Vendredi la 1er avril 2011,
10h38, je suis crevée et
j'ai déjà mal dans le dos !
Les deux derniers voyages au
Pueblo m'ont jetés par terre.
Ce matin, à 7h, je préparais
une immense salade froide de
pâtes remplie de légumes
frais : tomates, ail,
oignons, piments vert et
rouge, concombre, zuchinis,
pomme verte, Olives noire,
coeur d'artichaut et féta,
le tout bien arrosé de
vinaigrette italienne
picante. Puis, j'ai préparé
une belle assiette de
viandes froides et de
fromages car nos invités
arriveront pour diner et
sûrement qu'ils auront très
faim puisque maintenant,
dans les avions, ils ne
servent plus à manger.
Hier, Jocelyne nous a fait
une belle frousse. Nous lui
avons envoyé le numéro du
quai où nous les attendrons
et elle nous répond : je
suis découragée, j'ai 4
grosses valises et j'en
prépare une 5e... Je suis
crevée et blanche comme un
drap ! Nous prenons l'avion
à 2h cette nuit... Et Daniel
de lui répondre aussitôt, en
lui expliquant qu'elle
n'avait besoin que d'un
bikini et d'une brosse à
dent, quelques vêtements
légers, sans plus... Il lui
explique que tous nos
invités qui ont apporté deux
et trois fois trop de linge
ne s'en sont pas servi... Il
lui dit que nous passons nos
journée en maillot et que
nous n'avons aucune sortie
nécessitant des vêtements
chics. Il n'a pas osé lui
dire à quel point c'est
compliqué de ranger des
grosses valises rigides dans
le coffre avant et combien
c'est encombrant...
Mais ce matin, en ouvrant
nos courriels, nous avons
trouvé un message de
Jocelyne qui s'Était bien
payée notre tête... C'est
une farce, dit-elle. Ne vous
inquiétez pas, nous n'avons,
Claude et moi, qu'une seule
petite valise molle qui se
rangera facilement... OUf !
Elle nous a bien eu ! La
chenapine !
Tout est propre dans le
voilier et Daniel frotte
encore le pont, probablement
pour s'occuper en attendant.
QUant à moi, je me repose
avant l'arrivée de nos
invités. En revenant de chez
Puablo, il a plut des cordes
et nous sommes arrivés
trempés au voilier mais
maintenant, le soleil est
revenu et il fait un temps
superbe, comme pour
souhaiter la bienvenue à nos
amis...
Plus qu'une heure trente à
attendre... C'est long !
Demain, nous partirons vers
West End pour faire notre
entrée dans les VIerges
Britanniques. Nos amis ont
très hâte de visiter ce coin
de Paradis de la voile mais
ils auront sûrement hâte de
se baigner et nous
arrêterons sûrement à
Christian Cove, une
magnifique petite baie qui
se trouve à mi-chemin sur
notre trajet, où ils
pourront plonger dans l'eau
chaude et turquoise et ainsi,
avoir un avant-goût de ce
qui les attend avant de
reprendre la route... Ce
sera génial ! 10 jours de
vacances uniquement dans les
Vierges Britanniques... Nous
aurons sûrement le temps de
relaxer et de tout voir,
peut-être même Anégada, si
le vent le permet... Qui
sait ? Quoi qu'il en soit,
nous discuterons de tout
cela ce soir et nous en
saurons plus demain !
Silvie
Samedi le 2 avril 2011,
Nos invités sont arrivés
hier avec 40 minutes de
retard causé par l'avion de
Miami, où ils ont transférés
et qui avait un bris
mécanique à faire réparer.
Comme il ventait très fort,
ils se sont fait brasser en
grand et c'est avec
soulagement qu'ils ont posé
les pieds sur
Charlotte-Amalie, sous une
chaleur écrasante. Même
trouver un taxi ne fut pas
facile car Crown Marina est
trop proche de l'aéroport et
les chauffeurs de taxis
préfèrent les plus longs
trajets...
Mais enfin, les voilà,
joyeux mais heureux d'être
enfin arrivés à bon port et
c'est dans l'allégresse que
nous avons levé nos verres
de Pina COlada pour célébrer
ces vacances à venir et le
plaisir de se retrouver
entre amis...
Un souper bien arrôsé de
vins et rempli de
discussions légères qui
s'est terminé dans le
cockpit, sous un fort vent,
et c'est tard dans la soirée
que nous avons pris le bord
de nos cabines, épuisés mais
heureux.
Ce matin, forts vents de
20-25 noeuds du sud-sud-est
sur une mer bien établie. Le
soleil brille dans un ciel
nuageux. TOut le monde est
en forme, la nuit
réparatrice ayant portée ses
fruits. Après le déjeuner,
je dois interrompre les
discussions qui s'enchainent
pour procéder aux
préparatifs du départ. Nous
devons encore passer à
l'épicerie de la marina pour
les derniers achats :
viandes froides, pain frais,
vins, glaces et bidons
d'eau... Nos voisins de quai
sont venus nous aider à
larguer les amarres car avec
ce vent qui nous poussait
contre l'autre voilier, ce
fut une affaire délicate qui
s'est pourtant bien passé,
même si notre coque a frôlée
les gros poteaux qui
marquent l'emplacement...
Nous passons devant la rue
principale de
Charlotte-Amalie et Jocelyne
se souvient d'avoir déjà
fait un arrêt ici lors de
son voyage de noces, il y a
de cela 25 ans... Nous
piquons entre deux iles pour
prendre la mer. Mais avant,
les gars montent la
grand-voile avec un ris et
sont surpris de la force que
nécessaire pour wincher la
voile jusqu'en haut...
Claude est essouflé mais il
ne lâche pas. Passés les
dernières bouées, nous
tournons vers la gauche et
nous déroulons le génois,
babord amure, au près. Et
là, c'est l'autre Claude qui
winche et qui force. On rit
de les voir forcer, bien
assises au soleil sur le
pont. Puis, On taque à
quelques reprises avant de
repartir le moteur afin
d'entrer dans Christian Bay
qui est pleine à craquer. On
doit donc jeter l'ancre,
selon la loi, à deux cents
pieds derrière les derniers
mooorings. C'est l'heure du
lunch et on sort les
sandwiches préparées avant
le départ que nous dégustons
dans
le cockpit en admirant le
décor, l'eau turquoise de la
baie et les poissons qui
sautent hors de l'eau...
Puis, tout le monde enfile
leur maillot et essait leurs
nouvelles palmes, puis
plonge à l'eau pour un peu
d'apnée. Daniel les
accompagne. Une courte
baignade juste pour se
dégourdir les jambes et les
voici de retour, enchantés,
rafraîchis et rieurs... Ils
ont vu de beaux poissons
bleu et jaune, d'autres plus
gros, sûrement des
barracudas qui aiment se
tenir sous la coque, à
l'ombre. L'ambiance est à la
fête et à l'abri de l'ile,
il n'y a plus de vent et il
fait très chaud... Daniel
replonge à l'eau pour
prendre une photo de
l'énorme barracuda mais il
est déjà parti vers d'autres
coques... Une belle halte !
14h. Après cette belle
petite halte, on reprend le
trajet vers West End où nous
prendrons un mooring. Daniel
ira faire nos douanes
d'entrée aux Iles
Britanniques et ensuite, un
peu de magasinage dans les
petites boutiques de
souvenirs, question de se
dégourdir encore avant le
souper. Ce soir, des côtes
levés BBQ au célèbre Joly
Jumper Bar and Grill...
Silvie
Dimanche le 3 avril 2011,
Quelle belle soirée nous
avons passé hier soir, chez
Jolly Rogers, où notre table
nous attendait, au fond du
resto rempli à craquer.
Aussitôt assis, nous voilà
déjà servis et en train de
savourer nos énormes
assiettes de côtes levées
généreusement arrosées d'une
sauce Bbq maison dont
j'amerais bien connaître la
recette et servies avec une
salade de choux savoureuse,
un délicieux riz aux
lentilles et des légumes
variés. Les conversations
fusent et la soirée est
animée par un joueur de
guitare plutôt discret.
Claude, l'ostéopathe, qui a
barré une bonne partie de la
journée, sa femme Francine,
très gentille et moi sommes
allés prendre une petite
marche dans la rue sombre
qui mêne du resto au
centre-ville, admirant le
ciel étoilé et savourant le
vent doux qui vient de la
mer... Au retour, nous
retrouvons Claude, l'ami de
Daniel, son adorable femme
Jocelyne et Daniel qui nous
attendaient pour retourner
au voilier où la soirée
continuera dans le
cockpit...
Nous passons des moments
très agréable en compagnie
de nos invités qui sont
adorables. Jocelyne, jeune
retraitée, est plutôt de
type alimentation naturelle
et aujourd'hui, nous
prévoyons préparer une
salade de légumineuses, du
humus et des pitas pour
diner. Francine semble aussi
une excellente cuisinière,
aussi portée vers
l'alimentation saine et
naturelle. Mais tous adorent
le poisson et les fruits de
mer et hélas, notre pêche
d'hier n'a pas portée fruit
et dans les Vierges
Britanniques, nous ne
pouvons pas pêcher.
Ce matin, Daniel et moi
sommes levés très tôt alors
que tous nos invités dorment
encore à poings fermés, les
portes de leurs cabines
grandes ouvertes,
probablement pour capter
plus d'air frais. Nous avons
donc marché à pas de loup
pour fermer leurs portes,
démarré la génératrice et
préparé notre petit café
mousseux. Puis, Daniel est
monté sur le pont pour
démonter notre antenne
internet qui ne fonctionne
plus ce matin. En effet, le
voilier ayant tourné sur
lui-même à deux reprises, le
fil de l'antenne s'est
rompu... Si Daniel n'arrive
pas à refaire la connection,
nous n'aurons plus accès à
internet, à mon grand
désarroi...
Ce matin, c'est dimanche. Le
temps est pluvieux, gris et
triste... Toutes les
boutiques sont fermées, nous
ne descendrons pas à terre.
Nous partirons donc passer
la journée à The Bight, qui
est tout près, à 7 milles à
peine. Le vent semble calmé
et il sera sûrement possible
pour les gars de partir
faire de la plongée en eau
profonde aux Indians, un
endroit de toute beauté qui
cache les plus beaux coraux
des Vierges. Puis, tous
iront aux Caves, ces grottes
qui remferment des milliers
de poissons multicolores qui
les enchanteront à coup sûr.
De plus, l'eau est si claire
et si magnifique là-bas
qu'il est impossible de
résister à une baignade
autour du voilier d'où l'on
pourra nager jusqu'à la
plage et s'étendre sur le
sable chaud.
C'est Claude et Francine qui
se sont levés en premier.
Francine a déjà revêtue un
magnifique maillot de bain
noir et un superbe paréo
translucide noir, avec de
jolies fleurs peintes à la
main et son chum lui crème
le dos car elle a attrapé un
gros coup de soleil hier,
lui laissant le dos rouge
vif et douloureux. Claude
lui prépare un expresso
mousseux, lui aussi déjà en
maillot et prêt pour une
petite plongée... Mais
avant, il se prépare un gros
petit déjeuner car il faut
avouer qu'il est très
gourmand...
Daniel a enfin trouvé son
fer à souder dans l'un de
ses nombreux coffres à
outils et il besogne sur mon
antenne internet. Mon
merveilleux capitaine qui à
peine levé a déjà débouché
les toilettes de Claude et
démonté l'antenne qui sera
réparée dans quelques
minutes. Et la journée vient
de commencer...
Hier,
nous avons reçu des
nouvelles de Igor et
Ginette, des amis à nous que
nous avons connus en
République Dominicaine, il y
a 5 ans et qui sont
actuellement aux Bahamas...
En fait, durant notre
absence, ils nous ont envoyé
une demande d'accès à Skype
car ils aiment mieux parler
qu'écrire. Nous les avons
donc manqué de peu... Nous
espérons les rejoindre
aujourd'hui, dès que
l'antenne fonctionnera !
Ça y est. L'antenne
fonctionne et nous sommes
branchés. C'est génial !
Igor et Ginette nous
apprennent qu'ils ont été
victime de piratage aux
Bahamas, dans la baie de
Nasseau... Une bien triste
histoire... Ils nous
demandent d'aviser le réseau
du capitaine car leur accès
internet est limité, ce que
nous ferons sûrement...
Tout le monde est maintenant
debout et achève de petit
déjeuner... Le ciel se
dégage et le soleil
pointe... La journée
s'annonce merveilleuse !
Pendant ce temps, Daniel et
les deux Claudes reviennent
des Indians où ils ont fait
de la belle plongée, passant
plus de deux heures à
survoler les magnifiques
coraux remplis de poissons
multicolores.
Silvie
Lundi le 4 avril 2011,
8h, tout le monde est debout
et en pleine forme. Claude
est sorti de la chambre
comme un illuminé. IL nous
explique qu'il vient de
comprendre le fonctionnement
de la toilette... On a bien
rit... Claude est si drôle,
toujours en train de blaguer
et une joke n'attend pas
l'autre, même à 8h le matin,
il arrive à nous faire
rire...
La journée est splendide
avec un ciel dégagé et un
soleil rayonnant. Déjà nos
invités sont en tenue légère
et les rires fusent et
s'entremêlent à la musique
de Dalida...
9h CLaude, l'ogre
ostéopathe, essaie de
programmer l'horloge de la
radio pendant que Jocelyne
prépare un jus de citron
pour Claude le farceur.
Francine, après avoir fait
la vaisselle, prend du
soleil dehors et Daniel,
bien tranquille, se remet de
sa soirée d'hier qui était
bien arrosée...
Au retour d'une courte
visite aux Caves, dont le
départ a trainé longtemps en
longueur, mais pour laquelle
nos invités sont revenus
enchantés, les yeux
émerveillés par tant de
beauté, nous partirons vers
Peter's Island et ses
magnifiques plages blanches.
Nous marcherons dans le
sentier qui mène au Resort
et nous reviendrons par la
plage. Une longue marche
entre les palmiers, les
jardins fleuris et les
magnifiques installations de
pierre du Resort.
Ce midi, au menu, avocats et
crevettes et ce soir,
brochettes de poulet tandori
et couscous royal...
Silvie
Mardi le 5 avril 2011,
Depuis l'arrivée de nos
invités, le temps est
bizzare, gris et nuageux, et
le vent incertain et
variable... Par contre,
hier, la chance était de
notre coté ! Sur notre
route, il a fait beau toute
la journée mais en regardant
derrière nous, du coté de
Tortola, les nuages noirs
étaient menançants et l'on
apercevait un rideau de
pluie et une brume grise qui
bouchait l'horizon... Babord
amure, sous grand-voile et
grand génois, nous avons
roulé gité au maximum, sous
un vent de 20 noeuds avec de
fortes rafales et nous avons
taqué à quelques reprises
pour entrer à Peter's Island
où nous sommes actuellement,
à l'ancre devant les
magnifiques plages blanches
du Resort, entourés de
quelques voiliers et
catamarans.
Nous avons passé
l'après-midi sur la plage, à
nous reposer. Les deux
Claude et Francine ont pris
une longue marche, jusqu'au
Resort et revenant par la
montagne. Jocelyne qui
n'avait pas envie de bouger,
est restée bien
confortablement allongée sur
sa chaise blanche, à lire...
Daniel et moi sommes restés
au voilier pour faire un peu
de génératrice. J'en ai
profité pour préparer le
couscous et faire mijoter le
poulet dans la sauce tandori
et nous sommes allés
rejoindre nos invités vers
15h30, à temps pour une
petite baignade.
Vers 16h30, nous avons
regagné le voilier et pris
quelques verres avant de
prendre place autour de la
table du carré. Le souper
fut bien accueilli et tout
le monde a bien mangé. Mais
la journée au grand air a eu
raison de nos invités qui se
sont couchés très tôt, sous
un mouvement de rouli plutôt
inconfortable.
Durant la nuit, Claude est
venu réveiller Daniel car un
voilier, qui était ancré
devant nous, chassait et il
craignait que son ancre se
croise à la nôtre...
Daniel et moi nous nous
sommes levés afin de
vérifier mais comme le
voilier était assez loin de
nous, il n'y avait rien à
craindre pour le moment. Par
contre, on s'est relevés
plusieurs fois dans la nuit
pour s'assurer que tout
était correct, de sorte que
nous avons très peu dormi.
Ce matin, le ciel est
totalement bouché, il fait
gris et c'est encore très
venteux. Quelques fois, le
soleil apparaît entre deux
gros nuages mais il
disparait aussitôt... C'est
triste pour nos invités car
d'ordinaire, il fait
toujours si beau, si
chaud...
8h35 Tout le monde a terminé
de déjeuner et les filles
ont fait un beau ménage.
NOus sommes prêts à mettre
le cap vers Virgin Gorda, en
sautant par-dessus les Baths
que nous ferons plutôt au
retour, lorsque le temps
sera revenu au beau fixe.
13h30 Nous venons
d'accrocher un mooring dans
la superbe baie de Gorda
Sound, à Virgin Gorda, après
avoir fait plusieurs taques
sous des vents atteignant
parfois 35 noeuds, dans une
mer très agitée et sous
plusieurs grains et embrunts
qui nous ont laissés
mouillés. Deux ris dans la
grand-voile et génois à demi
enroulé, on file à 7.5
noeuds, bien gités. À
mi-parcours, Francine
remarque qu'une latte est en
train de sortir de la
grand-voile et s'aprête à
tomber.. Nous sommes tribord
amure et le voilier tanque
fortement. JOcelyne avance
doucement vers le pied du
mat, à babord et moi, à
tribord. La latte sort enfin
de son socle, percute la
grand-voile et me tombe
carrément dans les mains. Je
la refile à Jocelyne qui la
passe à Claude et on
s'applaudit. En approche de
l'étroit passage pour entrer
dans la baie, Francine
descend dans le carré et
mettant le pied sur la
première marche, glisse
jusqu'en bas en se frottant
la colone vertébrale sur le
rebord des marches, qui même
s'il est arrondi, lui a
laissé une grosse marque
rouge dans le dos. Jocelyne
lui prépare un sac de glace
et son chum ostéophate
l'examine aussitôt et nous
informe qu'il n'y a rien de
cassé.
