Journal de bord avril 2011

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Mai 2011

Vendredi la 1er avril 2011,

10h38, je suis crevée et j'ai déjà mal dans le dos ! Les deux derniers voyages au Pueblo m'ont jetés par terre. Ce matin, à 7h, je préparais une immense salade froide de pâtes remplie de légumes frais : tomates, ail, oignons, piments vert et rouge, concombre, zuchinis, pomme verte, Olives noire, coeur d'artichaut et féta, le tout bien arrosé de vinaigrette italienne picante. Puis, j'ai préparé une belle assiette de viandes froides et de fromages car nos invités arriveront pour diner et sûrement qu'ils auront très faim puisque maintenant, dans les avions, ils ne servent plus à manger.

Hier, Jocelyne nous a fait une belle frousse. Nous lui avons envoyé le numéro du quai où nous les attendrons et elle nous répond : je suis découragée, j'ai 4 grosses valises et j'en prépare une 5e... Je suis crevée et blanche comme un drap ! Nous prenons l'avion à 2h cette nuit... Et Daniel de lui répondre aussitôt, en lui expliquant qu'elle n'avait besoin que d'un bikini et d'une brosse à dent, quelques vêtements légers, sans plus... Il lui explique que tous nos invités qui ont apporté deux et trois fois trop de linge ne s'en sont pas servi... Il lui dit que nous passons nos journée en maillot et que nous n'avons aucune sortie nécessitant des vêtements chics. Il n'a pas osé lui dire à quel point c'est compliqué de ranger des grosses valises rigides dans le coffre avant et combien c'est encombrant...

Mais ce matin, en ouvrant nos courriels, nous avons trouvé un message de Jocelyne qui s'Était bien payée notre tête... C'est une farce, dit-elle. Ne vous inquiétez pas, nous n'avons, Claude et moi, qu'une seule petite valise molle qui se rangera facilement... OUf ! Elle nous a bien eu ! La chenapine !

Tout est propre dans le voilier et Daniel frotte encore le pont, probablement pour s'occuper en attendant. QUant à moi, je me repose avant l'arrivée de nos invités. En revenant de chez Puablo, il a plut des cordes et nous sommes arrivés trempés au voilier mais maintenant, le soleil est revenu et il fait un temps superbe, comme pour souhaiter la bienvenue à nos amis...

Plus qu'une heure trente à attendre... C'est long !

Demain, nous partirons vers West End pour faire notre entrée dans les VIerges Britanniques. Nos amis ont très hâte de visiter ce coin de Paradis de la voile mais ils auront sûrement hâte de se baigner et nous arrêterons sûrement à Christian Cove, une magnifique petite baie qui se trouve à mi-chemin sur notre trajet, où ils pourront plonger dans l'eau chaude et turquoise et ainsi, avoir un avant-goût de ce qui les attend avant de reprendre la route... Ce sera génial ! 10 jours de vacances uniquement dans les Vierges Britanniques... Nous aurons sûrement le temps de relaxer et de tout voir, peut-être même Anégada, si le vent le permet... Qui sait ? Quoi qu'il en soit, nous discuterons de tout cela ce soir et nous en saurons plus demain !

Silvie

Samedi le 2 avril 2011,

Nos invités sont arrivés hier avec 40 minutes de retard causé par l'avion de Miami, où ils ont transférés et qui avait un bris mécanique à faire réparer. Comme il ventait très fort, ils se sont fait brasser en grand et c'est avec soulagement qu'ils ont posé les pieds sur Charlotte-Amalie, sous une chaleur écrasante. Même trouver un taxi ne fut pas facile car Crown Marina est trop proche de l'aéroport et les chauffeurs de taxis préfèrent les plus longs trajets...

Mais enfin, les voilà, joyeux mais heureux d'être enfin arrivés à bon port et c'est dans l'allégresse que nous avons levé nos verres de Pina COlada pour célébrer ces vacances à venir et le plaisir de se retrouver entre amis...

Un souper bien arrôsé de vins et rempli de discussions légères qui s'est terminé dans le cockpit, sous un fort vent, et c'est tard dans la soirée que nous avons pris le bord de nos cabines, épuisés mais heureux.

Ce matin, forts vents de 20-25 noeuds du sud-sud-est sur une mer bien établie. Le soleil brille dans un ciel nuageux. TOut le monde est en forme, la nuit réparatrice ayant portée ses fruits. Après le déjeuner, je dois interrompre les discussions qui s'enchainent pour procéder aux préparatifs du départ. Nous devons encore passer à l'épicerie de la marina pour les derniers achats : viandes froides, pain frais, vins, glaces et bidons d'eau... Nos voisins de quai sont venus nous aider à larguer les amarres car avec ce vent qui nous poussait contre l'autre voilier, ce fut une affaire délicate qui s'est pourtant bien passé, même si notre coque a frôlée les gros poteaux qui marquent l'emplacement...

Nous passons devant la rue principale de Charlotte-Amalie et Jocelyne se souvient d'avoir déjà fait un arrêt ici lors de son voyage de noces, il y a de cela 25 ans... Nous piquons entre deux iles pour prendre la mer. Mais avant, les gars montent la grand-voile avec un ris et sont surpris de la force que nécessaire pour wincher la voile jusqu'en haut... Claude est essouflé mais il ne lâche pas. Passés les dernières bouées, nous tournons vers la gauche et nous déroulons le génois, babord amure, au près. Et là, c'est l'autre Claude qui winche et qui force. On rit de les voir forcer, bien assises au soleil sur le pont. Puis, On taque à quelques reprises avant de repartir le moteur afin d'entrer dans Christian Bay qui est pleine à craquer. On doit donc jeter l'ancre, selon la loi, à deux cents pieds derrière les derniers mooorings. C'est l'heure du lunch et on sort les sandwiches préparées avant le départ que nous dégustons dans
le cockpit en admirant le décor, l'eau turquoise de la baie et les poissons qui sautent hors de l'eau...

Puis, tout le monde enfile leur maillot et essait leurs nouvelles palmes, puis plonge à l'eau pour un peu d'apnée. Daniel les accompagne. Une courte baignade juste pour se dégourdir les jambes et les voici de retour, enchantés, rafraîchis et rieurs... Ils ont vu de beaux poissons bleu et jaune, d'autres plus gros, sûrement des barracudas qui aiment se tenir sous la coque, à l'ombre. L'ambiance est à la fête et à l'abri de l'ile, il n'y a plus de vent et il fait très chaud... Daniel replonge à l'eau pour prendre une photo de l'énorme barracuda mais il est déjà parti vers d'autres coques... Une belle halte !

14h. Après cette belle petite halte, on reprend le trajet vers West End où nous prendrons un mooring. Daniel ira faire nos douanes d'entrée aux Iles Britanniques et ensuite, un peu de magasinage dans les petites boutiques de souvenirs, question de se dégourdir encore avant le souper. Ce soir, des côtes levés BBQ au célèbre Joly Jumper Bar and Grill...

Silvie

Dimanche le 3 avril 2011,

Quelle belle soirée nous avons passé hier soir, chez Jolly Rogers, où notre table nous attendait, au fond du resto rempli à craquer. Aussitôt assis, nous voilà déjà servis et en train de savourer nos énormes assiettes de côtes levées généreusement arrosées d'une sauce Bbq maison dont j'amerais bien connaître la recette et servies avec une salade de choux savoureuse, un délicieux riz aux lentilles et des légumes variés. Les conversations fusent et la soirée est animée par un joueur de guitare plutôt discret. Claude, l'ostéopathe, qui a barré une bonne partie de la journée, sa femme Francine, très gentille et moi sommes allés prendre une petite marche dans la rue sombre qui mêne du resto au centre-ville, admirant le ciel étoilé et savourant le vent doux qui vient de la mer... Au retour, nous retrouvons Claude, l'ami de Daniel, son adorable femme Jocelyne et Daniel qui nous attendaient pour retourner au voilier où la soirée
continuera dans le cockpit...

Nous passons des moments très agréable en compagnie de nos invités qui sont adorables. Jocelyne, jeune retraitée, est plutôt de type alimentation naturelle et aujourd'hui, nous prévoyons préparer une salade de légumineuses, du humus et des pitas pour diner. Francine semble aussi une excellente cuisinière, aussi portée vers l'alimentation saine et naturelle. Mais tous adorent le poisson et les fruits de mer et hélas, notre pêche d'hier n'a pas portée fruit et dans les Vierges Britanniques, nous ne pouvons pas pêcher.

Ce matin, Daniel et moi sommes levés très tôt alors que tous nos invités dorment encore à poings fermés, les portes de leurs cabines grandes ouvertes, probablement pour capter plus d'air frais. Nous avons donc marché à pas de loup pour fermer leurs portes, démarré la génératrice et préparé notre petit café mousseux. Puis, Daniel est monté sur le pont pour démonter notre antenne internet qui ne fonctionne plus ce matin. En effet, le voilier ayant tourné sur lui-même à deux reprises, le fil de l'antenne s'est rompu... Si Daniel n'arrive pas à refaire la connection, nous n'aurons plus accès à internet, à mon grand désarroi...

Ce matin, c'est dimanche. Le temps est pluvieux, gris et triste... Toutes les boutiques sont fermées, nous ne descendrons pas à terre. Nous partirons donc passer la journée à The Bight, qui est tout près, à 7 milles à peine. Le vent semble calmé et il sera sûrement possible pour les gars de partir faire de la plongée en eau profonde aux Indians, un endroit de toute beauté qui cache les plus beaux coraux des Vierges. Puis, tous iront aux Caves, ces grottes qui remferment des milliers de poissons multicolores qui les enchanteront à coup sûr. De plus, l'eau est si claire et si magnifique là-bas qu'il est impossible de résister à une baignade autour du voilier d'où l'on pourra nager jusqu'à la plage et s'étendre sur le sable chaud.


C'est Claude et Francine qui se sont levés en premier. Francine a déjà revêtue un magnifique maillot de bain noir et un superbe paréo translucide noir, avec de jolies fleurs peintes à la main et son chum lui crème le dos car elle a attrapé un gros coup de soleil hier, lui laissant le dos rouge vif et douloureux. Claude lui prépare un expresso mousseux, lui aussi déjà en maillot et prêt pour une petite plongée... Mais avant, il se prépare un gros petit déjeuner car il faut avouer qu'il est très gourmand...

Daniel a enfin trouvé son fer à souder dans l'un de ses nombreux coffres à outils et il besogne sur mon antenne internet. Mon merveilleux capitaine qui à peine levé a déjà débouché les toilettes de Claude et démonté l'antenne qui sera réparée dans quelques minutes. Et la journée vient de commencer...

Hier, nous avons reçu des nouvelles de Igor et Ginette, des amis à nous que nous avons connus en République Dominicaine, il y a 5 ans et qui sont actuellement aux Bahamas... En fait, durant notre absence, ils nous ont envoyé une demande d'accès à Skype car ils aiment mieux parler qu'écrire. Nous les avons donc manqué de peu... Nous espérons les rejoindre aujourd'hui, dès que l'antenne fonctionnera !

Ça y est. L'antenne fonctionne et nous sommes branchés. C'est génial ! Igor et Ginette nous apprennent qu'ils ont été victime de piratage aux Bahamas, dans la baie de Nasseau... Une bien triste histoire... Ils nous demandent d'aviser le réseau du capitaine car leur accès internet est limité, ce que nous ferons sûrement...

Tout le monde est maintenant debout et achève de petit déjeuner... Le ciel se dégage et le soleil pointe... La journée s'annonce merveilleuse !

Pendant ce temps, Daniel et les deux Claudes reviennent des Indians où ils ont fait de la belle plongée, passant plus de deux heures à survoler les magnifiques coraux remplis de poissons multicolores.

Silvie


Lundi le 4 avril 2011,

8h, tout le monde est debout et en pleine forme. Claude est sorti de la chambre comme un illuminé. IL nous explique qu'il vient de comprendre le fonctionnement de la toilette... On a bien rit... Claude est si drôle, toujours en train de blaguer et une joke n'attend pas l'autre, même à 8h le matin, il arrive à nous faire rire...

La journée est splendide avec un ciel dégagé et un soleil rayonnant. Déjà nos invités sont en tenue légère et les rires fusent et s'entremêlent à la musique de Dalida...

9h CLaude, l'ogre ostéopathe, essaie de programmer l'horloge de la radio pendant que Jocelyne prépare un jus de citron pour Claude le farceur. Francine, après avoir fait la vaisselle, prend du soleil dehors et Daniel, bien tranquille, se remet de sa soirée d'hier qui était bien arrosée...

Au retour d'une courte visite aux Caves, dont le départ a trainé longtemps en longueur, mais pour laquelle nos invités sont revenus enchantés, les yeux émerveillés par tant de beauté, nous partirons vers Peter's Island et ses magnifiques plages blanches. Nous marcherons dans le sentier qui mène au Resort et nous reviendrons par la plage. Une longue marche entre les palmiers, les jardins fleuris et les magnifiques installations de pierre du Resort.

Ce midi, au menu, avocats et crevettes et ce soir, brochettes de poulet tandori et couscous royal...


Silvie

Mardi le 5 avril 2011,

Depuis l'arrivée de nos invités, le temps est bizzare, gris et nuageux, et le vent incertain et variable... Par contre, hier, la chance était de notre coté ! Sur notre route, il a fait beau toute la journée mais en regardant derrière nous, du coté de Tortola, les nuages noirs étaient menançants et l'on apercevait un rideau de pluie et une brume grise qui bouchait l'horizon... Babord amure, sous grand-voile et grand génois, nous avons roulé gité au maximum, sous un vent de 20 noeuds avec de fortes rafales et nous avons taqué à quelques reprises pour entrer à Peter's Island où nous sommes actuellement, à l'ancre devant les magnifiques plages blanches du Resort, entourés de quelques voiliers et catamarans.

Nous avons passé l'après-midi sur la plage, à nous reposer. Les deux Claude et Francine ont pris une longue marche, jusqu'au Resort et revenant par la montagne. Jocelyne qui n'avait pas envie de bouger, est restée bien confortablement allongée sur sa chaise blanche, à lire... Daniel et moi sommes restés au voilier pour faire un peu de génératrice. J'en ai profité pour préparer le couscous et faire mijoter le poulet dans la sauce tandori et nous sommes allés rejoindre nos invités vers 15h30, à temps pour une petite baignade.

Vers 16h30, nous avons regagné le voilier et pris quelques verres avant de prendre place autour de la table du carré. Le souper fut bien accueilli et tout le monde a bien mangé. Mais la journée au grand air a eu raison de nos invités qui se sont couchés très tôt, sous un mouvement de rouli plutôt inconfortable.

Durant la nuit, Claude est venu réveiller Daniel car un voilier, qui était ancré devant nous, chassait et il craignait que son ancre se croise à la nôtre...

Daniel et moi nous nous sommes levés afin de vérifier mais comme le voilier était assez loin de nous, il n'y avait rien à craindre pour le moment. Par contre, on s'est relevés plusieurs fois dans la nuit pour s'assurer que tout était correct, de sorte que nous avons très peu dormi.

Ce matin, le ciel est totalement bouché, il fait gris et c'est encore très venteux. Quelques fois, le soleil apparaît entre deux gros nuages mais il disparait aussitôt... C'est triste pour nos invités car d'ordinaire, il fait toujours si beau, si chaud...

8h35 Tout le monde a terminé de déjeuner et les filles ont fait un beau ménage. NOus sommes prêts à mettre le cap vers Virgin Gorda, en sautant par-dessus les Baths que nous ferons plutôt au retour, lorsque le temps sera revenu au beau fixe.

13h30 Nous venons d'accrocher un mooring dans la superbe baie de Gorda Sound, à Virgin Gorda, après avoir fait plusieurs taques sous des vents atteignant parfois 35 noeuds, dans une mer très agitée et sous plusieurs grains et embrunts qui nous ont laissés mouillés. Deux ris dans la grand-voile et génois à demi enroulé, on file à 7.5 noeuds, bien gités. À mi-parcours, Francine remarque qu'une latte est en train de sortir de la grand-voile et s'aprête à tomber.. Nous sommes tribord amure et le voilier tanque fortement. JOcelyne avance doucement vers le pied du mat, à babord et moi, à tribord. La latte sort enfin de son socle, percute la grand-voile et me tombe carrément dans les mains. Je la refile à Jocelyne qui la passe à Claude et on s'applaudit. En approche de l'étroit passage pour entrer dans la baie, Francine descend dans le carré et mettant le pied sur la première marche, glisse jusqu'en bas en se frottant la colone vertébrale sur le rebord des marches, qui même s'il est arrondi, lui a laissé une grosse marque rouge dans le dos. Jocelyne lui prépare un sac de glace et son chum ostéophate l'examine aussitôt et nous informe qu'il n'y a rien de cassé.

