez El Quenepo, au bout de la
rue, sous un décor plutôt classique et dans
une ambiance réservée.
Sous une petite brise chaude et caressante,
nous avons terminé la soirée dans le
cockpit, en regardant les lumières de la
ville qui illuminaient la mer de fins
glaçons colorés... Enfin, un petit Noel qui
me remplie d'aise et de paix !
Silvie
Dimanche
le 26 décembre,
Nous sommes arrivés dans la baie de Guyanes,
à Puerto Rico, tard en fin d'après-midi,
après une belle traversée de 4 heures, sous
un ciel plutôt gris. La baie est vraiment
splendide mais hélas, pas très bien protégée
des vents du nord-est qui font rouler
fortement le voilier de gauche à droite, au
point où Daniel mettra une deuxième ancre
pour garder le voilier nez face aux
vagues... La nuit ne sera pas très
confortable et au matin, nous décidons de
remonter vers Palma del mar et de profiter
de cette magnifique marina, toute neuve, qui
offre tous les services de base, plus une
piscine, un spa, un jaccuzi, un service de
transport en voiturette de golf, une écurie,
des boutiques, magasins de matériels de
bateau, restaurants... À deux pas, une belle
plage de sable blanc et un petit centre
local où se trouvent une variété de
restaurants à bons prix ! C'est génial et
bien apprécié en cette période des fêtes !
Après une petite marche dans l'immense et
superbe Resort où tous les gens nous
saluent, sachant déjà que nous sommes du
Canada, nous sommes allés souper d'une pizza
chez Flying Pizza. C'était délicieux ! Et
maintenant, c'est l'heure du drink. Ayant
mal dormis la nuit dernière, la soirée sera
courte !
Silvie
Lundi 27
décembre 2010,
journée de grand ménage sur le voilier.
Préparer les chambres des invités n'est pas
une mince affaire... Il faut d'abord vider
les chambres qui servent de rangements
lorsque nous sommes seuls... Puis, cirer les
boiseries, nettoyer les planchers, laver les
salles de bain, faire les lits... Hop ! Il
faudra acheter de nouvelles douillettes
moins chaudes que celles du grand nord qui
ne sont plus de saison ici et préparer des
petits paniers de service incluants :
serviettes, débarbouillettes, champoing,
crème rince, pâte dentifrice, savon et
pansements adhésifs au cas où, etc...
Il fait une chaleur torride, plus de 30
degrés et le temps est humide. Au bout d'une
heure, je dois prendre une douche. Puis,
nous continuons... Tous les tapis sont
sortis sur le quai et lavés à la laveuse à
pression. Les coffres sont vidés et rangés.
Les ceintures de sécurité nettoyées. Le
dinghy, accroché sur une drisse et suspendu,
a été nettoyé à l'intérieur et sous la coque
où les coquillages commençaient à
s'accrocher... Il est midi.
J'ai des achats à faire pour finaliser les
chambres qui sont loin d'être terminées. Il
faudrait que j'aille au centre d'achat à 25
milles d'ici. Puis, il y a l'épicerie à
faire, l'achat du vin, des caisses d'eau...
En taxi, cela nous coûterait une fortune,
sans parler des désagréments d'attente... On
s'informe pour louer une voiture... Daniel
trouve une compagnie, Vilas, qui seront à la
réception dans 20 minutes.
On lâche tout et on file à l'accueil
attendre la voiture de service qui nous
conduira au village Humacao pour signer les
papiers et prendre possession de la
voiture... On attend 30 minutes et voilà le
jeune homme qui arrive, musique dans le
plancher et il danse de la tête, tape des
mains sur le volant et d'un grand sourire,
nous accueille en nous posant milles
questions sur notre voilier, notre voyage,
dans un espagnol teinté d'anglais... Nous
passons chercher d'autres clients. La
camionnette est rempli. J'essaie de retenir
le chemin ! Les nouveaux passagers nous
questionnent à leur tour. Je laisse Daniel
répondre car je me perd facilement et si je
ne me concentre pas sur la route, jamais je
ne retrouverai mon chemin...
On roule 15 minutes avant de sortir du
magnifique quartier moderne et harmonieux de
Palmas del Mar qui est bâti sur 20
kilomètres de Resorts, maisons de prestige,
villas sur le bord de mer et le tout dans
des couleurs pâle et dans un décor de
rêve... Et tous ces gens qui se promènent en
voiturette de golf... On se croirait dans la
série le Prisonnier avec Patrick McGohan...