14h Le vent siffle encore
mais la baie est bien
protégée par de larges
brisants et notre voilier
bouge à peine, bien fixe
dans le courrant qui le
maintient droit devant Sabah
Rock. Nous descendons en
dinghy prendre une marche
pour visiter le Resort et il
est prévu de souper à la
pizzéria du Resort. Sûrement
que nous nous coucherons tôt
car la nuit fut courte et la
journée bien remplie... Mais
qui sait ?
Silvie
Mercredi le 6 avril 2011,
Hier soir, Daniel a fait
parvenir le message suivant
à Nicole, l'une des
administratrice du Réseau du
capitaine :
Bonjour Nicole,
nous avons été informé par
des proches, actuellement à
Nassau, en voilier, qu'un
pirate a perpétré plusieurs
méfaits sur des voiliers. Il
s'agit d'un homme de race
noire et fortement baraqué
qui s'est introduit, entre
autres, dans un voilier
durant l'absence de ses
propriétaires, essayant en
vain de pénétrer à
l'intérieur. Le propriétaire
est arrivé pendant
l'effraction et s'est battu
avec le voleur qui a pris la
fuite.
Un autre voilier, encore
dans la baie de Nasseau, a
été réveillé en pleine nuit
par un bruit dans le cockpit
et s'est retrouvé nez à nez
avec le noir, dégoulinant
d'eau, qui a raconté une
histoire abracadabrante,
disant qu'il avait coulé
avec son bateau et s'était
sauvé de justesse en
nageant. Il demandait de
l'aide et voulait se faire
reconduire à quai, ce que le
propriétaire du voilier a
fait. Il a donc détaché et
débarré son dinghy et dès
que l'inconnu a pris place,
une bataille s'est ensuivie
et le propriétaire s'est
retrouvé à l'eau tandis que
le voleur fuyait à toute
vitesse.
Trois incidents du même
genre se sont produits et
cela sur deux jours de
suite, et ce dans un endroit
populeux avec une quinzaine
de voiliers ancrés à
proximité.
Nous aimerions que vous
avisiez les gens du réseau
qui naviguent dans les
Bahamas d'être sur leur
garde, particulièrement dans
le secteur de Nassau où
l'homme est actuellement
recherché. Il s'agit d'un
homme de race noire et
fortement baraqué. Dans plus
d'un cas, le voleur a
utilisé la violence et a
même fait des menaces de
mort si le propriétaire du
voilier ne lui laissait pas
le champ libre. Il ne s'en
prend pas qu'aux dinghys,
mais aussi au contenu des
voiliers. Si un propriétaire
entend du bruit en pleine
nuit, il devrait sortir
armé...
Bonjour à tout le monde du
réseau,
Daniel
Voilo
VE0MAW
---------------------
Ce message a été diffusé sur
le réseau ce matin et nous
espérons que cet avis pourra
éviter que d'autres
incidents du genre se
produisent...
Hier soir, nous avons soupé
au resto du Resort : de la
draft fraîche, pizza au four
à bois, entrée de calmars
frits et frites... C'était
délicieux ! Puis, nous avons
marché un peu dans les
sentiers fleuris, admiré les
bougainvilliers rose,
magenta et rouge, visité
quelques boutiques avant de
revenir au voilier pour y
prendre quelques verres de
vin avant d'aller dormir.
Malgré le fort vent, la
soirée était douce et la
lune, en arc-de-cercle
inversée, était rouge, signe
que le beau temps
approche...
8h44 Tout le monde a bien
déjeuner et Claude et
Jocelyne termine la
vaisselle. La journée
s'annonce chaude et
ensoleillé. Aucun projet de
défini encore, à part aller
faire de l'eau au quai de
Sabah Rock...
Ce matin, je prépare des
rouleaux de printemps. J'ai
presque tous les ingrédients
: feuilles de riz, nouilles
de riz, salade, crevettes,
coriandre et lamelles de
mangue pour remplacer les
carottes fraîches qui me
manquent et même des
lanières d'algues nori...
Lors de notre passage à
Vieques, et suite à la
rencontre avec Kim la
vietnamienne, j'ai appris
comment faire la petite
sauce d'accompagnement :
sauce de poisson, eau,
vinaigre de riz, sucre,
citron et piments fort. Mais
les filles veulent aussi de
la sauce arachide et je
trouve rapidement la recette
sur le web. Eau, vinaigre de
riz, sucre, sauce Hoisin,
beurre d'arachide, piments
fort et fécule de mais pour
épaissir... Voilà, tout est
prêt et ce midi, il ne
restera qu'à déguster !
10h24 Le soleil brille de
tous ses feux et tout le
monde veut aller à la plage.
On sort les amarres et les
défenses pour s'approcher du
quai à eau. Le vent s'est
enfin calmé, ou presque. Une
simple brise chaude pour
nous carresser et nous
rafraîchir. L'acostage se
fera en douceur et pendant
que les réservoirs se
remplissent, les filles
magasineront dans la petite
boutique de Sabah Rock...
Puis, nous changeons de
mooring et allons nous
ancrer devant une petite
plage au fond de la baie,
d'où il sera possible de
nager du voilier à la plage.
Ainsi se passera le reste de
la journée : bronzage,
baignade, plongée et marche
dans la montagne...
Une belle journée de repos
qui se terminera en soirée
avec des steaks sur le
charcoal que nous fera cuire
Claude, le spécialiste du
BBQ et que nous mangerons
avec des pommes de terre
rissolées. Le tout bien
arrosé, naturellement !
En soirée, nous discuterons
de l'itinéraire de la
journée de demain mais en
attenant, nous protitons de
cette chaude et belle
journée, sans penser à rien
d'autre qu'aux vacances qui
battent leur plein, dans ce
lieu magnifique de Virgin
Gorda !
Silvie
Jeudi le 7 avril 2011,
Hier, nos projets de la
journée ont légèrement
changés. Après avoir fait de
l'eau au quai de Sabah Rock,
Daniel nous a promené en
voilier autour des gros
bateaux de touristes qui
sont ancrés dans la baie
puis nous avons repris un
mooring devant Sabah Rock.
Les gars sont partis faire
de la plongée en apnée le
long de la bande de corail,
derrière Sabah Rock et ils
sont revenus enchantés,
tandis que nous, les filles,
nous nous sommes fait
griller sur les confortables
chaises vertes bien
rembourrées du Resort, en
jasant avec des touristes
qui débarquaient des gros
bateaux, en lisant et en se
baignant de temps en temps
sous le soleil cuisant...
Hier soir, ce sont nos
hommes qui ont fait le
souper, au complet. Ils ont
mis la table, préparé des
pommes de terre et oignons
rouge en papillottes et fait
cuire les steaks à la
perfection sur le BBQ. Le
souper était excellent et
nous leur avons accordé 5
petites étoiles pour leur
participation et 5 autres
pour la vaisselle. La fierté
se lisait dans leurs yeux !
Quel bonheur pour nous, les
filles, de prendre notre
temps, un verre de vin à la
main, dans le vaste cockpit
pendant que nos hommes
travaillent d'arrache-pied,
tassés dans le fond du
carré... On parle parle,
jase jase en riant, sous le
magnifique coucher de soleil
et la douce brise et c'est
fantastique !
Ce matin, 8h39, tout le
monde est debout et de bonne
humeur. Le ciel est
magnifiquement bleu et le
soleil brille de tous ses
feux. La journée s'annonce
superbe. Hier, il a été
décidé d'aller aux Baths,
puis de nous rendre à Josh
Van Dyke.
Par contre, on se demande si
Francine sera en mesure de
faire le trajet épineux
d'une heure trente entre les
grosses roches des Baths,
avec son mal de dos qui la
fait encore souffrir... Le
trajet est parfois assez
difficile, il faut pouvoir
grimper sur des immenses
roches, se contorsionner
pour passer entre deux
roches serrées, se pencher
et presque ramper à d'autres
occasions, grimper en se
tenant à un câble,
redescendre sans tomber,
etc.... Bref, un trajet
amusant quand on est en
grande forme mais assez
difficile pour une éclopée !
Mais, avec de la volonté, on
arrive à tout et Francine
semble déterminée à ne rien
laisser passer, quitte,
dit-elle, à attendre à la
plage si son dos ne lui
permet pas de suivre les
autres !
La génératrice ronronne et
les invités discutent une
fois de plus sur la suite du
trajet après les Baths...
Mais voilà que Daniel
m'apporte un petit papier
sur lequel est indiqué le
reste du trajet : après les
Baths, départ pour Cooper's
Island où nous dormiront.
Demain, vendredi le 8,
plongée à Salt Island et
départ vers Josh Van Dyke.
Sortie le soir au célèbre
bar Foxy's et douanes de
sorties des Vierges
Britanniques le lendemain
matin. Samedi le 9, départ
pour Cruz Bay et dodo à
Chrismas Bay. Et départ très
tôt le 10 pour Crown
Marina...
9h13. Daniel descend au
Sabah Rock pour prendre un
sac de glace afin de
maintenir la glacière
fraîche. Dès son retour, on
largue les amarres !
Une belle journée en
perspective !
Silvie
Vendredi le 8 avril 2011,
Quelle belle journée hier !
Après les Baths que nos
invités ont beaucoup
appréciés, même Francine
avec son mal de dos dont
heureusement la douleur
diminue de jour en jour,
tout le monde en sueur saute
à l'eau pour se rafraîchir
autour du voilier. Puis,
après une douchette dans le
cockpit, nous sommes partis
vers Cooper's Island où nous
avons trouvé un mooring
juste en face du quai à
dinghy qui mène au resto bar
terrasse où nous sommes
descendus à terre pour le 5
à 7, confortablement
installé dans les sofas sur
la terrasse, sirotant des
Painkillers et admirant le
magnifique coucher de soleil
teinté de rose et d'orange,
signe de beaux temps à
venir...
Puis, retour au voilier pour
un souper au macaroni dont
la sauce, fortement épicée,
mijotait depuis quelques
heures et qui, malgré la
simplicité du repas, fut
fort bien accueilli. De
l'immense platé, il ne reste
qu'une petite portion qui
servira de lunch à Claude,
l'Ogre ostéopathe, qui a
toujours un petit creux à
remplir... La soirée s'est
terminé dans le cockpit,
sous la merveilleuse voix de
Marie-Claire Séguin et les
compositions paroles et
musique du frère de Claude
Letendre, Robert. Plongé
dans un passé ancien, Claude
et Daniel raconte leurs
souvenirs, à l'époque où
Marie-Claire et son frère
aujourd'hui célèbre,
Richard, jouaient dans un
sous-sol d'église non loin
de chez eux, à
Pointe-aux-Trembles... Vers
10h, Claude l'ostéophate,
s'est endormi dans le
cockpit, Francine est
descendue dans sa cabine,
Claude et Jocelyne termine
un dernier verre pendant que
Daniel skipe les tounnes qui
ont moins d'intérêt pour
Claude... Moi,
j'écoute Claude raconter ses
souvenirs, transportée par
la voix angélique de
Marie-Claire Séguin...
Ce matin, le beau temps à
venir est sûrement pour
demain car il vente et une
fois de plus, le ciel est
gris. Peu importe, le temps
est si changeant et il fera
sûrement beau dans une
heure. Après déjeuner, nous
partirons vers Josh Van Dyke
en arrêtant devant Salt
Island pour une plongée
au-dessus d'une célèbre
épave. Mais en attendant,
tout le monde dort encore,
bercés par le vent qui
siffle... Il est 7h50 et il
ne reste que deux jours de
vacances pour nos invités...
Le temps a passé si vite, du
temps de qualité avec des
amis qu'on aime et qui
hélas, devront repartir
bientôt...
9h13. Tout le monde a
déjeuné et les filles lavent
le cockpit des traces de la
veille pendant que les gars,
exemplaires, lavent la
vaisselle du matin. Le
soleil est revenu et la vie
est belle. Tous sont de
bonne humeur et la journée
s'annonce parfaite.
10h20 Nous avons accroché un
mooring à Salt Island et le
voilier roule fortement sous
les forts vents de 20
noeuds, laissant des marques
blanches sur le sommet des
vagues... Pendant la courte
traversée, Francine et moi
regardions des revues en bas
dans le carré et le vent a
fait giter le voilier,
faisant verser sur le beau
pijamma décoré d'étoiles de
mer que portait Francine...
Un petit cri et voilà tout
le contenu de la tasse sur
elle... Vraiment pas de
chance !
Tout le monde se préparent
pour une plongée en apnée
au-dessus du gros vaisseau à
vapeur qui git au fond de
l'eau depuis plusieurs
centaines d'années et qui a
coulé lors d'un ouragan,
avec tout son équipage. Moi,
frileuse, je reste au chaud
et pendant que tout le monde
s'entasse dans le dinghy, je
termine la lecture de mes
revues...
Ce midi, nous préparerons
une grosse frittata aux
fromages et jambon. C'est
Francine, l'experte, qui la
préparera, aidé de Jocelyne,
toujours prête à mettre la
main à la pâte... Et ce
soir, à Josh Van Dyke, nous
souperons au Foxy's dont la
spécialité sont les ribs ou
poulet fumés au BBQ. En
soirée, un orchestre jouera
et ce sera une soirée
dansante pour nos invités
qui rieront sûrement voir
danser notre local avec son
poteau, comme il le fait à
toutes les semaines devant
un auditoire ébahie par sa
force et son agilité,
surtout lorsqu'il se penche
par derrière, une bière
entre les dents, aidé
uniquement par la force de
ses jambes... Puis, il
remonte, fait des
steppettes, danse avec son
poteau, toujours le même,
comme s'il s'agissait de sa
bien-aimée... On dit qu'il
est engagé par Foxy's pour
amuser la foule et c'est le
cas car son spectable est
assez ahurissant !
11h Le dinghy revient et
tout le monde est enchanté
et rafraîchit. Il y avait de
gros poissons, des baracudas
de 6 pieds de long, et
beaucoup de gros poissons
jaune, aussi, ils ne sont
pas restés très longtemps,
le temps que Claude prennent
quelques photos qui
témoignent du drame. Tout le
monde rapasse sous la
douchette du cockpit en
jasant de leur expérience.
L'ambiance est encore à la
fête et les souvenirs
s'accumulent...
11h15 Nouveau départ. Les
deux Claude sont rendus
experts en manoeuvre et
c'est maintenant avec
admiration qu'on les regarde
travailler de concert avec
Daniel... Ils ont pris de la
force et ne sont plus
essouflés en winchant pour
monter la grand-voile, ni
pour les nombreux
changements de bord. En
route vers West-end où nous
arrêterons à West End, le
temps de diner, nous roulons
avec le vent, babord amure,
sous grand-voile et génois.
Les filles, sur le pont,
paufinent leur bronzage qui
commence à paraître et leur
donne un beau teint hâlé et
les gars remettent les
lignes à l'eau, espérant que
la mer leur donnera un
poisson pour diner...
Je sors dehors et tout à
coup, je suis frappée par le
paysage qui est d'une beauté
à couper le souffle. Je
réalise que bientôt, pour
Daniel et moi, ce sera aussi
la fin des vacances et que
je vois ce décor grandiose
pour la dernière fois, ces
iles hautes qui forment un
immense cercle brisant les
vagues de la mer où tant de
voiliers s'offrent en
spectable, toutes voiles
dehors, triangles blancs se
détachant du bleu de l'eau
et zigzagant dans tous les
sens sous le ciel bleu...
Comme c'est beau, me dis-je,
émue, en tentant de graver
dans ma mémoire ce décor
panoramique qui s'étend sur
l'horizon et se perd dans le
lointain...
J'entend des petits cris de
joie... Une ligne vient de
mordre et Daniel retire un
petit thon bleu des flots.
Il décide de le garder
puisque c'est notre première
prise complète... En fait,
hier nous en avons bien
attrapé un très gros thon,
mais en remontant la ligne
et rendu au voilier, il
était à demi mangé par un
barracuda et nous l'avons
rejeté à l'eau. Daniel n'a
pas encore fini de préparer
les filets que j'entend
Jocelyne crier qu'il y en a
un autre... Cette fois,
c'est Claude le pirate
ostéophate qui le remonte,
avec ses gants et son
chapeau de pirate. Un autre
thon, très gros celui-là,
complètera le souper de ce
soir, à la grande joie de
tous...
Mais notre chance se
poursuit et en voilà un
troisième, tout bleu et
aussi dodu que le deuxième
thon... Daniel fait signe
qu'il est temps d'arrêter de
pêcher car il en a plein les
bras et l'évier est rempli
de deux gros thons qui
attendent d'être nettoyés et
préparés en filet. Pendant
ce temps, voiles en ciseau,
Claude Letendre est très
concentré sur la roue, cap
vers West End...
13h35 On a finit par
attraper la petite corde du
gros mooring qui avait
perdue son flotter et qui
était collée au fond de
l'eau sur la chaine
d'ancrage... Troisième
essaie, ça y est ! Daniel et
moi, aussitôt, on file à
l'épicerie pour quelques
achats (lait, pain,
glace...) et on en profite
pour se départir des
vidanges... On est sur le
dernier mooring de West End
et il est privé. Aussi, on
est sur les dents, prêts à
le laisser à son
propriétaire s'il revient
mais la Frittata est au four
et semble prendre un temps
démesurée pour cuire...
Enfin, on se calme... Il
faut attendre et le temps
file...
15h, on
décolle vers Josh Van Dyke.
À cette heure tardive, il
n'est pas évident d'attraper
un mooring... Par contre,
contrairement à la baie où
nous sommes et qui a 60
pieds de creux, à Van Dyke,
il est possible d'ancrer...
Comme les thons n'étaient
pas au programme, nous
souperons donc au voilier et
ce sera encore les gars qui
s'occuperont de cuire les
filets au BBQ...
Silvie
Samedi le 9 avril 2011,
La traversée de West End à
Josh Van Dyke s'est faite
sur des chapeaux de roues,
peut-on dire ! 8.7 noeuds,
au près bon plein, le
voilier file comme une
flèche, gité et une heure
plus tard, nous entrons dans
la baie de Great Harbour,
remplie à craquer et, comme
il fallait s'y attendre, vue
l'heure tardive, il ne reste
aucun mooring...