14h Le vent siffle encore mais la baie est bien protégée par de larges brisants et notre voilier bouge à peine, bien fixe dans le courrant qui le maintient droit devant Sabah Rock. Nous descendons en dinghy prendre une marche pour visiter le Resort et il est prévu de souper à la pizzéria du Resort. Sûrement que nous nous coucherons tôt car la nuit fut courte et la journée bien remplie... Mais qui sait ?

Silvie


Mercredi le 6 avril 2011,

Hier soir, Daniel a fait parvenir le message suivant à Nicole, l'une des administratrice du Réseau du capitaine :

Bonjour Nicole,
 
nous avons été informé par des proches, actuellement à Nassau, en voilier, qu'un pirate a perpétré plusieurs méfaits sur des voiliers. Il s'agit d'un homme de race noire et fortement baraqué qui s'est introduit, entre autres, dans un voilier durant l'absence de ses propriétaires, essayant en vain de pénétrer à l'intérieur. Le propriétaire est arrivé pendant l'effraction et s'est battu avec le voleur qui a pris la fuite.
 
Un autre voilier, encore dans la baie de Nasseau, a été réveillé en pleine nuit par un bruit dans le cockpit et s'est retrouvé nez à nez avec le noir, dégoulinant d'eau, qui a raconté une histoire abracadabrante, disant qu'il avait coulé avec son bateau et s'était sauvé de justesse en nageant. Il demandait de l'aide et voulait se faire reconduire à quai, ce que le propriétaire du voilier a fait. Il a donc détaché et débarré son dinghy et dès que l'inconnu a pris place, une bataille s'est ensuivie et le propriétaire s'est retrouvé à l'eau tandis que le voleur fuyait à toute vitesse.
 
Trois incidents du même genre se sont produits et cela sur deux jours de suite, et ce dans un endroit populeux avec une quinzaine de voiliers ancrés à proximité.
 
Nous aimerions que vous avisiez les gens du réseau qui naviguent dans les Bahamas d'être sur leur garde, particulièrement dans le secteur de Nassau où l'homme est actuellement recherché. Il s'agit d'un homme de race noire et fortement baraqué. Dans plus d'un cas, le voleur a utilisé la violence et a même fait des menaces de mort si le propriétaire du voilier ne lui laissait pas le champ libre. Il ne s'en prend pas qu'aux dinghys, mais aussi au contenu des voiliers. Si un propriétaire entend du bruit en pleine nuit, il devrait sortir armé...
 
Bonjour à tout le monde du réseau,
Daniel
Voilo
VE0MAW

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Ce message a été diffusé sur le réseau ce matin et nous espérons que cet avis pourra éviter que d'autres incidents du genre se produisent...

Hier soir, nous avons soupé au resto du Resort : de la draft fraîche, pizza au four à bois, entrée de calmars frits et frites... C'était délicieux ! Puis, nous avons marché un peu dans les sentiers fleuris, admiré les bougainvilliers rose, magenta et rouge, visité quelques boutiques avant de revenir au voilier pour y prendre quelques verres de vin avant d'aller dormir. Malgré le fort vent, la soirée était douce et la lune, en arc-de-cercle inversée, était rouge, signe que le beau temps approche...

8h44 Tout le monde a bien déjeuner et Claude et Jocelyne termine la vaisselle. La journée s'annonce chaude et ensoleillé. Aucun projet de défini encore, à part aller faire de l'eau au quai de Sabah Rock...

Ce matin, je prépare des rouleaux de printemps. J'ai presque tous les ingrédients : feuilles de riz, nouilles de riz, salade, crevettes, coriandre et lamelles de mangue pour remplacer les carottes fraîches qui me manquent et même des lanières d'algues nori... Lors de notre passage à Vieques, et suite à la rencontre avec Kim la vietnamienne, j'ai appris comment faire la petite sauce d'accompagnement : sauce de poisson, eau, vinaigre de riz, sucre, citron et piments fort. Mais les filles veulent aussi de la sauce arachide et je trouve rapidement la recette sur le web. Eau, vinaigre de riz, sucre, sauce Hoisin, beurre d'arachide, piments fort et fécule de mais pour épaissir... Voilà, tout est prêt et ce midi, il ne restera qu'à déguster !

10h24 Le soleil brille de tous ses feux et tout le monde veut aller à la plage. On sort les amarres et les défenses pour s'approcher du quai à eau. Le vent s'est enfin calmé, ou presque. Une simple brise chaude pour nous carresser et nous rafraîchir. L'acostage se fera en douceur et pendant que les réservoirs se remplissent, les filles magasineront dans la petite boutique de Sabah Rock...

Puis, nous changeons de mooring et allons nous ancrer devant une petite plage au fond de la baie, d'où il sera possible de nager du voilier à la plage. Ainsi se passera le reste de la journée : bronzage, baignade, plongée et marche dans la montagne...

Une belle journée de repos qui se terminera en soirée avec des steaks sur le charcoal que nous fera cuire Claude, le spécialiste du BBQ et que nous mangerons avec des pommes de terre rissolées. Le tout bien arrosé, naturellement !

En soirée, nous discuterons de l'itinéraire de la journée de demain mais en attenant, nous protitons de cette chaude et belle journée, sans penser à rien d'autre qu'aux vacances qui battent leur plein, dans ce lieu magnifique de Virgin Gorda !

Silvie

Jeudi le 7 avril 2011,

Hier, nos projets de la journée ont légèrement changés. Après avoir fait de l'eau au quai de Sabah Rock, Daniel nous a promené en voilier autour des gros bateaux de touristes qui sont ancrés dans la baie puis nous avons repris un mooring devant Sabah Rock. Les gars sont partis faire de la plongée en apnée le long de la bande de corail, derrière Sabah Rock et ils sont revenus enchantés, tandis que nous, les filles, nous nous sommes fait griller sur les confortables chaises vertes bien rembourrées du Resort, en jasant avec des touristes qui débarquaient des gros bateaux, en lisant et en se baignant de temps en temps sous le soleil cuisant...

Hier soir, ce sont nos hommes qui ont fait le souper, au complet. Ils ont mis la table, préparé des pommes de terre et oignons rouge en papillottes et fait cuire les steaks à la perfection sur le BBQ. Le souper était excellent et nous leur avons accordé 5 petites étoiles pour leur participation et 5 autres pour la vaisselle. La fierté se lisait dans leurs yeux !

Quel bonheur pour nous, les filles, de prendre notre temps, un verre de vin à la main, dans le vaste cockpit pendant que nos hommes travaillent d'arrache-pied, tassés dans le fond du carré... On parle parle, jase jase en riant, sous le magnifique coucher de soleil et la douce brise et c'est fantastique !

Ce matin, 8h39, tout le monde est debout et de bonne humeur. Le ciel est magnifiquement bleu et le soleil brille de tous ses feux. La journée s'annonce superbe. Hier, il a été décidé d'aller aux Baths, puis de nous rendre à Josh Van Dyke.

Par contre, on se demande si Francine sera en mesure de faire le trajet épineux d'une heure trente entre les grosses roches des Baths, avec son mal de dos qui la fait encore souffrir... Le trajet est parfois assez difficile, il faut pouvoir grimper sur des immenses roches, se contorsionner pour passer entre deux roches serrées, se pencher et presque ramper à d'autres occasions, grimper en se tenant à un câble, redescendre sans tomber, etc.... Bref, un trajet amusant quand on est en grande forme mais assez difficile pour une éclopée ! Mais, avec de la volonté, on arrive à tout et Francine semble déterminée à ne rien laisser passer, quitte, dit-elle, à attendre à la plage si son dos ne lui permet pas de suivre les autres !

La génératrice ronronne et les invités discutent une fois de plus sur la suite du trajet après les Baths... Mais voilà que Daniel m'apporte un petit papier sur lequel est indiqué le reste du trajet : après les Baths, départ pour Cooper's Island où nous dormiront. Demain, vendredi le 8, plongée à Salt Island et départ vers Josh Van Dyke. Sortie le soir au célèbre bar Foxy's et douanes de sorties des Vierges Britanniques le lendemain matin. Samedi le 9, départ pour Cruz Bay et dodo à Chrismas Bay. Et départ très tôt le 10 pour Crown Marina...

9h13. Daniel descend au Sabah Rock pour prendre un sac de glace afin de maintenir la glacière fraîche. Dès son retour, on largue les amarres !

Une belle journée en perspective !

Silvie

Vendredi le 8 avril 2011,

Quelle belle journée hier ! Après les Baths que nos invités ont beaucoup appréciés, même Francine avec son mal de dos dont heureusement la douleur diminue de jour en jour, tout le monde en sueur saute à l'eau pour se rafraîchir autour du voilier. Puis, après une douchette dans le cockpit, nous sommes partis vers Cooper's Island où nous avons trouvé un mooring juste en face du quai à dinghy qui mène au resto bar terrasse où nous sommes descendus à terre pour le 5 à 7, confortablement installé dans les sofas sur la terrasse, sirotant des Painkillers et admirant le magnifique coucher de soleil teinté de rose et d'orange, signe de beaux temps à venir...

Puis, retour au voilier pour un souper au macaroni dont la sauce, fortement épicée, mijotait depuis quelques heures et qui, malgré la simplicité du repas, fut fort bien accueilli. De l'immense platé, il ne reste qu'une petite portion qui servira de lunch à Claude, l'Ogre ostéopathe, qui a toujours un petit creux à remplir... La soirée s'est terminé dans le cockpit, sous la merveilleuse voix de Marie-Claire Séguin et les compositions paroles et musique du frère de Claude Letendre, Robert. Plongé dans un passé ancien, Claude et Daniel raconte leurs souvenirs, à l'époque où Marie-Claire et son frère aujourd'hui célèbre, Richard, jouaient dans un sous-sol d'église non loin de chez eux, à Pointe-aux-Trembles... Vers 10h, Claude l'ostéophate, s'est endormi dans le cockpit, Francine est descendue dans sa cabine, Claude et Jocelyne termine un dernier verre pendant que Daniel skipe les tounnes qui ont moins d'intérêt pour Claude... Moi, j'écoute Claude raconter ses souvenirs, transportée par la voix angélique de Marie-Claire Séguin...

Ce matin, le beau temps à venir est sûrement pour demain car il vente et une fois de plus, le ciel est gris. Peu importe, le temps est si changeant et il fera sûrement beau dans une heure. Après déjeuner, nous partirons vers Josh Van Dyke en arrêtant devant Salt Island pour une plongée au-dessus d'une célèbre épave. Mais en attendant, tout le monde dort encore, bercés par le vent qui siffle... Il est 7h50 et il ne reste que deux jours de vacances pour nos invités... Le temps a passé si vite, du temps de qualité avec des amis qu'on aime et qui hélas, devront repartir bientôt...

9h13. Tout le monde a déjeuné et les filles lavent le cockpit des traces de la veille pendant que les gars, exemplaires, lavent la vaisselle du matin. Le soleil est revenu et la vie est belle. Tous sont de bonne humeur et la journée s'annonce parfaite.

10h20 Nous avons accroché un mooring à Salt Island et le voilier roule fortement sous les forts vents de 20 noeuds, laissant des marques blanches sur le sommet des vagues... Pendant la courte traversée, Francine et moi regardions des revues en bas dans le carré et le vent a fait giter le voilier, faisant verser sur le beau pijamma décoré d'étoiles de mer que portait Francine... Un petit cri et voilà tout le contenu de la tasse sur elle... Vraiment pas de chance !

Tout le monde se préparent pour une plongée en apnée au-dessus du gros vaisseau à vapeur qui git au fond de l'eau depuis plusieurs centaines d'années et qui a coulé lors d'un ouragan, avec tout son équipage. Moi, frileuse, je reste au chaud et pendant que tout le monde s'entasse dans le dinghy, je termine la lecture de mes revues...

Ce midi, nous préparerons une grosse frittata aux fromages et jambon. C'est Francine, l'experte, qui la préparera, aidé de Jocelyne, toujours prête à mettre la main à la pâte... Et ce soir, à Josh Van Dyke, nous souperons au Foxy's dont la spécialité sont les ribs ou poulet fumés au BBQ. En soirée, un orchestre jouera et ce sera une soirée dansante pour nos invités qui rieront sûrement voir danser notre local avec son poteau, comme il le fait à toutes les semaines devant un auditoire ébahie par sa force et son agilité, surtout lorsqu'il se penche par derrière, une bière entre les dents, aidé uniquement par la force de ses jambes... Puis, il remonte, fait des steppettes, danse avec son poteau, toujours le même, comme s'il s'agissait de sa bien-aimée... On dit qu'il est engagé par Foxy's pour amuser la foule et c'est le cas car son spectable est assez ahurissant !

11h Le dinghy revient et tout le monde est enchanté et rafraîchit. Il y avait de gros poissons, des baracudas de 6 pieds de long, et beaucoup de gros poissons jaune, aussi, ils ne sont pas restés très longtemps, le temps que Claude prennent quelques photos qui témoignent du drame. Tout le monde rapasse sous la douchette du cockpit en jasant de leur expérience. L'ambiance est encore à la fête et les souvenirs s'accumulent...

11h15 Nouveau départ. Les deux Claude sont rendus experts en manoeuvre et c'est maintenant avec admiration qu'on les regarde travailler de concert avec Daniel... Ils ont pris de la force et ne sont plus essouflés en winchant pour monter la grand-voile, ni pour les nombreux changements de bord. En route vers West-end où nous arrêterons à West End, le temps de diner, nous roulons avec le vent, babord amure, sous grand-voile et génois. Les filles, sur le pont, paufinent leur bronzage qui commence à paraître et leur donne un beau teint hâlé et les gars remettent les lignes à l'eau, espérant que la mer leur donnera un poisson pour diner...

Je sors dehors et tout à coup, je suis frappée par le paysage qui est d'une beauté à couper le souffle. Je réalise que bientôt, pour Daniel et moi, ce sera aussi la fin des vacances et que je vois ce décor grandiose pour la dernière fois, ces iles hautes qui forment un immense cercle brisant les vagues de la mer où tant de voiliers s'offrent en spectable, toutes voiles dehors, triangles blancs se détachant du bleu de l'eau et zigzagant dans tous les sens sous le ciel bleu... Comme c'est beau, me dis-je, émue, en tentant de graver dans ma mémoire ce décor panoramique qui s'étend sur l'horizon et se perd dans le lointain...

J'entend des petits cris de joie... Une ligne vient de mordre et Daniel retire un petit thon bleu des flots. Il décide de le garder puisque c'est notre première prise complète... En fait, hier nous en avons bien attrapé un très gros thon, mais en remontant la ligne et rendu au voilier, il était à demi mangé par un barracuda et nous l'avons rejeté à l'eau. Daniel n'a pas encore fini de préparer les filets que j'entend Jocelyne crier qu'il y en a un autre... Cette fois, c'est Claude le pirate ostéophate qui le remonte, avec ses gants et son chapeau de pirate. Un autre thon, très gros celui-là, complètera le souper de ce soir, à la grande joie de tous...

Mais notre chance se poursuit et en voilà un troisième, tout bleu et aussi dodu que le deuxième thon... Daniel fait signe qu'il est temps d'arrêter de pêcher car il en a plein les bras et l'évier est rempli de deux gros thons qui attendent d'être nettoyés et préparés en filet. Pendant ce temps, voiles en ciseau, Claude Letendre est très concentré sur la roue, cap vers West End...

13h35 On a finit par attraper la petite corde du gros mooring qui avait perdue son flotter et qui était collée au fond de l'eau sur la chaine d'ancrage... Troisième essaie, ça y est ! Daniel et moi, aussitôt, on file à l'épicerie pour quelques achats (lait, pain, glace...) et on en profite pour se départir des vidanges... On est sur le dernier mooring de West End et il est privé. Aussi, on est sur les dents, prêts à le laisser à son propriétaire s'il revient mais la Frittata est au four et semble prendre un temps démesurée pour cuire... Enfin, on se calme... Il faut attendre et le temps file...

15h, on décolle vers Josh Van Dyke. À cette heure tardive, il n'est pas évident d'attraper un mooring... Par contre, contrairement à la baie où nous sommes et qui a 60 pieds de creux, à Van Dyke, il est possible d'ancrer... Comme les thons n'étaient pas au programme, nous souperons donc au voilier et ce sera encore les gars qui s'occuperont de cuire les filets au BBQ...

Silvie

Samedi le 9 avril 2011,

La traversée de West End à Josh Van Dyke s'est faite sur des chapeaux de roues, peut-on dire ! 8.7 noeuds, au près bon plein, le voilier file comme une flèche, gité et une heure plus tard, nous entrons dans la baie de Great Harbour, remplie à craquer et, comme il fallait s'y attendre, vue l'heure tardive, il ne reste aucun mooring...