Enfin, nous passons la guérite de sécurité
pour entrer dans la ville de Humacao, qui
est d'un style plus représentatif de Puerto
Rico, avec ses maison pauvres dans ses
quartiers pauvres, presque délabrés... Ici,
no pabla english... Nous voilà chez Vilas où
nous accueille avec bonhomie un gros
espagnol souriant, portant une bague en or
au petit doigt. Daniel se débrouille bien en
espagnol... Pendant qu'il rempli les
papiers, je file dehors sentir l'ambiance et
je tente de m'informer pour une Lavatorat...
My God ! Dans quoi me suis-je embarquée...
L'hombre de la boutique à coté, à qui j'ai
posé la question se lance dans des
explications sans fin en espagnol... Je n'y
comprend rien... Il cherche alors un passant
qui parle anglais et en accroche un (un des
vendeur chez Vilas) qui me traduit le trajet
qui semble au bout du monde... Gracias
Senior... Gracias...
Ouf ! Daniel sort et nous embarquons dans
une Ford Focus noire dont le propriétaire
fait le tour en identifiant les moindres
erraflures... On en aurait eu pour une heure
mais son cellulaire ne cesse de sonner et il
finit par répondre... Au bout de 10 minutes,
il nous fait signe de partir... Finalement,
on file vers ce que j'ai cru comprendre
comme trajet pour la buanderie... Deux
lumières tout droit et deux lumières à
gauche (ça c'est le trajet le plus simple),
devant l'Universitad, à gauche, encore à
gauche... Mais la première lumière est à 15
milles. La deuxième encore plus loin...
Finalement, on tourne et des cavaliers se
promènent à cheval, fièrement, en faisant
claquer leurs sabots... Que c'est
merveilleux d'être en plein coeur d'un
quartier si vivant, si réel... On roule
encore... À la deuxième lumière, impossible
de tourner à gauche... On continue et voilà
l'Université... On tourne à gauche et on
aboutit enfin devant une laverie où sont
entassées des femmes qui jasent en attendant
leur lavage... Je descend m'informer des
heures d'ouverture... 7h30 le matin... 1.50
la laveuse... OK, Gracias Seniora...
Bon, on retourne par le même chemin et on
revient à notre point de départ. Nous nous
rendons sur la 906 north, sortie 35... Voilà
la rue des mégas centre d'achats... On se
croirait à Montréal... Tout y est !
McDonald, Walmart, Radio Shack, Wendy,
Poulet Kentuky, Ponderosa, Subway, Marshall,
Sam's, Walgreen, Cosco... Et il y a foule !
Je descend et Daniel repart au voilier qui
est resté ouvert et bordélique avec les
tapis suspendus, la laveuse pression qui
trainait dans le passage, les bouteilles de
détergents pour nettoyer le pont tout
partout et les hublots ouverts.... Il
reviendra me chercher vers 18h30 et nous
irons souper.
Entretemps, je fais le tour... Trouve des
choses mais pas tout et il est déjà 18h...
Je passe à la caisse. Il y a une file... Une
petite fille assise dans le panier en face
ne cesse de me dévisager en riant et en
tirant sur mon panier... Je lui échange des
sourires et des clins d'Oeil... Elle est si
mignonne avec ses tresses et ses boucles de
couleurs !
Je sors dehors et Daniel est pile à l'heure
devant la porte du Walmart. Je rempli le
coffre et nous partons souper chez
Ponderosa. On mange plein notre ventre et
comme il me manque encore des choses, on
arrête chez Marshall où je trouve tout ce
qui me manquait, soit trois beaux couvre-lit
turquoise pale qui seront ravissants sur les
trois lits. Ils sont piqués finement et très
légers. Juste ce qu'il me fallait ! Encore
une file d'attente... On retourne à Palmas
del Mar qui est illuminé... Des lumières
entourent toutes les bases de palmiers,
c'est superbe... Enfin au voilier ! Il fait
nuit ! On prend un chariot et on traverse la
marina qui semble endormie... On se passe
les sacs... On est crevés !
Je range un peu, on se fait un drink qu'on
boit dehors pour avoir un peu d'air... Mais
il ne vente pas... On part la climatisation
et on saute dans la douche ! Le reste ira à
demain...