On retourne donc derrière
les derniers moorings et
Claude le farceur et moi
jetons l'ancre dans 20 pieds
d'eau claire laissant
apparaître un fond de roches
rondes et de sable. Il
fallut se reprendre par
trois fois avant d'accrocher.
D'autres voiliers, arrivés
quelques minutes après nous,
ont tenté en vain d'ancrer
et las de se reprendre, ils
sont repartis vers d'autres
fonds plus accrocheurs.
Quant à nous, malgré que
nous sommes assez loin du
bord et que le voilier roule
légèrement, nous sommes bien
contents d'être arrêtés et
de pouvoir prendre
l'apéritif dans le cockpit,
en regardant autour de nous
les pélicans qui tournoient
autour des voiliers et les
gigantesques cruisers en
arrière plan, dont le Miss
Michelle qui bientôt sera
tout illuminé dans la nuit...
18h Tout le monde est bien
impatients de manger le
poisson frais offert par la
mer et je prépare une petite
sauce faite à base de
wasabi, sauce soya, vinaigre
balsamique dans laquelle les
filets marineront. Puis,
Claude l'ogre pirate
ostéopathe les fera cuire à
point, à feu vif, selon la
recette de Jonathan le
joueur de tennis qui fut
l'un de nos invités. Le
tout, servi avec un riz
Jambalaya épicé, disparu
aussitôt sous les
compliments des invités dont
plusieurs mangeaient pour la
première fois du thon frais...
En soirée, Daniel conduira
tout notre beau monde au
Foxy's pour une petite
soirée dansante où tout le
monde s'est bien amusé sous
les airs de reggye joués par
l'orchestre local. Poteau
était là, faisant son show
habituel et la salle, à
moitié remplie, était en
fête comme à tous les
vendredis soirs...
7h30 Ce matin, un ciel
nuageux qui laisse passer un
coin de soleil plutôt timide
à cette heure matinale. Tout
le monde déjeune, au son de
la génératrice qui ronronne
et l'ambiance est joyeuse.
Il faudra attendre vers 9h
avant que Daniel puisse
espérer trouver les
douaniers au boulot en ce
samedi matin et nous en
profiterons pour faire un
petit saut
à la boutique de chez Foxy's
où les T-Shirts sont de
toutes beautés avec leurs
designs colorés et primitifs.
NOus ramasserons un petit
coquillage magique offert
gratuitement devant une
autre boutique qui vend du
poisson frais, en faisant un
souhait secret et nous nous
promènerons dans la rue qui
longe la plage, s'arrêtant à
l'occasion pour s'assoir
dans l'un des hamacs qui
pendent des cocotiers...
Puis, nous partirons vers
Cruz Bay pour faire notre
entrée dans les iles vierges
Américaines, où nous devrons
tous nous rendre au bureau
des douanes et suivre la
longue file avant de faire
étamper nos passeports par
les douaners très sérieux
qui ne manqueront pas de
nous aviser que nous devons
nous départir de toute
nourriture achetée à
l'extérieur des VIerges
Américaines, que tous les
déchets doivent être
incinérés, qui nous
demanderons si nous avons
rapporté des souvenirs et
pour combien, nous observant
d'un oeil méfiant avant de
nous laisser partir,
soulagés... Puis, nous
parcourerons les rues de
pierres de St-John le
magnifique, nous perdant
dans le labyrinthe des
boutiques artisanales qui
regorgent de souvenirs,
respirant l'odeur des restos
ambulants qui, sur le
trottoir, présentent leurs
spécialités locales,
toujours à base de porc ou
de poulet BBQ qui cuisent
dans des barils, sur des
tournes-broches manuels, à
la bonne
franquette et nous
arrêterons sûrement dans
l'un des bars sur la plage
pour prendre un dernier
verre avant de retourner au
voilier pour repartir dormir
à Christian Cove où l'eau
est calme et la nuit
réparatrice... Peut-être
même aurons nous le temps
d'une petite baignade à
Caneel Bay avant le départ...
Au souper, un sauté au
poulet au lait de coco,
rempli de beaux légumes
verts, de carottes, d'ail,
de curry indien, de
paprika... Puis, nos invités
feront leurs valises car
très tôt demain, nous
traverserons vers
Charlotte-Amalie pour
rentrer à la marina CrownBay
d'où ils prendront un taxi
pour retourner vers le nord,
vers le froid et la
routine... Brèves vacances
pourtant bien remplies qui,
nous l'espérons, resteront
dans leurs mémoires comme un
beau souvenir...
9h32 Les douanes sont faites
et Daniel est passé chercher
un autre gros sac de glace
pendant que nous magasinions
à la boutique du Foxy's où
Francine, qui a perdu le
chapeau de paille prêté par
sa soeur, lui en a trouvé un
autre, très joliment décoré,
autour de la tête, d'un
collier de pierres
turquoise. Quant à Claude,
l'Ogre pirate ostéopathe, il
a longuement hésité devant
un chandail de plongée, en
Coolmax, qu'il n'a
finalement pas acheté,
probablement parce les
vacances sont presque finies
et que les plongées se
feront plus rares... Au
retour, une vague déferle
sur le dinghy dont la charge
est mal répartie et Claude
et moi se retrouvons
mouillés de la tête au
pied... Retour au voilier où
Claude le musicien prend nos
amarres et nous retrouvons
Jocelyne en train de lire
tranquillement le récit du
nauvrage d'O'vent, le
premier voilier de Daniel,
dont elle a fait partie de
l'une des croisières et en
est descendue juste avant
le naufrage...
Les gars remontent l'ancre.
Daniel descend fermer les
hublots. Le ciel s'est
dégagé et le soleil est
revenu, brillant de tous ses
feux. La baie se vide, nous
laissons Josh Van Dyke dans
notre sillage. Je garderai
un souvenir merveilleux de
tous ces gens si sympatiques
qui habitent cette ile
presque déserte et qui
semblent si heureux de
recevoir des visiteurs, nous
saluant tous d'un grand
sourire, s'informant de
l'endroit d'où nous venons,
nous souhaitant bons vents !
10h La grand-voile est
montée et le moteur tourne
encore. En contournant l'ile
vers tribord, nous
déroulerons le génois,
tribord amure. La mer est
plutôt calme. Le vent est
faible. Les filles se
remettent au soleil,
dernière chance de bronzer
sous le soleil des Caraîbes...
On roule à 6 noeuds, au
portant, sous 15 noeuds de
vent, une belle allure,
confortable ! Claude
Letendre est à la barre,
silencieux, concentré...
Claude adore le monde de la
voile, il s'y connait en
voiliers et adore raconter
des histoires sur tel ou tel
type de voilier, ses
performances, ses points
forts, ses points faibles...
Il les connait tous, peut
dire l'année de
construction, le nom de
l'architecte... Une
véritable encyclopédie !
CLaude qui m'a fait cadeau
de trois beaux disques de
blues de la Nouvelle-Orléans
qui sont magnifiques et dont
je ne me lasse pas de les
écouter en boucle... Merci
Claude ! Et merci aussi à
l'autre Claude qui m'a
offert une
conche musicale, toute
nacrée de rose et vendu par
un local à Virgin Gorda qui,
nous en a montré la sonorité,
faisant sortir du trou un
son très bas, puissant que
je n'ai jamais pu reproduire,
hélas !... Merci aussi aux
filles qui m'ont apporté du
sirop d'érable dont on ne se
lasse pas et de beaux livres
à lire dont un, La vie à
deux, que j'ai beaucoup
apprécié ! Comme ils vont me
manquer tous et combien ce
fut court mais agréable
d'être en leurs compagnies !
11h Nous avons accroché un
mooring devant une
magnifique plage blanche de
Caneel Bay. Daniel remettra
un peu d'air dans le dinghy
et nous partirons vers les
douanes...
Silvie
Dimanche le 10 avril 2011,
Le souper d'hier fut un
succès et la soirée très
animée. On jase dans le
cockpit sous une lune en
croissant et une douce
brise, un verre de vin à la
main. Tout le monde est bien
satisfait de leurs vacances
: belles voiles, beaux
endroits, plongées,
baignades et belle
température... Beaucoup de
déplacements en peu de jour
mais le décrochage fut
assuré... Et tout le monde
est bien heureux !
En soirée, Daniel a pu
téléphoner à Francis, notre
garçon qui dit qu'il fait
beau à MOntréal et qu'il
s'est promené en T-Shirt
hier. Le retour est dès lors
plus encourageant pour nos
invités bien bronzés...
7h Tout le monde est debout,
prêts à l'action car la
journée est chargée.
Déjeuner, café, café, ont
sort les valises... Nos
invités remballent leurs
vacances, ramassent leur
chambre pendant que Daniel
et moi profitons du retour
de Jocelyne et Claude à
Montréal pour préparer des
chèques en blanc à faire
parvenir à notre comptable
pour fin d'impôt. Puis, on
additionne les dépenses de
la semaine qu'on divisera en
6 passagers.
Il fait un soleil radieux.
Jamais une journée n'a été
plus chaude et plus
ensoleillée et tout le monde
a bien envie d'aller se
baigner une dernière fois
dans l'eau turquoise de
Caneel Bay mais le temps
presse, on doit retourner à
la marina pour 10 h et le
trajet du retour prendra une
heure, au moteur, car il n'y
a pas de vent, à peine
quelques noeuds sur une mer
d'huile.
8h30 Les valises sont
bouclées et Daniel démarre
le moteur pendant que Claude
largue les amarres. Cap vers
CHarlotte-Amalie.
Quant à moi, j'essaie de ne
pas songer à la journée de
lavage, d'approvisionning et
de ménage qui m'attend car
je veux profiter de nos
invités jusqu'à la dernière
goutte...
9h18 On vient de dépasser
Christian Cove et à tribord,
on aperçoit déjà l'entrée de
Charlotte-Amalie. Claude est
encore à la roue, les filles
sur le pont admirent le
décor. Le ciel est dégagé et
au loin, à babord, très
loin, on aperçoit les pâles
contours de Ste-Croix où
nous nous rendront, Daniel
et moi, dans les prochains
jours, jusqu'à l'arrivée de
nos derniers invités,
Ginette et Robert, qui
seront avec nous dès le 22
avril pour découvrir les
Iles Vierges Espagnoles...
Ainsi se completeront nos
vacances dans les divines
Iles Vierges Britanniques,
Américaines et Espagnoles...
9 mois en mer, sous toutes
les amures, sous des vents
parfois hurlants, parfois
doux comme une caresse, sous
le froid, la pluie et les
embrnts du départ, sous le
soleil des Caraîbes mais
toujours, avec ce mouvement
incessant de la mer qui nous
berce doucereusement et
parfois nous brasse comme
des poupées de chiffon,
laissant notre maison
flottante sans dessus
dessous...
Puis, ce sera le retour, la
longue traversée de Puerto
Rico à Norkfolk, 1500 milles
nautiques non stop, avec,
nous l'espérons, deux
équipiers triés sur le volet
à qui nous avons envoyés une
invitation à se joindre à
nous pour vivre cette unique
expérience de traversée en
pleine mer pendant 10 jours
et 10 nuits :Jonathan qui
fut l'un de nos invités du
premier groupe et qui
prévoit partir, d'ici deux
ans, pour un tour du monde
avec sa petite famille et sa
femme Mélanie. Il fut un
équipier hors pair,
excellent marin, toujours
prêt pour une manoeuvre. Le
dernier, et non le moindre,
que nous avons eu le plaisir
de rencontrer à Virgin
GOrda, Anegada et à The
Bight juste avant leur
départ, Sylvain Beaudry, un
capitaine qui n'a pas froid
aux yeux, possédant beaucoup
d'expérience sur son First
35 et qui s'était loué, pour
2 semaines, un catamaran de
47 pieds pour visiter les
Vierges. Sylvain, déjà
retraité, projette aussi de
partir
pour un tour du monde avec
sa femme Sounda et leur
petit Mael sur le Sense 50
qu'ils viennent
d'acquérir... S'ils
acceptent notre invitation,
ce sera génial et nous
aurons une équipe du
tonnerre pour traverser la
mer...
10h15 On entre à la marina
Crown Bay et une employée
attend nos amarres. Je lui
lance celle à l'avant et
Claude saute sur le quai
pour faire un spring line
avec l'amarre du milieu qui
barrera sur la bitte arrière
du quai. TOut se passe à
merveille et aussitôt, je
prépare mes sacs de lavage
pendant que les invités
dinent d'un reste de
macaroni et de riz au
poulet. Puis, on vide le
frigo et le congélateur pour
un grand ménage en règle...
10h30 J'entre à la buanderie
qui est bondée. De 6
laveuses, je n'en aurai que
4 et pendant que je
m'acharne à mettre pour 5.50
$ de 25 sous dans mes 4
laveuses, déjà 10 minutes
sont passées et je cours au
voilier pour saluer nos
invités qui sont déjà au
bout du quai, en route vers
le départ... Que c'est
triste de les voir partir,
si beaux, si bronzés, si
gentils... Et quels beaux
moments nous aurons passés
entre amis... On s'embrasse
en se promettant de se
revoir bientôt et nous les
saluons alors que le taxi
les conduits à l'aéroport.
Je retourne à la buanderie
où je trouve deux autres
laveuses libres et je
passerai les deux prochaines
heures à finaliser le tout.
Puis, Daniel et moi allons
diner au resto de la marina,
d'une pizza. Retour au
voilier et pendant que je
range le linge bien sec et
bien plié, Daniel répare un
boyau d'eau qui coule dans
la génératrice...
15h30 Nous partons avec nos
deux charriots au Puéblo
pour un nouvel
approvisionnement. Le ciel
s'est obscurcit et le temps
a fraichit. Tant mieux !
17h30 Deux voyages plus tard
au Puéblo et l'épicerie est
rangé. Je suis crevée. On
retourne souper au resto,
pas envie de cuisiner...
Silvie
Lundi le 11 avril 2011,
Journée chaude et
ensoleillée... 7h du matin,
un bon café expresso pour
démarrer cette journée
encore achalandée avec un
dernier lavage à la
buanderie vide à cette heure
matinale. Retour au voilier
et continuation du ménage.
Je récupère la chambre
tribord comme stock room et
j'y apporte tout ce qui
encombre mes armoires et mes
tablettes. On y stoque
toutes les caisses d'eau,
les couvertures et
serviettes en surplus, les
contenants de plastiques et
tous les vêtements de pluie
nécessaire pour une
traversée, libérant ainsi
mes garde-robes pour mes
petites robes et chandails,
vêtements usuels et
souliers. Enfin, notre
chambre se retrouve
agrandit.
10h Un dernier voyage au
Pueblo... Je suis déjà
crevée !
11h On largue les amarres.
Fermeture des hublots,
rangement des amarres et des
défenses. Daniel monte la
grand-voile et déroule le
génois. TRibord amure, on
file lentement vers
Christian Cove où nous nous
reposerons quelques jours
avant de partir vers
Ste-Croix.
Le ciel est magnifique, tout
rose et bleu, avec des longs
nuages élancés au bas de
l'horizon et d'autres, tout
floconneux, hauts dans le
ciel. La mer est calme,
presque pas de vagues, un
vent irrégulier qui souffle
par coup...
Je pense à mes invités qui
sont sûrement rendus à
Montréal... Pensent-ils
aussi à nous ? J'espère
qu'ils vont bien et qu'ils
sont reposés...
15h J'accroche un mooring et
Daniel met une deuxième
amarre afin de consolider
notre ancrage. Je descend me
reposer mais avant, je
prends nos courriels, dès
que Daniel installe
l'antenne. Nous avons des
nouvelles de Sylvain Beaudry
qui accepte notre invitation
à se joindre à nous pour le
retour de Puerto Rico à
Norkfolk. NOus sommes fous
de joie, surtout moi qui
craignait le retour en
équipage réduit... Cette
nouvelle me remonte le moral
et me remplie
d'enthousiasme... Ce sera
fantastique !
Le soir tombe, après un bref
repas rapide, je me
coucherai afin que demain
soit un autre jour et que je
me lève enfin reposée et
prête pour un nouveau départ
vers Ste-Croix, la plus
grosse île des Vierges...
Que nous réserve t'elle ?
J'ai hâte d'en savoir
plus...
Bonne nuit !
Silvie
Mardi le 12 avril 2011,
On s'est couché tôt et on
s'est levé tard, en pleine
forme. Ce matin, il fait
gris et l'on ne sent pas le
vent qui semble disparu. Où
se cache t'il ? Nous le
saurons bien assez tôt et en
attendant, nous avons
apprécié la nuit confortable
et le voilier qui n'a
presque pas bougé. On dirait
que le temps est arrêté...
Hier soir, nous avons reçu
des nouvelles de Jonathan,
l'équipier à qui nous avons
envoyé une invitation pour
faire la traversée de retour
avec nous. Il est fortement
intéressé et va demander des
vacances spéciales à son
employeur. Nous aurons des
nouvelles sous peu et nous
espérons vivement qu'il
puisse faire partie de
l'équipe du retour car cette
expérience lui sera
nécessaire pour partir en
mer avec sa petite famille !
De plus, Jonathan est
tellement agréable, si
motivé, si habile... Ce
serait un plaisir de l'avoir
à bord et nous sommes
persuadés qu'il s'entendrait
à merveille avec Sylvain...
Ce matin, Daniel travaille
sur son tangon. Avec sa
perceuse, il tente de
creuser un trou pour
remplacer une goupille qui
s'est cassée. Puis, il devra
se rendre en dinghy de
l'autre coté de l'ile pour
aller chercher une pièce
pour notre génératrice.
Notre voyage à Ste-Croix est
encore reporté d'une journée
mais peu importe, quant à
moi, je suis très bien ici à
Christian Cove où la
connection internet est très
bonne, l'eau claire et
turquoise et le décor
enchanteur.
Hier soir, autour de nous,
il y avait plein de petits
voiliers, des petites
barques en bois, des
Optimistes, menées par des
enfants très jeunes qui, au
son de l'instructeur qui se
tenait derrière, tournaient
à gauche, tournaient à
droite, ensemble, comme dans
un élégant ballet. C'était
magnifique !