On retourne donc derrière les derniers moorings et Claude le farceur et moi jetons l'ancre dans 20 pieds d'eau claire laissant apparaître un fond de roches rondes et de sable. Il fallut se reprendre par trois fois avant d'accrocher. D'autres voiliers, arrivés quelques minutes après nous, ont tenté en vain d'ancrer et las de se reprendre, ils sont repartis vers d'autres fonds plus accrocheurs. Quant à nous, malgré que nous sommes assez loin du bord et que le voilier roule légèrement, nous sommes bien contents d'être arrêtés et de pouvoir prendre l'apéritif dans le cockpit, en regardant autour de nous les pélicans qui tournoient autour des voiliers et les gigantesques cruisers en arrière plan, dont le Miss Michelle qui bientôt sera tout illuminé dans la nuit...

18h Tout le monde est bien impatients de manger le poisson frais offert par la mer et je prépare une petite sauce faite à base de wasabi, sauce soya, vinaigre balsamique dans laquelle les filets marineront. Puis, Claude l'ogre pirate ostéopathe les fera cuire à point, à feu vif, selon la recette de Jonathan le joueur de tennis qui fut l'un de nos invités. Le tout, servi avec un riz Jambalaya épicé, disparu aussitôt sous les compliments des invités dont plusieurs mangeaient pour la première fois du thon frais...

En soirée, Daniel conduira tout notre beau monde au Foxy's pour une petite soirée dansante où tout le monde s'est bien amusé sous les airs de reggye joués par l'orchestre local. Poteau était là, faisant son show habituel et la salle, à moitié remplie, était en fête comme à tous les vendredis soirs...

7h30 Ce matin, un ciel nuageux qui laisse passer un coin de soleil plutôt timide à cette heure matinale. Tout le monde déjeune, au son de la génératrice qui ronronne et l'ambiance est joyeuse.

Il faudra attendre vers 9h avant que Daniel puisse espérer trouver les douaniers au boulot en ce samedi matin et nous en profiterons pour faire un petit saut

à la boutique de chez Foxy's où les T-Shirts sont de toutes beautés avec leurs designs colorés et primitifs. NOus ramasserons un petit coquillage magique offert gratuitement devant une autre boutique qui vend du poisson frais, en faisant un souhait secret et nous nous promènerons dans la rue qui longe la plage, s'arrêtant à l'occasion pour s'assoir dans l'un des hamacs qui pendent des cocotiers...

Puis, nous partirons vers Cruz Bay pour faire notre entrée dans les iles vierges Américaines, où nous devrons tous nous rendre au bureau des douanes et suivre la longue file avant de faire étamper nos passeports par les douaners très sérieux qui ne manqueront pas de nous aviser que nous devons nous départir de toute nourriture achetée à l'extérieur des VIerges Américaines, que tous les déchets doivent être incinérés, qui nous demanderons si nous avons rapporté des souvenirs et pour combien, nous observant d'un oeil méfiant avant de nous laisser partir, soulagés... Puis, nous parcourerons les rues de pierres de St-John le magnifique, nous perdant dans le labyrinthe des boutiques artisanales qui regorgent de souvenirs, respirant l'odeur des restos ambulants qui, sur le trottoir, présentent leurs spécialités locales, toujours à base de porc ou de poulet BBQ qui cuisent dans des barils, sur des tournes-broches manuels, à la bonne
franquette et nous arrêterons sûrement dans l'un des bars sur la plage pour prendre un dernier verre avant de retourner au voilier pour repartir dormir à Christian Cove où l'eau est calme et la nuit réparatrice... Peut-être même aurons nous le temps d'une petite baignade à Caneel Bay avant le départ...

Au souper, un sauté au poulet au lait de coco, rempli de beaux légumes verts, de carottes, d'ail, de curry indien, de paprika... Puis, nos invités feront leurs valises car très tôt demain, nous traverserons vers Charlotte-Amalie pour rentrer à la marina CrownBay d'où ils prendront un taxi pour retourner vers le nord, vers le froid et la routine... Brèves vacances pourtant bien remplies qui, nous l'espérons, resteront dans leurs mémoires comme un beau souvenir...

9h32 Les douanes sont faites et Daniel est passé chercher un autre gros sac de glace pendant que nous magasinions à la boutique du Foxy's où Francine, qui a perdu le chapeau de paille prêté par sa soeur, lui en a trouvé un autre, très joliment décoré, autour de la tête, d'un collier de pierres turquoise. Quant à Claude, l'Ogre pirate ostéopathe, il a longuement hésité devant un chandail de plongée, en Coolmax, qu'il n'a finalement pas acheté, probablement parce les vacances sont presque finies et que les plongées se feront plus rares... Au retour, une vague déferle sur le dinghy dont la charge est mal répartie et Claude et moi se retrouvons mouillés de la tête au pied... Retour au voilier où Claude le musicien prend nos amarres et nous retrouvons Jocelyne en train de lire tranquillement le récit du nauvrage d'O'vent, le premier voilier de Daniel, dont elle a fait partie de l'une des croisières et en est descendue juste avant
le naufrage...

Les gars remontent l'ancre. Daniel descend fermer les hublots. Le ciel s'est dégagé et le soleil est revenu, brillant de tous ses feux. La baie se vide, nous laissons Josh Van Dyke dans notre sillage. Je garderai un souvenir merveilleux de tous ces gens si sympatiques qui habitent cette ile presque déserte et qui semblent si heureux de recevoir des visiteurs, nous saluant tous d'un grand sourire, s'informant de l'endroit d'où nous venons, nous souhaitant bons vents !

10h La grand-voile est montée et le moteur tourne encore. En contournant l'ile vers tribord, nous déroulerons le génois, tribord amure. La mer est plutôt calme. Le vent est faible. Les filles se remettent au soleil, dernière chance de bronzer sous le soleil des Caraîbes... On roule à 6 noeuds, au portant, sous 15 noeuds de vent, une belle allure, confortable ! Claude Letendre est à la barre, silencieux, concentré... Claude adore le monde de la voile, il s'y connait en voiliers et adore raconter des histoires sur tel ou tel type de voilier, ses performances, ses points forts, ses points faibles... Il les connait tous, peut dire l'année de construction, le nom de l'architecte... Une véritable encyclopédie ! CLaude qui m'a fait cadeau de trois beaux disques de blues de la Nouvelle-Orléans qui sont magnifiques et dont je ne me lasse pas de les écouter en boucle... Merci Claude ! Et merci aussi à l'autre Claude qui m'a offert une
conche musicale, toute nacrée de rose et vendu par un local à Virgin Gorda qui, nous en a montré la sonorité, faisant sortir du trou un son très bas, puissant que je n'ai jamais pu reproduire, hélas !... Merci aussi aux filles qui m'ont apporté du sirop d'érable dont on ne se lasse pas et de beaux livres à lire dont un, La vie à deux, que j'ai beaucoup apprécié ! Comme ils vont me manquer tous et combien ce fut court mais agréable d'être en leurs compagnies !

11h Nous avons accroché un mooring devant une magnifique plage blanche de Caneel Bay. Daniel remettra un peu d'air dans le dinghy et nous partirons vers les douanes...

Silvie

Dimanche le 10 avril 2011,

Le souper d'hier fut un succès et la soirée très animée. On jase dans le cockpit sous une lune en croissant et une douce brise, un verre de vin à la main. Tout le monde est bien satisfait de leurs vacances : belles voiles, beaux endroits, plongées, baignades et belle température... Beaucoup de déplacements en peu de jour mais le décrochage fut assuré... Et tout le monde est bien heureux !

En soirée, Daniel a pu téléphoner à Francis, notre garçon qui dit qu'il fait beau à MOntréal et qu'il s'est promené en T-Shirt hier. Le retour est dès lors plus encourageant pour nos invités bien bronzés...

7h Tout le monde est debout, prêts à l'action car la journée est chargée. Déjeuner, café, café, ont sort les valises... Nos invités remballent leurs vacances, ramassent leur chambre pendant que Daniel et moi profitons du retour de Jocelyne et Claude à Montréal pour préparer des chèques en blanc à faire parvenir à notre comptable pour fin d'impôt. Puis, on additionne les dépenses de la semaine qu'on divisera en 6 passagers.

Il fait un soleil radieux. Jamais une journée n'a été plus chaude et plus ensoleillée et tout le monde a bien envie d'aller se baigner une dernière fois dans l'eau turquoise de Caneel Bay mais le temps presse, on doit retourner à la marina pour 10 h et le trajet du retour prendra une heure, au moteur, car il n'y a pas de vent, à peine quelques noeuds sur une mer d'huile.

8h30 Les valises sont bouclées et Daniel démarre le moteur pendant que Claude largue les amarres. Cap vers CHarlotte-Amalie.

Quant à moi, j'essaie de ne pas songer à la journée de lavage, d'approvisionning et de ménage qui m'attend car je veux profiter de nos invités jusqu'à la dernière goutte...

9h18 On vient de dépasser Christian Cove et à tribord, on aperçoit déjà l'entrée de Charlotte-Amalie. Claude est encore à la roue, les filles sur le pont admirent le décor. Le ciel est dégagé et au loin, à babord, très loin, on aperçoit les pâles contours de Ste-Croix où nous nous rendront, Daniel et moi, dans les prochains jours, jusqu'à l'arrivée de nos derniers invités, Ginette et Robert, qui seront avec nous dès le 22 avril pour découvrir les Iles Vierges Espagnoles...

Ainsi se completeront nos vacances dans les divines Iles Vierges Britanniques, Américaines et Espagnoles... 9 mois en mer, sous toutes les amures, sous des vents parfois hurlants, parfois doux comme une caresse, sous le froid, la pluie et les embrnts du départ, sous le soleil des Caraîbes mais toujours, avec ce mouvement incessant de la mer qui nous berce doucereusement et parfois nous brasse comme des poupées de chiffon, laissant notre maison flottante sans dessus dessous...

Puis, ce sera le retour, la longue traversée de Puerto Rico à Norkfolk, 1500 milles nautiques non stop, avec, nous l'espérons, deux équipiers triés sur le volet à qui nous avons envoyés une invitation à se joindre à nous pour vivre cette unique expérience de traversée en pleine mer pendant 10 jours et 10 nuits :Jonathan qui fut l'un de nos invités du premier groupe et qui prévoit partir, d'ici deux ans, pour un tour du monde avec sa petite famille et sa femme Mélanie. Il fut un équipier hors pair, excellent marin, toujours prêt pour une manoeuvre. Le dernier, et non le moindre, que nous avons eu le plaisir de rencontrer à Virgin GOrda, Anegada et à The Bight juste avant leur départ, Sylvain Beaudry, un capitaine qui n'a pas froid aux yeux, possédant beaucoup d'expérience sur son First 35 et qui s'était loué, pour 2 semaines, un catamaran de 47 pieds pour visiter les Vierges. Sylvain, déjà retraité, projette aussi de partir
pour un tour du monde avec sa femme Sounda et leur petit Mael sur le Sense 50 qu'ils viennent d'acquérir... S'ils acceptent notre invitation, ce sera génial et nous aurons une équipe du tonnerre pour traverser la mer...

10h15 On entre à la marina Crown Bay et une employée attend nos amarres. Je lui lance celle à l'avant et Claude saute sur le quai pour faire un spring line avec l'amarre du milieu qui barrera sur la bitte arrière du quai. TOut se passe à merveille et aussitôt, je prépare mes sacs de lavage pendant que les invités dinent d'un reste de macaroni et de riz au poulet. Puis, on vide le frigo et le congélateur pour un grand ménage en règle...

10h30 J'entre à la buanderie qui est bondée. De 6 laveuses, je n'en aurai que 4 et pendant que je m'acharne à mettre pour 5.50 $ de 25 sous dans mes 4 laveuses, déjà 10 minutes sont passées et je cours au voilier pour saluer nos invités qui sont déjà au bout du quai, en route vers le départ... Que c'est triste de les voir partir, si beaux, si bronzés, si gentils... Et quels beaux moments nous aurons passés entre amis... On s'embrasse en se promettant de se revoir bientôt et nous les saluons alors que le taxi les conduits à l'aéroport.

Je retourne à la buanderie où je trouve deux autres laveuses libres et je passerai les deux prochaines heures à finaliser le tout. Puis, Daniel et moi allons diner au resto de la marina, d'une pizza. Retour au voilier et pendant que je range le linge bien sec et bien plié, Daniel répare un boyau d'eau qui coule dans la génératrice...

15h30 Nous partons avec nos deux charriots au Puéblo pour un nouvel approvisionnement. Le ciel s'est obscurcit et le temps a fraichit. Tant mieux !

17h30 Deux voyages plus tard au Puéblo et l'épicerie est rangé. Je suis crevée. On retourne souper au resto, pas envie de cuisiner...

Silvie

Lundi le 11 avril 2011,

Journée chaude et ensoleillée... 7h du matin, un bon café expresso pour démarrer cette journée encore achalandée avec un dernier lavage à la buanderie vide à cette heure matinale. Retour au voilier et continuation du ménage. Je récupère la chambre tribord comme stock room et j'y apporte tout ce qui encombre mes armoires et mes tablettes. On y stoque toutes les caisses d'eau, les couvertures et serviettes en surplus, les contenants de plastiques et tous les vêtements de pluie nécessaire pour une traversée, libérant ainsi mes garde-robes pour mes petites robes et chandails, vêtements usuels et souliers. Enfin, notre chambre se retrouve agrandit.

10h Un dernier voyage au Pueblo... Je suis déjà crevée !

11h On largue les amarres. Fermeture des hublots, rangement des amarres et des défenses. Daniel monte la grand-voile et déroule le génois. TRibord amure, on file lentement vers Christian Cove où nous nous reposerons quelques jours avant de partir vers Ste-Croix.

Le ciel est magnifique, tout rose et bleu, avec des longs nuages élancés au bas de l'horizon et d'autres, tout floconneux, hauts dans le ciel. La mer est calme, presque pas de vagues, un vent irrégulier qui souffle par coup...

Je pense à mes invités qui sont sûrement rendus à Montréal... Pensent-ils aussi à nous ? J'espère qu'ils vont bien et qu'ils sont reposés...

15h J'accroche un mooring et Daniel met une deuxième amarre afin de consolider notre ancrage. Je descend me reposer mais avant, je prends nos courriels, dès que Daniel installe l'antenne. Nous avons des nouvelles de Sylvain Beaudry qui accepte notre invitation à se joindre à nous pour le retour de Puerto Rico à Norkfolk. NOus sommes fous de joie, surtout moi qui craignait le retour en équipage réduit... Cette nouvelle me remonte le moral et me remplie d'enthousiasme... Ce sera fantastique !

Le soir tombe, après un bref repas rapide, je me coucherai afin que demain soit un autre jour et que je me lève enfin reposée et prête pour un nouveau départ vers Ste-Croix, la plus grosse île des Vierges... Que nous réserve t'elle ? J'ai hâte d'en savoir plus...

Bonne nuit !

Silvie

Mardi le 12 avril 2011,

On s'est couché tôt et on s'est levé tard, en pleine forme. Ce matin, il fait gris et l'on ne sent pas le vent qui semble disparu. Où se cache t'il ? Nous le saurons bien assez tôt et en attendant, nous avons apprécié la nuit confortable et le voilier qui n'a presque pas bougé. On dirait que le temps est arrêté...

Hier soir, nous avons reçu des nouvelles de Jonathan, l'équipier à qui nous avons envoyé une invitation pour faire la traversée de retour avec nous. Il est fortement intéressé et va demander des vacances spéciales à son employeur. Nous aurons des nouvelles sous peu et nous espérons vivement qu'il puisse faire partie de l'équipe du retour car cette expérience lui sera nécessaire pour partir en mer avec sa petite famille ! De plus, Jonathan est tellement agréable, si motivé, si habile... Ce serait un plaisir de l'avoir à bord et nous sommes persuadés qu'il s'entendrait à merveille avec Sylvain...

Ce matin, Daniel travaille sur son tangon. Avec sa perceuse, il tente de creuser un trou pour remplacer une goupille qui s'est cassée. Puis, il devra se rendre en dinghy de l'autre coté de l'ile pour aller chercher une pièce pour notre génératrice. Notre voyage à Ste-Croix est encore reporté d'une journée mais peu importe, quant à moi, je suis très bien ici à Christian Cove où la connection internet est très bonne, l'eau claire et turquoise et le décor enchanteur.

Hier soir, autour de nous, il y avait plein de petits voiliers, des petites barques en bois, des Optimistes, menées par des enfants très jeunes qui, au son de l'instructeur qui se tenait derrière, tournaient à gauche, tournaient à droite, ensemble, comme dans un élégant ballet. C'était magnifique !