Silvie
Mardi le 28
décembre,
le temps est gris. On dirait qu'il va
pleuvoir. Il fait encore très chaud, trop
chaud ! C'est la fête de ma mère. Elle a 90
ans aujourd'hui. 90 ans ! C'est incroyable !
Dire que quand elle est née, il n'y avait
rien, ou presque, de la modernité
d'aujourd'hui... Des poêles à bois, des
laveuses à tordeur et des cordes à linge,
des laitiers à cheval, des boulangers qui
passaient à la porte, des radios qui
grinchaient, des disques en vinyle et
l'Église qui prenait tous nos dimanches...
Et encore, c'est ce dont je me souviens...
Bonne fête ma petite Maman d'amour !
J'essaie de l'appeler sur Skype mais la
communication est très mauvaise... Je hurle
pour qu'elle m'entende... BONNE FÊTE
MAMAN...
On fouille sur internet pour trouver une
quincaillerie, un magasin de pièces de
voilier mais rien autour... On sort quand
même, pour faire l'épicerie... On retourne
dans le coin du Walmart et on finit par
trouver un immense Ralf Food Warehouse... En
sortant du stationnement, une pluie
diluvienne nous trempe à l'os. Chez Ralf, il
fait un froid glacial et aussitôt rentrée,
je claque des dents... Je sors de temps en
temps pour me réchauffer et je reviens
trouver Daniel qui remplit le panier... Des
fruits encore et encore, des légumes à
profusion, déjà le panier est à moitié
rempli... De la bière locale Medalla, des
jus, des conserves, des nouilles... Ça n'en
finit plus ! Je sors encore me réchauffer
dehors... Des vendeuses de bijoux sont à la
porte, des vendeurs de plantes...Oh, les
beaux Orchidés de toutes les couleurs... Des
vendeurs de billets de lotteries... Un
policier me dit d'aller fumer plus loin...
J'écrase et je retourne vers Daniel qui en
est au rayon des pains..Un, deux, des pains
hot dog.. Pas de bagels... Des pitas...
Puis, on tombe dans le coin du vin...
J'achète du champagne pour fêter le nouvel
an... On prend du vin, du rose, du rouge, du
blanc... On continue... Les nettoyants...
Enfin du Tylex qui nettoie si bien les
tâches sur le pont... On en prend 3
bouteilles... De l'eau de Javel pour les
réservoirs... Des gants pour faire le
ménage... Puis, la rangée des biscuits... 12
modèles de biscuits soda... Tiens, une
promotion dans une grosse boite de métal...
Mais est-ce que ça va finir... Je suis
encore frigorifiée et il reste la rangée des
viandes d'où s'échappe de la vapeur blanche
de frimas... Je suis dans un congélateur...
Tout le monde est habillée d'un chandail et
moi, en petite robe mouillée, les pieds
glacés... Je laisse Daniel finir sinon ce
sera mon coup de mort... J'attends dehors...
Enfin, il arrive. Le chariot est rempli. On
met tout dans le coffre... Comme c'est
pratique un coffre vide... La pluie a cessé
mais le temps est gris... On revient au
voilier, encore un chariot, transport des
sacs et rangement... Je suis crevée...
Il est 15h... Je prend une pause et je
retourne à mon ménage qui est en plan depuis
hier... J'en ai pour la soirée... Demain, il
faut retourner chercher des caisses d'eau et
encore du vin et du rhum... Puis, nous irons
reporter la voiture... Demain, je veux
prendre le temps d'aller à la piscine et au
jaccuzi... Ou faire de l'équitation sur la
plage... Ou aller au casino... Demain, j'ai
envie de faire des folies !
Silvie
Mercredi
le 29 décembre,
Comme le temps file... Déjà 2011 en approche
! Ce matin, pour la troisième journée depuis
notre arrivée dans la magnifique Marina
Palmas del Mar, le ciel est gris et le temps
est à l'orage... Après un café corsé, nous
avons profité de la voiture pour aller faire
le reste des commissions à Humacao... Nos
réserves étaient à sec et nous attendions
d'être ici à Puerto Rico, où le coût de la
vie est vraiment plus abordable qu'aux BVI
ou aux Bermudes, pour refaire le plein...
Caisses d'eau, de liqueurs, de bières, de
vins, de rhum, épicerie de base et pièces
pour le voilier... Je vous passe les détails
de tout ce que cela comporte comme travail
de charrier tout cela et de trouver un
endroit où le stocker !