Je commence à faire des
projets d'été car bientôt,
je serai sur terre. Je me
vois déjà à mon chalet, en
train de passer le râteau,
respirer l'odeur de l'herbe
fraîche, écouter le chant
des oiseaux, faire des feu
de bois à l'extérieur,
planter des fleurs, nettoyer
mon bassin, retourner la
terre de mon jardin... Après
9 mois en mer, la terre me
manque. J'ai hâte de revoir
mes parents, mes enfants,
mes amies...
L'an prochain, nous ne
pourrons repartir en mer
qu'en novembre. La loi sur
l'Assurance maladie du
Québec nous oblige à revenir
au Québec après 183 jours à
l'extérieur du pays, soit 6
mois par année. À moins de
prendre une année
septennale, nous devrons
attendre la mi-novembre pour
reprendre la mer...
Quelle sera notre prochaine
destination ? Je ne sais pas
! Daniel non plus...
L'Europe nous tente,
d'autant plus que ma fille
habite en Franche-Compté et
qu'il y a une éternité que
je ne l'ai pas vu.
Actuellement, elle et son
mari se construisent une
maison et j'aimerais bien la
voir et l'aider à se faire
un jardin et des
plates-bandes, aidés par mes
petits-enfants. Et puis, mon
fils Olivier y sera aussi,
en visite, avec son fils.
Nous y serions toute la
famille et ce serait génial
! Visiter la Grèce
m'enchanterait... L'Italie,
un rêve ! L'Espagne, le
Portugal... Ah, ce serait
merveilleux... Par contre,
c'est en septembre qu'il
faut partir vers les Açores,
pas en novembre...
Et revenir vers le sud,
visiter les Antilles
françaises, la Martinique,
Guadeloupe, St-Martin,
Ste-Lucie, Marie-Galante, la
Dominique et toutes ces iles
lointaines me rendrait aussi
très heureuse... Mais tout
cela est loin encore et nous
avons le temps de rêver
jusqu'en novembre prochain
et de décider de notre
prochaine destination...
En attendant, aujourd'hui
j'ai envie de cuisiner car
je meure de faim. Un gâteau
renversé à l'annanas me fait
déjà saliver... Et un boeuf
brocoli pour souper, hum !
À plus...Silvie
Mercredi le 13 avril 2011,
Après en avoir rapidement
discuté, nous avons décidé
que nous n'irions pas à
Ste-Croix. Le départ est
proche et il est important
de régler tous les petits
problèmes mécaniques, ceux
qui existent déjà et ceux à
venir, car la prévention est
la meilleure façon d'éviter
les gros problèmes.
Depuis deux jours, Daniel a
remarqué un peu d'eau au
fond du coffre de la
génératrice... Pas beaucoup
mais quand même, c'est
anormal et de plus, il
s'agit de l'eau salée qui
sert à refroidir le moteur
de la génératrice... Et de
l'eau salé, on n'en veut pas
dans le voilier ! Il
commence par examiner les
boyaux un par un et découvre
un minuscule trou sur l'un
des conduits. Il racourcit
le tuyau, pensant que le
problème serait résolu mais
non, la fuite est encore là.
Un examen plus approfondi
démontre enfin qu'Il s'agit
de la pompe. Heureusement,
nous avons internet et
Daniel trouvera un
réparateur à
Charlotte-Amalie qui pourra
vérifier et rebâtir la
pompe.
Ce matin, Daniel s'affaire à
démonter la pompe qu'il ira
porter en dinghy chez le
réparateur, à quelques
milles de Christian Bay où
nous sommes. S'il a toutes
les pièces, ce sera une
affaire rapide mais s'il
doit commander une ou des
pièces, cela peut prendre
plus d'une semaine. Nous
n'avons donc pas le choix de
rester sur place et
d'attendre. Pendant ce
temps, nous utiliserons le
moteur du voilier, tout
comme nous l'aurions fait
avec la génératrice.
Hier, le ciel était zébré
d'éclairs et il a plu des
cordes mais ce matin, le
beau temps est revenu et le
vent est presque disparu. IL
fait merveilleusement beau
et chaud.
Daniel est revenu du
réparateur qui, hélas pour
nous, était fort occupé. On
attend donc des nouvelles
par courriel... En
attendant, pas de temps à
perdre, Daniel décide de
démonter et de changer la
boite de contrôle de notre
pilote automatique. Pour ce
faire, il doit démonter le
panneau électrique à droite
de la table de navigation,
défaire toutes les
connections du pilote et les
rebrancher dans le nouveau
cerveau tout neuf. Les
lunettes grossissantes sur
les yeux, travaillant dans
un espace réduit, il besogne
depuis deux heures en suant
à grosses gouttes...
Pendant ce temps, je prépare
un déjeuner-diner qui sera
rapidement avalé. Puis,
retour au boulot. Quant à
moi, je tombe dans la
version 2 des Glénans, au
chapitre de l'électricité,
question d'en savoir
davantage sur les Watts, les
Ampères et les volts.
J'aimerais connaître nos
besoins réels en
électricité... Le sujet est
vaste et ardu et plus
j'avance, plus c'est
complexe ! Après deux heures
de lecture, je n'en peux
plus et je dois faire une
pause...
Je vais donc me baigner...
Daniel a terminé son travail
et il range ses outils. Il
ira se baigner aussi...
En soirée, un spagetti tout
simple... Et retour à la
lecture des Glénans...
Silvie
Jeudi le 14 avril 2011,
6h30 Nous sommes déjà debout
et en pleine forme. Je me
suis couchée tôt et j'ai
dormi comme une bûche.
Daniel vient de partir le
moteur et il est assis
dehors, observant les
voiliers qui se réveillent
dans la baie encore sombre.
Je tente de me connecter sur
internet mais la connection
est lente. Finalement, j'y
arrive et Ô surprise, je
trouve un message de notre
futur équipier, Sylvain
Beaudry, qui nous envoie son
horaire d'arrivée à San
Juan, le 2 main prochain, à
13h30. Nous sommes vraiment
heureux et nous avons très
hâte d'aller le chercher à
l'aéroport. Nous sommes
fiers que Sylvain ait
accepté de relevé ce défi
car il faut beaucoup de
courage pour se lancer dans
une longue traversée comme
celle que nous ferons et peu
de gens sont prêts pour une
telle aventure. Daniel est
très heureux de pouvoir
partager ses connaissances
et son expérience avec un
jeune capitaine comme
Sylvain, qui a du vent dans
les voiles et qui
envisage de partir en
voilier d'ici quelques
années, pour un tour du
monde, sur son nouveau Sense
50...
Nous n'avons pas encore eu
de nouvelles de Jonathan et
nous espérons vivement qu'il
puisse aussi faire partie de
l'équipe... On se croise les
doigts !
Cette belle nouvelle démarre
bien notre journée, d'autant
plus que maintenant le
soleil illumine la baie et
qu'il fait un temps superbe.
Je commence ma journée par
une petite baignade autour
du voilier... L'eau est
fraîche et confortable,
c'est magique ! Je me sens
toute neuve !
Daniel fait du ménage dans
ses outils. Nous n'avons pas
encore eu de nouvelles de
notre réparateur de pompe et
Daniel commence à regretter
de ne pas l'avoir démonté
lui-même et simplement avoir
eu à acheter les pièces
défectueuses qui sont
probablement les seals...
Enfin, trop tard maintenant
et il nous faut attendre !
J'ai un petit goût de sucré
alors je prépare un gâteau à
la mangue. Je ferai un beau
glaçage au citron vert et je
me délecte déjà !
Enfin des nouvelles de nos
derniers passagers qui
viennent d'arriver :
Salut à vous deux!
Nous avons fait un bon
voyage de retour, quoique un
peu long d'attendre à
l'aéroport. On s'est fait
fouillé à cause que Claude a
tout barbouillé son papier
de douanes, tout était OK
sauf qu'une de mes
bouteilles de rhum s'est
vidée à moitié dans ma
valise, bouchon mal scellé
probablement.
Aujourd'hui mardi, je viens
de lire ton journal de bord
Silvie, car hier c'était
lavage et commission et mon
dos qui me fait encore mal
en plus d'un foutu mal de
terre. Bref, c'est le fun de
revoir notre itinéraire et
de lire tes anecdotes. J'ai
bien ri quand tu parles d'un
barracuda de 6 pi ( là tu
exagères un brin ). J'en
profite pour vous remercier
en mon nom et celui de mon
pirate ogre osthéopathe pour
les belles vacances et votre
accueil chaleureux, on sait
que celà ne doit pas être
toujours évident pour vous
d'avoir des invités dans les
pattes. Bonne route et bonne
chance pour la traversée et
au plaisir de vous revoir
cet été pour que vous
puissiez nous le raconter de
vive voie. Bisous, Francine
et Claude.
-----------
Quel plaisir de les savoir
sain et sauf et en pleine
forme ! Du moins, pour
Claude car Francine a
toujours son mal de dos
suite à une chute dans les
escaliers... Heureusement,
son pirate ogre ostéophate
pourra lui faire de bons
massages pour la remettre
sur pied au plus vite !
Cela me fait penser à nos
prochains invités... Je
commence à avoir hâte de les
accueillir et surtout
d'avoir le plaisir de leur
faire connaître les iles
vierges Espagnoles que
j'adore et qui je l'espère,
les charmeront autant que
nous ! Culebra où j'aimerais
tant être en ce moment, avec
sa belle plage Flamenco et
ses gens si sympatiques, un
endroit où le crime n'existe
pas, où les artistes vivent
de leur art, où règne la
tranquilité et l'harmonie...
Culebrita et ses magnifiques
fonds marins, son phare d'où
la vue est spectaculaire...
Luis Penas, une ile protégé
où viennent pondre les
tortues...
J'ai hâte aussi de retourner
à Vieques, plus sauvage,
plus indiscipliné et
peut-être revoir le beau
sourire de Jason qui fut un
guide si charmant lors de
notre dernier passage avec
mon fils Olivier et ma nièce
Julie... Revoir La plage aux
chevaux sauvages, si longue,
si blanche avec en arrière
plan, ce troupeau de chevaux
sauvages qui se promène
librement, si beaux, si
fiers... Marcher dans le
long de la promenade,
peut-être revoir la dame qui
fait des massages divins aux
pieds... Puis, retourner à
la plage de Palomino et ses
chaises longues bleu comme
l'océan et à la plus petite,
Palomini, celle où l'on peut
cueillir des coquillages sur
le sable et d'où l'on a
tourné une scène du pirate
des Caraîbes... J'ai si
hâte...
Bon, je retourne me
baigner...
Bonne journée !
Silvie
Vendredi le 15 avril 2011,
Hier soir, on s'est fait du
cinéma... Bien calés dans
les banquettes du carré,
nous avons passé en revue
les trois tours de CD
remplies de films que Guy et
Marcel nous ont prêtés et à
notre grande surprise, on
les avaient presque tous
déjà vus... Mais il restait
le Pianiste de Roman
Polanski que nous avons
savouré, malgré la dureté
des scènes qui racontent
l'extermination des Juifs
pendant la guerre...
Nous avons soupé d'un reste
de spagetti et ensuite, on a
mis Singh City, un film qui
est traité comme une bande
dessinée et qui nous a ravi
par sa qualité technique,
les éclairages, le son et le
jeu des comédiens.
Cette nuit, il a plut deux
fois et deux fois nous avons
du ouvrir et fermer tous les
hublots et ce matin, ce ciel
est encore nuageux et gris
et il ne vente pas.
Nous avons reçu des
nouvelles de notre
réparateur de pompe qui nous
annonce qu'elle est prête.
Après une heure de moteur
qui nous envoie une odeur de
diésel dans le carré, Daniel
remet le silence et part en
dinghy de l'autre coté de
l'Ile pour récupérer notre
précieuse pompe qu'il
réinstallera aussitôt. Il
s'agissait des deux seals
usés qui durent être
remplacés, comme l'avait
prédit Daniel... Une facture
de 190 $
J'ai mis de coté mon étude
de l'électricité car cela
exige beaucoup de calcul, ce
qui n'est pas mon fort...
Par contre, je sais
maintenant que nous
utilisons, uniquement avec
les appareils du voilier
(éclairage, feux de
signalisation, feu en tête
de mât, appareils de
navigation, VHF, frigo et
congélateur, pilote
automatique, etc.) environ
1500 Watts à l'heure
(lorsque tout fonctionne en
même temps, ce qui est
plutôt rare).
Ajoutons à cela divers
appareils que nous utilisons
sporadiquement et qui
fonctionnent sur le 110
volts comme le micro onde
(700-2100 watts), le
grille-pain, la cafetière
expresso (2050 Watts), les
ordinateurs (40 watts
allumé; 4 watts en veille et
3 watts éteint), les
chargeurs de caméra (6
watts), le sèche-cheveux
(800-2000), l'aspirateur
(700-2000), la petite
machine à coudre, la télé
(entre 800 et 3000 watts) et
l'air conditionné
(800-5000), le chauffe-eau
(2000 watts)... Cela demande
beaucoup de Watts,
heureusement, pas tous en
même temps !
Notre génératrice fournit
6000 Watts à l'heure et elle
commence par charger nos 5
grosses batteries 8D, puis
elle fait refroidir nos cold
plates de frigo et
congélateur. Si j'avais à
coudre, ou à utiliser le
micro onde (entre 700 et
2100 watts), le grille-pain
ou la cafetière expresso
(2250 Watts), je le ferais
idéalement quand la
génératrice fonctionne afin
de ne pas vider inutilement
les batteries qui ne doivent
jamais perdre plus de 20 %
de leur charge, sous peine
d'être endomagées ou de
vieillir prématurément...
Là où ça se complique, quand
on est écologiste et qu'on
aimerait fonctionner
uniquement avec l'Énergie
Solaire ou Éolienne, c'est
que, hélas, ces sources
d'énergie ne sont pas
régulières. Par exemple,
depuis trois jours, le ciel
est sombre et les heures
d'ensoleillement sont rares.
De plus, il ne vente pas ou
pas suffisamment pour faire
fonctionner une éolienne. De
plus, les plaques
photovoltaiques et éoliennes
ne fournissent que du 12
volts alors que tous les
appareils fonctionnent sur
le 110 volts. On doit alors
avoir un inverteur Heavy
Duty pour transformer le
courant en 110 volts,
assorti d'une série de
batteries très performantes,
très dispendieuses et
nécessitant un entreposage
sécuritaires, à l'épreuve de
l'eau et exigeant beaucoup
d'espace et une ventilation
adéquate.
De plus, il nous faudrait 8
éoliennes et autant de
plaques photovoltaiques pour
remplacer notre génératrice
qui ne consomme qu'un quart
de galon de diésel à
l'heure, et qui nous coûte 4
$ par jour. Cette solution
est peut-être discutable par
les puristes mais pour un
gros voilier qui fait de
longues traversées, qui
reçoit souvent 6 personnes à
bord et dans lequel on peut
vivre 9 mois par année, une
génératrice est
indispensable, à moins de
retourner 50 ans en arrière
et de s'éclairer à la
chandelle, de se laver à
l'eau froide, de faire la
vaisselle à l'eau salée, ou
de faire chauffer son eau
sur le four à gaz, de faire
son café à la manière
italienne et ses rotis sur
le poêle à gaz, de ne
surtout pas avoir de micro
onde, ni télé et surtout pas
d'aspirateur, ni de
sèche-cheveux ou de machine
à coudre... Et en aucun cas,
un air conditionné !
Par contre, j'ai appris
qu'une télé, même éteinte,
dépense 2 Watts à l'heure,
qu'une VHF en veille dépense
7 Watts, qu'un chargeur de
pile prend 6 Watts et que
lorsque les piles sont
pleines, le chargeur
consomme encore 2 Watts...
Pire encore, l'horloge du
système de son consomme 9
watts à l'heure. J'ai donc
enfin compris qu'il faut
débrancher les appareils non
utilisés ou encore, utiliser
des blocs d'alimentation
qu'on peut éteindre !
12h. Je viens de recevoir un
courriel à l'effet que les
vacances sans solde
demandées par Jonathan ont
été refusées. Jonathan ne
pourra pas faire partie de
la traversée de retour car
son patron n'aurait pas pu
le rejoindre en tout temps
s'il y avait eu un problème.
Jonathan occupe un emploi
stratégique qui peut
nécessiter des interventions
rapides à tous moments. Nous
sommes vraiment désolée pour
Jonathan et le remercions de
ses efforts pour faire
partie de la traversée.
Après un diner tout simple,
nous partirons vers Caneel
Bay où la connection
internet est gratuite et
très puissante. De plus, le
coin est magnifique, avec
son petit Resort et ses
plages blanches. Et puis,
demain, j'irai peut-être
magasiner à Cruz Bay, juste
à coté ou simplement flâner
dans les boutiques et jaser
avec les artisans...
En attendant, le soleil est
revenu et la génératrice ne
coule plus ! Et il me prend
l'envie soudaine de faire du
pain...
Silvie
Samedi le 16 avril 2011,
Hier après-midi, nous avons
changé de place pour nous
ancrer devant Caneel Bay et
ses magnifiques plages
blanches. La baie est mal
protégée et le bateau roule
fortement, surtout lorsque
les traversiers passent au
large et font onduler les
vagues.
En soirée, alors que je
faisais ma mise en place des
ingrédients pour mon boeuf
brocoli, une série de vagues
ont fait giter le voilier et
mon verre de vin, que je
venais de verser, est tombé
par terre en s'étalant sur
les banquettes blanches...
Heureusement, j'ai nettoyé
aussitôt et plus rien n'y
parait mais je ne me suis
pas versé un autre verre, me
contentant de terminer de
couper les fleurs de brocoli
et de sculpter ma carotte
avant de la trancher en fine
rondelle dentelée...
Le souper fut excellent et
en soirée, j'ai fouillé sur
internet pour retrouver la
recette de pain sans
pétrissage que j'ai aussitôt
essayée :
3 tasses de farine non
blanchie
1/4 de cuillère à thé de
levure
1 cuillère à thé de sel
1 tasse et demie d'eau
chaude.