Je commence à faire des projets d'été car bientôt, je serai sur terre. Je me vois déjà à mon chalet, en train de passer le râteau, respirer l'odeur de l'herbe fraîche, écouter le chant des oiseaux, faire des feu de bois à l'extérieur, planter des fleurs, nettoyer mon bassin, retourner la terre de mon jardin... Après 9 mois en mer, la terre me manque. J'ai hâte de revoir mes parents, mes enfants, mes amies...

L'an prochain, nous ne pourrons repartir en mer qu'en novembre. La loi sur l'Assurance maladie du Québec nous oblige à revenir au Québec après 183 jours à l'extérieur du pays, soit 6 mois par année. À moins de prendre une année septennale, nous devrons attendre la mi-novembre pour reprendre la mer...

Quelle sera notre prochaine destination ? Je ne sais pas ! Daniel non plus... L'Europe nous tente, d'autant plus que ma fille habite en Franche-Compté et qu'il y a une éternité que je ne l'ai pas vu. Actuellement, elle et son mari se construisent une maison et j'aimerais bien la voir et l'aider à se faire un jardin et des plates-bandes, aidés par mes petits-enfants. Et puis, mon fils Olivier y sera aussi, en visite, avec son fils. Nous y serions toute la famille et ce serait génial ! Visiter la Grèce m'enchanterait... L'Italie, un rêve ! L'Espagne, le Portugal... Ah, ce serait merveilleux... Par contre, c'est en septembre qu'il faut partir vers les Açores, pas en novembre...

Et revenir vers le sud, visiter les Antilles françaises, la Martinique, Guadeloupe, St-Martin, Ste-Lucie, Marie-Galante, la Dominique et toutes ces iles lointaines me rendrait aussi très heureuse... Mais tout cela est loin encore et nous avons le temps de rêver jusqu'en novembre prochain et de décider de notre prochaine destination...

En attendant, aujourd'hui j'ai envie de cuisiner car je meure de faim. Un gâteau renversé à l'annanas me fait déjà saliver... Et un boeuf brocoli pour souper, hum !

À plus...Silvie

Mercredi le 13 avril 2011,

Après en avoir rapidement discuté, nous avons décidé que nous n'irions pas à Ste-Croix. Le départ est proche et il est important de régler tous les petits problèmes mécaniques, ceux qui existent déjà et ceux à venir, car la prévention est la meilleure façon d'éviter les gros problèmes.

Depuis deux jours, Daniel a remarqué un peu d'eau au fond du coffre de la génératrice... Pas beaucoup mais quand même, c'est anormal et de plus, il s'agit de l'eau salée qui sert à refroidir le moteur de la génératrice... Et de l'eau salé, on n'en veut pas dans le voilier ! Il commence par examiner les boyaux un par un et découvre un minuscule trou sur l'un des conduits. Il racourcit le tuyau, pensant que le problème serait résolu mais non, la fuite est encore là. Un examen plus approfondi démontre enfin qu'Il s'agit de la pompe. Heureusement, nous avons internet et Daniel trouvera un réparateur à Charlotte-Amalie qui pourra vérifier et rebâtir la pompe.

Ce matin, Daniel s'affaire à démonter la pompe qu'il ira porter en dinghy chez le réparateur, à quelques milles de Christian Bay où nous sommes. S'il a toutes les pièces, ce sera une affaire rapide mais s'il doit commander une ou des pièces, cela peut prendre plus d'une semaine. Nous n'avons donc pas le choix de rester sur place et d'attendre. Pendant ce temps, nous utiliserons le moteur du voilier, tout comme nous l'aurions fait avec la génératrice.

Hier, le ciel était zébré d'éclairs et il a plu des cordes mais ce matin, le beau temps est revenu et le vent est presque disparu. IL fait merveilleusement beau et chaud.

Daniel est revenu du réparateur qui, hélas pour nous, était fort occupé. On attend donc des nouvelles par courriel... En attendant, pas de temps à perdre, Daniel décide de démonter et de changer la boite de contrôle de notre pilote automatique. Pour ce faire, il doit démonter le panneau électrique à droite de la table de navigation, défaire toutes les connections du pilote et les rebrancher dans le nouveau cerveau tout neuf. Les lunettes grossissantes sur les yeux, travaillant dans un espace réduit, il besogne depuis deux heures en suant à grosses gouttes...

Pendant ce temps, je prépare un déjeuner-diner qui sera rapidement avalé. Puis, retour au boulot. Quant à moi, je tombe dans la version 2 des Glénans, au chapitre de l'électricité, question d'en savoir davantage sur les Watts, les Ampères et les volts. J'aimerais connaître nos besoins réels en électricité... Le sujet est vaste et ardu et plus j'avance, plus c'est complexe ! Après deux heures de lecture, je n'en peux plus et je dois faire une pause...

Je vais donc me baigner...

Daniel a terminé son travail et il range ses outils. Il ira se baigner aussi...

En soirée, un spagetti tout simple... Et retour à la lecture des Glénans...

Silvie

Jeudi le 14 avril 2011,

6h30 Nous sommes déjà debout et en pleine forme. Je me suis couchée tôt et j'ai dormi comme une bûche. Daniel vient de partir le moteur et il est assis dehors, observant les voiliers qui se réveillent dans la baie encore sombre. Je tente de me connecter sur internet mais la connection est lente. Finalement, j'y arrive et Ô surprise, je trouve un message de notre futur équipier, Sylvain Beaudry, qui nous envoie son horaire d'arrivée à San Juan, le 2 main prochain, à 13h30. Nous sommes vraiment heureux et nous avons très hâte d'aller le chercher à l'aéroport. Nous sommes fiers que Sylvain ait accepté de relevé ce défi car il faut beaucoup de courage pour se lancer dans une longue traversée comme celle que nous ferons et peu de gens sont prêts pour une telle aventure. Daniel est très heureux de pouvoir partager ses connaissances et son expérience avec un jeune capitaine comme Sylvain, qui a du vent dans les voiles et qui envisage de partir en voilier d'ici quelques années, pour un tour du monde, sur son nouveau Sense 50...

Nous n'avons pas encore eu de nouvelles de Jonathan et nous espérons vivement qu'il puisse aussi faire partie de l'équipe... On se croise les doigts !

Cette belle nouvelle démarre bien notre journée, d'autant plus que maintenant le soleil illumine la baie et qu'il fait un temps superbe.

Je commence ma journée par une petite baignade autour du voilier... L'eau est fraîche et confortable, c'est magique ! Je me sens toute neuve !

Daniel fait du ménage dans ses outils. Nous n'avons pas encore eu de nouvelles de notre réparateur de pompe et Daniel commence à regretter de ne pas l'avoir démonté lui-même et simplement avoir eu à acheter les pièces défectueuses qui sont probablement les seals... Enfin, trop tard maintenant et il nous faut attendre !

J'ai un petit goût de sucré alors je prépare un gâteau à la mangue. Je ferai un beau glaçage au citron vert et je me délecte déjà !

Enfin des nouvelles de nos derniers passagers qui viennent d'arriver :

Salut à vous deux!
Nous avons fait un bon voyage de retour, quoique un peu long d'attendre à l'aéroport. On s'est fait fouillé à cause que Claude a tout barbouillé son papier de douanes, tout était OK sauf qu'une de mes bouteilles de rhum s'est vidée à moitié dans ma valise, bouchon mal scellé probablement.

Aujourd'hui mardi, je viens de lire ton journal de bord Silvie, car hier c'était lavage et commission et mon dos qui me fait encore mal en plus d'un foutu mal de terre. Bref, c'est le fun de revoir notre itinéraire et de lire tes anecdotes. J'ai bien ri quand tu parles d'un barracuda de 6 pi ( là tu exagères un brin ). J'en profite pour vous remercier en mon nom et celui de mon pirate ogre osthéopathe pour les belles vacances et votre accueil chaleureux, on sait que celà ne doit pas être toujours évident pour vous d'avoir des invités dans les pattes. Bonne route et bonne chance pour la traversée et au plaisir de vous revoir cet été pour que vous puissiez nous le raconter de vive voie. Bisous, Francine et Claude.

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Quel plaisir de les savoir sain et sauf et en pleine forme ! Du moins, pour Claude car Francine a toujours son mal de dos suite à une chute dans les escaliers... Heureusement, son pirate ogre ostéophate pourra lui faire de bons massages pour la remettre sur pied au plus vite !

Cela me fait penser à nos prochains invités... Je commence à avoir hâte de les accueillir et surtout d'avoir le plaisir de leur faire connaître les iles vierges Espagnoles que j'adore et qui je l'espère, les charmeront autant que nous ! Culebra où j'aimerais tant être en ce moment, avec sa belle plage Flamenco et ses gens si sympatiques, un endroit où le crime n'existe pas, où les artistes vivent de leur art, où règne la tranquilité et l'harmonie... Culebrita et ses magnifiques fonds marins, son phare d'où la vue est spectaculaire... Luis Penas, une ile protégé où viennent pondre les tortues...

J'ai hâte aussi de retourner à Vieques, plus sauvage, plus indiscipliné et peut-être revoir le beau sourire de Jason qui fut un guide si charmant lors de notre dernier passage avec mon fils Olivier et ma nièce Julie... Revoir La plage aux chevaux sauvages, si longue, si blanche avec en arrière plan, ce troupeau de chevaux sauvages qui se promène librement, si beaux, si fiers... Marcher dans le long de la promenade, peut-être revoir la dame qui fait des massages divins aux pieds... Puis, retourner à la plage de Palomino et ses chaises longues bleu comme l'océan et à la plus petite, Palomini, celle où l'on peut cueillir des coquillages sur le sable et d'où l'on a tourné une scène du pirate des Caraîbes... J'ai si hâte...

Bon, je retourne me baigner...

Bonne journée !

Silvie

Vendredi le 15 avril 2011,

Hier soir, on s'est fait du cinéma... Bien calés dans les banquettes du carré, nous avons passé en revue les trois tours de CD remplies de films que Guy et Marcel nous ont prêtés et à notre grande surprise, on les avaient presque tous déjà vus... Mais il restait le Pianiste de Roman Polanski que nous avons savouré, malgré la dureté des scènes qui racontent l'extermination des Juifs pendant la guerre...

Nous avons soupé d'un reste de spagetti et ensuite, on a mis Singh City, un film qui est traité comme une bande dessinée et qui nous a ravi par sa qualité technique, les éclairages, le son et le jeu des comédiens.

Cette nuit, il a plut deux fois et deux fois nous avons du ouvrir et fermer tous les hublots et ce matin, ce ciel est encore nuageux et gris et il ne vente pas.

Nous avons reçu des nouvelles de notre réparateur de pompe qui nous annonce qu'elle est prête. Après une heure de moteur qui nous envoie une odeur de diésel dans le carré, Daniel remet le silence et part en dinghy de l'autre coté de l'Ile pour récupérer notre précieuse pompe qu'il réinstallera aussitôt. Il s'agissait des deux seals usés qui durent être remplacés, comme l'avait prédit Daniel... Une facture de 190 $

J'ai mis de coté mon étude de l'électricité car cela exige beaucoup de calcul, ce qui n'est pas mon fort... Par contre, je sais maintenant que nous utilisons, uniquement avec les appareils du voilier (éclairage, feux de signalisation, feu en tête de mât, appareils de navigation, VHF, frigo et congélateur, pilote automatique, etc.) environ 1500 Watts à l'heure (lorsque tout fonctionne en même temps, ce qui est plutôt rare).

Ajoutons à cela divers appareils que nous utilisons sporadiquement et qui fonctionnent sur le 110 volts comme le micro onde (700-2100 watts), le grille-pain, la cafetière expresso (2050 Watts), les ordinateurs (40 watts allumé; 4 watts en veille et 3 watts éteint), les chargeurs de caméra (6 watts), le sèche-cheveux (800-2000), l'aspirateur (700-2000), la petite machine à coudre, la télé (entre 800 et 3000 watts) et l'air conditionné (800-5000), le chauffe-eau (2000 watts)... Cela demande beaucoup de Watts, heureusement, pas tous en même temps !

Notre génératrice fournit 6000 Watts à l'heure et elle commence par charger nos 5 grosses batteries 8D, puis elle fait refroidir nos cold plates de frigo et congélateur. Si j'avais à coudre, ou à utiliser le micro onde (entre 700 et 2100 watts), le grille-pain ou la cafetière expresso (2250 Watts), je le ferais idéalement quand la génératrice fonctionne afin de ne pas vider inutilement les batteries qui ne doivent jamais perdre plus de 20 % de leur charge, sous peine d'être endomagées ou de vieillir prématurément...

Là où ça se complique, quand on est écologiste et qu'on aimerait fonctionner uniquement avec l'Énergie Solaire ou Éolienne, c'est que, hélas, ces sources d'énergie ne sont pas régulières. Par exemple, depuis trois jours, le ciel est sombre et les heures d'ensoleillement sont rares. De plus, il ne vente pas ou pas suffisamment pour faire fonctionner une éolienne. De plus, les plaques photovoltaiques et éoliennes ne fournissent que du 12 volts alors que tous les appareils fonctionnent sur le 110 volts. On doit alors avoir un inverteur Heavy Duty pour transformer le courant en 110 volts, assorti d'une série de batteries très performantes, très dispendieuses et nécessitant un entreposage sécuritaires, à l'épreuve de l'eau et exigeant beaucoup d'espace et une ventilation adéquate.

De plus, il nous faudrait 8 éoliennes et autant de plaques photovoltaiques pour remplacer notre génératrice qui ne consomme qu'un quart de galon de diésel à l'heure, et qui nous coûte 4 $ par jour. Cette solution est peut-être discutable par les puristes mais pour un gros voilier qui fait de longues traversées, qui reçoit souvent 6 personnes à bord et dans lequel on peut vivre 9 mois par année, une génératrice est indispensable, à moins de retourner 50 ans en arrière et de s'éclairer à la chandelle, de se laver à l'eau froide, de faire la vaisselle à l'eau salée, ou de faire chauffer son eau sur le four à gaz, de faire son café à la manière italienne et ses rotis sur le poêle à gaz, de ne surtout pas avoir de micro onde, ni télé et surtout pas d'aspirateur, ni de sèche-cheveux ou de machine à coudre... Et en aucun cas, un air conditionné !

Par contre, j'ai appris qu'une télé, même éteinte, dépense 2 Watts à l'heure, qu'une VHF en veille dépense 7 Watts, qu'un chargeur de pile prend 6 Watts et que lorsque les piles sont pleines, le chargeur consomme encore 2 Watts... Pire encore, l'horloge du système de son consomme 9 watts à l'heure. J'ai donc enfin compris qu'il faut débrancher les appareils non utilisés ou encore, utiliser des blocs d'alimentation qu'on peut éteindre !

12h. Je viens de recevoir un courriel à l'effet que les vacances sans solde demandées par Jonathan ont été refusées. Jonathan ne pourra pas faire partie de la traversée de retour car son patron n'aurait pas pu le rejoindre en tout temps s'il y avait eu un problème. Jonathan occupe un emploi stratégique qui peut nécessiter des interventions rapides à tous moments. Nous sommes vraiment désolée pour Jonathan et le remercions de ses efforts pour faire partie de la traversée.

Après un diner tout simple, nous partirons vers Caneel Bay où la connection internet est gratuite et très puissante. De plus, le coin est magnifique, avec son petit Resort et ses plages blanches. Et puis, demain, j'irai peut-être magasiner à Cruz Bay, juste à coté ou simplement flâner dans les boutiques et jaser avec les artisans...

En attendant, le soleil est revenu et la génératrice ne coule plus ! Et il me prend l'envie soudaine de faire du pain...

Silvie

Samedi le 16 avril 2011,

Hier après-midi, nous avons changé de place pour nous ancrer devant Caneel Bay et ses magnifiques plages blanches. La baie est mal protégée et le bateau roule fortement, surtout lorsque les traversiers passent au large et font onduler les vagues.

En soirée, alors que je faisais ma mise en place des ingrédients pour mon boeuf brocoli, une série de vagues ont fait giter le voilier et mon verre de vin, que je venais de verser, est tombé par terre en s'étalant sur les banquettes blanches... Heureusement, j'ai nettoyé aussitôt et plus rien n'y parait mais je ne me suis pas versé un autre verre, me contentant de terminer de couper les fleurs de brocoli et de sculpter ma carotte avant de la trancher en fine rondelle dentelée...

Le souper fut excellent et en soirée, j'ai fouillé sur internet pour retrouver la recette de pain sans pétrissage que j'ai aussitôt essayée :

3 tasses de farine non blanchie
1/4 de cuillère à thé de levure
1 cuillère à thé de sel
1 tasse et demie d'eau chaude.