J'aurais tant aimé passer ces 3 jours à
visiter la ville au lieu de courrir les
grands magasins mais hélas, il faut ce qu'il
faut... Par contre, j'ai eu l'occasion de
sentir l'énergie de Puerto Rico que j'adore.
Décidément, j'aime entendre parler espagnol,
c'est doux à mon oreille et c'est très
musical. Les gens sont tous très
sympatiques, simples et sans prétention. Il
y a de la musique partout et la végétation
est luxuriante... C'est magnifique !
Je ne connaitrai pas le vieux San Juan, ni
les chutes des forêts humides, je ne
visiterai pas l'Île aux singes, ni ne ferait
de plongée dans les plus beaux endroits mais
j'y reviendrai bientôt, ça s'est sûr ! Je
suis restée sur mon appétit de Puerto Rico
et il me tarde de le découvrir...
Tout l'intérieur du voilier est propre et
étincellant ! Demain, nous laverons le pont
et le cockpit. Puis, je cuisinerai des
brochettes de poulet et un couscous royal
pour nos invités qui arriveront en soirée :
Catherine et Jonathan, Mélanie et Jonathan.
Au moins, je ne me tromperai pas de nom pour
les gars ! Ces deux couples d'amis viennent
nous rejoindre pour parfaire leurs
connaissances de voile et aussi pour
profiter d'une belle semaine de vacances. Je
souhaite vivement que la belle température
que nous connaissons depuis notre arrivée
dans le territoire des Vierges se poursuive
et qu'ils repartent, dans dix jours,
regaillardis et remplis de soleil et beaux
souvenirs... Hélas, pour la température,
cela ne dépend pas de moi mais pour le
reste, nous avons très hâte de leur faire
découvrir les plus beaux endroits que nous
avons repérés et de partager avec eux notre
passion de la voile...
Demain, nous serons 6 dans le voilier et
j'ai bien hâte de voir comment tout cela va
se dérouler, autant au niveau de la bouffe
que du reste... Ce sera palpitant !
Silvie
Jeudi le 30
décembre,
il est 14h00, tout mon ménage est terminé et
je suis fière du travail accomplit. Il y
avait longtemps que le voilier n'avait pas
été aussi propre et accueillant. Il faut
dire que les chambres arrières servaient
d'entreposage et qu'elles étaient plutôt
inhospitalières, remplies de contenants, de
caisses de liquides, de victuailles et
autres... De plus, lorsque Daniel fait
l'entretien de son moteur, il doit défaire
des panneaux latéraux dans la chambre à
babord et lorsqu'il a à travailler dans
l'électricité des cadrans qui nous ont tous
lâchés, ce sont les panneaux du plafond dans
l'autre chambre qu'il doit défaire. De sorte
que les douillettes, les oreillers et les
draps étaient emballés et rangés dans un
coin afin de lui faciliter le travail. Mais
ce n'est plus le cas, les chambres sont
maintenant accueillantes et joliment
décorées avec mes belles douillettes neuves,
mes beaux petits tapis assortis, des beaux
draps neufs, des
coussins colorés et de beaux paniers remplis
d'utilités...
Pendant que je vaquais à mes occupations,
Daniel n'a pas chômé. Il a réparé le dinghy
dont le contour ne cesse de décoller, changé
les pièces du moteur qu'il avait commandés
et qui sont arrivés hier à la marina, livrés
en personne par le propriétaire du magasin,
sorti son sac de génois 110 % car il le
changera probablement avant de partir,
laissant le 150 % pour les grands vents lors
de notre traversée du retour, changé une
pièce dans la toilette de tribord, réparé un
ventilateur et lavé le pont et la cockpit,
sans parler qu'il s'est occupé de louer une
voiture et de conduire là où je le désirais,
charrié la plupart des caisses, fait le
plein d'essence, rempli les réservoirs d'eau
fraîche...
Ce matin, j'ai préparé une salade de
couscous royale et mes brochettes de poulet
marinent dans trois variétés de vinaigrette.