Il suffit de mélanger les
ingrédients secs, d'ajouter
l'eau et de bien mélanger le
tout. Puis, mettre une
pellicule de plastique sur
le plat et le laisser lever
12 heures dans un endroit
chaud. J'ai mis mon bol de
stenless steel dans le micro
onde, en lui souhaitant
bonne nuit.
Ce matin, gros soleil dans
la baie et la plage est déjà
remplie de baigneurs et de
touristes... J'ouvre la
porte du micro onde car le
carré est embaumé de l'odeur
de levain. C'est génial, la
pâte a bien levée et plein
de bulles se sont formées à
la surface.
Je met de l'huile sur mes
mains pour enlever la pâte
molle qui colle au bol et je
la fais tomber sur la
planche farinée. Je la
replie en deux, et encore en
deux, de manière à former
une boule. Je la refarine et
la place dans le four à 450
degrés, dans un plat rond,
avec un couvercle.
Pendant ce temps, je mets le
film Papillon sur le laptop.
La première version avec
Steeve McQueen et Dustin
Hofmann et j'attend 15
minutes avant d'enlever le
couvercle et de poursuivre
la cuisson un autre 15
minutes...
COmme ça sent bon ! Je
salive déjà... Mais je suis
captée par l'histoire de
Papillon qui se corse
déjà...
Enfin, j'ouvre la porte du
four et j'ai le plaisir de
voir un beau pain rond et
gonflé, tout doré et que je
m'empresse de laisser
refroidir avant d'en tailler
plusieurs tranches, remplies
d'alvéoles, savoureuses et
goûteuses, bien crouté, que
je garnie de confiture de
framboises... Un délice que
je me promet de recommencer
dès demain car je doute que
ce pain fasse long feu !
Le voilier bouge beaucoup,
l'endroit est féérique mais
trop agité. Nous partirons
demain pour trouver un autre
endroit mieux protégé mais
en attendant, une petite
descente à la plage me fera
grand bien !
En soirée, poitrines de
poulet farcies au jambon et
fromage, sur le charcoal...
Avec un petit couscous
peut-être !
Il vente du nord-est. Daniel
me dit : ce serait un bon
vent pour partir... Je sais
que ses pensées sont
remplies des détails à
revoir avant le départ...
Quant à moi, je devrai
refaire l'inventaire de tout
ce qui se trouve encore dans
les armoires, les coffres et
les rangements afin de ne
pas réacheter ce que nous
avons déjà et qui bientôt ne
nous servira plus...
Bonne journée !
Silvie
Dimanche le 17 avril 2011,
Une journée qui commence
avec un gros soleil dans une
baie illuminée et
brillante... Je suis dans
une forme splendide et de
plus, c'est dimanche et la
connection internet gratuite
de Caneel Bay me permet
d'appeler ma famille et mes
amies dont je n'ai pas eu de
nouvelles depuis des
lustres, ce que je fais avec
grand plaisir.
Je passe donc plusieurs
heures sur Skype et cela me
fait grand bien d'entendre
la voix de mes parents, de
ma fille chérie, de mon amie
Jacinthe, de Réjean, de
Jean-Guy Brochu et du
répondeur à Lily...
Entre deux coups de fil, je
fais du ménage, je monte sur
le pont, admire le décor...
Comme tout me semble beau et
léger aujourd'hui !
Hier, j'ai fais l'inventaire
de la nourriture sèche qui
se trouve dans les coffres
en notant, par ordre
alphabétique, dans un cahier
de comptabilité à 4
collonnes, la quantité et
l'endroit où se trouvait tel
ou tel produit. Ouf ! Que de
surprises ! J'avais oublié
tant de choses et réacheté
tant de produits pour
rien... Enfin, j'ai
maintenant une idée
absolument précise de tout
ce que je possède comme
nourriture et ma prochaine
épicerie ne sera faite que
de fruits, légumes frais et
de viandes, espérant faire
baisser un peu le nombre de
boites de conserve qui
remplissent mes 4 immenses
coffres de rangement sous
les banquettes...
Daniel est intarissable de
cinéma et il visionne deux
autres films que je regarde
de temps en temps : La
couleur pourpre et mon petit
doigt m'a dit...
L'après-midi passe doucement
mais vers 15h, l'envie de
bouger me prend et je saute
à l'eau qui est bien
fraîche. Puis, c'est le tour
de Daniel qui, en remontant,
me retrouve les ciseaux à la
main, prête pour une petite
coupe que j'exécute sur la
jupe arrière du voilier, au
gros soleil. Mon Capitaine
retrouve du coup sa jeunesse
et sa fraîcheur ! Comme
j'aimerais qu'il puisse en
faire autant avec mes
cheveux qui sont rendu bien
long... C'est si vivifiant
de se faire couper les
cheveux !
Hier soir, j'ai finalement
fait des brochettes de
poulets BBQ et ce soir, il
en reste. Alors, pas de
souper à préparer !
Une belle journée qui
achève, dans la joie !
Silvie
Lundi le 18 avril 2011,
Encore une autre belle
journée qui commence avec un
soleil rayonnant sur une mer
d'huile... Aujourd'hui, je
descend au village de Cruz
bay pour un petit magasinage
en règle mais avant, une
petite baignade autour du
voilier s'impose !
Il est 8h. Plus que trois
jours avant l'arrivée de nos
prochains invités, Ginette
et Robert, qui sont très
occupés et qui ont bien hâte
de prendre le large. Nous
aussi !
Ce n'est pas arrivé souvent,
depuis notre départ, de
rester longtemps au même
endroit et cela me manquait.
Mais cette fois, j'ai ma
dose et il me tarde de
bouger... Je n'ai plus aucun
livre à lire, j'ai vu tous
mes films et plusieurs à
deux reprises, je commence à
manquer d'idées pour
cuisiner en plus d'avoir
l'impression de tourner en
rond...
Hier, notre fils Francis et
Réjean, le frère de Daniel,
ont ouvert tous notre
courrier pour préparer les
papiers nécessaires à nos
rapports d'impôt. Nous les
remercions vivement.
J'imagine déjà tout le
courrier qui nous attend à
notre arrivée, toutes ces
choses à faire... Nos
batteries de voiture qui
n'ont pas fonctionnées
depuis 9 mois seront
sûrement à changer, nos
pneus d'hiver à mettre au
rancart et puis, une auto
qui ne roule pas s'use plus
facilement, comme dirait mon
père !
Mon père... Comme il me
manque ! Depuis un an, il ne
fait plus de voile et il a
rangé son voilier de 18
pieds, son Invitation qu'il
garde pour nous, ses enfants
et petits-enfants. Après 9
mois de voile en mer, jouer
sur le Lac St-Jean en petit
voilier sera un plaisir...
Comme j'aime cet endroit qui
me rappelle mon enfance. La
plage des Pères où mon père
nous amenait tous les soirs
de beaux temps, après son
travail... Pendant qu'il
partait nager au large,
pendant des heures, revenant
souvent à la noirceur, je me
souviens que je surveillais
du regard le petit point qui
signifiait qu'il était en
approche... Et soudain,
j'aperçevais un bras et un
autre et le point devenait
plus précis... Enfin mon
père revenait, il était
encore en vie ! Comme je le
trouvais courageux et
intrépide ! Ma mère sortait
sa salade froide de
macédoine, ses sandwiches et
ses galettes, souriante dans
son beau maillot. Elle
sortait sa nappe à carreau
et ses assiettes de
plastique et nous servait...
Quelle était belle ma mère
et quelle voix elle avait !
C'était une artiste, une
grande chanteuse qui aurait
pu faire une belle carrière
mais qui a préféré consacrer
sa vie à son mari et ses
enfants, comme c'était
l'usage à l'époque...
Avec les bûches ramassées
sur la plage, celles qui
flottaient sur le lac à
l'époque et qui s'étaient
échappées des Price
Brother's où travaillait mon
père, je passais des heures
à construire des maisons et
des phare souvent très haut
et je m'y cachais pour
rêver, couché dans le sable
chaud... Je rêvais de
voyages, d'horizons
lointains... Quels beaux
souvenirs j'ai de mon
enfance... Jusqu'à ce que je
commence l'école...
Nous étions 4 à la maison et
mon père faisait faire ses
devoirs à mes soeurs ainées,
premières de classe. Tous
les soirs, j'assistais
religieusement à toutes ces
leçons de français, de
mathématiques, d'algèbre...
Lorsque ma mère m'a mise à
la maternelle, ils n'ont pas
voulu me garder car je
savais déjà lire et écrire
et je dérangais les autres.
Je suis donc passé
directement en 2e et j'ai eu
100 % sur toutes les
matières. Je me souviens,
lors de la remise des
bulletins, que mon
professeure avait dit à mon
père qu'on m'avait mis 99 %
car il était interdit
d'avoir 100 % partout. J'ai
trouvé cela bien injuste !
Puis, j'ai fait ma 3e et 4e
à Marguerite Bourgeois, avec
les soeurs... Je me souviens
des vendredi matin où l'on
chantait le Ô Canada... Je
me souviens qu'il fallait
marcher en rangée comme des
moutons, ne pas parler sauf
lorsqu'on nous questionne...
Je me souviens que tout
était lent, trop lent,
inintéressant... Pourquoi ne
pas rester chez moi à lire
des livres plutôt qu'assise
à attendre qu'on lise pour
moi... Je n'aimais pas
l'école !Puis, on m'a mise
dans un cours accéléré, qui
venait d'être inventé : 4e,
5e et 6e en deux ans...
Je me suis donc retrouvée au
secondaire très jeune.
Brillante, espiègle mais
plate comme une planche,
encore un enfant, j'étais
entourée de femmes aux
courbes prononcées, dont la
sexualité était déjà bien
amorcée... J'entendais
parler d'histoires d'amour,
de peine de coeur, de longs
baisers... Moi, je voulais
vivre seule, libre. L'amour,
c'était un piège pour les
femmes... Elles avaient 15
ans, j'en avais 11. L'École
St-Sacrement de Naudville
était dirigée par des
religieuses très
autoritaires et souvent
injustes. Les coups de règle
existaient encore et
certaines filles y goûtaient
plus que d'autres... C'est
là que j'ai rencontré Angèle
qui deviendra ma soeur de
sang. C'est avec elle que
j'ai commencé à me
révolter... De
l'injustice... Des coûps des
professeurs... De la
discipline aveugle... Des
religieuses qui aimaient
trop les petites filles...
De la platitude des
professeurs qui n'avaient
pas la flamme...
Un jour, un prof qu'on
appelait la Framboise,
toujours sévère avec ses
petites lèvres pincées et
ses yeux méchants, qui
semblait détester son
travail et les jeunes, pose
une question à l'une des
élèves assises au fond de la
classe... Une fille très
retirée, infirme d'une
jambe, qui regardait dehors,
perdue dans ses pensées...
Elle n'eut aucune réponse
pour la question de la
Framboise qui du coup, elle
s'approchat d'elle et d'un
coup de baguette sur le
bureau de l'étudiante, lui
lança : tu peux bien être
infirme, Espèce de conne !
C'en était trop pour moi !
Je me suis levée d'un bond
et j'ai hurlé : Vous n'avez
pas le droit de la traiter
de la sorte, vous devez vous
excuser ! Et voilà la
Framboise qui devient noire
de rage et se dirige vers
moi, s'enfarge dans un
bureau et tombe par terre...
Tout le monde rit... Elle
sort de la classe en
vociférant et je suis
convoquée dans le bureau de
la directrice...
Je fus mise à la porte de
l'école et je m'en
foutais... Mon père était en
colère contre moi. J'avais
défié l'autorité et cela ne
se faisait pas. Après
plusieures rencontres avec
la directrice, il a été
convenu que je pouvais
revenir, après 3 semaines de
réflexion, mais je devais
m'excuser devant la classe.
J'ai refusé et il s'est
ensuivit une guerre de
pouvoir entre mon père et
moi... C'est là que j'ai
appris que toute vérité
n'était pas bonne à dire...
C'est à cette époque aussi
que mon père m'a forcé à
lire Dale Carnegie : comment
se faire des amis, afin que
j'apprenne la diplomatie...
Quand je suis retournée à
l'école, j'ai du me mettre
en avant de la classe et
devant la Franboise toute
rouge et la directrice
froide, dire : je m'excuse
d'avoir dit la vérité et
d'avoir défié l'autorité...
Et je suis allée m'assoir à
ma table devant les
applaudissements de toute la
classe, ce qui a mis la
directrice en rogne et après
un discours plutôt bref,
elle est sortie de la
classe, laissant la
Framboise avec sa meute de
loups, qui par la suite, lui
en a fait voir de toutes les
couleurs... J'étais devenue
la chef de meute !
Je n'étais plus intéressée
par les bonnes notes car
c'était trop facile. J'ai
trouvé ma place dans le
groupe en me faisant le
porte-parole des
silencieuses et la
rectificatrice des tors et
injustice... J'ai été mise à
la porte 3 fois et à la 4e
fois, j'ai fini mon
secondaire 4 à Héberville
Village, à 20 milles de chez
moi, car mon oncle était
directeur d'école et c'est
le seul endroit qui
acceptait de me prendre.
Secondaire 5, plus aucune
école ne m'accepte, sauf
l'école des métiers et
j'entre dans un cours de
haute couture combiné avec
le secondaire 5. Nous sommes
25 élèves et il n'y a que 5
machines à coudre... C'est
ridicule ! Peu importe, je
fais du dessin de mode et
j'adore cela. Je développe
des vêtements extensibles,
sans fermeture éclair qui
sont toujours défectueuse,
dans bouton qui arrache...
Des vêtements confortables
qui retiennent l'attention
des grands visiteurs venus
de MOntréal et dont je
retrouverai certains modèles
de mes créations dans des
boutiques quelques années
plus tard...
Puis, ce fut l'été de mes 15
ans et je me suis sauvée de
chez moi, par une douce nuit
d'été, par la fenêtre de la
salle de bain... J'étais
libre et la vie
m'appartenait ! Je voulais
apprendre l'anglais et
visiter Vancouver... Ce que
j'ai fais, sur le pouce,
avec 50 sous en poche, au
grand désespoir de mes
parents qui ne croyaient
plus me revoir...
J'ai vécu un voyage
merveilleux et j'ai appris
l'anglais. J'ai travaillé à
cueillir des cerises à
Okanagan Valley, des tomates
et du tabac en Ontario et je
suis revenue chez moi en
septembre, juste à temps
pour commencer les
Beaux-Arts au Cégep de
JOnquière où j'étais
inscrite... J'ai fait 3
jours et je suis partie...
Devenir artiste ne s'apprend
pas dans les livres et de
plus, je ne voulais pas
apprendre la peinture des
autres et ne faire que des
copies... L'École tue la
créativité, me disais-je...
Et je suis partie travailler
dans le parc des
Laurentides, avec les
indiens, comme serveuse dans
un camp de chasse et de
pêche, pour remplacer une
étudiante de l'Institut de
tourisme et d'hôtellerie du
QUébec qui avait eu un
accident... J'ai appris à
servir les steaks flambés,
les Châteaubriand
bouquetière, les crèpes
suzette, en petite costume
noir et j'ai fait beaucoup
de pourboires.
Je me suis achetée une
voiture, une mazda 1600
décapotable et je suis
partie vivre à MOntréal, à
travailler comme serveuse
dans des B-B-Q puis, à
devenir gérante et ensuite,
retourner aux études, en
tenue de livres, en
secrétariat, en études
cinématographiques, en
édition en mode
vidéotexte... Je me suis
rangée, je suis devenue
diplomate mais j'ai toujours
dit ce que je pensais... Et
j'en suis fière ! Je suis
restée libre et pour moi, il
n'y a pas de limite, sauf
celles que l'on
s'imposent... Si on croit à
ses rêves, on y arrive
toujours...
Oups... Daniel vient
m'interrompre. IL est prêt à
descendre à terre... On y va
!
Silvie
Mardi le 19 avril 2011,
Quelle belle journée
encore... Le soleil illumine
la baie et la mer est comme
un mirroir, réflétant les
doux nuages blancs qui
ornent le ciel... C'est
magnifique ! Il ne vente
pas, pas la moindre petite
brise... Et le voilier ne
bouge presque pas, à peine
un petit mouvement de gauche
à droite... Il faut dire que
les traversiers n'ont pas
encore commencé à faire des
remous !
En me réveillant, je suis
allée voir mon pain qui a
passé la nuit dans le micro
onde... Il est plus gonflé
que le premier... C'est
magique ! Je le sors,
délicatement, le vide sur ma
planche farinée, le plie en
4 et le retourne pour une
heure dans son lit... Comme
ça sent bon !
Hier, nous sommes descendus
à terre et nous avons visité
le magnifique Resort de
Caneel Bay, tout de pierres
grises... De beaux bâtiments
ouverts et soutenus par
d'immenses collones de
pierres... Des terrasses qui
surplombent la mer... Des
sentiers fleuris... Un grand
terrain de golf, un
tennis... Des restaurants
ombragés... De beaux
bâtiments de pierres, de la
végétation partout... Comme
c'est beau et vaste... Il y
avait un buffet en soirée,
avec des fruits de mer à
volonté... 75 $ par
personne... Il faut
réserver, on hésite...
J'entre dans une boutique et
je suis ébahie par tous les
objets d'art qui trônent sur
les tablettes... Des vases
en verre de toutes les
formes et couleurs, des sous
plats en étain sculpté, des
oiseaux tout brillants, des
bijoux fait main, des
peintures, des vêtements
brodés... Je remarque des
boucles d'Oreilles en
mosaique, représentant des
petits poissons exotiques...
Ils sont si mignons, si
petits et si plein de
détails... Comme ils sont
beaux avec leurs petites
nageoires... Je les veux, je
ne peux résister... Et
Daniel me les offre... Je
suis aux anges !
Nous retournons au voilier
car il fait trop chaud à
terre. Comme dans un four,
pas de vent sous un soleil
cuisant... On remet à demain
notre visite à Cruz Bay...
On est si bien sur le
voilier, c'est plus frais,
plus confortable qu'à
terre... On se baigne...
En soirée, j'ai fait un riz
au poulet. Un repas tout
simple mais qui m'a pris
beaucoup de temps. Faire
cuire le poulet dans le
four, puis le riz sur la
cuisinière et enfin, tout
remettre dans le Wok après
avoir fait sauter des
légumes assaisonnés de sauce
aux huitres et sauce soya.