Il suffit de mélanger les ingrédients secs, d'ajouter l'eau et de bien mélanger le tout. Puis, mettre une pellicule de plastique sur le plat et le laisser lever 12 heures dans un endroit chaud. J'ai mis mon bol de stenless steel dans le micro onde, en lui souhaitant bonne nuit.

Ce matin, gros soleil dans la baie et la plage est déjà remplie de baigneurs et de touristes... J'ouvre la porte du micro onde car le carré est embaumé de l'odeur de levain. C'est génial, la pâte a bien levée et plein de bulles se sont formées à la surface.

Je met de l'huile sur mes mains pour enlever la pâte molle qui colle au bol et je la fais tomber sur la planche farinée. Je la replie en deux, et encore en deux, de manière à former une boule. Je la refarine et la place dans le four à 450 degrés, dans un plat rond, avec un couvercle.

Pendant ce temps, je mets le film Papillon sur le laptop. La première version avec Steeve McQueen et Dustin Hofmann et j'attend 15 minutes avant d'enlever le couvercle et de poursuivre la cuisson un autre 15 minutes...

COmme ça sent bon ! Je salive déjà... Mais je suis captée par l'histoire de Papillon qui se corse déjà...

Enfin, j'ouvre la porte du four et j'ai le plaisir de voir un beau pain rond et gonflé, tout doré et que je m'empresse de laisser refroidir avant d'en tailler plusieurs tranches, remplies d'alvéoles, savoureuses et goûteuses, bien crouté, que je garnie de confiture de framboises... Un délice que je me promet de recommencer dès demain car je doute que ce pain fasse long feu !

Le voilier bouge beaucoup, l'endroit est féérique mais trop agité. Nous partirons demain pour trouver un autre endroit mieux protégé mais en attendant, une petite descente à la plage me fera grand bien !

En soirée, poitrines de poulet farcies au jambon et fromage, sur le charcoal... Avec un petit couscous peut-être !

Il vente du nord-est. Daniel me dit : ce serait un bon vent pour partir... Je sais que ses pensées sont remplies des détails à revoir avant le départ... Quant à moi, je devrai refaire l'inventaire de tout ce qui se trouve encore dans les armoires, les coffres et les rangements afin de ne pas réacheter ce que nous avons déjà et qui bientôt ne nous servira plus...

Bonne journée !

Silvie

Dimanche le 17 avril 2011,

Une journée qui commence avec un gros soleil dans une baie illuminée et brillante... Je suis dans une forme splendide et de plus, c'est dimanche et la connection internet gratuite de Caneel Bay me permet d'appeler ma famille et mes amies dont je n'ai pas eu de nouvelles depuis des lustres, ce que je fais avec grand plaisir.

Je passe donc plusieurs heures sur Skype et cela me fait grand bien d'entendre la voix de mes parents, de ma fille chérie, de mon amie Jacinthe, de Réjean, de Jean-Guy Brochu et du répondeur à Lily...

Entre deux coups de fil, je fais du ménage, je monte sur le pont, admire le décor... Comme tout me semble beau et léger aujourd'hui !

Hier, j'ai fais l'inventaire de la nourriture sèche qui se trouve dans les coffres en notant, par ordre alphabétique, dans un cahier de comptabilité à 4 collonnes, la quantité et l'endroit où se trouvait tel ou tel produit. Ouf ! Que de surprises ! J'avais oublié tant de choses et réacheté tant de produits pour rien... Enfin, j'ai maintenant une idée absolument précise de tout ce que je possède comme nourriture et ma prochaine épicerie ne sera faite que de fruits, légumes frais et de viandes, espérant faire baisser un peu le nombre de boites de conserve qui remplissent mes 4 immenses coffres de rangement sous les banquettes...

Daniel est intarissable de cinéma et il visionne deux autres films que je regarde de temps en temps : La couleur pourpre et mon petit doigt m'a dit... L'après-midi passe doucement mais vers 15h, l'envie de bouger me prend et je saute à l'eau qui est bien fraîche. Puis, c'est le tour de Daniel qui, en remontant, me retrouve les ciseaux à la main, prête pour une petite coupe que j'exécute sur la jupe arrière du voilier, au gros soleil. Mon Capitaine retrouve du coup sa jeunesse et sa fraîcheur ! Comme j'aimerais qu'il puisse en faire autant avec mes cheveux qui sont rendu bien long... C'est si vivifiant de se faire couper les cheveux !

Hier soir, j'ai finalement fait des brochettes de poulets BBQ et ce soir, il en reste. Alors, pas de souper à préparer !

Une belle journée qui achève, dans la joie !

Silvie

Lundi le 18 avril 2011,

Encore une autre belle journée qui commence avec un soleil rayonnant sur une mer d'huile... Aujourd'hui, je descend au village de Cruz bay pour un petit magasinage en règle mais avant, une petite baignade autour du voilier s'impose !

Il est 8h. Plus que trois jours avant l'arrivée de nos prochains invités, Ginette et Robert, qui sont très occupés et qui ont bien hâte de prendre le large. Nous aussi !

Ce n'est pas arrivé souvent, depuis notre départ, de rester longtemps au même endroit et cela me manquait. Mais cette fois, j'ai ma dose et il me tarde de bouger... Je n'ai plus aucun livre à lire, j'ai vu tous mes films et plusieurs à deux reprises, je commence à manquer d'idées pour cuisiner en plus d'avoir l'impression de tourner en rond...

Hier, notre fils Francis et Réjean, le frère de Daniel, ont ouvert tous notre courrier pour préparer les papiers nécessaires à nos rapports d'impôt. Nous les remercions vivement. J'imagine déjà tout le courrier qui nous attend à notre arrivée, toutes ces choses à faire... Nos batteries de voiture qui n'ont pas fonctionnées depuis 9 mois seront sûrement à changer, nos pneus d'hiver à mettre au rancart et puis, une auto qui ne roule pas s'use plus facilement, comme dirait mon père !

Mon père... Comme il me manque ! Depuis un an, il ne fait plus de voile et il a rangé son voilier de 18 pieds, son Invitation qu'il garde pour nous, ses enfants et petits-enfants. Après 9 mois de voile en mer, jouer sur le Lac St-Jean en petit voilier sera un plaisir... Comme j'aime cet endroit qui me rappelle mon enfance. La plage des Pères où mon père nous amenait tous les soirs de beaux temps, après son travail... Pendant qu'il partait nager au large, pendant des heures, revenant souvent à la noirceur, je me souviens que je surveillais du regard le petit point qui signifiait qu'il était en approche... Et soudain, j'aperçevais un bras et un autre et le point devenait plus précis... Enfin mon père revenait, il était encore en vie ! Comme je le trouvais courageux et intrépide ! Ma mère sortait sa salade froide de macédoine, ses sandwiches et ses galettes, souriante dans son beau maillot. Elle sortait sa nappe à carreau et ses assiettes de plastique et nous servait... Quelle était belle ma mère et quelle voix elle avait ! C'était une artiste, une grande chanteuse qui aurait pu faire une belle carrière mais qui a préféré consacrer sa vie à son mari et ses enfants, comme c'était l'usage à l'époque...

Avec les bûches ramassées sur la plage, celles qui flottaient sur le lac à l'époque et qui s'étaient échappées des Price Brother's où travaillait mon père, je passais des heures à construire des maisons et des phare souvent très haut et je m'y cachais pour rêver, couché dans le sable chaud... Je rêvais de voyages, d'horizons lointains... Quels beaux souvenirs j'ai de mon enfance... Jusqu'à ce que je commence l'école...

Nous étions 4 à la maison et mon père faisait faire ses devoirs à mes soeurs ainées, premières de classe. Tous les soirs, j'assistais religieusement à toutes ces leçons de français, de mathématiques, d'algèbre... Lorsque ma mère m'a mise à la maternelle, ils n'ont pas voulu me garder car je savais déjà lire et écrire et je dérangais les autres. Je suis donc passé directement en 2e et j'ai eu 100 % sur toutes les matières. Je me souviens, lors de la remise des bulletins, que mon professeure avait dit à mon père qu'on m'avait mis 99 % car il était interdit d'avoir 100 % partout. J'ai trouvé cela bien injuste ! Puis, j'ai fait ma 3e et 4e à Marguerite Bourgeois, avec les soeurs... Je me souviens des vendredi matin où l'on chantait le Ô Canada... Je me souviens qu'il fallait marcher en rangée comme des moutons, ne pas parler sauf lorsqu'on nous questionne... Je me souviens que tout était lent, trop lent, inintéressant... Pourquoi ne pas rester chez moi à lire des livres plutôt qu'assise à attendre qu'on lise pour moi... Je n'aimais pas l'école !Puis, on m'a mise dans un cours accéléré, qui venait d'être inventé : 4e, 5e et 6e en deux ans...

Je me suis donc retrouvée au secondaire très jeune. Brillante, espiègle mais plate comme une planche, encore un enfant, j'étais entourée de femmes aux courbes prononcées, dont la sexualité était déjà bien amorcée... J'entendais parler d'histoires d'amour, de peine de coeur, de longs baisers... Moi, je voulais vivre seule, libre. L'amour, c'était un piège pour les femmes... Elles avaient 15 ans, j'en avais 11. L'École St-Sacrement de Naudville était dirigée par des religieuses très autoritaires et souvent injustes. Les coups de règle existaient encore et certaines filles y goûtaient plus que d'autres... C'est là que j'ai rencontré Angèle qui deviendra ma soeur de sang. C'est avec elle que j'ai commencé à me révolter... De l'injustice... Des coûps des professeurs... De la discipline aveugle... Des religieuses qui aimaient trop les petites filles... De la platitude des professeurs qui n'avaient pas la flamme...

Un jour, un prof qu'on appelait la Framboise, toujours sévère avec ses petites lèvres pincées et ses yeux méchants, qui semblait détester son travail et les jeunes, pose une question à l'une des élèves assises au fond de la classe... Une fille très retirée, infirme d'une jambe, qui regardait dehors, perdue dans ses pensées... Elle n'eut aucune réponse pour la question de la Framboise qui du coup, elle s'approchat d'elle et d'un coup de baguette sur le bureau de l'étudiante, lui lança : tu peux bien être infirme, Espèce de conne !

C'en était trop pour moi ! Je me suis levée d'un bond et j'ai hurlé : Vous n'avez pas le droit de la traiter de la sorte, vous devez vous excuser ! Et voilà la Framboise qui devient noire de rage et se dirige vers moi, s'enfarge dans un bureau et tombe par terre... Tout le monde rit... Elle sort de la classe en vociférant et je suis convoquée dans le bureau de la directrice...

Je fus mise à la porte de l'école et je m'en foutais... Mon père était en colère contre moi. J'avais défié l'autorité et cela ne se faisait pas. Après plusieures rencontres avec la directrice, il a été convenu que je pouvais revenir, après 3 semaines de réflexion, mais je devais m'excuser devant la classe. J'ai refusé et il s'est ensuivit une guerre de pouvoir entre mon père et moi... C'est là que j'ai appris que toute vérité n'était pas bonne à dire... C'est à cette époque aussi que mon père m'a forcé à lire Dale Carnegie : comment se faire des amis, afin que j'apprenne la diplomatie...

Quand je suis retournée à l'école, j'ai du me mettre en avant de la classe et devant la Franboise toute rouge et la directrice froide, dire : je m'excuse d'avoir dit la vérité et d'avoir défié l'autorité... Et je suis allée m'assoir à ma table devant les applaudissements de toute la classe, ce qui a mis la directrice en rogne et après un discours plutôt bref, elle est sortie de la classe, laissant la Framboise avec sa meute de loups, qui par la suite, lui en a fait voir de toutes les couleurs... J'étais devenue la chef de meute !

Je n'étais plus intéressée par les bonnes notes car c'était trop facile. J'ai trouvé ma place dans le groupe en me faisant le porte-parole des silencieuses et la rectificatrice des tors et injustice... J'ai été mise à la porte 3 fois et à la 4e fois, j'ai fini mon secondaire 4 à Héberville Village, à 20 milles de chez moi, car mon oncle était directeur d'école et c'est le seul endroit qui acceptait de me prendre.

Secondaire 5, plus aucune école ne m'accepte, sauf l'école des métiers et j'entre dans un cours de haute couture combiné avec le secondaire 5. Nous sommes 25 élèves et il n'y a que 5 machines à coudre... C'est ridicule ! Peu importe, je fais du dessin de mode et j'adore cela. Je développe des vêtements extensibles, sans fermeture éclair qui sont toujours défectueuse, dans bouton qui arrache... Des vêtements confortables qui retiennent l'attention des grands visiteurs venus de MOntréal et dont je retrouverai certains modèles de mes créations dans des boutiques quelques années plus tard...

Puis, ce fut l'été de mes 15 ans et je me suis sauvée de chez moi, par une douce nuit d'été, par la fenêtre de la salle de bain... J'étais libre et la vie m'appartenait ! Je voulais apprendre l'anglais et visiter Vancouver... Ce que j'ai fais, sur le pouce, avec 50 sous en poche, au grand désespoir de mes parents qui ne croyaient plus me revoir...

J'ai vécu un voyage merveilleux et j'ai appris l'anglais. J'ai travaillé à cueillir des cerises à Okanagan Valley, des tomates et du tabac en Ontario et je suis revenue chez moi en septembre, juste à temps pour commencer les Beaux-Arts au Cégep de JOnquière où j'étais inscrite... J'ai fait 3 jours et je suis partie... Devenir artiste ne s'apprend pas dans les livres et de plus, je ne voulais pas apprendre la peinture des autres et ne faire que des copies... L'École tue la créativité, me disais-je... Et je suis partie travailler dans le parc des Laurentides, avec les indiens, comme serveuse dans un camp de chasse et de pêche, pour remplacer une étudiante de l'Institut de tourisme et d'hôtellerie du QUébec qui avait eu un accident... J'ai appris à servir les steaks flambés, les Châteaubriand bouquetière, les crèpes suzette, en petite costume noir et j'ai fait beaucoup de pourboires.

Je me suis achetée une voiture, une mazda 1600 décapotable et je suis partie vivre à MOntréal, à travailler comme serveuse dans des B-B-Q puis, à devenir gérante et ensuite, retourner aux études, en tenue de livres, en secrétariat, en études cinématographiques, en édition en mode vidéotexte... Je me suis rangée, je suis devenue diplomate mais j'ai toujours dit ce que je pensais... Et j'en suis fière ! Je suis restée libre et pour moi, il n'y a pas de limite, sauf celles que l'on s'imposent... Si on croit à ses rêves, on y arrive toujours...

Oups... Daniel vient m'interrompre. IL est prêt à descendre à terre... On y va !

Silvie

Mardi le 19 avril 2011,

Quelle belle journée encore... Le soleil illumine la baie et la mer est comme un mirroir, réflétant les doux nuages blancs qui ornent le ciel... C'est magnifique ! Il ne vente pas, pas la moindre petite brise... Et le voilier ne bouge presque pas, à peine un petit mouvement de gauche à droite... Il faut dire que les traversiers n'ont pas encore commencé à faire des remous !

En me réveillant, je suis allée voir mon pain qui a passé la nuit dans le micro onde... Il est plus gonflé que le premier... C'est magique ! Je le sors, délicatement, le vide sur ma planche farinée, le plie en 4 et le retourne pour une heure dans son lit... Comme ça sent bon !

Hier, nous sommes descendus à terre et nous avons visité le magnifique Resort de Caneel Bay, tout de pierres grises... De beaux bâtiments ouverts et soutenus par d'immenses collones de pierres... Des terrasses qui surplombent la mer... Des sentiers fleuris... Un grand terrain de golf, un tennis... Des restaurants ombragés... De beaux bâtiments de pierres, de la végétation partout... Comme c'est beau et vaste... Il y avait un buffet en soirée, avec des fruits de mer à volonté... 75 $ par personne... Il faut réserver, on hésite...

J'entre dans une boutique et je suis ébahie par tous les objets d'art qui trônent sur les tablettes... Des vases en verre de toutes les formes et couleurs, des sous plats en étain sculpté, des oiseaux tout brillants, des bijoux fait main, des peintures, des vêtements brodés... Je remarque des boucles d'Oreilles en mosaique, représentant des petits poissons exotiques... Ils sont si mignons, si petits et si plein de détails... Comme ils sont beaux avec leurs petites nageoires... Je les veux, je ne peux résister... Et Daniel me les offre... Je suis aux anges !

Nous retournons au voilier car il fait trop chaud à terre. Comme dans un four, pas de vent sous un soleil cuisant... On remet à demain notre visite à Cruz Bay... On est si bien sur le voilier, c'est plus frais, plus confortable qu'à terre... On se baigne...