Il ne me restera qu'à les embrocher quand
mes invités arriveront. Daniel vient de
repartir à l'épicerie, dans le Resort, pour
trouver un gâteau et manger un morceau car
pas question de défaire mon ménage avant
l'arrivée des invités qui devraient
actuellement être en approche de Puerto
Rico. De San Juan, après avoir récupéré
leurs baggages, ils devront trouver un taxi
qui les conduira à Palmas del Mar, un 25
kilomètres de route qui, je l'espère, ils
apprécieront car ils auront l'occasion de
visiter un peu la ville...
Nous les attendons vers 17h et nous les
accueillerons avec des petits drinks glacés
fait de rhum loca et jus de goyave, ananas
et lait de noix de coco... Puis, avant de
souper, ils auront à défaire leurs valises
et à tout ranger afin que demain, lors de
notre départ matinal, qui se fera vent dans
le nez, rien ne puisse tomber et risquer de
casser... Ainsi en est-il avant chaque
départ ! Nous serons babord amure et les
vents annoncés, de Nord-Nord-Est, seront de
15 noeuds. Ça risque de brasser beaucoup et
j'espère que leur première expérience de
navigation en haute mer, au près serré, ne
leur laissera pas un goût amer !
En attendant, j'ai reçu un courriel des
collègues de Mélanie qui ont bien hâte de
suivre les aventures de nos invités sur
notre site web. J'ai bien hâte aussi de
vivre cette première expérience d'être à six
dans le voilier. J'espère aussi que les
repérages que nous avons fait depuis notre
arrivée dans les Vierges nous permettront,
si les vents adonnent, de leur faire
connaître les plus beaux endroits, les plus
belles plages, les plus beaux sites de
plongée. Je n'ai qu'une seule inquiétude :
la température ! Depuis trois jours, il fait
gris et le temps est plutôt maussade. La
météo annoncée n'est pas très réjouissante,
partout dans les Vierges, autant les
Espagnoles que les Britanniques... Mais qui
sait, cela peut changer et comme Daniel qui
est d'un optimisme sans faille me faisait
remarquer : ne t'inquiète pas, il fait
toujours beau par ici et la pluie ne dure
jamais plus de dix minutes... Et si c'est
couvert, cela va
empêcher que nos visiteurs attrapent un coup
de soleil en arrivant, ce qui risquerait de
gâcher leurs vacances bien plus que la météo
dont on ne peut se fier !
Alors, je suis confiante ! Et je me croise
les doigts, en espérant que nos invités se
remplissent de vent, de soleil et de beaux
souvenirs...
Silvie
Vendredi
le 31 décembre,
Nos invités ont pris Daniel par surprise
hier. Ils sont arrivés alors qu'il terminait
de laver le cockpit et que tout était encore
mouillé. Quelle joie de voir leurs sourires,
malgré la fatigue du voyage et le fait
qu'ils n'ont pas mangé de la journée... Le
voyage s'est bien passé mais la compagnie
aérienne US Airline a manqué de repas pour
les rangés du fond où ils étaient assis...
Et bien...
On entre les valises et je met immédiatement
les brochettes au four. Daniel sert un drink
et on lève nos verres Aux Vacances ! Il est
17h30.
Mélanie choisit la chambre à babord et
Catherine, celle à tribord. Je leur montre
comment fonctionne la douche et les
toilettes, les espaces de rangements
disponibles et elles s'affairent à ranger
leurs valises pendant que les deux Jonathans
discutent déjà de voile avec Daniel.
Catherine, qui a lu dans mes aventures que
j'avais oublié mon livre de recettes m'en a
offert un qui me remplie de joie. Je reçois
aussi ma caméra sous-marine que Marcel m'a
acheté et fait livrer chez elle. Je suis
comblée mais la table est mise et je sers
les brochettes qui disparaissent à vue
d'oeil et qui sont un succès. Le gâteau de
Daniel était délicieux. Tout le monde a bien
mangé et bien bu et pendant que je fais la
vaisselle, ils vont marcher un peu dans la
marina, sous une température plutôt fraîche.
Ce matin, tout notre beau monde est réveillé
à 7h. Ils ont bien dormi et le soleil brille
dans le ciel. Les filles partent prendre une
douche à la marina et les gars partent se
baigner à la piscine pendant que je
feuillette mon livre de recettes et déballe
ma caméra.
Ce matin, nous partons vers Esperanza, à
Vieques. Pour Catherine et Jonathan, ce sera
leur baptême de mer mais pour Mélanie et
Jonathan, qui possède un petit voilier, ce
sera une première expérience de grand large.
À suivre...
Silvie
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