C'était délicieux, même si
j'aurais préféré manger des
homards à volonté au buffet
de Caneel Bay ! Mais on ne
peut pas tout avoir...
D'ailleurs, avec le petit
appétit que j'ai, un buffet
n'est pas rentable pour
moi... Par contre, j'imagine
l'Ogre Pirate Ostéophate
dans un buffet et là, cela
vaudrait la peine !
Ce matin, nous n'avons pas
le choix de descendre à
terre, à Cruz Bay car nous
n'avons plus de lait, ni de
vins... Après, nous
retournerons à Christian Bay
qui est mieux protégé et qui
ne subit pas les assauts des
traversiers car Daniel veut
plonger pour nettoyer sa
coque. Je vais perdre ma
connection internet mais il
faut bien enlever ces petits
molusques qui collent à la
coque, sinon ils
s'incrustent et finissent
par faire des domages... Et
puis, l'eau est si claire à
Christian Bay ! Et nous
serons plus proche de
Charlotte-Amalie où je dois
passer demain pour un
dernier achat, dans cette
petite boutique où je suis
passée avec nos nouveaux
mariés et qui vend des
ensembles, débardeur et jupe
en tissus de paréo,
infroissable, confortable et
si bien taillés...
Dans deux jours, nous
rentrons à la marina pour
commencer l'avitaillement en
prévision de nos prochains
et derniers invités, GInette
et Robert. Ce repos de dix
jours m'a fait grand bien et
j'ai très hâte de reprendre
le large, cap vers les Iles
Vierges Espagnoles...
En attendant, je commence la
journée par une saucette
pendant que la génératrice
ronronne... Daniel me suit !
Qu'elle est belle la vie!
Les
traversiers ont commencé
à brasser la mer... Des
ondes de vagues font
rouler le mat du voilier
qui penche comme un
pendule, de gauche à
droite, pendant de
longues minutes, jusqu'à
retrouver son calme...
Mon pain est une
réussite totale... Je
l'ai recouvert de
graines de tournesol, de
graines de lin et
d'herbes provençales...
Il est délieux !
Décidément, c'est plus
facile à faire que je ne
l'aurais pensé et bien
meilleur que tous les
pains qu'on trouve
autour et qui ne goûte
rien... Je prendrai donc
la bonne habitude, aux
deux jours, de faire
lever mon pain.
Nous filons à toute
allure, en dinghy, vers
Cruz Bay, où les travaux
publics ont bloqué
plusieurs rues qui
rendent la circulation
difficile, même
piétonnière. On réussit
à traverser une route
bloquée, en longeant un
gros camion qui ne
permet le passage que
d'un individu à la fois.
Cela me rappelle les
routes du secteur
Côte-des-Neiges en hiver
où l'on ne circule
qu'une voiture à la
fois... Cauchemard ! On
aboutit enfin à
l'épicerie-dépanneur
pour acheter du vin et
du lait à prix d'or et
on retourne au dinghy en
vitesse. Je n'ai aucune
envie de magasiner.
Décidément, il fait trop
chaud à terre, c'est
insoutenable. Un gros
nuage noir traine
au-dessus de Cruz Bay et
je reçois quelques
gouttes... Il est temps
de filer !
Retour au voilier sous
un soleil de plomb.
Autour de nous,
d'immenses catamarans
qui font du charter de
jour, sont remplis à
craquer et partout
autour, des gens se
baignent en observant
les fonds marins,
d'autres dansent sur les
ponts. Je plonge à mon
tour, l'eau est
fraîche... C'est
merveilleux !
Il me reste du steak
haché au congélateur et
du chou au frigo. J'ai
envie de préparer des
petits cigares au
chou... Hum ! Bonne idée
! Daniel trouve que je
me donne beaucoup
d'ouvrage pour rien...
Non, ce n'est pas pour
rien, c'est que j'ai
envie de manger ! L'un
des avantages de
cuisiner, est de pouvoir
décider du menu et de la
manière de l'aprêter !
Et comme je ne mange que
ce qui me plait, ce sera
des cigares au chou !
Daniel a changé d'idée
et décide de rester à
Caneel Bay plutôt que de
retourner à Christian
Bay... Je l'ai peut-être
un peu influencé car
j'adore Canell Bay... Il
sort sa machine à
plonger et entreprend de
nettoyer sa coque.
J'entend le bruit de son
grattoir sur la coque
pendant que mes cigares
cuisent au four. J'ai
aussi préparé, avec les
restes de légumes, une
délicieuse soupe au
poulet bien épicée et
qui mijote
tranquillement...
Une autre belle journée
bien remplie ! Et je
retourne me baigner pour
encourager mon
Capitaine...
Silvie
Mercredi le 20 avril 2011,
Hier après-midi, Daniel a du
interrompre son travail de
nettoyage de la coque à
cause d'un barracuda de 5
pieds qui ne le lâchait pas
du regard, totalement
subjugé par le grattoir qui
servait à enlever les petits
molusques qui s'agglutinent
sur la coque... À quelques
pieds de lui, s'approchant
lentement, le monstre
presque aussi gros que la
quille, lui tenait tête et
montrait les dents. Par deux
fois, Daniel est remonté sur
la jupe arrière et s'est
emparé de la caméra afin de
le photographier mais hélas,
les photos rendent mal
l'énorme bête qui pourtant,
pour l'avoir vu de mes yeux
vus, était immense...
Lorsque
mon Capitane est enfin sorti
de l'eau, deux heures plus
tard et 100 pieds de coque
plus loin, il était crevé.
Après une douchette dans le
cockpit, il s'est étendu un
moment et s'est endormi....
N'ayant rien à faire, je
fouille au hasard sur
Facebook. Je regarde le
profil de mon fils Olivier
pour vérifier s'il n'aurait
pas envoyé quelques photos
de son voyage à Cuba où il
se trouve actuellement quand
j'aperçois une petite phrase
qui dit qu'il est en couple
avec Catherine Lavergne...
Toujours la dernière à être
avisée des changements de
statut de mon fils, étonnée,
je fais aussitôt une demande
d'amitié avec l'heureuse
élue qui me répond dans la
minute et, curieuse, je
fouille son profil... Je
jubile en apprenant qu'elle
est photographe, sportive et
sculpteure... Aurait-il
enfin trouvé la perle rare ?
Je suis folle de joie...
Quel bonheur pour une mère
de savoir ses enfants
heureux ! Et combien
cachotier est mon fils !
J'ai si hâte de la
connaitre, elle semble si
belle, si originale, si
particulière... Je l'aime
déjà !
Puis, je continue mes
fouilles, à la recherche de
connaissances... Sans trop y
croire, je tape le nom d'une
amie que j'ai perdu de vue
depuis la naissance
d'Olivier, Marie-Hélène
Robert, une fille
extraordinaire, une artiste
hors du commun, dotée d'un
sens de l'humour incroyable
et que j'aimais beaucoup...
Ensemble, il y a de cela
très longtemps, nous étions
inscrites à la même école de
commerce, en secrétariat et
tenue de livre et nous
avions créé un journal que
nous avions nommé : le
journal Général... On se
moquait de tout, elle
dessinait, caricaturait et
moi j'écrivais... Je ne me
souviens plus de quoi nous
parlions mais je me souviens
d'avoir ri comme jamais...
Hélas, pour je ne sais quel
motif, j'ai perdu MHR de vue
et voilà qu'hier, par un pur
hasard, je la retrouve sur
Facebook, moi qui l'ai
recherché si souvent, dans
le bottin, sur internet,
persuadée qu'avec son talent
elle deviendrait une
célébrité... Et voilà que je
la retrouve, au bout du
clavier, aussi drôle et vive
qu'il y a 30 ans ! C'était
magique ! Nous avons parlé
encore et encore... Quel
bonheur de la retrouver, de
voir quelques-uns de ses
dessins, les lignes
parfaites, le trait sûr, la
force dans la simplicité...
En ce soir de pleine lune,
je trouve la vie FANTASTIQUE
!
Ce matin, encore une journée
de calme plat. Pas de vent
et un gros soleil sur Caneel
Bay qui dort encore... Je me
prépare un expresso bien
corsé et je m'assoie dans le
cockpit... C'est la dernière
fois que j'admire ce
magnifique décor car ce
matin, nous partons à
Charlotte-Amalie.
à suivre...
Silvie
Jeudi le 21 avril 2011,
Hier, vers 15h, nous sommes
entrés dans Charlotte-Amalie
et nous avons jeté l'ancre
au coeur de la baie qui
s'étend jusqu'à la rue
principale. J'entend déjà
les sirènes de police qui
hurlent, le bruit des
klaxons, le ronflement de la
circulation... Ça sent la
ville !
La courte traversée de 10
milles nautiques s'est faite
au moteur car il n'y avait
pas de vent... Depuis
presque 10 jours, le vent
est disparu des Vierges...
Mais où donc se cache t'il ?
Il nous faut du vent pour
partir... Allez le Vent,
reviens ! Ta voix me manque,
ta brise me manque...
Aussitôt ancrés, et après
avoir essayé en vain de
trouver une connection
internet, Daniel me
reconduit au centre-ville en
dinghy. Je marche sous le
soleil cuisant dans les rues
bondées et je trouve enfin
ma boutique préférée, plus
loin que dans mes souvenirs.
La propriétaire est toujours
là, aussi souriante et elle
me reconnait... On jase un
peu pendant que j'essaie
divers vêtements pour
lesquels elle me complimente
: comme la couleur vous va
bien... Cela me gêne, je
n'aime pas les compliments,
surtout de la part d'une
vendeuse qui pourtant semble
bien sincère.... Mais la
coupe des vêtements est
parfaite et j'achète tout un
kit, débardeur, jupe courte,
jupe longue et pantalon.
J'adore la rayonne. C'est un
tissus frais, léger et les
couleurs sont faites avec
des teintures naturelles. Je
les choisis dans des tons de
turquoise qui me
rappelleront la mer.
J'admire une dernière fois
les tableaux de la
propriétaire qui est
photographe peintre et qui
expose ses oeuvres de fonds
marin dont les couleurs sont
incroyablement pures et
vives. Comme elles sont
belles ces toiles, remplies
de poissons multicolores, de
coraux magnifiques et du
coup, je pense à Léo, le
conjoint de mon amie
Gaétane, qui lui aussi peint
des poissons qui sont
magnifiques... Tant qu'à
acheter une oeuvre, je
prendrai l'une des toiles de
Léopold Bourjoi, un grand
artiste de chez nous,
peintre et sculpteur.
(http://www.bourjoi.com)
Puis, je retourne sur mes
pas et j'arrête dans les
petits kiosques tenus par
les locaux et qui
fourmillent de vêtements
accrochés, de paréos, de
bijoux et de T-Shirt. Je
prend 4 autres T-Shirt pour
Daniel qui en consomme
beaucoup et deux autres
petits bracelets magnétiques
qu'un rasta me vend à bon
prix. Puis, je prend une
pause à l'ombre, en buvant
un smotie fait d'annanas,
fraise et banane. Voilà une
heure que je suis partie et
déjà, je suis cuite. Je
rappelle mon capitaine à la
VHF... Voilo, Voilo...
Retour au voilier et diner
avec les cigares au chou de
la veille. J'ai une molaire
qui me fait mal. Puisse
t'elle tenir jusqu'à
Montréal où j'ai un
rendez-vous le 19 mai
prochain ! Il fait une
chaleur épouvantable,
crevante... Je fond
littéralement... Il n'y a
aucun vent... À défaut de
pouvoir me baigner dans
l'eau trouble du port, je
saute dans la douche...
Suivi d'une bonne bière
froide ! Enfin le soir
tombe, comme un rideau de
fraîcheur... Je soupe d'un
bol de céréales et je me
couche tôt car demain, une
grosse journée nous attend !
6h32 Le cri strident des
oiseaux me réveillent et je
sors dehors pour les voir
virevolter autour des
bouées. Ils sont une
centaine, blanc et noir,
superbes. J'ai droit à tout
un concert ! La mer est un
miroir, pas une ride et le
soleil, qui pointe derrière
les montagnes, se lève en
force, déjà brillant.. Il
fera chaud à la marina ! En
attendant, je me prépare un
café corsé garni de lait
mousseux et coiffé de
muscade rapée... Que c'est
bon ! Je me dis qu'il
faudrait d'ailleurs que je
me rapporte beaucoup de café
qui est produit à Puerto
Rico et qui est si délicieux
! Je le note sur mon carnet
car je ne veux pas
l'oublier.
Puis, je passe en revue la
chambre des invités et
m'assure que tout est
parfait. Je relave la salle
de bain qui trempait dans le
Scrubbing Bubble depuis deux
jours. Hum, ça sent bon !
J'ai si hâte de recevoir
Ginette et Robert qui
doivent partir ce soir vers
Burlington d'où ils
partiront pour
Charlotte-Amalie... Dès
demain, ils seront avec nous
pour une semaine, ayant très
hâte de visiter les Vierges
Espagnoles... Quant à moi,
je brûle d'impatience à
l'idée de revoir une
dernière fois ces iles
méconnues et pourtant si
fantastiques !
8h00 Daniel est en grande
forme, comme toujours. Ce
matin, il veut que nous
profitions de l'absence du
vent pour descendre notre
génois 120 % afin de le
remplacer par le 150 % qui
sera plus approprié pour
descendre aux Vierges
Espagnoles ainsi que pour la
traversée qui nous attend.
Cette grande toile raide de
Dacron remplira le pont
jusqu'au cockpit et nous
tenterons de la plier
correctement, ce qui n'est
pas évident... Il faut
l'allonger à plat, dans sa
partie la plus longue, la
bordure qui fait plus de 60
pieds, tassé entre les
haubans, et plier l'immense
triangle en accordéon, en
finissant par la tétière.
Puis, Daniel avec toute sa
force, la roule très serrée
et enfin, la rentre dans son
grand sac. En le voyant ce
gros paquet qui pèse 100
livres, je me demande
comment font ceux qui n'ont
pas de « garage » sur leur
voilier... Heureusement,
près de la proue, nous avons
un grand coffre, immense,
dans lequel nous pouvons
placer nos voiles
supplémentaires, le dinghy
lorsqu'il est dégonflé,
notre kit de plongée en eaux
profondes, notre Life Raft,
nos deux vélos pliables, les
défenses, les amarres,
certains outils et produits
de nettoyage, l'antenne et
l'exédent des valises...
Bref, un indispensable !
9h... À l'aide d'une drisse,
Daniel sort un autre sac
plus gros que le précédent.
Cette fois, le sac pèse 150
livres... Puis, une fois
rendu sur le pont, on rentre
l'autre dans le garage.
Puis, on déroule le monstre,
en laissant la têtière au
pied de l'étai. La bordure
est plus longue que le
voilier... Daniel attache
les écoutes au point
d'écoute avec deux gros
noeuds de chaise. Puis, il
attache la têtière au
chariot de l'enrouleur par
une manille. Pendant qu'il
wiche, j'endraille la
ralingue du guindan dans le
rail de l'enrouleur et
soudain, le génois se
déploit, faisant tourner le
voilier... Il reste à
endrailler le petit bout de
ralingue dans le bas et
fixer le point d'amure...
Ouf ! Il faut rapidement
l'enrouler et je tente de
tirer sur la bosse de
l'enrouleur, qui ne bouge
pas d'un poil... Daniel
vient à ma rescousse et
presque sans effort roule le
génois... Il est 10h05 et je
suis déjà crevée...
Heureusement, il est trop
tôt pour se rendre à la
marina et je me repose un
peu en faisant du ménage
pendant que Daniel sort les
défenses et les amarres.
Dans moins d'une heure, on
rentrera à la marina. Je
prend de l'avance et
commence le ménage du frigo
qui est presque vide et je
pense à tous les voyages,
aller-retour, que nous
devrons faire au Pueblo pour
une nouvelle épicerie, de
nouvelles caisses d'eau, de
jus, de vins, de bières et
de liqueurs... Mon Dieu, et
avec cette chaleur
écrasante, comment vais-je
faire ?
Silvie
Vendredi le 22 avril 2011,
Nous sommes arrivés à la
marina Crown Bay vers midi
et l'accostage s'est fait
comme un charme. Après avoir
lancé l'amarre avant au
jeune préposé, j'ai sauté
sur le quai pour faire un
spring line en attachant
l'amarre du centre au
dernier taquet du quai,
empêchant ainsi le voilier
d'avancer. J'étais fière de
moi. Puis, une fois le
voilier stabilisé, Daniel a
replacé les amarres à son
goût pour bien centrer le
voilier et permettre une
sortie facile par l'arrière.
Il a branché l'eau et
l'électricité et aussitôt,
je suis partie à la
buanderie pour un petit
lavage de vêtements
personnels et cette fois, la
buanderie était déserte.
Puis, vers 15h, deux voyages
au Pueblo et alors que nous
revenions de l'épicerie, les
charriots chargés de
lourdeurs, éreintée, je
prend une pause pour
vérifier mes courriels...
Décidément, la vie est très
bonne avec nous, c'est
incroyable ! Nous venons
d'avoir des nouvelles de Ben
Giasson, des Entreprises
Michel St-Gelais, qui était
avec nous et Sylvie, du 15
au 22 mars sur notre voilier
(notre premier mariage à
bord) et qui nous annonce
qu'il aimerait faire la
traversée du retour avec
nous ! Nous sommes fous de
joie ! Ben est un cuisiner
hors pair, un excellent
barreur, un passionné de
voile, doté d'un excellent
caractère, jovial et positif
! Nous sommes très très
heureux qu'il puisse
compléter notre équipe et
nous sommes persuadés qu'il
s'entendra à merveille avec
Sylvain Beaudry qui lui
aussi est passionné de voile
et de cuisine. Avec deux
cuisiniers à bord, ce sera
une traversée gourmande et
dès plus agréable. Il nous
reste à souhaiter que Benoît
puisse avoir une place dans
le même vol que celui de
Sylvain qui arrivera le 2
mai. On pourrait ainsi faire
d'une pierre deux coups !