En soirée, j'ai fait un riz au poulet. Un repas tout simple mais qui m'a pris beaucoup de temps. Faire cuire le poulet dans le four, puis le riz sur la cuisinière et enfin, tout remettre dans le Wok après avoir fait sauter des légumes assaisonnés de sauce aux huitres et sauce soya. C'était délicieux, même si j'aurais préféré manger des homards à volonté au buffet de Caneel Bay ! Mais on ne peut pas tout avoir... D'ailleurs, avec le petit appétit que j'ai, un buffet n'est pas rentable pour moi... Par contre, j'imagine l'Ogre Pirate Ostéophate dans un buffet et là, cela vaudrait la peine !

Ce matin, nous n'avons pas le choix de descendre à terre, à Cruz Bay car nous n'avons plus de lait, ni de vins... Après, nous retournerons à Christian Bay qui est mieux protégé et qui ne subit pas les assauts des traversiers car Daniel veut plonger pour nettoyer sa coque. Je vais perdre ma connection internet mais il faut bien enlever ces petits molusques qui collent à la coque, sinon ils s'incrustent et finissent par faire des domages... Et puis, l'eau est si claire à Christian Bay ! Et nous serons plus proche de Charlotte-Amalie où je dois passer demain pour un dernier achat, dans cette petite boutique où je suis passée avec nos nouveaux mariés et qui vend des ensembles, débardeur et jupe en tissus de paréo, infroissable, confortable et si bien taillés...

Dans deux jours, nous rentrons à la marina pour commencer l'avitaillement en prévision de nos prochains et derniers invités, GInette et Robert. Ce repos de dix jours m'a fait grand bien et j'ai très hâte de reprendre le large, cap vers les Iles Vierges Espagnoles...

En attendant, je commence la journée par une saucette pendant que la génératrice ronronne... Daniel me suit ! Qu'elle est belle la vie!

Les traversiers ont commencé à brasser la mer... Des ondes de vagues font rouler le mat du voilier qui penche comme un pendule, de gauche à droite, pendant de longues minutes, jusqu'à retrouver son calme... Mon pain est une réussite totale... Je l'ai recouvert de graines de tournesol, de graines de lin et d'herbes provençales... Il est délieux ! Décidément, c'est plus facile à faire que je ne l'aurais pensé et bien meilleur que tous les pains qu'on trouve autour et qui ne goûte rien... Je prendrai donc la bonne habitude, aux deux jours, de faire lever mon pain.

Nous filons à toute allure, en dinghy, vers Cruz Bay, où les travaux publics ont bloqué plusieurs rues qui rendent la circulation difficile, même piétonnière. On réussit à traverser une route bloquée, en longeant un gros camion qui ne permet le passage que d'un individu à la fois. Cela me rappelle les routes du secteur Côte-des-Neiges en hiver où l'on ne circule qu'une voiture à la fois... Cauchemard ! On aboutit enfin à l'épicerie-dépanneur pour acheter du vin et du lait à prix d'or et on retourne au dinghy en vitesse. Je n'ai aucune envie de magasiner. Décidément, il fait trop chaud à terre, c'est insoutenable. Un gros nuage noir traine au-dessus de Cruz Bay et je reçois quelques gouttes... Il est temps de filer !

Retour au voilier sous un soleil de plomb. Autour de nous, d'immenses catamarans qui font du charter de jour, sont remplis à craquer et partout autour, des gens se baignent en observant les fonds marins, d'autres dansent sur les ponts. Je plonge à mon tour, l'eau est fraîche... C'est merveilleux !

Il me reste du steak haché au congélateur et du chou au frigo. J'ai envie de préparer des petits cigares au chou... Hum ! Bonne idée ! Daniel trouve que je me donne beaucoup d'ouvrage pour rien... Non, ce n'est pas pour rien, c'est que j'ai envie de manger ! L'un des avantages de cuisiner, est de pouvoir décider du menu et de la manière de l'aprêter ! Et comme je ne mange que ce qui me plait, ce sera des cigares au chou !

Daniel a changé d'idée et décide de rester à Caneel Bay plutôt que de retourner à Christian Bay... Je l'ai peut-être un peu influencé car j'adore Canell Bay... Il sort sa machine à plonger et entreprend de nettoyer sa coque. J'entend le bruit de son grattoir sur la coque pendant que mes cigares cuisent au four. J'ai aussi préparé, avec les restes de légumes, une délicieuse soupe au poulet bien épicée et qui mijote tranquillement...

Une autre belle journée bien remplie ! Et je retourne me baigner pour encourager mon Capitaine...

Silvie

Mercredi le 20 avril 2011,

Hier après-midi, Daniel a du interrompre son travail de nettoyage de la coque à cause d'un barracuda de 5 pieds qui ne le lâchait pas du regard, totalement subjugé par le grattoir qui servait à enlever les petits molusques qui s'agglutinent sur la coque... À quelques pieds de lui, s'approchant lentement, le monstre presque aussi gros que la quille, lui tenait tête et montrait les dents. Par deux fois, Daniel est remonté sur la jupe arrière et s'est emparé de la caméra afin de le photographier mais hélas, les photos rendent mal l'énorme bête qui pourtant, pour l'avoir vu de mes yeux vus, était immense...

Lorsque mon Capitane est enfin sorti de l'eau, deux heures plus tard et 100 pieds de coque plus loin, il était crevé. Après une douchette dans le cockpit, il s'est étendu un moment et s'est endormi.... N'ayant rien à faire, je fouille au hasard sur Facebook. Je regarde le profil de mon fils Olivier pour vérifier s'il n'aurait pas envoyé quelques photos de son voyage à Cuba où il se trouve actuellement quand j'aperçois une petite phrase qui dit qu'il est en couple avec Catherine Lavergne... Toujours la dernière à être avisée des changements de statut de mon fils, étonnée, je fais aussitôt une demande d'amitié avec l'heureuse élue qui me répond dans la minute et, curieuse, je fouille son profil... Je jubile en apprenant qu'elle est photographe, sportive et sculpteure... Aurait-il enfin trouvé la perle rare ? Je suis folle de joie...

Quel bonheur pour une mère de savoir ses enfants heureux ! Et combien cachotier est mon fils ! J'ai si hâte de la connaitre, elle semble si belle, si originale, si particulière... Je l'aime déjà !

Puis, je continue mes fouilles, à la recherche de connaissances... Sans trop y croire, je tape le nom d'une amie que j'ai perdu de vue depuis la naissance d'Olivier, Marie-Hélène Robert, une fille extraordinaire, une artiste hors du commun, dotée d'un sens de l'humour incroyable et que j'aimais beaucoup... Ensemble, il y a de cela très longtemps, nous étions inscrites à la même école de commerce, en secrétariat et tenue de livre et nous avions créé un journal que nous avions nommé : le journal Général... On se moquait de tout, elle dessinait, caricaturait et moi j'écrivais... Je ne me souviens plus de quoi nous parlions mais je me souviens d'avoir ri comme jamais... Hélas, pour je ne sais quel motif, j'ai perdu MHR de vue et voilà qu'hier, par un pur hasard, je la retrouve sur Facebook, moi qui l'ai recherché si souvent, dans le bottin, sur internet, persuadée qu'avec son talent elle deviendrait une célébrité... Et voilà que je la retrouve, au bout du clavier, aussi drôle et vive qu'il y a 30 ans ! C'était magique ! Nous avons parlé encore et encore... Quel bonheur de la retrouver, de voir quelques-uns de ses dessins, les lignes parfaites, le trait sûr, la force dans la simplicité...

En ce soir de pleine lune, je trouve la vie FANTASTIQUE !

Ce matin, encore une journée de calme plat. Pas de vent et un gros soleil sur Caneel Bay qui dort encore... Je me prépare un expresso bien corsé et je m'assoie dans le cockpit... C'est la dernière fois que j'admire ce magnifique décor car ce matin, nous partons à Charlotte-Amalie.

à suivre...

Silvie

Jeudi le 21 avril 2011,

Hier, vers 15h, nous sommes entrés dans Charlotte-Amalie et nous avons jeté l'ancre au coeur de la baie qui s'étend jusqu'à la rue principale. J'entend déjà les sirènes de police qui hurlent, le bruit des klaxons, le ronflement de la circulation... Ça sent la ville !

La courte traversée de 10 milles nautiques s'est faite au moteur car il n'y avait pas de vent... Depuis presque 10 jours, le vent est disparu des Vierges... Mais où donc se cache t'il ? Il nous faut du vent pour partir... Allez le Vent, reviens ! Ta voix me manque, ta brise me manque...

Aussitôt ancrés, et après avoir essayé en vain de trouver une connection internet, Daniel me reconduit au centre-ville en dinghy. Je marche sous le soleil cuisant dans les rues bondées et je trouve enfin ma boutique préférée, plus loin que dans mes souvenirs. La propriétaire est toujours là, aussi souriante et elle me reconnait... On jase un peu pendant que j'essaie divers vêtements pour lesquels elle me complimente : comme la couleur vous va bien... Cela me gêne, je n'aime pas les compliments, surtout de la part d'une vendeuse qui pourtant semble bien sincère.... Mais la coupe des vêtements est parfaite et j'achète tout un kit, débardeur, jupe courte, jupe longue et pantalon. J'adore la rayonne. C'est un tissus frais, léger et les couleurs sont faites avec des teintures naturelles. Je les choisis dans des tons de turquoise qui me rappelleront la mer. J'admire une dernière fois les tableaux de la propriétaire qui est photographe peintre et qui expose ses oeuvres de fonds marin dont les couleurs sont incroyablement pures et vives. Comme elles sont belles ces toiles, remplies de poissons multicolores, de coraux magnifiques et du coup, je pense à Léo, le conjoint de mon amie Gaétane, qui lui aussi peint des poissons qui sont magnifiques... Tant qu'à acheter une oeuvre, je prendrai l'une des toiles de Léopold Bourjoi, un grand artiste de chez nous, peintre et sculpteur. (http://www.bourjoi.com)

Puis, je retourne sur mes pas et j'arrête dans les petits kiosques tenus par les locaux et qui fourmillent de vêtements accrochés, de paréos, de bijoux et de T-Shirt. Je prend 4 autres T-Shirt pour Daniel qui en consomme beaucoup et deux autres petits bracelets magnétiques qu'un rasta me vend à bon prix. Puis, je prend une pause à l'ombre, en buvant un smotie fait d'annanas, fraise et banane. Voilà une heure que je suis partie et déjà, je suis cuite. Je rappelle mon capitaine à la VHF... Voilo, Voilo...

Retour au voilier et diner avec les cigares au chou de la veille. J'ai une molaire qui me fait mal. Puisse t'elle tenir jusqu'à Montréal où j'ai un rendez-vous le 19 mai prochain ! Il fait une chaleur épouvantable, crevante... Je fond littéralement... Il n'y a aucun vent... À défaut de pouvoir me baigner dans l'eau trouble du port, je saute dans la douche... Suivi d'une bonne bière froide ! Enfin le soir tombe, comme un rideau de fraîcheur... Je soupe d'un bol de céréales et je me couche tôt car demain, une grosse journée nous attend !

6h32 Le cri strident des oiseaux me réveillent et je sors dehors pour les voir virevolter autour des bouées. Ils sont une centaine, blanc et noir, superbes. J'ai droit à tout un concert ! La mer est un miroir, pas une ride et le soleil, qui pointe derrière les montagnes, se lève en force, déjà brillant.. Il fera chaud à la marina ! En attendant, je me prépare un café corsé garni de lait mousseux et coiffé de muscade rapée... Que c'est bon ! Je me dis qu'il faudrait d'ailleurs que je me rapporte beaucoup de café qui est produit à Puerto Rico et qui est si délicieux ! Je le note sur mon carnet car je ne veux pas l'oublier.

Puis, je passe en revue la chambre des invités et m'assure que tout est parfait. Je relave la salle de bain qui trempait dans le Scrubbing Bubble depuis deux jours. Hum, ça sent bon ! J'ai si hâte de recevoir Ginette et Robert qui doivent partir ce soir vers Burlington d'où ils partiront pour Charlotte-Amalie... Dès demain, ils seront avec nous pour une semaine, ayant très hâte de visiter les Vierges Espagnoles... Quant à moi, je brûle d'impatience à l'idée de revoir une dernière fois ces iles méconnues et pourtant si fantastiques !

8h00 Daniel est en grande forme, comme toujours. Ce matin, il veut que nous profitions de l'absence du vent pour descendre notre génois 120 % afin de le remplacer par le 150 % qui sera plus approprié pour descendre aux Vierges Espagnoles ainsi que pour la traversée qui nous attend.

Cette grande toile raide de Dacron remplira le pont jusqu'au cockpit et nous tenterons de la plier correctement, ce qui n'est pas évident... Il faut l'allonger à plat, dans sa partie la plus longue, la bordure qui fait plus de 60 pieds, tassé entre les haubans, et plier l'immense triangle en accordéon, en finissant par la tétière. Puis, Daniel avec toute sa force, la roule très serrée et enfin, la rentre dans son grand sac. En le voyant ce gros paquet qui pèse 100 livres, je me demande comment font ceux qui n'ont pas de « garage » sur leur voilier... Heureusement, près de la proue, nous avons un grand coffre, immense, dans lequel nous pouvons placer nos voiles supplémentaires, le dinghy lorsqu'il est dégonflé, notre kit de plongée en eaux profondes, notre Life Raft, nos deux vélos pliables, les défenses, les amarres, certains outils et produits de nettoyage, l'antenne et l'exédent des valises... Bref, un indispensable !

9h... À l'aide d'une drisse, Daniel sort un autre sac plus gros que le précédent. Cette fois, le sac pèse 150 livres... Puis, une fois rendu sur le pont, on rentre l'autre dans le garage. Puis, on déroule le monstre, en laissant la têtière au pied de l'étai. La bordure est plus longue que le voilier... Daniel attache les écoutes au point d'écoute avec deux gros noeuds de chaise. Puis, il attache la têtière au chariot de l'enrouleur par une manille. Pendant qu'il wiche, j'endraille la ralingue du guindan dans le rail de l'enrouleur et soudain, le génois se déploit, faisant tourner le voilier... Il reste à endrailler le petit bout de ralingue dans le bas et fixer le point d'amure... Ouf ! Il faut rapidement l'enrouler et je tente de tirer sur la bosse de l'enrouleur, qui ne bouge pas d'un poil... Daniel vient à ma rescousse et presque sans effort roule le génois... Il est 10h05 et je suis déjà crevée...

Heureusement, il est trop tôt pour se rendre à la marina et je me repose un peu en faisant du ménage pendant que Daniel sort les défenses et les amarres. Dans moins d'une heure, on rentrera à la marina. Je prend de l'avance et commence le ménage du frigo qui est presque vide et je pense à tous les voyages, aller-retour, que nous devrons faire au Pueblo pour une nouvelle épicerie, de nouvelles caisses d'eau, de jus, de vins, de bières et de liqueurs... Mon Dieu, et avec cette chaleur écrasante, comment vais-je faire ?

Silvie

Vendredi le 22 avril 2011,

Nous sommes arrivés à la marina Crown Bay vers midi et l'accostage s'est fait comme un charme. Après avoir lancé l'amarre avant au jeune préposé, j'ai sauté sur le quai pour faire un spring line en attachant l'amarre du centre au dernier taquet du quai, empêchant ainsi le voilier d'avancer. J'étais fière de moi. Puis, une fois le voilier stabilisé, Daniel a replacé les amarres à son goût pour bien centrer le voilier et permettre une sortie facile par l'arrière. Il a branché l'eau et l'électricité et aussitôt, je suis partie à la buanderie pour un petit lavage de vêtements personnels et cette fois, la buanderie était déserte.

Puis, vers 15h, deux voyages au Pueblo et alors que nous revenions de l'épicerie, les charriots chargés de lourdeurs, éreintée, je prend une pause pour vérifier mes courriels...

Décidément, la vie est très bonne avec nous, c'est incroyable ! Nous venons d'avoir des nouvelles de Ben Giasson, des Entreprises Michel St-Gelais, qui était avec nous et Sylvie, du 15 au 22 mars sur notre voilier (notre premier mariage à bord) et qui nous annonce qu'il aimerait faire la traversée du retour avec nous ! Nous sommes fous de joie ! Ben est un cuisiner hors pair, un excellent barreur, un passionné de voile, doté d'un excellent caractère, jovial et positif ! Nous sommes très très heureux qu'il puisse compléter notre équipe et nous sommes persuadés qu'il s'entendra à merveille avec Sylvain Beaudry qui lui aussi est passionné de voile et de cuisine. Avec deux cuisiniers à bord, ce sera une traversée gourmande et dès plus agréable. Il nous reste à souhaiter que Benoît puisse avoir une place dans le même vol que celui de Sylvain qui arrivera le 2 mai. On pourrait ainsi faire d'une pierre deux coups !