18h Après quelques verres de
rouge bien frais, on part
souper à la marina, d'une
pizza que nous dégustons
sous la musique endiablée
d'un groupe de musiciens
blues-rock qui nous font
danser jusqu'à tard en
soirée. Une belle soirée où
nous avons fait la
connaissance d'un couple
charmant, qui n'ont pas
quitté la piste de danse de
la soirée, habitant la
Floride, Patricia et
Michael, qui sont venus
jusqu'ici sur leur Bristol
47 et qui retournent, eux
aussi, dans les Vierges
Espagnoles dans les jours
qui suivent... Nous les
reverrons peut-être à
Culebra, Culebrita, Luis
Penas ou Vieques... Qui sait,
le monde est si petit !
6h58 Nous avons dormi comme
des bûches et ce matin, le
ciel est bleu, sans nuage et
déjà il fait une chaleur
accablante. Manque de
chance, plus d'électricité
dans la marina et pendant
deux heures, nous devrons
nous passer de la
climatisation. Par contre,
ce sera une journée parfaite
pour l'arrivée de nos
invités, Robert et Ginette
qui débarqueront de l'avion
à 15h17 et qui, hier encore,
était sous la neige à
Montréal. Le contraste sera
frappant !
Après un café corsé, je me
lance dans le grand ménage.
Je frotte une dernière fois
mes boiseries, lave les
escaliers, frotte les
plafonds, range tout se qui
traine et je termine par un
beau ménage de la cuisine.
Pendant ce temps, Daniel
nettoie le cockpit et le
pont. Il nous reste encore
une dernière épicerie à
faire, celle des produits
frais, fruits et légumes,
lait, oeufs, yogourt,
fromages que nous achetons à
la dernière minute afin d'en
conserver la fraicheur...
12h Tout avance bien. Le
voilier brille de partout.
Mon mal de dent est disparu
et je retrouve mon énergie.
Faire le ménage est un bon
exercice ! Je prend une
douche et il est temps de
partir au Pueblo car il ne
reste que quelques heures
avant l'arrivée de nos
invités et le temps presse.
Silvie
Samedi le 23 avril 2011,
15h Pendant que nous
attendons nos invités, je
fais mariner des languettes
de poulet dans un mélange de
sauce Tandori et yogourt. Ce
sera des brochettes ce
soir... Puis, je prépare une
salade froide de pommes de
terre. Toute ma mise en
place est faite, la table
est mise, le vin au frais,
il ne manque que nos
invités. En attendant,
Daniel me prépare un Pina
Colada et c'est à ce moment
qu'arrivent enfin nos
invités... Daniel prépare
alors 4 Pinas Colada que
nous buvons dans le cockpit.
Je suis sous le charme !
Après quelques heures en
compagnie de Gigi et Bob, je
suis submergé d'un sentiment
de joie immense... Je les
adore ! Quelle belle semaine
nous allons passer... Le
souper s'est déroulé sous un
flot de jasette, on discute
de l'itinéraire, on se
raconte, on parle de leurs
expériences... C'est génial
! Ils viennent de s'acheter
un Catalina 380, qu'ils ont
nommé Pinacle et qui est
actuellement sur le lac
Champlain. Ils projettent de
partir, un jour, cap vers le
sud mais en attendant, il
leur faut parfaire leurs
connaissances... Cette
semaine, je passerai donc en
revue, avec Ginette, mon
cours de navigation
côtière...
6h30 Tout le monde est
debout. La journée s'annonce
chaude et ensoleillée. On a
un peu trop bu hier et ce
matin, nous sommes au
ralenti. Ginette et Robert
partent prendre une petite
marche sur les quais pendant
que Daniel vide les
poubelles qui débordent.
Puis, petit déjeuner bien
simple et enfin, c'est le
départ !
Ce matin, nous nous rendrons
à Christian Bay car Ginette
et Robert ont très très hâte
de se baigner. Nous y
passerons la journée, à
faire de la plongée et à se
baigner.
Une belle petite traversée
sous grand-voile et grand
génois, avec un faible vent
de 10 noeuds... Le soleil
brille et nos invités sont
émerveillés par la beauté
des Iles, l'immensité du
ciel et la couleur turquoise
de l'eau...
12h Nous nous ancrons dans
Christian Bay et tout le
monde plonge à l'eau, autour
du voilier, jusqu'à ce qu'un
énorme baracuda se pointe
sous la coque et nous
observe en montrant les
dents... Ginette remonte
aussitôt mais Robert et
Daniel le poursuive pour le
prendre en photo.
Nous dinons
de fromages, viandes froides
et baguettes et nous
repartons vers Caneel Bay où
il sera possible de nager
jusqu'à la magnifique plage
blanche. Nous y dormirons
sûrement et demain, très
tôt, nous partirons vers
Culebra.
En attendant, la journée est
magnifique et nous en
profitons pleinement !
Silvie
http://voilo.ca
Dimanche le 24 avril,
C'est Pâques aujourd'hui...
Cela me fait tout drôle...
La ressurection, la
renaissance, le renouveau...
D'ordinaire, à Pâques, je
descend au lac St-Jean
visiter mes parents et mon
amie Jacinthe... Souvent, ma
soeur Suzanne est là aussi,
ainsi que ma soeur LIse qui
nous reçoit toujours dans sa
belle maison sur le bord de
l'eau... Je revois mes
neveux et nièces et c'est
toujours une belle fête...
Ils me manquent... Mais
c'est une très belle journée
pour partir à Culebra et
renouveller le plaisir de
revoir une dernière fois
Flamengo beach, l'une des
plus belle plage au monde,
Culebrita et ses fonds
marins, Luis Penas et ses
nids de tortues et le Dinghy
Dock Bar avec ses nouvelles
rencontres toujours si
étranges... J'adore Culebra
et il me tarde d'y amener
nos invités...
Hier, la journée fut
splendide et la soirée
divine. Nos invités adorent
l'eau et après beaucoup de
baignades et de plongées, le
Boeuf Brocoli fut bien
apprécié et nous avons passé
la soirée dans le cockpit,
savourant la douceur du
temps, éclairés par les
lumières des phares et de la
ville qui, comme des petits
lampions, brillaient dans la
nuit...
Puis, la connection internet
étant parfaite, j'ai eu le
plaisir de regarder les
albums de dessins, sur
Facebook, de mon amie
retrouvée, Marie-Hélène
Robert, qui a un talent fou,
gigantesque, débordant...
Ces dessins sont comme des
éclairs de génie et je n'en
finissait pas de dire des Oh
! Ah ! Wah ! d'admiration
devant tant de beauté !
Comme j'ai hâte de la revoir
et combien je suis heureuse
que la vie nous ait réunis,
après 30 ans...
Ce matin, il fait un gros
soleil et presque pas de
vent. La traversée prendra 5
heures et nous espérons,
qu'une fois au large, le
vent se lèvera afin
d'atteindre la vitesse
idéale pour attraper du
poisson, soit 6.5 noeuds car
nos invités adorent le thon
et ils ont bien hâte d'en
manger ! Et les Vierges
Espagnoles regorgent de
poissons...
6h48 Tout le monde est
debout et Robert est déjà
dans l'eau. La belle Ginette
semble rayonnante ce matin
et débute sa journée avec un
grand sourire. Daniel
m'apporte un café corsé et
range la vaisselle. Bravo
mon capitaine !
8h30 On largue les amarres,
cap vers Culebra.
14h Nous venons d'ancrer
devant Culebrita et
aussitôt, Ginette et moi
descendons dans le carré
pour préparer des wraps au
jambon et à la dinde, bien
garnis de salade et de
fromage et judicieusement
assaisonnés de moutarde
forte, pendant que les gars
plongent dans l'eau
cristaline pour vérifier si
l'ancre est bien plantée...
Ils reviennent mais ils ne
sont pas satisfaits, l'ancre
est mal plantée et nous
devrons nous reprendre
tantôt, après un diner vite
avalé...
On mange dehors en admirant
le paysage qui est
magnifique. Culebrita est
une petite ile à l'est de
Culebra, un parc protégé où
viennent pondre les tortues
et qui est entourée de
coraux poissonneux et de
belles plages blanches Au
sommet de l'Ile, un vieux
phare abandonnée, d'où la
vue est spectaculaire.
Quelques voiliers baignent
dans la baie et
curieusement, depuis notre
arrivée, le vent qui était
absent de toute la
traversée, vient de se lever
et siffle dans les haubans
pendant que le voilier roule
doucement...
Le soleil brille de tous ses
feux mais je ne peux
détacher mes yeux de la
lecture d'un livre captivant
que m'a gentiment apporté
Ginette, un récit de voyage
: Cette Afrique que j'ai
tant aimé, de Jacqueline
Lemire, et qui raconte la
vie de deux personnes partis
travailler dans un projet
humanitaires au Cameroun...
Ginette, en lisant mon site,
avait compris que je n'avais
plus rien à lire et,
généreusement, m'a apportée
deux livres, à ma grande
stupéfaction. Ginette est
adorable et je suis remplie
d'émotion. La vie est si
merveilleuse et notre séjour
en voilier nous aura permis
de rencontrer de si belles
personnes que je ne peux
faire autrement que dire,
une fois de plus : merci la
vie !
De plus, durant la
traversée, la mer nous a
donné deux gros thons bleus
qui cuiront en papillote ce
soir, sur le Bar-B-Q, selon
la recette de mon cuisinier
rencontré aux Bermudes. Je
salive déjà !
Une heure avant d'arriver,
notre moteur diesel avait un
son bouetteux qui m'a mis la
puce à l'oreille... Mon
capitaine, étonné, est
descendu dans le carré pour
vérifier et en effet, il y
avait un problème de filtre
et il s'est empressé de
changer de réservoir. Avec
Robert, il changera ses
filtres et lui montrera
comment saigner un moteur,
un élément très important
que Robert est bien content
d'apprendre et qui lui sera
d'une grande utilité
lorsqu'il partira en mer...
Puis, nos jeunes plongent
dans les eaux turquoises,
admirant le coraux qui sont
visibles du voilier tant
l'eau est claire. Ensuite,
ils monteront jusqu'au phare
dont le chemin étroit et
sinueux est rempli de
ronces... J'ai souvenir de
mon fils Olivier et de ma
nièce Julie qui, il y a peu
de temps, avaient eux aussi
fait le même trajet et en
étaient revenus enchantés !
Que cet endroit est
magnifique et comme je suis
heureuse d'être ici en cette
belle journée de Pâques où
je me sens en harmonie !
Nous avons fait la traversée
sous grand-voile et grand
génois, avec le moteur car
les 5 noeuds de vent
n'étaient pas suffisant pour
nous faire avancer à plus de
3 noeuds. Ginette et Robert
racontent leurs voyages au
Cambodge où ils ont passé
deux mois à faire du
bénévolat dans un
orphelinat. Ils parlent des
enfants qui étaient fous de
joie lorsqu'ils louaient un
minu bus pour les amener à
la plage, parlent des sommes
d'argent qu'ils ont
recueillis avant leur départ
pour acheter des jouets et
des vêtements aux enfants,
parlent du sentiment de
bien-être et de paix qui les
habitaient durant ce voyage
qui a transformé leur vie.
Ginette et Robert sont des
gens de coeur, d'une
générosité incroyable. Des
gens simples, amoureux de la
vie, qui adorent voyager
avec leurs sacs à dos,
découvrir de nouveaux
horizons, se coller au
peuple et partager avec eux
leurs manière de vivre tout
en tentant d'apporter leur
aide en partageant leurs
expériences et leurs
connaissances. Je suis émue
par leur beauté de coeur et
leur bonté envers
l'humanité, leur désir
d'aider leur prochain et
leur ouverture d'esprit...
Ce sont vraiment de belles
personnes et nous sommes
fiers de les connaitre, à
tous les jours, un peu
plus...
Silvie
Lundi le 25 avril 2011,
Hier soir, Ginette m'a aidé
à préparer le thon en
papillotte. On commence donc
par étendre une bonne couche
de cassonnade qu' on parsème
des petits morceaux de
beurre, des tranches
d'oignons, de l'ail, des
tomates en dé, des zuchinis,
du céleri, bref plein de
beaux légumes sur lesquels
on dépose les filets de
poisson qu'on arrose avec du
vinaigre balsamique, du
citron, de la vinaigrette
italienne ou de l'huile et
de la sauce piquante des
Iles... On referme la
papillotte et on laisse
cuire lentement sur le
grill... Notre souper de
Pâques fut un pur délice !
La soirée fut très animée et
très arrosée...
Ce matin, il fait encore
très beau et une fois de
plus, le vent est disparu...
Peu importe, on passe
l'avant-midi à faire de la
plongée et en après-midi, on
entre dans Ensenada Honda, à
Culebra. De là, nous
prendrons un taxi pour nous
rendre à la Plage Flamengo,
l'une des plus belle plage
au monde que nous avons bien
hâte de faire connaitre à
Ginette. Robert y est déjà
venu, il y a 30 ans et il
s'en souvient encore... Nous
dinerons de brochettes de
poulet au miel vendues 3.50
$ dans les petits kiosques
qui sont à l'entrée de la
plage et qui vendent aussi
du requin, des plats de
tortues ou d'iguane... Et je
boirai sûrement un
Bushhoper, un mélange de
kaloa, de Bailys, de rhum et
de crème glacée... Puis nous
jouerons dans les vagues qui
déferlent sur la plage et
qui font comme un massage
puissant, regénérateur...
Nous marcherons sur la plage
qui n'en finit plus et la
journée sera divine,
parfaite !
Puis, au retour, nous irons
prendre une draft fraiche au
Dinghy Dock Bar qui est
toujours rempli des gens de
la place, d'artistes,
d'artisans et des gens des
voiliers qui baignent dans
la baie... J'y retrouverai
peut-être Ramos, mon
musicien qui fut à l'origine
du soulèvement de Culebra ou
Maya, mon indienne qui lit
dans les nuages...
Ce soir, c'est Ginette qui
préparera le souper. Un
sauté de poulet au cari
rouge ! Hum, je me délecte
déjà...
En attendant, tout le monde
est debout et déjeune de
bagels fromage. Daniel
écoute la météo sur le
réseau du Capitaine et moi,
il me tarde d'aller me
baigner...
Après
beaucoup de plongée sous un
ciel ensoleillé, nous sommes
partis vers Ensenada Honda,
au coeur du Village de
Culebra, avec l'idée de
passer l'après-midi à la
plage Flamengo mais voilà
qu'un grain nous tombe
dessus et un autre et un
autre encore... Nous avons
ancré sous une pluie
battante mais heureusement,
dans le fond glaiseux de la
baie, l'ancre est plantée
solidement.
14h22 Le ciel n'en finit
plus de pleuvoir et on
reporte notre départ à la
plage, de grains en
grains... En attendant, on
regarde les photos prises
par mes invités qui sont
magnifiques.
Puis, je jase un peu sur
Facebook avec mon amie
Marie-Hélène qui m'envoie le
lien de son site web que je
regarde avec fascination :
http://www.mhrobert.com/ .
Quel talent ! Ça lui sort de
partout !
Silvie
http://voilo.ca
Mardi le 26 avril
15h30 Enfin le ciel est
dégagé et le soleil est
revenu. Vite, on saute dans
le dinghy pour s'amarrer au
quai municipal d'ou nous
marchons jusqu'aux taxis, en
remontant la rue principale,
jusque de l'autre coté de la
mer... Il est déjà tard pour
aller à Flamengo Beach mais
pas question de manquer
cette chance... Hélas, aucun
taxi sur la grande place du
Ferry où d'ordinaire, ils
attendent en ligne...
L'attente fut longue et
finalement, une vieille
camionette blanche se
présente, avec l'inscription
: Flamengo Beach Taxi... On
prend place sur les
banquettes usées et Daniel
essaie de fermer la porte,
en vain, elle est bloquée...
Peu importe, ça nous fera de
l'air... Lentement, le taxi
tourne pour partir dans
l'autre sens et voilà que
tous les autres taxis
arrivent et bloquent le
chemin... On recule pour les
laisser passer, il y en a
une dizaine... Enfin, la
voie est libre et on file à
vive allure... Dix minutes
plus tard, on passe devant
la magnifique école
écologique en forme de
bateau, devant le parc
d'amusement, on admire les
arbres en fleurs, on tourne
sur le chemin de l'aéroport,
arrêtant devant les dos
d'âne ou en croisant une
autre voiture et finalement,
on débarque à l'entrée de la
plage, là où sont tous les
petits kiosques...
Robert qui adore l'eau, a
très hâte de revoir Flamengo
Beach et il part aussitôt
vers le sentier qui mène à
la plage en tenant Ginette
par la main, heureux de lui
faire voir cet endroit
magnifique, tandis que nous,
nous arrêtons dans un petit
kiosque pour se commander un
Bushhoper et trois bières
locales Medalla. On les
rejoint aussitôt et Robert
est déjà en train de jouer
dans les énormes vagues qui
déferlent, tandis que
Ginette est assise, ébahie
et prend des photos.
Quel plaisir d'entendre le
bruit des vagues, le cri des
oiseaux qui dansent dans le
ciel et d'être assis là dans
cet endroit magigue, où le
blanc du sable contraste
avec le bleu turquoise de la
mer, carressés par la douce
brise... Comme on est bien !
Je m'étend sur ma natte de
paille et je regarde les
nuages... Il y a des nuages
bas qui filent très vite et
d'autres, tout blanc et
ouateux qui ne bougent
pas... Comme le ciel est
beau en ce magnifique
lundi... Je voudrais que le
temps s'arrête... Mais
hélas, il file à la vitesse
de l'éclair... Gigi et Bob
partent faire une longue
marche en direction du seul
petit hôtel de la plage que
j'ai toujours pris pour une
maison... Non, il s'agit
d'une auberge, avec de
petits sentiers de bois, des
hamacs, des jardins... Bref,
un endroit superbe où ils
promettent de revenir...