18h Après quelques verres de rouge bien frais, on part souper à la marina, d'une pizza que nous dégustons sous la musique endiablée d'un groupe de musiciens blues-rock qui nous font danser jusqu'à tard en soirée. Une belle soirée où nous avons fait la connaissance d'un couple charmant, qui n'ont pas quitté la piste de danse de la soirée, habitant la Floride, Patricia et Michael, qui sont venus jusqu'ici sur leur Bristol 47 et qui retournent, eux aussi, dans les Vierges Espagnoles dans les jours qui suivent... Nous les reverrons peut-être à Culebra, Culebrita, Luis Penas ou Vieques... Qui sait, le monde est si petit !

6h58 Nous avons dormi comme des bûches et ce matin, le ciel est bleu, sans nuage et déjà il fait une chaleur accablante. Manque de chance, plus d'électricité dans la marina et pendant deux heures, nous devrons nous passer de la climatisation. Par contre, ce sera une journée parfaite pour l'arrivée de nos invités, Robert et Ginette qui débarqueront de l'avion à 15h17 et qui, hier encore, était sous la neige à Montréal. Le contraste sera frappant !

Après un café corsé, je me lance dans le grand ménage. Je frotte une dernière fois mes boiseries, lave les escaliers, frotte les plafonds, range tout se qui traine et je termine par un beau ménage de la cuisine. Pendant ce temps, Daniel nettoie le cockpit et le pont. Il nous reste encore une dernière épicerie à faire, celle des produits frais, fruits et légumes, lait, oeufs, yogourt, fromages que nous achetons à la dernière minute afin d'en conserver la fraicheur...

12h Tout avance bien. Le voilier brille de partout. Mon mal de dent est disparu et je retrouve mon énergie. Faire le ménage est un bon exercice ! Je prend une douche et il est temps de partir au Pueblo car il ne reste que quelques heures avant l'arrivée de nos invités et le temps presse.

Silvie

Samedi le 23 avril 2011,

15h Pendant que nous attendons nos invités, je fais mariner des languettes de poulet dans un mélange de sauce Tandori et yogourt. Ce sera des brochettes ce soir... Puis, je prépare une salade froide de pommes de terre. Toute ma mise en place est faite, la table est mise, le vin au frais, il ne manque que nos invités. En attendant, Daniel me prépare un Pina Colada et c'est à ce moment qu'arrivent enfin nos invités... Daniel prépare alors 4 Pinas Colada que nous buvons dans le cockpit.

Je suis sous le charme ! Après quelques heures en compagnie de Gigi et Bob, je suis submergé d'un sentiment de joie immense... Je les adore ! Quelle belle semaine nous allons passer... Le souper s'est déroulé sous un flot de jasette, on discute de l'itinéraire, on se raconte, on parle de leurs expériences... C'est génial ! Ils viennent de s'acheter un Catalina 380, qu'ils ont nommé Pinacle et qui est actuellement sur le lac Champlain. Ils projettent de partir, un jour, cap vers le sud mais en attendant, il leur faut parfaire leurs connaissances... Cette semaine, je passerai donc en revue, avec Ginette, mon cours de navigation côtière...

6h30 Tout le monde est debout. La journée s'annonce chaude et ensoleillée. On a un peu trop bu hier et ce matin, nous sommes au ralenti. Ginette et Robert partent prendre une petite marche sur les quais pendant que Daniel vide les poubelles qui débordent. Puis, petit déjeuner bien simple et enfin, c'est le départ !

Ce matin, nous nous rendrons à Christian Bay car Ginette et Robert ont très très hâte de se baigner. Nous y passerons la journée, à faire de la plongée et à se baigner.

Une belle petite traversée sous grand-voile et grand génois, avec un faible vent de 10 noeuds... Le soleil brille et nos invités sont émerveillés par la beauté des Iles, l'immensité du ciel et la couleur turquoise de l'eau...

12h Nous nous ancrons dans Christian Bay et tout le monde plonge à l'eau, autour du voilier, jusqu'à ce qu'un énorme baracuda se pointe sous la coque et nous observe en montrant les dents... Ginette remonte aussitôt mais Robert et Daniel le poursuive pour le prendre en photo.

Nous dinons de fromages, viandes froides et baguettes et nous repartons vers Caneel Bay où il sera possible de nager jusqu'à la magnifique plage blanche. Nous y dormirons sûrement et demain, très tôt, nous partirons vers Culebra.

En attendant, la journée est magnifique et nous en profitons pleinement !

Silvie
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Dimanche le 24 avril,

C'est Pâques aujourd'hui... Cela me fait tout drôle... La ressurection, la renaissance, le renouveau... D'ordinaire, à Pâques, je descend au lac St-Jean visiter mes parents et mon amie Jacinthe... Souvent, ma soeur Suzanne est là aussi, ainsi que ma soeur LIse qui nous reçoit toujours dans sa belle maison sur le bord de l'eau... Je revois mes neveux et nièces et c'est toujours une belle fête... Ils me manquent... Mais c'est une très belle journée pour partir à Culebra et renouveller le plaisir de revoir une dernière fois Flamengo beach, l'une des plus belle plage au monde, Culebrita et ses fonds marins, Luis Penas et ses nids de tortues et le Dinghy Dock Bar avec ses nouvelles rencontres toujours si étranges... J'adore Culebra et il me tarde d'y amener nos invités...

Hier, la journée fut splendide et la soirée divine. Nos invités adorent l'eau et après beaucoup de baignades et de plongées, le Boeuf Brocoli fut bien apprécié et nous avons passé la soirée dans le cockpit, savourant la douceur du temps, éclairés par les lumières des phares et de la ville qui, comme des petits lampions, brillaient dans la nuit...

Puis, la connection internet étant parfaite, j'ai eu le plaisir de regarder les albums de dessins, sur Facebook, de mon amie retrouvée, Marie-Hélène Robert, qui a un talent fou, gigantesque, débordant... Ces dessins sont comme des éclairs de génie et je n'en finissait pas de dire des Oh ! Ah ! Wah ! d'admiration devant tant de beauté ! Comme j'ai hâte de la revoir et combien je suis heureuse que la vie nous ait réunis, après 30 ans...

Ce matin, il fait un gros soleil et presque pas de vent. La traversée prendra 5 heures et nous espérons, qu'une fois au large, le vent se lèvera afin d'atteindre la vitesse idéale pour attraper du poisson, soit 6.5 noeuds car nos invités adorent le thon et ils ont bien hâte d'en manger ! Et les Vierges Espagnoles regorgent de poissons...

6h48 Tout le monde est debout et Robert est déjà dans l'eau. La belle Ginette semble rayonnante ce matin et débute sa journée avec un grand sourire. Daniel m'apporte un café corsé et range la vaisselle. Bravo mon capitaine !

8h30 On largue les amarres, cap vers Culebra.

14h Nous venons d'ancrer devant Culebrita et aussitôt, Ginette et moi descendons dans le carré pour préparer des wraps au jambon et à la dinde, bien garnis de salade et de fromage et judicieusement assaisonnés de moutarde forte, pendant que les gars plongent dans l'eau cristaline pour vérifier si l'ancre est bien plantée... Ils reviennent mais ils ne sont pas satisfaits, l'ancre est mal plantée et nous devrons nous reprendre tantôt, après un diner vite avalé...

On mange dehors en admirant le paysage qui est magnifique. Culebrita est une petite ile à l'est de Culebra, un parc protégé où viennent pondre les tortues et qui est entourée de coraux poissonneux et de belles plages blanches Au sommet de l'Ile, un vieux phare abandonnée, d'où la vue est spectaculaire. Quelques voiliers baignent dans la baie et curieusement, depuis notre arrivée, le vent qui était absent de toute la traversée, vient de se lever et siffle dans les haubans pendant que le voilier roule doucement...

Le soleil brille de tous ses feux mais je ne peux détacher mes yeux de la lecture d'un livre captivant que m'a gentiment apporté Ginette, un récit de voyage : Cette Afrique que j'ai tant aimé, de Jacqueline Lemire, et qui raconte la vie de deux personnes partis travailler dans un projet humanitaires au Cameroun...

Ginette, en lisant mon site, avait compris que je n'avais plus rien à lire et, généreusement, m'a apportée deux livres, à ma grande stupéfaction. Ginette est adorable et je suis remplie d'émotion. La vie est si merveilleuse et notre séjour en voilier nous aura permis de rencontrer de si belles personnes que je ne peux faire autrement que dire, une fois de plus : merci la vie !

De plus, durant la traversée, la mer nous a donné deux gros thons bleus qui cuiront en papillote ce soir, sur le Bar-B-Q, selon la recette de mon cuisinier rencontré aux Bermudes. Je salive déjà !

Une heure avant d'arriver, notre moteur diesel avait un son bouetteux qui m'a mis la puce à l'oreille... Mon capitaine, étonné, est descendu dans le carré pour vérifier et en effet, il y avait un problème de filtre et il s'est empressé de changer de réservoir. Avec Robert, il changera ses filtres et lui montrera comment saigner un moteur, un élément très important que Robert est bien content d'apprendre et qui lui sera d'une grande utilité lorsqu'il partira en mer...

Puis, nos jeunes plongent dans les eaux turquoises, admirant le coraux qui sont visibles du voilier tant l'eau est claire. Ensuite, ils monteront jusqu'au phare dont le chemin étroit et sinueux est rempli de ronces... J'ai souvenir de mon fils Olivier et de ma nièce Julie qui, il y a peu de temps, avaient eux aussi fait le même trajet et en étaient revenus enchantés ! Que cet endroit est magnifique et comme je suis heureuse d'être ici en cette belle journée de Pâques où je me sens en harmonie !

Nous avons fait la traversée sous grand-voile et grand génois, avec le moteur car les 5 noeuds de vent n'étaient pas suffisant pour nous faire avancer à plus de 3 noeuds. Ginette et Robert racontent leurs voyages au Cambodge où ils ont passé deux mois à faire du bénévolat dans un orphelinat. Ils parlent des enfants qui étaient fous de joie lorsqu'ils louaient un minu bus pour les amener à la plage, parlent des sommes d'argent qu'ils ont recueillis avant leur départ pour acheter des jouets et des vêtements aux enfants, parlent du sentiment de bien-être et de paix qui les habitaient durant ce voyage qui a transformé leur vie.

Ginette et Robert sont des gens de coeur, d'une générosité incroyable. Des gens simples, amoureux de la vie, qui adorent voyager avec leurs sacs à dos, découvrir de nouveaux horizons, se coller au peuple et partager avec eux leurs manière de vivre tout en tentant d'apporter leur aide en partageant leurs expériences et leurs connaissances. Je suis émue par leur beauté de coeur et leur bonté envers l'humanité, leur désir d'aider leur prochain et leur ouverture d'esprit... Ce sont vraiment de belles personnes et nous sommes fiers de les connaitre, à tous les jours, un peu plus...

Silvie

Lundi le 25 avril 2011,

Hier soir, Ginette m'a aidé à préparer le thon en papillotte. On commence donc par étendre une bonne couche de cassonnade qu' on parsème des petits morceaux de beurre, des tranches d'oignons, de l'ail, des tomates en dé, des zuchinis, du céleri, bref plein de beaux légumes sur lesquels on dépose les filets de poisson qu'on arrose avec du vinaigre balsamique, du citron, de la vinaigrette italienne ou de l'huile et de la sauce piquante des Iles... On referme la papillotte et on laisse cuire lentement sur le grill... Notre souper de Pâques fut un pur délice ! La soirée fut très animée et très arrosée...

Ce matin, il fait encore très beau et une fois de plus, le vent est disparu... Peu importe, on passe l'avant-midi à faire de la plongée et en après-midi, on entre dans Ensenada Honda, à Culebra. De là, nous prendrons un taxi pour nous rendre à la Plage Flamengo, l'une des plus belle plage au monde que nous avons bien hâte de faire connaitre à Ginette. Robert y est déjà venu, il y a 30 ans et il s'en souvient encore... Nous dinerons de brochettes de poulet au miel vendues 3.50 $ dans les petits kiosques qui sont à l'entrée de la plage et qui vendent aussi du requin, des plats de tortues ou d'iguane... Et je boirai sûrement un Bushhoper, un mélange de kaloa, de Bailys, de rhum et de crème glacée... Puis nous jouerons dans les vagues qui déferlent sur la plage et qui font comme un massage puissant, regénérateur... Nous marcherons sur la plage qui n'en finit plus et la journée sera divine, parfaite !

Puis, au retour, nous irons prendre une draft fraiche au Dinghy Dock Bar qui est toujours rempli des gens de la place, d'artistes, d'artisans et des gens des voiliers qui baignent dans la baie... J'y retrouverai peut-être Ramos, mon musicien qui fut à l'origine du soulèvement de Culebra ou Maya, mon indienne qui lit dans les nuages...

Ce soir, c'est Ginette qui préparera le souper. Un sauté de poulet au cari rouge ! Hum, je me délecte déjà...

En attendant, tout le monde est debout et déjeune de bagels fromage. Daniel écoute la météo sur le réseau du Capitaine et moi, il me tarde d'aller me baigner...

Après beaucoup de plongée sous un ciel ensoleillé, nous sommes partis vers Ensenada Honda, au coeur du Village de Culebra, avec l'idée de passer l'après-midi à la plage Flamengo mais voilà qu'un grain nous tombe dessus et un autre et un autre encore... Nous avons ancré sous une pluie battante mais heureusement, dans le fond glaiseux de la baie, l'ancre est plantée solidement.

14h22 Le ciel n'en finit plus de pleuvoir et on reporte notre départ à la plage, de grains en grains... En attendant, on regarde les photos prises par mes invités qui sont magnifiques.

Puis, je jase un peu sur Facebook avec mon amie Marie-Hélène qui m'envoie le lien de son site web que je regarde avec fascination : http://www.mhrobert.com/ . Quel talent ! Ça lui sort de partout !

Silvie
http://voilo.ca


Mardi le 26 avril

15h30 Enfin le ciel est dégagé et le soleil est revenu. Vite, on saute dans le dinghy pour s'amarrer au quai municipal d'ou nous marchons jusqu'aux taxis, en remontant la rue principale, jusque de l'autre coté de la mer... Il est déjà tard pour aller à Flamengo Beach mais pas question de manquer cette chance... Hélas, aucun taxi sur la grande place du Ferry où d'ordinaire, ils attendent en ligne... L'attente fut longue et finalement, une vieille camionette blanche se présente, avec l'inscription : Flamengo Beach Taxi... On prend place sur les banquettes usées et Daniel essaie de fermer la porte, en vain, elle est bloquée... Peu importe, ça nous fera de l'air... Lentement, le taxi tourne pour partir dans l'autre sens et voilà que tous les autres taxis arrivent et bloquent le chemin... On recule pour les laisser passer, il y en a une dizaine... Enfin, la voie est libre et on file à vive allure... Dix minutes plus tard, on passe devant la magnifique école écologique en forme de bateau, devant le parc d'amusement, on admire les arbres en fleurs, on tourne sur le chemin de l'aéroport, arrêtant devant les dos d'âne ou en croisant une autre voiture et finalement, on débarque à l'entrée de la plage, là où sont tous les petits kiosques...

Robert qui adore l'eau, a très hâte de revoir Flamengo Beach et il part aussitôt vers le sentier qui mène à la plage en tenant Ginette par la main, heureux de lui faire voir cet endroit magnifique, tandis que nous, nous arrêtons dans un petit kiosque pour se commander un Bushhoper et trois bières locales Medalla. On les rejoint aussitôt et Robert est déjà en train de jouer dans les énormes vagues qui déferlent, tandis que Ginette est assise, ébahie et prend des photos.

Quel plaisir d'entendre le bruit des vagues, le cri des oiseaux qui dansent dans le ciel et d'être assis là dans cet endroit magigue, où le blanc du sable contraste avec le bleu turquoise de la mer, carressés par la douce brise... Comme on est bien !

Je m'étend sur ma natte de paille et je regarde les nuages... Il y a des nuages bas qui filent très vite et d'autres, tout blanc et ouateux qui ne bougent pas... Comme le ciel est beau en ce magnifique lundi... Je voudrais que le temps s'arrête... Mais hélas, il file à la vitesse de l'éclair... Gigi et Bob partent faire une longue marche en direction du seul petit hôtel de la plage que j'ai toujours pris pour une maison... Non, il s'agit d'une auberge, avec de petits sentiers de bois, des hamacs, des jardins... Bref, un endroit superbe où ils promettent de revenir...

Déjà 17h30, il faut repartir avant que tous les taxis disparaissent... On refait le chemin inverse en demandant au chauffeur de nous arrêter au Dinghy Dock Bar. Une quinzaine de personnes, tous des gens de bateau, prennent place autour du bar. L'ambiance y est légère et amicale. Je retrouve Judith, la serveuse, qui hélas termine son chiffre à l'instant. On parle parle jase jase dans le soir qui tombe, en buvant de la draft fraiche et en regardant les immenses Taipons qui se promènent dans l'eau claire devant le quai, attendant qu'un touriste leur envoie un morceau de pain dont ils sont friands...

18h30 On a faim... L'idée des steaks qui cuiront sur le grill nous ramène au voilier où les gars partent le Bar-B-Q pendant que Ginette prépare des pommes de terre en papillotte et moi, une sauce au vin et au poivre... Le souper est délicieux, bien arrosée et bien animé... Robert profitera de la parfaite connection internet pour appeler ses deux gars qu'il adore, Éric et Martin, qui suivent nos aventures à tous les jours et adorent regarder les photos... On les salue grandement !

7h03 Tout le monde est debout. Daniel m'a préparé un café expresso mousseux avant de tomber sur sa génératrice et réparer l'impaller qui hier faisait défaut. Robert l'assiste, toujours désireux d'en apprendre davantage. Ginette sort de la cabine avec un bonjour qui est comme un rayon de soleil. Elle est dans une forme splendide...

On déjeune en vitesse car ce matin car le programme est chargé. Après un bref arrêt pour plonger à Luis Penas, une autre ile protégée où les fonds marins sont magnifiques, nous mettrons le cap vers Vieques, une traversée de 5 à 6 heures. Nous ancrerons dans la baie devant le village et en soirée, nous irons marcher sur la promenade, espérant y retrouver le beau sourire de Jason et le kiosque de la guérisseuse qui fait de si magiques massages de pied. Demain, nous irons à la plage aux chevaux sauvages...

Et le vent, qui depuis dix jours, était disparu, c'est levé en force aujourd'hui et il hurle dans les haubans...

9h10 Sous grand génois, vent dans le dos et vent de travers, Voilo se dandine d'une longue vague à l'autre dans un fort roulis. La courte traversée de Culebra à Luis Penas s'est terminée sous un grain alors que nous accrochions le mooring devant la petite plage déserte située sous le vent de l'Ile où j'en profite pour faire cuire mon pain préparé la veille et qui embaume la pièce, Ginette ayant eu la bonne idée d'y rajouter des raisins et de la cannelle.

Pendant la cuisson, nos invités iront faire de la plongée sur un site que Daniel a déjà exploré et qui cache de magnifiques coraux tout en hauteur et très poissonneux... La pluie tombe finement et je dois au regret fermer les écoutilles... Le vent siffle et le voilier roule fortement.

Ginette revient enchantée en s'écriant : comme c'était beau... Des coraux immenses, rouge, rose, vert... Je viens de terminer de couper tous les légumes qui serviront au sauté de poulet au cari rouge et lait de coco de ce soir et je sors les fromages et le paté de foie qui n'attend que le pain pour être dégustés... Encore 15 minutes de cuisson... Voilà, il est prêt, tout gonflé, tout doré et il est délicieux comme un gâteau...

La traversée de Luis Penas à Vieques se fera au près bon plein, tribord amure, sous grand voile et grand génois mais avec ce vent l'est de 20 noeuds avec rafales à 25 et ces grains qui s'annoncent, nous prendrons sûrement un ou deux ris dans la grand voile et nous réduirons le génois... Nos invités qui avait très hâte de faire de la voile et qui attendait le vent avec impatience, seront servis à souhait durant les 4 prochaines heures...

10h30 Daniel ferme toutes les écoutilles et démarre le moteur. Robert détache l'amarre du mooring et la grand-voile est montée, avec deux ris... Le vent continue de hurler pendant que nous laissons Culebra et Luis Penas dans notre sillage... Les lignes à pêche sont tendues et on se croise les doigts pour que la mer soit, une fois de plus, généreuse et qu'elle nous offre une dorade et quelques petits thons bleus...

16h00 Nous venons d'ancrer dans Ensenada Honda d'Esperanza, sous un magnifique soleil et un vent qui n'a pas faiblit de la journée... Notre pêche a été vaine et le seul immense poisson attrapé, d'un brun terne avec une gueule de carpe et une queue de thon, a été remis à l'eau car nous ne pouvions l'identifier... Nos invités sont émerveillés de voir les belles plages qui s'étendent à perte de vue et tout le monde est bien content d'arriver après 5h30 heures de voile sous plusieures amures, même si nons invités ont bien aimé leur journée de voile... Quant à moi, je regarde avec émotion la promenade de pierres qui longe la mer et tous ses toits de maisons qui me sont familiers... Je suis heureuse d'être à Espéranza et il me tarde de descendre à terre mais avant, on prend une bonne bière fraîche en regardant l'eau verte remplie de planctons.

Silvie

Mercredi le 27 avril 2011,

Finalement, Ginette et Robert m'ont gentiment sortie de la cuisine pour préparer à eux deux le succulent poulet au cari rouge d'hier dont la sauce au lait de coco était parfaitement épicée... Je pense à Benoit Giasson qui disait que c'était difficile de me sortir de la cuinine et je leur cède la place avec plaisir... COmme c'est bon de prendre un petit congé de préparation de repas et de se faire servir, surtout quand c'est si délicieux et fait avec tant d'amour !

Puis, la pluie ayant cessée, nous sommes descendus marcher dans le petit village d'Espéranza qui était presque désert, à part quelques touristes rassemblés au Lazy Jack, un petit bar local où, pour une raison obscure, avait ce soir là recueilli tous les clients... Nous avons donc pris place sous la terresse et bu quelques bières locales en parlant de nos voyages...Tout à coup, j'aperçois un ami de Jason, le jeune guide que nous avons eu le plaisir de rencontrer lors de notre dernier passage avec Olivier et Jule et j'avance le saluer pour m'informer de Jason. J'apprend qu'il est parti depuis 4 jours pour aller travailler en Orégon, en Floride... Quel dommage de ne pas revoir son beau sourire... La soirée fut courte car tout le monde était bien fatigué par la longue traversée houleuse de la journée et entre deux grains, nous sommes retournés au dinghy...

Ce matin, le vent qui a hurlé toute la nuit est encore très présent et fait rouler et tanguer le voilier au bout de sa chaîne, amenant avec lui son lot de grains qui nous tombent dessus aux quart d'heure. Ferme les écoutilles, ouvre les écoutilles... C'est devenu une
routine depuis deux jours... On boit du café pendant que Daniel change les filtres de la génératrice qui hier s'est arrêtée inopinément... Ginette et Robert lise le manuscrit du naufrage d'Ovent, le premier voilier de Daniel et moi, je flâne dans mon lit en écoutant le vent qui siffle...

Voilà la génératrice qui ronnone de nouveau... On profite de ses nouveaux Watts pour déjeuner de sandwiches aux oeufs sur muffins anglais tout en planifiant l'horaire de la journée... Après un petit magasinage en ville, nous lèverons l'ancre pour se rendre à la plage des chevaux. En ancrant au fond de la baie, il se peut que le voilier brasse moins qu'ici, sinon, après la baignade et après avoir observé les chevaux sauvages qui se promènent derrière la plage, nous reviendrons ici...

10h Le ciel est lourd de mauvais présages... L'eau de la baie est devenue grise. Les percées de soleil sont rares et nous profitons d'une acalmie de pluie pour descendre au village acheter quelques victuailles...

Silvie

Jeudi le 28 avril 2011,

Hier, nous avons mis le Cap vers la plage aux chevaux, sous de fortes vagues qui cassent sur la coque et qui déferlent sur le pont... Le vent est de 25 noeuds, peut-être 30, droit de l'est mais le soleil est revenu et il éclate de tous ses feux. La traversée est courte, il s'agit de faire le tour de la petite île et d'entrer dans la baie en amont mais, assise sur le pont, j'arrive mouillée par les embruns. La plage s'étend à perte de vue et une vingtaine de personnes dont la plupart proviennent des quelques voiliers autour, nous regardent attraper le dernier mooring, bien étendus dans le sable chaud. On dine d'hambergers cuit sur le grill et Daniel reconduit nos invités à la plage. Pendant ce temps, je reste me reposer et je continue la lecture de mon deuxième livre : les 2000 kilomètres jusqu'à St-Jacques-de-Compostelle que m'a offert Ginette. Puis, alors que je prépare des pizzas pitas toutes garnies, Robert appelle Voilo au VHF. Retour au voilier et petites bières fraîches dans le cockpit. Le bateau roule mais moins que dans l'autre baie et il est décidé de rester coucher ici. Je perd donc ma connection internet et je devrai envoyer mon texte par radio amateur, comme je le ferai pour la traversée...

Ce matin, le vent s'est calmé et la journée s'annonce magnifique et ensoleillée. Il est 8h. Dans le cockpit, Robert termine la lecture du manuscrit de Daniel et Ginette regarde le payasage. La génératrice ronronne et Daniel me prépare un délicieux café expresso au lait mousseux garni de muscade.

Après déjeuner, nous partirons vers Palomino Island qui se trouve à 5 heures de voile et à une heure de Puerto Rico. NOus y passerons la nuit, après être descendus sur la plage aux chaises bleues et après avoir été cueillir des coraux sur la petite plage de Palomini, juste à coté. Demain, vers midi, nous rentrerons à Sunny Bay Marina car pour nos invités, ce sera la fin du voyage et pour nous, le début de l'avitaillement du voilier en vue de la traversée...

Silvie

Vendredi le 29 avril 2011,

Un soleil de plomb et une chaleur torride en ce vendredi matin du 29 avril qui marque l'anniversaire de notre ami Robert qui fête aujourd'hui ses 47 ans...

Robert est un passionné de voile qui dessine des voiliers depuis l'âge de 5 ans. Déjà tout jeune, il traçait l'itinéraire de son tour du monde en voilier qu'il entend bien, un jour, concrétiser. Ginette adore aussi faire de la voile et s'exerce avec Robert sur le lac Champlain, avec leur nouveau Pinacle, un Catalina 380, qu'ils viennent d'acheter et dont ils sont très fiers.

Hier, la traversée qui devait durer entre 5 et 6 heures, de Vieques à Palomino, a pris à peine 4 heures. De forts vents nous ont permis de rouler à une moyenne de 8 noeuds, avec des pointes à 10 noeuds, bien gités, sous grand voile et grand génois, essuyant quelques grains au passage. Vent arrière et près bon plein... En approchant de l'île Palomino, le vent détourné par la montagne, ne nous atteint plus et la baie est d'un calme presque plat. L'eau est claire et turquoise et la plage est invitante, avec ses centaines de chaises bleues presque vides. Le ferry qui fait la navette entre le Conquistador Resort de Fajardo et la plage Palomino débarque quelques touristes... Un seul voilier dans la baie... C'est désert... La chaleur est étouffante, malgré une petite brise qui nous effleure et nos invités, brûlés par le soleil et le vent plongent à l'eau, autour du voilier, ravis de cette belle journée de voile...

Puis, Daniel les reconduit en dinghy jusqu'à la plage, suivi d'une petite visite à Palomini mais la chaleur est trop vive et ils reviennent vite au voilier préférant repartir faire de la plongée dans l'eau fraîche que de cuire sur les plages...

Pendant ce temps, j'enfile, sur des brochettes de bois, les lanières de poulet qui marinent dans la sauce Bar-B-Q et je les place dans le papier d'aluminium, prêtes à cuire. Puis, je lave et coupe des pommes de terre en quartiers que je recouvre de vinaigrette italienne, de sel et d'épices que je place au frigo, prêtes à cuire. Il me reste beaucoup de pommes verte et rouge et je décide de me lancer dans une tarte aux pommes que je décore avec un petit voilier en relief, fait avec un surplus de pâte, pour remplacer les chandelles manquantes... Ce sera mon cadeau de fête à Robert Pépin.

17h30 Tout le monde est de retour et affamé. Daniel démarre le Bar-B-Q et moi j'allume le four pour les pommes de terre et prépare une petite salade verte garnie d'olives noire et de féta. Enfin, tout est prêt et on ouvre le vin : Ménage à trois que nous a fait connaître Ginette et Robert, un vin délicieux de Californie ! Le souper est bien animé et se termine par le dessert qui est très apprécié de tous... Puis, on monte dans le cockpit pour admirer le magnifique coucher de soleil...

Le temps a passé bien vite et Ginette et Robert trouve que 7 jours, c'est trop court ! Leurs vacances se terminent déjà et je pense qu'ils n'ont pas très envie de repartir... Cependant, même si nous aurions aimé prolonger ces merveilleuses vacances, il faut ce qu'il faut et d'ici quelques heures, nous rentrerons à la marina Sunbay, à Fajargo, à une heure d'ici... Il nous faudra louer une voiture pour aller reconduire nos invités à San Juan, cette nuit, vers 3h du matin car ils doivent être à l'aéroport vers 5 h, deux heures avant le départ.

Ce soir, nous souperons au restaurant pour notre dernier repas entre amis et ce sera une autre belle occasion de célébrer la fête de Robert, la fin de nos vacances respectives et pour nous, le début de la grande traversée qui ne devrait pas tarder...

Mais en attendant, il est temps de plonger à l'eau et de profiter au maximum de ces dernieres heures de liberté...

13h24 On est bien ancré au quai de Sunbay Marina, au E-01, près de la capitainerie. En arrivant, nous faisons le ménage du frigo qui retrouve enfin un peu d'ordre. Puis, Ginette et Robert vont marcher, main dans la main, pendant que nous attendons le préposé de Entreprise qui viendra nous chercher pour finaliser le contrat de location de voiture. Il fait super beau et la vie est belle !

Silvie
www.voilo.ca

Samedi le 30 avril 2011,

Levés depuis 3h ce matin, le temps d'un café et le temps que nos invités déjeunent et déjà il est temps de partir vers l'aéroport San Juan... Nos invités retournent chez eux et nous nous séparons après de grandes accolades et des promesses de rester en contact. Je reste au voilier mais je ne retrouverai pas le sommeil jusqu'à ce que mon Capitaine revienne, vers 6h, pour reprendre ses rêves là où il les avaient laissés, après 2h30 de route où il s'est retrouvé pris à l'intérieur d'une poursuite policière...

En attendant qu'il se réveille, je chatte avec Ben Giasson qui me fait bien rire... On parle parle jase jase sur le clavier de la traversée à venir, des choses à apporter, du temps qu'il fait... Benoit à très hâte d'arriver et nous aussi... Sa bonhommie et son positivisme seront très apprécie en traversée où quelques fois, les conditions ne sont guère réjouissantes !

Daniel se lève, il est 8h30. Je ramasse la literie des invités, la nôtre et tout ce qui traine... Nous partons à la buanderie qui est à 20 minutes de route mais heureusement, une préposée s'occupera de notre lavage pour 7 $ la poche. Nous en avons 4 poches. Puis, on part magasiner des bidons d'eau, des caisses d'eau en bouteilles, des boites de barres granola, des tablettes de chocolat noir, des bidons de jus d'orange et de pamplemousse, du papier de toilette, des kleenex, des caisses de soupe Instant Lunch au poulet et au boeuf et déjà, le coffre de la Ford Taurus est rempli.

Retour au voilier sous la pluie battante, après un diner chez Taco Maker. Je commence à préparer la chambre de Sylvain, qui depuis deux semaines, servait de chambre d'entreposage. Je remet nos vêtements de pluie, polar et bottes dans nos garde-robes et Daniel range les caisses et effets dans les divers coffres qui se cachent sous les banquettes... Je frotte les boiseries et nettoie la salle de bain au Scrubbing Bubble. Ça sent bon ! Il me reste à faire le lit...

Daniel part chez West Marine acheter quelques pièces, puis retour à la buanderie pour cueillir le lavage. Il me reste deux autres chambres à faire. La chaleur est écrasante et je dois garder les écoutilles fermés car il ne cesse de pleuvoir...

Le 2 mai, nous récupérerons à l'aéroport de San Juan nos deux super équipiers, Sylvain et Benoit et tout doit être prêt, du moins le plus possible car le départ doit se faire le 3 ou le 4 mai, au plus tard... Daniel attend ses équipiers pour grimper dans le mat où il doit changer le feu en tête de mat... Il nous faut aussi ranger le dinghy et le kit de plongée dans le garage et vider un coffre dans le cockpit pour y placer le Life Raft, les ceintures de sécurité et les harnais... En espérant ne pas avoir à s'en servir !

La traversée ne sera pas du gâteau... 10 jours de mer, c'est long et on ne sait jamais ce que la température nous réserve. On est si petit sur le vaste océan et la mer est si imprévisible...

Daniel rapportera une pizza au retour car je n'ai aucune envie de sortir par ce temps. La soirée sera courte, très courte car je suis déjà très fatiguée et demain, une autre grosse journée nous attend..

Silvie
www.voilo.ca