Déjà 17h30, il faut repartir
avant que tous les taxis
disparaissent... On refait
le chemin inverse en
demandant au chauffeur de
nous arrêter au Dinghy Dock
Bar. Une quinzaine de
personnes, tous des gens de
bateau, prennent place
autour du bar. L'ambiance y
est légère et amicale. Je
retrouve Judith, la
serveuse, qui hélas termine
son chiffre à l'instant. On
parle parle jase jase dans
le soir qui tombe, en buvant
de la draft fraiche et en
regardant les immenses
Taipons qui se promènent
dans l'eau claire devant le
quai, attendant qu'un
touriste leur envoie un
morceau de pain dont ils
sont friands...
18h30 On a faim... L'idée
des steaks qui cuiront sur
le grill nous ramène au
voilier où les gars partent
le Bar-B-Q pendant que
Ginette prépare des pommes
de terre en papillotte et
moi, une sauce au vin et au
poivre... Le souper est
délicieux, bien arrosée et
bien animé... Robert
profitera de la parfaite
connection internet pour
appeler ses deux gars qu'il
adore, Éric et Martin, qui
suivent nos aventures à tous
les jours et adorent
regarder les photos... On
les salue grandement !
7h03 Tout le monde est
debout. Daniel m'a préparé
un café expresso mousseux
avant de tomber sur sa
génératrice et réparer
l'impaller qui hier faisait
défaut. Robert l'assiste,
toujours désireux d'en
apprendre davantage. Ginette
sort de la cabine avec un
bonjour qui est comme un
rayon de soleil. Elle est
dans une forme splendide...
On déjeune en vitesse car ce
matin car le programme est
chargé. Après un bref arrêt
pour plonger à Luis Penas,
une autre ile protégée où
les fonds marins sont
magnifiques, nous mettrons
le cap vers Vieques, une
traversée de 5 à 6 heures.
Nous ancrerons dans la baie
devant le village et en
soirée, nous irons marcher
sur la promenade, espérant y
retrouver le beau sourire de
Jason et le kiosque de la
guérisseuse qui fait de si
magiques massages de pied.
Demain, nous irons à la
plage aux chevaux
sauvages...
Et le vent, qui depuis dix
jours, était disparu, c'est
levé en force aujourd'hui et
il hurle dans les haubans...
9h10 Sous grand génois, vent
dans le dos et vent de
travers, Voilo se dandine
d'une longue vague à l'autre
dans un fort roulis. La
courte traversée de Culebra
à Luis Penas s'est terminée
sous un grain alors que nous
accrochions le mooring
devant la petite plage
déserte située sous le vent
de l'Ile où j'en profite
pour faire cuire mon pain
préparé la veille et qui
embaume la pièce, Ginette
ayant eu la bonne idée d'y
rajouter des raisins et de
la cannelle.
Pendant la cuisson, nos
invités iront faire de la
plongée sur un site que
Daniel a déjà exploré et qui
cache de magnifiques coraux
tout en hauteur et très
poissonneux... La pluie
tombe finement et je dois au
regret fermer les
écoutilles... Le vent siffle
et le voilier roule
fortement.
Ginette revient enchantée en
s'écriant : comme c'était
beau... Des coraux immenses,
rouge, rose, vert... Je
viens de terminer de couper
tous les légumes qui
serviront au sauté de poulet
au cari rouge et lait de
coco de ce soir et je sors
les fromages et le paté de
foie qui n'attend que le
pain pour être dégustés...
Encore 15 minutes de
cuisson... Voilà, il est
prêt, tout gonflé, tout doré
et il est délicieux comme un
gâteau...
La traversée de Luis Penas à
Vieques se fera au près bon
plein, tribord amure, sous
grand voile et grand génois
mais avec ce vent l'est de
20 noeuds avec rafales à 25
et ces grains qui
s'annoncent, nous prendrons
sûrement un ou deux ris dans
la grand voile et nous
réduirons le génois... Nos
invités qui avait très hâte
de faire de la voile et qui
attendait le vent avec
impatience, seront servis à
souhait durant les 4
prochaines heures...
10h30 Daniel ferme toutes
les écoutilles et démarre le
moteur. Robert détache
l'amarre du mooring et la
grand-voile est montée, avec
deux ris... Le vent continue
de hurler pendant que nous
laissons Culebra et Luis
Penas dans notre sillage...
Les lignes à pêche sont
tendues et on se croise les
doigts pour que la mer soit,
une fois de plus, généreuse
et qu'elle nous offre une
dorade et quelques petits
thons bleus...
16h00 Nous venons d'ancrer
dans Ensenada Honda
d'Esperanza, sous un
magnifique soleil et un vent
qui n'a pas faiblit de la
journée... Notre pêche a été
vaine et le seul immense
poisson attrapé, d'un brun
terne avec une gueule de
carpe et une queue de thon,
a été remis à l'eau car nous
ne pouvions l'identifier...
Nos invités sont émerveillés
de voir les belles plages
qui s'étendent à perte de
vue et tout le monde est
bien content d'arriver après
5h30 heures de voile sous
plusieures amures, même si
nons invités ont bien aimé
leur journée de voile...
Quant à moi, je regarde avec
émotion la promenade de
pierres qui longe la mer et
tous ses toits de maisons
qui me sont familiers... Je
suis heureuse d'être à
Espéranza et il me tarde de
descendre à terre mais
avant, on prend une bonne
bière fraîche en regardant
l'eau verte remplie de
planctons.
Silvie
Mercredi le 27 avril 2011,
Finalement, Ginette et
Robert m'ont gentiment
sortie de la cuisine pour
préparer à eux deux le
succulent poulet au cari
rouge d'hier dont la sauce
au lait de coco était
parfaitement épicée... Je
pense à Benoit Giasson qui
disait que c'était difficile
de me sortir de la cuinine
et je leur cède la place
avec plaisir... COmme c'est
bon de prendre un petit
congé de préparation de
repas et de se faire servir,
surtout quand c'est si
délicieux et fait avec tant
d'amour !
Puis, la pluie ayant cessée,
nous sommes descendus
marcher dans le petit
village d'Espéranza qui
était presque désert, à part
quelques touristes
rassemblés au Lazy Jack, un
petit bar local où, pour une
raison obscure, avait ce
soir là recueilli tous les
clients... Nous avons donc
pris place sous la terresse
et bu quelques bières
locales en parlant de nos
voyages...Tout à coup,
j'aperçois un ami de Jason,
le jeune guide que nous
avons eu le plaisir de
rencontrer lors de notre
dernier passage avec Olivier
et Jule et j'avance le
saluer pour m'informer de
Jason. J'apprend qu'il est
parti depuis 4 jours pour
aller travailler en Orégon,
en Floride... Quel dommage
de ne pas revoir son beau
sourire... La soirée fut
courte car tout le monde
était bien fatigué par la
longue traversée houleuse de
la journée et entre deux
grains, nous sommes
retournés au dinghy...
Ce matin, le vent qui a
hurlé toute la nuit est
encore très présent et fait
rouler et tanguer le voilier
au bout de sa chaîne,
amenant avec lui son lot de
grains qui nous tombent
dessus aux quart d'heure.
Ferme les écoutilles, ouvre
les écoutilles... C'est
devenu une
routine depuis deux jours...
On boit du café pendant que
Daniel change les filtres de
la génératrice qui hier
s'est arrêtée inopinément...
Ginette et Robert lise le
manuscrit du naufrage
d'Ovent, le premier voilier
de Daniel et moi, je flâne
dans mon lit en écoutant le
vent qui siffle...
Voilà la génératrice qui
ronnone de nouveau... On
profite de ses nouveaux
Watts pour déjeuner de
sandwiches aux oeufs sur
muffins anglais tout en
planifiant l'horaire de la
journée... Après un petit
magasinage en ville, nous
lèverons l'ancre pour se
rendre à la plage des
chevaux. En ancrant au fond
de la baie, il se peut que
le voilier brasse moins
qu'ici, sinon, après la
baignade et après avoir
observé les chevaux sauvages
qui se promènent derrière la
plage, nous reviendrons
ici...
10h Le ciel est lourd de
mauvais présages... L'eau de
la baie est devenue grise.
Les percées de soleil sont
rares et nous profitons
d'une acalmie de pluie pour
descendre au village acheter
quelques victuailles...
Silvie
Jeudi le 28 avril 2011,
Hier, nous avons mis le Cap
vers la plage aux chevaux,
sous de fortes vagues qui
cassent sur la coque et qui
déferlent sur le pont... Le
vent est de 25 noeuds,
peut-être 30, droit de l'est
mais le soleil est revenu et
il éclate de tous ses feux.
La traversée est courte, il
s'agit de faire le tour de
la petite île et d'entrer
dans la baie en amont mais,
assise sur le pont, j'arrive
mouillée par les embruns. La
plage s'étend à perte de vue
et une vingtaine de
personnes dont la plupart
proviennent des quelques
voiliers autour, nous
regardent attraper le
dernier mooring, bien
étendus dans le sable chaud.
On dine d'hambergers cuit
sur le grill et Daniel
reconduit nos invités à la
plage. Pendant ce temps, je
reste me reposer et je
continue la lecture de mon
deuxième livre : les 2000
kilomètres jusqu'à
St-Jacques-de-Compostelle
que m'a offert Ginette.
Puis, alors que je prépare
des pizzas pitas toutes
garnies, Robert appelle
Voilo au VHF. Retour au
voilier et petites bières
fraîches dans le cockpit. Le
bateau roule mais moins que
dans l'autre baie et il est
décidé de rester coucher
ici. Je perd donc ma
connection internet et je
devrai envoyer mon texte par
radio amateur, comme je le
ferai pour la traversée...
Ce matin, le vent s'est
calmé et la journée
s'annonce magnifique et
ensoleillée. Il est 8h. Dans
le cockpit, Robert termine
la lecture du manuscrit de
Daniel et Ginette regarde le
payasage. La génératrice
ronronne et Daniel me
prépare un délicieux café
expresso au lait mousseux
garni de muscade.
Après déjeuner, nous
partirons vers Palomino
Island qui se trouve à 5
heures de voile et à une
heure de Puerto Rico. NOus y
passerons la nuit, après
être descendus sur la plage
aux chaises bleues et après
avoir été cueillir des
coraux sur la petite plage
de Palomini, juste à coté.
Demain, vers midi, nous
rentrerons à Sunny Bay
Marina car pour nos invités,
ce sera la fin du voyage et
pour nous, le début de
l'avitaillement du voilier
en vue de la traversée...
Silvie
Vendredi le 29 avril 2011,
Un soleil de plomb et une
chaleur torride en ce
vendredi matin du 29 avril
qui marque l'anniversaire de
notre ami Robert qui fête
aujourd'hui ses 47 ans...
Robert est un passionné de
voile qui dessine des
voiliers depuis l'âge de 5
ans. Déjà tout jeune, il
traçait l'itinéraire de son
tour du monde en voilier
qu'il entend bien, un jour,
concrétiser. Ginette adore
aussi faire de la voile et
s'exerce avec Robert sur le
lac Champlain, avec leur
nouveau Pinacle, un Catalina
380, qu'ils viennent
d'acheter et dont ils sont
très fiers.
Hier, la traversée qui
devait durer entre 5 et 6
heures, de Vieques à
Palomino, a pris à peine 4
heures. De forts vents nous
ont permis de rouler à une
moyenne de 8 noeuds, avec
des pointes à 10 noeuds,
bien gités, sous grand voile
et grand génois, essuyant
quelques grains au passage.
Vent arrière et près bon
plein... En approchant de
l'île Palomino, le vent
détourné par la montagne, ne
nous atteint plus et la baie
est d'un calme presque plat.
L'eau est claire et
turquoise et la plage est
invitante, avec ses
centaines de chaises bleues
presque vides. Le ferry qui
fait la navette entre le
Conquistador Resort
de Fajardo et la plage
Palomino débarque quelques
touristes... Un seul voilier
dans la baie... C'est
désert... La chaleur est
étouffante, malgré une
petite brise qui nous
effleure et nos invités,
brûlés par le soleil et le
vent plongent à l'eau,
autour du voilier, ravis de
cette belle journée de
voile...
Puis, Daniel les reconduit
en dinghy jusqu'à la plage,
suivi d'une petite visite à
Palomini mais la chaleur est
trop vive et ils reviennent
vite au voilier préférant
repartir faire de la plongée
dans l'eau fraîche que de
cuire sur les plages...
Pendant ce temps, j'enfile,
sur des brochettes de bois,
les lanières de poulet qui
marinent dans la sauce
Bar-B-Q et je les place dans
le papier d'aluminium,
prêtes à cuire. Puis, je
lave et coupe des pommes de
terre en quartiers que je
recouvre de vinaigrette
italienne, de sel et
d'épices que je place au
frigo, prêtes à cuire. Il me
reste beaucoup de pommes
verte et rouge et je décide
de me lancer dans une tarte
aux pommes que je décore
avec un petit voilier en
relief, fait avec un surplus
de pâte, pour remplacer les
chandelles manquantes... Ce
sera mon cadeau de fête à
Robert Pépin.
17h30 Tout le monde est de
retour et affamé. Daniel
démarre le Bar-B-Q et moi
j'allume le four pour les
pommes de terre et prépare
une petite salade verte
garnie d'olives noire et de
féta. Enfin, tout est prêt
et on ouvre le vin : Ménage
à trois que nous a fait
connaître Ginette et Robert,
un vin délicieux de
Californie ! Le souper est
bien animé et se termine par
le dessert qui est très
apprécié de tous... Puis, on
monte dans le cockpit pour
admirer le magnifique
coucher de soleil...
Le temps a passé bien vite
et Ginette et Robert trouve
que 7 jours, c'est trop
court ! Leurs vacances se
terminent déjà et je pense
qu'ils n'ont pas très envie
de repartir... Cependant,
même si nous aurions aimé
prolonger ces merveilleuses
vacances, il faut ce qu'il
faut et d'ici quelques
heures, nous rentrerons à la
marina Sunbay, à Fajargo, à
une heure d'ici... Il nous
faudra louer une voiture
pour aller reconduire nos
invités à San Juan, cette
nuit, vers 3h du matin car
ils doivent être à
l'aéroport vers 5 h, deux
heures avant le départ.
Ce soir, nous
souperons au restaurant pour
notre dernier repas entre
amis et ce sera une autre
belle occasion de célébrer
la fête de Robert, la fin de
nos vacances respectives et
pour nous, le début de la
grande traversée qui ne
devrait pas tarder...
Mais en attendant, il est
temps de plonger à l'eau et
de profiter au maximum de
ces dernieres heures de
liberté...
13h24 On est bien ancré au
quai de Sunbay Marina, au
E-01, près de la
capitainerie. En arrivant,
nous faisons le ménage du
frigo qui retrouve enfin un
peu d'ordre. Puis, Ginette
et Robert vont marcher, main
dans la main, pendant que
nous attendons le préposé de
Entreprise qui viendra nous
chercher pour finaliser le
contrat de location de
voiture. Il fait super beau
et la vie est belle !
Silvie
www.voilo.ca
Samedi le 30 avril 2011,
Levés depuis 3h ce matin, le
temps d'un café et le temps
que nos invités déjeunent et
déjà il est temps de partir
vers l'aéroport San Juan...
Nos invités retournent chez
eux et nous nous séparons
après de grandes accolades
et des promesses de rester
en contact. Je reste au
voilier mais je ne
retrouverai pas le sommeil
jusqu'à ce que mon Capitaine
revienne, vers 6h, pour
reprendre ses rêves là où il
les avaient laissés, après
2h30 de route où il s'est
retrouvé pris à l'intérieur
d'une poursuite policière...
En attendant qu'il se
réveille, je chatte avec Ben
Giasson qui me fait bien
rire... On parle parle jase
jase sur le clavier de la
traversée à venir, des
choses à apporter, du temps
qu'il fait... Benoit à très
hâte d'arriver et nous
aussi... Sa bonhommie et son
positivisme seront très
apprécie en traversée où
quelques fois, les
conditions ne sont guère
réjouissantes !
Daniel se lève, il est 8h30.
Je ramasse la literie des
invités, la nôtre et tout ce
qui traine... Nous partons à
la buanderie qui est à 20
minutes de route mais
heureusement, une préposée
s'occupera de notre lavage
pour 7 $ la poche. Nous en
avons 4 poches. Puis, on
part magasiner des bidons
d'eau, des caisses d'eau en
bouteilles, des boites de
barres granola, des
tablettes de chocolat noir,
des bidons de jus d'orange
et de pamplemousse, du
papier de toilette, des
kleenex, des caisses de
soupe Instant Lunch au
poulet et au boeuf et déjà,
le coffre de la Ford Taurus
est rempli.
Retour au voilier sous la
pluie battante, après un
diner chez Taco Maker. Je
commence à préparer la
chambre de Sylvain, qui
depuis deux semaines,
servait de chambre
d'entreposage. Je remet nos
vêtements de pluie, polar et
bottes dans nos garde-robes
et Daniel range les caisses
et effets dans les divers
coffres qui se cachent sous
les banquettes... Je frotte
les boiseries et nettoie la
salle de bain au Scrubbing
Bubble. Ça sent bon ! Il me
reste à faire le lit...
Daniel part chez West Marine
acheter quelques pièces,
puis retour à la buanderie
pour cueillir le lavage. Il
me reste deux autres
chambres à faire. La chaleur
est écrasante et je dois
garder les écoutilles fermés
car il ne cesse de
pleuvoir...
Le 2 mai, nous récupérerons
à l'aéroport de San Juan nos
deux super équipiers,
Sylvain et Benoit et tout
doit être prêt, du moins le
plus possible car le départ
doit se faire le 3 ou le 4
mai, au plus tard... Daniel
attend ses équipiers pour
grimper dans le mat où il
doit changer le feu en tête
de mat... Il nous faut aussi
ranger le dinghy et le kit
de plongée dans le garage et
vider un coffre dans le
cockpit pour y placer le
Life Raft, les ceintures de
sécurité et les harnais...
En espérant ne pas avoir à
s'en servir !
La traversée ne sera pas du
gâteau... 10 jours de mer,
c'est long et on ne sait
jamais ce que la température
nous réserve. On est si
petit sur le vaste océan et
la mer est si
imprévisible...
Daniel rapportera une pizza
au retour car je n'ai aucune
envie de sortir par ce
temps. La soirée sera
courte, très courte car je
suis déjà très fatiguée et
demain, une autre grosse
journée nous attend..
Silvie
www.voilo.ca